Commentary and Editorial

rss_icon_14Get RSS for this page now!  Sign up via My Sea Shepherd

Imprimer
Dimanche, 09 Septembre 2012 23:53

Une odyssée pour les baleines

"Encore une fois sur la brèche, chers amis, encore une fois."
— William Shakespeare, “Henry V”

Photo: Barbara VeigaPhoto: Barbara Veiga

Nous sommes le 10 septembre et cela fait 50 jours que j’ai retrouvé ma liberté en quittant l’Allemagne.

Je ne peux pas dire que ces jours aient été déplaisants. Pour dire la vérité cela faisait des années que je n’avais pas eu l’opportunité de profiter autant de la nature. J’ai pu observer, et ce de près, un nombre incroyable d’espèces durant cette période. Pour moi, c’est là que réside la vraie valeur de la vie: pouvoir entendre, voir, sentir, goûter et toucher le monde de la nature. Evoluer parmi dauphins et baleines, phoques et tortues, oiseaux et poissons, avoir la possibilité de vivre au dessus, sur et au dessous de ce grand et mystérieux berceau de la vie que l’on appelle océan.

Et voir les étoiles la nuit, la grande ceinture de lumière, infinie, qui brille mystérieusement depuis le passé. Voir dans le ciel les météores qui se désagrègent en une poussière de feu, la lueur verte du soleil lorsqu’il passe sous l’horizon de la mer, une averse balayant d’eau cristalline le pont d’un bateau, cette eau qui engendre la vie sur notre planète.

Ce dernier mois a été triste pour moi qui ai perdu mon frère bien-aimé Stephen. Je regrette de n’avoir pu être présent durant l’office qui lui a été donné. Mais quand nous avons parlé tous les deux, j’ai été vraiment impressionné par son absence de peur, son optimisme incroyable et par l’amour qu’il porte au monde et à sa famille. Il a toujours été, et sera toujours une grande source d’inspiration pour moi. Il m’a demandé de disperser ses cendres en Antarctique et c’est ce que je compte faire.

C’était un artiste: une catégorie particulière de guerriers.

L’Opération Zéro Tolérance va se dérouler comme prévue grâce à l’excellente direction des Capitaines Peter Hammarstedt, Locky MacLean, Alex Cornelissen, Malcolm Holland et Sid Chakavarty, et aussi grâce aux efforts dédiés de tous les officiers, de l’équipage et de toute l’équipe de bénévoles, qui travaillent à travers le monde pour que nos bateaux soient prêts à prendre le large quand arrive décembre afin d’aller intercepter la flotte baleinière japonaise avant que ne débute le massacre sans pitié des baleines du sanctuaire baleinier de l’océan Austral.

La semaine dernière, le Steve Irwin a été chaleureusement accueilli au Circular Quay de Sydney en Australie. Il est actuellement en route vers Williamston pour les derniers préparatifs. Le Bob Barker est à Sydney où l’équipe se prépare également, alors que le Brigitte Bardot revient de ses patrouilles anti braconnage dans le Pacifique Sud.

Notre équipe Africaine, avec à sa tête Laurens De Groot, vient d’achever avec succès sa campagne de protection des otaries à fourrure en Namibie. Notre campagne pour les requins dans le Pacifique Sud, dirigée par Julie Andersen aux Iles Fidji, aux Iles Tonga, dans les Iles Salomon, au Vanuatu et aux Kiribati a été également couronnée de succès.

Jeff Hansen, directeur de Sea Shepherd Australie, ainsi que Bob Brown, directeur de la campagne Opération Kimberley Miinimbi ont bien voyagé dans l’hiver de l’hémisphère sud vers le Nord-Ouest de l’Australie où ils n’ont pas seulement attiré l’attention du monde sur les menaces de l’industrie pétrolière envers les aires de reproduction de la baleine à bosse: ils ont réussi à faire abandonner le projet par Chevron, la compagnie pétrolière.

Bien sûr on n’accomplit pas tout cela sans se faire d’ennemis et Sea Shepherd a maintenant de puissants ennemis aux poches bien remplies.

En juin nous avons gagné notre procès contre la compagnie Maltaise Fish and Fish, concernant notre intervention contre leur braconnage de thons rouges. La cour Britannique leur a ordonné de payer nos frais de justice et notre caution de 520 000 Livres doit nous être rendue. L’avocat de Fish and Fish a fait appel en déclarant: "Nous finirons par l’avoir, il suffit de continuer à lui jeter de l’argent".

Cela signifie que nous devons maintenant attendre décembre pour un verdict quant à l’appel, mais également que nous devrons payer d’autres frais de justice. Tout va bien, nous savons être patients.

En mars, Sea Shepherd a gagné son procès contre les baleiniers japonais lorsque la cour des Etats-Unis a rejeté leur demande en injonction de nous empêcher d’intervenir contre les activités de chasse illégale à la baleine dans le sanctuaire baleinier de l’océan Austral. Eux aussi ont fait appel, nous contraignant à payer de nouveaux frais de justice.

Et puis il y a ces faux chefs d’accusation contre moi, engendrés par le Costa Rica et le Japon.

De ses fonds versés par les Etats-Unis pour faire face aux dégâts du Tsunami, le Japon a utilisé 30 millions de dollars pour nous attaquer par des procès et des campagnes de relations publiques, outre que les mesures de sécurité ont été intensifiées.

Les japonais dépensent les dons et les impôts des américains et en profitent pour utiliser les tribunaux comme une arme. Cela n’a rien de surprenant. Le gouvernement du Japon ainsi que l’industrie baleinière japonaise ont été humiliés par les activités de Sea Shepherd. La fierté et l’entêtement des japonais sont légendaires. Après tout, à ce jour le Japon refuse encore d’accepter sa responsabilité dans le massacre de Nankin et insiste sur le fait que ces atrocités n’ont jamais eu lieu. Ils ne se sont bien sûr jamais excusés devant la Chine pour ce crime horrible.

