Commentary and Editorial

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Mercredi, 05 Septembre 2012 00:00

Le prix à payer pour sauver les animaux

Commentaire d'Alex Cornelissen

Le Capitaine Alex CornelissenLe Capitaine Alex Cornelissen

Nombreux parmi nous dans les mouvements écologistes ont été arrêtés et même incarcérés pour avoir protégé la vie. Souvent, notre seul crime est d'avoir eu l'audace de nous élever contre des pays qui commettent ouvertement des crimes contre la nature au profit de leurs économies.

Malgré plusieurs lois et traités pour protéger les habitats, les espèces et la nature en général, l'application de la législation fait souvent cruellement défaut, voire est parfois carrément inexistante.

Sea Shepherd Conservation Society est une organisation qui fait respecter la législation internationale sur les mers et les océans; nous agissons ainsi légalement dans le contexte de principes et règles acceptés par les pays du monde entier. Nous accomplissons le travail que les différents gouvernements de la planète devraient faire et semblent incapables ou n'ont pas envie de faire. Il n'est apparemment pas une priorité de protéger les zones qui sont en dehors de leur juridiction économique, puisqu'il n'y a pas à court terme de profit politique ou financier à faire avec de telles actions. C'est là où Sea Shepherd entre en scène.

Dans leur grande majorité, les gouvernements sont contents que nous le fassions, car nos actions leur permettent d'éviter de le faire, et ils voient les changements positifs découlant de nos interventions. Excepté bien sûr les pays dont nous exposons au grand jour les manquements aux lois internationales, qui n'auront de cesse de nous empêcher d'agir.

Ce dont nous faisons l'expérience en ce moment avec l'affaire du capitaine Watson est la tentative d'un gouvernement d'arrêter les gens et/ou les organisations qui ont rendu publiques leurs activités illégales. Il est maintenant clair comme de l'eau de roche que le gouvernement japonais est responsable de la tentative d'extradition du capitaine Paul Watson vers le Costa Rica, et de là vers le Japon.

Ne nous voilons pas la face. Le Costa Rica a depuis longtemps oublié l'histoire des braconniers d'ailerons de requins (le bateau et l'équipage avaient été arrêtés pour pêche illégale aux Îles Galápagos en 2001), qui avaient accusé le capitaine Watson de leur avoir soi-disant brisé des doigts. L'incident en question remonte à avril 2002, mais l'affaire n'a jamais vraiment été suivie, jusqu'à ce que la Présidente du Costa Rica, Laura Chinchilla, rende une visite officielle au Japon fin 2011.

Il semble que nous ayons clairement échauffé le gouvernement japonais. Très bien. Je peux leur garantir que nous allons les mettre beaucoup plus en colère quand nous arrêterons leur flotte baleinière pour la troisième année consécutive durant notre prochaine campagne appelée Opération Zéro Tolérance, parce que c'est ce que nous ferons.

Depuis plusieurs années, Sea Shepherd a fait face à de multiples tentatives d'intimidation de la part des gouvernements, qui ont essayé de nous empêcher de défendre nos océans.

Rien que mon expérience personnelle:

En novembre 2003, j'ai été arrêté à Taiji, au Japon, avec Allison Lance pour avoir libéré 15 dauphins et leur avoir évité une mort certaine dans la Baie.

La charge retenue contre moi était que j'ai interféré dans leur commerce.

Après l'arrestation, nous avons été intimidés et menacés de longues peines de prison. Pendant 23 jours la police japonaise a essayé de nous faire témoigner contre le capitaine Watson et Sea Shepherd, mais nous avons simplement pris l'entière responsabilité de nos actes et avons été relâchés après avoir payé une amende de 8.000 dollars.

La suite fut que le sale petit secret de Taiji a été porté à la connaissance du monde, mis en lumière par le documentaire The Cove, la baie de la honte, couronné aux Oscars.

De toute évidence, la Baie de Taiji est depuis devenue l'arène de mouvements de plus en plus hostiles de la part du gouvernement japonais, des nationalistes de droite et des pêcheurs à l'encontre de nos Gardiens de la Baie.

L'année dernière, Erwin Vermeulen, originaire des Pays-Bas, a été arrêté pour avoir soi-disant bousculé un entraîneur de dauphins. Pendant des mois, il a été menacé et intimidé afin qu'il admette l'avoir brutalisé physiquement. Erwin a tenu bon et a refusé de reconnaître les charges fabriquées de toutes pièces contre lui et a accompli sa peine de prison en restant indifférent aux menaces.

Notre combat à Taiji s'intensifie, et il est clair que nous gagnons lentement mais sûrement du terrain. On obtient maintenant l'attention du monde entier et de nombreuses manifestations publiques ont lieu. Nous visons l'industrie des dauphins en captivité, qui est responsable de la demande qui entretient la chasse à Taiji. Nous enquêtons aussi sur les compagnies aériennes qui mettent à disposition leurs avions pour le transport des animaux. Mais le plus important, c'est que le public japonais devienne de plus en plus conscient de ce qui se trame dans la baie meurtrière et la résistance interne grossit de jour en jour.

