Commentary and Editorial

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Vendredi, 07 Septembre 2012 00:00

3ème volet: L’aquariophilie amateur, côté fournisseurs

Commentaires et photos de Robert Wintner (sauf autre indication)

3ème volet: L’aquariophilie amateur, côté fournisseurs

Il y a peu, l’aquariophile amateur moyen était un homme entre 30 et 50 ans. Maintenant c’est une femme, transformé en quelque sorte, comme un poisson perroquet à lèvres rouges.

A redlip parrotfish hams it up for the cameraUn poisson-perroquet prenant la pose devant l'appareil photo

Avant de devenir un mâle dominant, un poisson perroquet passe par le stade femelle, ce qui inverse la comparaison, mais le changement de sexe est remarquable. Une théorie possible est que beaucoup d’aquariophiles de sexe masculin sont passés au tennis ou à la photographie – ils ont vidé leurs bacs et se consacrent désormais à des loisirs moins nocifs. Nous ne pouvons que spéculer. Dans le passé, j’ai comparé les aquariophiles amateurs aux hommes de "Predator Raw" (émission américaine où des journalistes se font passer pour des victimes potentielles pour appâter des criminels). La comparaison était violente, je regrette et je ne le ferai plus, et paix aux hommes de bonne volonté.

MASNA est le sigle des Sociétés d’Aquariums Marins d’Amérique du Nord, ce qui n’est pas le nom que je leur donne d’habitude quand j’en parle. Comme tous les groupes d’aquariophiles, ils cherchent à jouer les écolos, et ils clament qu’ils sauvent les récifs coralliens du monde entier grâce aux prélèvements de poissons pour la vente aux amateurs. En fait, ils saccagent les récifs, sauf si ces récifs leur rapportent de l’argent grâce au commerce aquariophile. Le MASNA se joint lui aussi au chœur des collecteurs aquariophiles de Hawaii, plaidant que les prélèvements pour les aquariums ne sont pas la seule cause du déclin des récifs.

Le forum 2012 du MASNA a eu lieu, et alors que les participants représentaient le côté fournisseur, ils ont évoqué les interrogations et les inquiétudes des aquariophiles amateurs – particulièrement de ceux qui… pourraient arrêter. Leur toute première inquiétude est que c’est désormais l’émotion qui imprègne le discours aquariophile à Hawaii. Je suis d’accord: Hawaii est mûre pour l’émotion. Malheureusement, le facteur émotionnel met sur le même plan le commerce aquariophile et des événements qui se passent dans le vide émotionnel – comme avec Gengis Khan, Attila, Caligula et, aux temps modernes, des personnages totalement dénués d’émotions comme Himmler, Goering, Goebbels, Eichmann et toute l’équipe de Hitler. Les acteurs du commerce d’aquariophilie rétorqueront que les nazis tuaient des gens, pas des poissons! Les gens mangent du poisson depuis toujours! C’est vrai, et c’est ainsi que le commerce aquariophile tente de justifier l’extraction massive d’espèces au bord de l’extinction. "Vous mangez du poisson, n’est-ce pas?" Le commerce aquariophile joue sur les similitudes avec la pêche, comme si le fait de manger du poisson pouvait justifier la cruauté envers les animaux, leur emprisonnement, et la dévastation des récifs. Et s’ils venaient chez vous pour attraper les jolis petits oiseaux? Et alors? "Vous mangez du poulet, n’est-ce pas?"

poisson hawaiien de wrasse de hinalea
Un poisson hawaiien de wrasse de hinalea fait la toilette d’un poisson chirurgien à anneau d’or (kole) pour débarrasser le récif de ses parasites, contrôler la prolifération des algues, et donner une preuve d’amour de Neptune. Le commerce aquariophile est incapable de comprendre pourquoi les gens d’Hawaii ne veulent pas voir disparaître cette scène.

Eric Cohen de Sea Dwelling Creatures à Los Angeles est l’un des plus grands trafiquants d’animaux vivants du récif de Hawaii pour la vente aux particuliers. Il se lamenta sur le massacre de Honokokou à cause de la mauvaise image qu’il donne et pressa: "Nous devons montrer des caisses et des caisses de poissons qui arrivent vivants et qui sont mis dans des aquariums où ils vivent heureux." Comme ça?

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Lorsque la Commission sénatoriale Eaux et Terres prit cette photo d’un poisson-chirurgien dans un sac en 2008, William Aila dit: "Je devrais apporter mon cliché préféré d’un poisson-chirurgien. Il est sur le grill." Il a bien fait rire les collectionneurs. "Ce n’est pas un problème de ressources, mais un conflit d’usagers." Le chirurgien dans le sac est une photo du DVD Hawaii Audubon, Impacts of the Marine Fish Aquarium Trade.

