Commentary and Editorial

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Jeudi, 12 Juillet 2012 21:43

La chasse à la baleine en Norvège

Commentaire de Erwin Vermeulen

Le harponneur Reinefangst - photo: Erwin VermeulenLe harponneur Reinefangst - photo: Erwin Vermeulen

On ne peut pas dire que le Spitzberg ait été épargné. Les massacres perpétrés par les Hollandais et les autres pays européens depuis le 17ème siècle ont fait de la baleine boréale, pourtant abondante à l'époque, un animal extrêmement rare dans ces îles de l'Océan Arctique. Certaines plages sont remplies des ossements blanchis et érodés de centaines de belugas massacrés, et le morse frôle l'extinction dans ces contrées. Pourtant, c'est la beauté des paysages et la faune locale qui attirent aujourd'hui des milliers de touristes vers ces pics couverts de neige émergeant des eaux froides.

On pourrait penser que les hommes, et plus particulièrement les Norvégiens, qui gouvernent ces îles répondant au nom géo-politique de Svalbard, auraient tiré des leçons de ce passé d'ignorance destructrice et que l'argent des touristes serait un extra incitant à protéger ce qui reste… eh bien pas du tout!

Il y a toujours des saisons de chasse ici, les renards arctiques sont toujours piégés pour leur fourrure et la chasse à la baleine se poursuit.

C'est pourquoi ce n'était pas une surprise, lorsque j'ai navigué vers Hornsund, au sud-ouest du Spitzberg le mois dernier, de voir dans la baie les bateaux harponneurs Ann-Brita et Reinefangst avec les harpons à découvert. Même si cela fait maintenant presque vingt ans que Sea Shepherd et les braconniers norvégiens ne se sont plus rencontrés fer contre fer, cela ne signifie pas que nous ne gardons pas un oeil sur ce qu'ils font.

Ces dix dernières années, nous avons vu le nombre de bateaux prenant part au massacre tomber à 21. Certains abandonnent dû au manque de demande en viande de baleine, tandis que d'autres ont vu leurs navires couler dans le port. Nous avons assisté à la guerre que se livrent les braconniers pour atteindre leurs quotas, blâmant à la fois le prix élevé du carburant, le mauvais temps et la distance les séparant des zones où se trouvent les baleines. Pourtant, la Norvège a tué presque 10.000 baleines depuis que le moratoire a été signé en 1986. Bien que le pays soit membre de la Commission baleinière internationale (CBI), il ne respecte pas les décisions du comité. En 1982, il avait même opposé un refus formel à l'interdiction de la chasse commerciale à la baleine. Les règles insensées de cette organisation corrompue et inefficace stipulent que si vous n'êtes pas d'accord, vous pouvez objecter et, sur cette simple objection, vous n'êtes pas tenu de suivre les décisions de la commission. La Norvège s'est même exemptée de l'interdiction du commerce de la viande de baleine imposée par une autre organisation, la CITES, qui est tout aussi inefficace et corrompue que la CBI, et en exporte au Japon.

Le pays a tenté de suivre le modèle japonais de la chasse à la baleine à des fins scientifiques pendant une courte période avant de revenir ouvertement en 1993 à une chasse commerciale. En 2005, ils ont atteint un pic de 639 baleines et l'année dernière ils ont pris la vie de 533 cétacés. Le Ministère norvégien de la pêche et des affaires côtières a fixé le quota pour la saison 2012 (qui s'étend du 1er mai au 30 août) à 1286 baleines de Minke.

En plus d'ignorer le moratoire sur la chasse à la baleine à but commercial, la Norvège fixe des quotas plus élevés encore que ceux dits "scientifiques" définis par la CBI (un système odieusement appelé 'Procédure de gestion améliorée').

Pour couronner le tout, le pays a autorisé les prises dans une zone convenant mieux aux braconniers, plus particulièrement l'ouest du Spitzberg. Ces derniers ont eu néanmoins du mal à remplir la moitié de leur quota. Aussi, afin de les satisfaire, et au mépris le plus total du sort des cétacés, le gouvernement a cette année défini deux zones bien distinctes pour rendre la chasse plus rentable pour les braconniers qui concentreront cette fois leurs efforts sur les eaux entourant le Spitzberg.

Les promoteurs de la chasse à la baleine au sein du gouvernement norvégien se sont amusés avec le terme déjà galvaudé de "viabilité". Bien sûr, si ce cliché n'était pas à la hauteur, ils ont déjà d'autres excuses de prêtes, comme dire que les baleines mangent le poisson dont vivent les pêcheurs. N'avons-nous pas déjà entendu ces mêmes cris d'alarme de l'industrie de la chasse baleinière japonaise, des tueurs de phoques et d’otaries à Terre-Neuve et en Namibie, des massacreurs de dauphins à Taiji au Japon, des offices de pêche au Chili et des autorités américaines au barrage de Bonneville en Oregon pour détourner l'attention du véritable problème: la surpêche des hommes?

Tout aussi grotesques sont les vieux et lassants arguments de la tradition et de la culture utilisés dans le monde entier pour justifier la brutalité et la cruauté qui ne visent qu'à répéter encore et encore les erreurs du passé. Un représentant du gouvernement norvégien a même déclaré que la chasse baleinière pouvait être considérée comme une coutume indigène. Rien des moteurs diesel et des navires de métal bourrés d'équipements électroniques modernes avec des harpons munis de grenades explosives à leur proue que j'ai rencontrés dans ces eaux ne m'a paru indigène ou traditionnel.

Comme partout où des massacres gratuits ont lieu, on peut sentir la cupidité, l'entêtement, la fierté nationale déplacée et l'ignorance volontaire. On ne devrait plus tolérer cela dans l'Europe d'aujourd'hui.

Le harponneur Ann-Brita -  photo: Erwin VermeulenLe harponneur Ann-Brita
photo: Erwin Vermeulen
Le harpon muni d'une tête explosive à sa proue - photo: Erwin Vermeulen-  photo: Erwin VermeulenLe harpon muni d'une tête explosive à sa proue - photo: Erwin Vermeulen
 

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