Nous avons réduit l’ensemble de l’industrie baleinière japonaise à un simple projet ne survivant que par les subventions gouvernementales. Nous avons aussi braqué les projecteurs sur leurs activités de chasse illégale à la baleine à travers la transcription télévisée de nos campagnes dans Whale Wars. Mais la plus importante de nos réussites est de constater que plus de 4000 baleines sont en vie, et elles ne le seraient pas aujourd’hui sans notre intervention.

Comme ces personnes n’ont que l’argent en tête, ils pensent que nous forcer à dépenser va nous affaiblir. Pour eux, l’argent est une finalité en soi, un but à poursuivre quel qu’en soit le prix à payer pour la nature, pour la vie, et pour notre futur.

Pour nous l’argent n’est qu’un outil, un moyen de poursuivre notre chemin et d’arrêter ce qui doit être arrêté. Pour nous l’argent n’est qu’une ressource que nous employons pour défendre la vie.

Alors, même si je suis en fuite, je peux dire que je suis satisfait de ce que nous avons acompli, de ce que nous continuons à faire et de ce que nous préparons.

Tous les marins savent que chaque voyage est une aventure dans l’inconnu, que les circonstances changent et que l’imprévisible est toujours quelque chose que l’on peut prévoir avec certitude. Les dangers peuvent venir de tous les horizons, de dessous des vagues jusqu’au cœur des nuages.

Nous disposons de trois instruments pour naviguer à travers ces passages. Le courage. L’imagination. Et le plus important: la passion.

Si nous sommes mis à terre, nous nous relevons. Si nous sommes déçus, nous allons de l’avant et si nous mourons à la poursuite de nos buts, nous laissons l’inspiration en héritage.

Il y a un temps et un moment pour toute décision stratégique, et je pense que j’en viendrai à répondre un jour de ces chefs d’accusation ridicules du Japon et du Costa Rica. Mais présentement mes priorités vont au lancement de l’Opération Zéro Tolérance, tandis que Sea Shepherd se prépare à retourner vers le sanctuaire baleinier de l’océan Austral.

Les japonais pensent que s'ils peuvent m’empêcher de diriger la prochaine campagne, ils pourront arrêter nos navires sur le chemin de l’océan Austral. Bien entendu, cela n’arrivera pas. Mais il est de mon devoir de faire tout mon possible pour retourner sur mon navire amiral et prendre les commandes de la campagne. Si j’en suis empêché, la chaîne de commandement au sein de Sea Shepherd continuera ses interventions.

Nous y retournerons plus forts que jamais, plus expérimentés que jamais, et encore plus déterminés.

Et pour tous ceux qui se demandent où je suis, sachez que je suis simplement libre et concentré sur la préparation de l’Opération Zéro Tolérance. Sea Shepherd Conservation Society est une organisation mondiale avec ses groupes de soutien à terre et, bien sûr, le théâtre de nos opérations réside sur cette partie de la planète couverte d’eau salée, qui est aussi le dernier véritable espace de liberté au monde.

Sea Shepherd est l’océan, tout comme l’océan est Sea Shepherd. Et quelle que soit notre position, peu importe si la mer est haute ou vaste, si les vents sont froids ou forts, si l’eau est glacée, nous sommes chez nous et en sécurité dans ce sanctuaire que nous offre le mystérieux linceul bleu-gris de notre océan, le berceau de toute vie et l’environnement le plus important qui soit sur cette planète. Car s’il meurt, nous mourons tous.

Et donc, avec la croix du sud pour me guider, je compte rejoindre la flotte de Sea Shepherd, pour agir et confronter à nouveau ces tueurs aux cœurs de pierre qui massacrent les plus beaux esprits de la mer.

Nous avons sauvé les vies de plus de 4000 de ces êtres magnifiques, sensibles, intelligents et extraordinaires dans l’océan Austral. Je compte faire en sorte d’en défendre et d’en protéger encore 1000 cette année.

C’est pour cela que je voudrais vous demander de l’aide.

Nous avons les navires. Nous avons l’équipement. Nous avons l’expérience et nous avons un équipage de volontaires passionnés et courageux.

Ce dont nous avons besoin c’est le carburant pour nous y emmener, pour nous permettre d’y rester et de revenir.

Nous avons besoin de 1200 tonnes de carburant pour faire naviguer nos bateaux et nous permettre d’arrêter la flotte baleinière japonaise pour toute cette saison de chasse.

1200 tonnes de carburant à 1250 dollars par tonne, cela représente 1,5 million de dollars.

C’est cette somme que nous devons trouver, et nous pouvons le faire aisément si chaque personne qui se préoccupe des baleines fait un don et nous aide à atteindre notre objectif.

Quand nous avions besoin de 750 000 dollars pour libérer le Steve Irwin de la cour d’Ecosse, nous les avons obtenus en 10 jours grâce au soutien international de nos sympathisants.

Et c’est parce que cela vous tient à cœur que je suis confiant et que je nous pense capable d’atteindre cet objectif dans les deux prochains mois. En retour de votre investissement dans cette campagne, nous ferons le don de la vie ininterrompue à ces baleines qui nageront librement dans le sanctuaire baleinier de l’océan Austral.

 

 

Sea Shepherd welcomes your support. To support our
conservation work, please visit our donation page.


Sea Shepherd France
22 rue Boulard, 75014 PARIS

All contents copyright ©2012 Sea Shepherd Conservation Society
Hosting and other web services donated by EStreet

Accueil     |     Déclaration de Confidentialité     |     Copyright     |     Contact