Eric Cohen, de Sea Dwelling Creatures à Los Angeles, se nomme lui-même un investisseur dans les récifs de Hawaii. Quelle est la différence entre un investissement et un kuleana? Dans ce cas précis, un investissement c’est de l’argent. Kuleana est du hawaiien, cela signifie une responsabilité, habituellement liée à une conviction ou à une croyance. Eric Cohen dit: "Hawaii m’est très chère, avec tous les amis que j’ai ici." On aurait dit qu’il se laissait aller à l’émotion. Puis il déclara: "Les populations de poissons ont atteint des densités maximales dans les secteurs proches des collectionneurs aquariophiles." A nouveau, c’est son trou du cul qui parle. Les populations de poisson sont en baisse malgré les zones de reconstitution de poissons, et des espèces disparaissent – tous les poissons papillons, les anges bandits, les anges flamboyants, et bien d’autres espèces endémiques. Eric Cohen parle couramment la langue des trous du cul – c’est lui qui a développé le "Smart Fish Program." Préparez-vous. Le Smart Fish Program va sauver les récifs grâce aux collectionneurs. Nul ne connaît les récifs et les poissons aussi bien que les collectionneurs aquariophiles, ils verront quelles espèces abondent et ils prendront seulement ces poissons-là. Ils verront aussi les espèces qui sont en train de disparaître ou qui deviennent rares, et ils les laisseront tranquilles. Eric Cohen voudrait que les émotifs de Hawaii boivent son élixir lénifiant.

4-spot butterfly, a unique lunar feeding cycleLe poisson papillon néon, ayant un cycle d'alimentation lunaire unique
Bandit angel—@ $600 on-line.Poisson ange bandit — 600 dollards sur Internet.

Puis vint la question du trafic d’êtres marins vivants. L’un des participants dit: "Le problème moral est difficile. Nous ne pouvons guère passer pour des champions de la morale." Un autre participant du MASNA s’exclama que le commerce aquariophile avait réglé le problème moral: "Nous sommes l’arche des efforts de conservation." Il parlait de l’arche accueillant deux représentants de chaque espèce avec Noé à sa barre pour survivre au déluge, pas d’une industrie de milliards de dollars attrapant 25 à 30 millions de bestioles chaque année pour vendre des bacs, des meubles, des lampes, des filtres, des pompes, des produits chimiques, des sels, et des petits coffres au trésor avec des petits squelettes en plastique pour faire peur dedans. Ainsi lui répondit un participant: "Nous ne pouvons pas parler d’arche avec notre volume." Un autre participant pensait que l’arche ne marcherait pas s’ils ne pouvaient pas relâcher les poissons dans la nature. Cependant un autre participant suggéra: "Je pense que nous devrions être, enfin, je veux dire, peut-être un petit peu plus responsables dans nos achats de poissons." Et la meilleure réponse au problème moral fut: "J’avais bien un argument moral, mais il m’est complètement sorti de la tête." C’était Richard Ross, biologiste à l’Aquarium Steinhart. La pieuvre est le plus intelligent des invertébrés et peut surpasser bien des bipèdes en ce qui concerne la compassion et le sens commun. Les deux espèces sont menacées.

Richard Ross, "biologist" at the Steinhart aquarium. "You eat fish, don't you?"Richard Ross, "biologiste" au Steinhart aquarium. "Vous mangez du poisson, n'est-ce pas?"

Or is this what people need to see?Ou est-ce ce que les gens ont besoin de voir?

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Avec un diplôme de "Science aquariophile" péniblement obtenu, Andrew Rhyne dépend de ce marché pour vivre. Il décrit "la spirale vers le bas", par laquelle la vente d’un poisson exotique pour quelques dollars entraîne plus de captures, fait baisser les prix, décime l’espèce, ce qui fait monter les prix, augmentant les prises jusqu’à ce que l’espèce ait disparu. Le forum lui demanda de cesser ce discours.

Le trafiquant d’animaux vivants et trou du cul Eric Cohen rapporta que Bill Walsh, le fonctionnaire hawaiien responsable du commerce aquariophile à Kona a constaté "plusieurs déclins sévères dans les secteurs ouverts (zones de pillage) de Kona." Bill Walsh dit que seuls 40% des licenciés en aquariophilie de Hawaii sont déclarés. Un contrôle des listes des passagers des compagnies aériennes permettrait de rectifier ces chiffres. Wash mettant en doute la bonne volonté des compagnies, c’est Cohen qui leur a demandé ces listes, et elles vont certainement les leur donner, mais Walsh n’est pas vraiment pressé.