En mars 2005, j'ai été arrêté avec dix autres activistes pendant la campagne contre la chasse aux bébés phoques sur la côte est du Canada. Le gouvernement canadien était hostile et frustré par notre présence lors du massacre annuel des bébés phoques.

J'ai été accusé d'avoir assisté au massacre sans en avoir préalablement reçu l'autorisation (selon le Seal Protection Act, qui est en fait une violation des droits de l'homme sur la liberté de mouvement).

Bien que certains d'entre nous aient été attaqués par des chasseurs de phoques bien avant notre arrestation, aucun d'entre eux n'a fait l'objet de charges parce que notre présence avait incité à la violence.

Les images que nous avons prises de bébés phoques massacrés sauvagement par – je cite le capitaine Watson: des grosses brutes primaires brandissant des massues la clope au bec - étaient suffisantes pour montrer au monde que la chasse, que certains pensaient appartenir au passé, était toujours bien vivante.

En avril 2006, ma première prise de fonction en tant que capitaine chez Sea Shepherd à bord du Farley Mowat, fut de quitter le port de Cap Town en Afrique du Sud. Notre bateau y avait été retenu pendant quatre mois après notre deuxième campagne en Antarctique contre les chasseurs japonais. Le navire était au centre d'une situation inextricable et les négociations avec les autorités sud-africaines ne nous menaient nulle part.

Plutôt que de perdre du temps et de l'argent à nous battre contre une tentative politiquement motivée de ralentir nos efforts contre la chasse illégale à la baleine, nous avons décidé de partir. Nous avons acquis un nouveau bateau (devenu le Steve Irwin) et sommes retournés pour la troisième campagne, et de loin la plus victorieuse, contre la flotte baleinière japonaise.

En avril 2008, j'ai été de nouveau arrêté, cette fois avec l'officier en chef Peter Hammarstedt, durant la campagne pour lutter contre la chasse des bébés phoques sur la côte est du Canada. Notre présence causait encore un problème à l'image du gouvernement canadien.

J'ai à nouveau été accusé d'assister au massacre des bébés phoques sans autorisation préalable.

Cette fois, notre navire était pris d'assaut par une unité tactique de l'armée. Leur action fut si violente que la menace d'être blessé ou même plus nous paru bien réelle. Imaginez, nous ne faisions que prendre des photos, et pourtant les événements qui se déroulaient sur la banquise ressemblaient plus à une guerre qu'à une simple partie de chasse.

Malgré tous les efforts du gouvernement canadien de poursuivre ce massacre subventionné et d'empêcher le monde d'avoir connaissance de ce qui se passe au printemps sur la banquise, Sea Shepherd a grandement contribué à mettre un terme à cette soi-disant chasse. En 2008, l'Europe a banni l'importation des produits provenant des phoques canadiens (peaux, huile, etc...) et a littéralement anéanti le marché. Le gouvernement canadien continue de fixer des quotas ridicules, mais le prix pour chaque phoque mort dégringole rapidement. Nul doute que bientôt les subventions ne suffiront plus à couvrir les coûts.

Le capitaine Watson a fait un sacrifice. Ses efforts pour faire respecter les lois internationales ont mis en colère le gouvernement d'un pays qui se pense au-dessus de la loi. Le capitaine Watson s'oppose fermement, en partant du principe que Sea Shepherd doit défendre les espèces qui ont besoin de notre protection, en dépit des obstacles qui paraissent insurmontables. Après tout, que pouvons-nous faire contre un pays aussi puissant que le Japon? En fait, on peut faire beaucoup. L'histoire montre que nous avons fait face à des opposants qui semblaient imbattables et nous avons gagné.

Le gouvernement japonais et des corporations comme ICR et Fish & Fish peuvent continuer à nous intenter des procès et nous traîner en justice, mais nous ne nous laisserons pas intimider, censurer ou réduire au silence; bien au contraire, cela n'a fait que renforcer notre détermination. Il est clair que le gouvernement japonais est inquiet, très inquiet même de combien nous sommes devenus efficaces.

Il peut sembler qu'une notice rouge chez Interpol soit un sérieux handicap pour le capitaine Watson et Sea Shepherd, mais la justice l'emportera. Paul Watson s'est sacrifié et a accompli tellement de choses. Il a dédié sa vie à la défense des océans, avec une honnêteté et une loyauté sans faille. Il sait mieux que quiconque que ce combat n'est pas mené pour nous. Il ne s'agit pas de savoir qui nous sommes et ce que nous faisons. Il s'agit ici des vies animales que nous sauvons et des espèces et écosystèmes que nous protégeons. Dit simplement, c'est un combat pour la survie de la Vie sur cette planète. Paul Watson a implanté ces croyances dans le coeur et l'esprit de beaucoup d'entre nous. Comme les rangs de notre armée de volontaires et de sympathisants continuent de grossir, chaque gouvernement du monde en viendra à réaliser que la force et la volonté des peuples sont de notre côté.

 

 

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