Revenons à Andrew Rhyne et au remède pour "la situation à Hawaii". Rhyne s’élève contre la législation de Hawaii au nom de l’Aquarium de Nouvelle Angleterre (à Hawaii?) parce que les aquariums publics ont besoin de collecteurs locaux dans les récifs éloignés pour satisfaire leur appétit vorace pour les animaux sauvages. Pour rattraper son faux pas de "la spirale vers le bas", Rhyne dit: "les arguments émotionnels (contre le commerce aquariophile) sont vraiment ridicules. L’industrie aquariophile est prise comme bouc émissaire… Nous avons besoin que la DLNR fasse plus de communication." Combien de communication la DLNR peut-elle faire? "Il faut éduquer les gens d’Hawaii et leur démontrer que le commerce aquariophile est un commerce durable". Les revendeurs d’animaux vivants de Hawaii ont des centres de transbordement près de l’aéroport de Los Angeles. Andrew Rhyne voudrait que ces trafiquants de Los Angeles éduquent Hawaii. Il pourrait tout aussi bien éduquer les gens de Los Angeles pour leur montrer que le tir sur autoroute est une activité durable, mais qui le paierait?

Le MASNA ce sont aussi les gens qui appellent les tentatives législatives contre le commerce aquariophile "une série d’échecs". Mais les deux tiers des résidents de Hawaii réclament maintenant l’interdiction du commerce aquariophile. Le commerce aquariophile soutient que Hawaii a été dupée, trompée, et se réfère sans cesse "au hobby, à notre hobby", étrangement déconnecté – comme les 50 collecteurs de Hawaii qui se sont jetés sur une prise d’un million de dollars, soit deux cent mille dollars chacun, par an, pour un travail à temps complet dans l’océan. Leur motivation, ce sont les milliards qu’ils gagnent dans le matériel aquariophile, aidés par le trafic d’espèces marines en danger. La junte des aquariums n’est pas plus intéressée par un hobby que moi, Snorkel Bob, je n’aime jouer aux petits chevaux. Le commerce aquariophile et la campagne pour l’interdire représentent un conflit culturel et moral. Comme la plupart des guerres, celle-ci se livre pour des ressources. William Aila du DNLR donna son point de vue: "Ce n’est pas un problème de ressources mais un conflit d’usagers". Cela ne veut rien dire, mais c’est devenu le mantra des aquariums, comme s’il fallait absoudre le ministère de la protection des ressources naturelles – comme si les animaux marins n’étaient pas une ressource, ou si le fait de les capturer était la même chose que de simplement les utiliser. L’enjeu est de taille, avec des milliards de chiffre d’affaires et la bourse d’un côté, et la sauvegarde des récifs hawaiiens de l’autre.

Au-delà de la pratique, il y a l’éthique. Dans le cas présent c’est une évidence pour certains, beaucoup moins pour d’autres. Le commerce aquariophile s’acharne sur les chirurgiens jaunes, et sape ainsi la préservation du récif. Les chirurgiens jaunes vivent 40 ans et plus sur un récif. Ils commencent à dépérir au moment de la capture. Le nombre de morts augmente pendant leur transport dans le monde entier. Moins de la moitié arrive jusqu’aux bacs des amateurs. Et la plupart de ceux-là meurent au cours du mois suivant, suite à une erreur de l’amateur ou au stress intense qu’ils subissent. Vingt-quatre millions de poissons de récifs, bernard-l’ermite, crevettes, ne produisent chaque année que 700.000 dollars de vente aux amateurs d’aquariophilie marine.

Richard Xie est l’un des principaux trafiquants d’espèces vivantes à Hawaii. Nous avons travaillé brièvement sur une idée d’élevage en captivité qui lui aurait rapporté de l’argent tout en relâchant, en théorie, la pression sur les espèces sauvages. Richard a mis au point un circuit permettant aux touristes de capturer des poissons sur les récifs de Hawaii et de les ramener chez eux dans des sacs en plastique. Sans doute Richard n’a-t-il jamais entendu parler de la malédiction de Pélé, qui se déchaîne contre les visiteurs qui emportent une simple pierre de Hawaii. L’offre sur internet montrait un plongeur mettant un poisson-grenouille dans un sac. Richard a aussi essayé de lancer un circuit de rencontres pour les Chinois, mais les deux projets ont capoté. De toute façon, Richard n’en sortit pas les mains vides, puisqu’il emporta des anges flamboyants sur l’île Christmas. D’autres en ont entendu parler et sont venus s’enrichir avec des poissons à 40 dollars pièce. N’ayant pas le savoir-faire de Richard, ils sont rentrés chez eux avec des containers de poissons morts dont ils se sont servis pour livrer leurs commandes, sans aucun risque puisqu’ils n’avaient donné aucune garantie de livrer les poissons vivants.

Les anges flamboyants sont tristement emblématiques de cette campagne. C’est aussi le titre d’un roman qui se passe en Océanie, où un pêcheur qui rencontre une présence invisible et terrifiante doit la reconnaître comme guide. Flame Angels fait la distinction entre le bien et le mal dans des mers sous pression – et devinez qui notre héros doit affronter dans sa recherche du salut? Flame Angels a été publié comme ebook par les éditions Iguana de Toronto en 2012, et vous pouvez en commander un exemplaire papier chez nous à seashepherd.org pour 26 dollars, qui serviront à aider un ou deux de vos potes qui vivent dans les océans.

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Un trafiquant d’animaux marins vivants a appelé mon premier article sur le commerce aquariophile, ici en 2010, une "promotion éhontée" de mon livre, "Some Fishes I Have Known" (éditions Skyhorse, 2010). Je plaide coupable. Des ventes florissantes ont engendré un autre livre, "Every Fish Tells a Story" (éditions Skyhorse, 2011), maintenant chez seashepherd.org, où 100% des recettes sont reversés à Sea Shepherd pour soutenir ses activités dans le monde. Hélas, voilà un troisième volume de photos sous-marines avec des textes anti-aquariophilie, "Neptune Speaks" (Editions Skyhorse, 2012).

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Beaucoup de livres en effet, mais je n’ai même pas honte. Le commerce aquariophile va former le cercle et tirer à vue sur ce commentaire. Ils m’appellent l’Antéchrist, Bob Snorkel Pantalon Rond, un obsédé en mission et un salopard cupide qui veut interdire le commerce aquariophile pour que les récifs soient pleins de poissons afin que je gagne plus d’argent en louant des tubas. Ils ne parleront pas des atrocités. Ils vont déplorer ma "propagande de fin du monde" et insister sur le fait que "les chiffres prouvent que c’est un commerce durable". Ils vont s’en laver les mains avec sincérité, et moi j’écope de la mission et de l’accusation d’obsession. Mais avec qui est-ce que j’ai envie d’aller boire une bière, un collecteur aquariophile, un marchand ou un "biologiste", ou bien un ami très proche, même s’il respire avec des branchies?

La campagne pour mettre fin au trafic d’espèces marines pour les particuliers se poursuit. Pour plus d’information, visitez le site web de Reef Rescue Alliance.

Agissez immédiatement en envoyant un e-mail à PETCO et à ses actionnaires:

william.price@tpg.com, dbonderman@tpg.com, james.coulter@tpg.com, richard.boyce@tpg.com, john.viola@tpg.com, jerome.vascellaro@tpg.com, richard.schifter@tpg.com, randy.swayne@tpg.com, marcie.whichard@petco.com, sues@petco.com, jimm@petco.com(858) 453-7845, danhakl@leonardgreen.com (310) 954-0444

Dites à PETCO que vous ne leur achèterez plus rien tant qu’ils continuent à trafiquer les espèces marines.

Faites aussi savoir aux autorités de Hawaii que vous vous inquiétez de la mauvaise gestion de la confiance publique et du conflit d’intérêts qui existe dans le cadre de l’exploitation commerciale du récif pour le marché des animaux domestiques, puisque ce marché est soutenu et promu par le personnel de l’Etat de Hawaii en lien étroit avec le commerce aquariophile.

Envoyez une carte postale aux élus de Hawaii. C’est rapide, facile et efficace – nous nous en chargerons pour vous. Choisissez un des quatre modèles et personnalisez le message en fonction de vos raisons de vouloir stopper le trafic des récifs coralliens: http://reefrescuealliance.org/

Robert Wintner est membre du Bureau de Conseillers de Sea Shepherd. Membre d’équipage sur le Ocean Warrior en 2001, il contribua à dévoiler aux médias internationaux les implications des gouvernements du Japon et de Sainte Lucie dans la chasse commerciale à la baleine dans les Caraïbes orientales, ce qui fut la clé de la reconduite du moratoire une année supplémentaire. Il est aussi connu en tant que Snorkel Bob, avec plusieurs boutiques de plongée dans les îles hawaiiennes.

cette espèce de petite murène fait vingt centimètres de long à la taille adulte. C’est une espèce qui vit en communauté et qui préfère les courants doux qui lui apportent des proies minuscules, afin de limiter les risques d’une exposition en eau libre.cette espèce de petite murène fait vingt centimètres de long à la taille adulte. C’est une espèce qui vit en communauté et qui préfère les courants doux qui lui apportent des proies minuscules, afin de limiter les risques d’une exposition en eau libre.

 

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