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Mardi, 25 Septembre 2012 16:13

Subventionner la mort n’a rien d’honorable

Commentaire du Capitaine Paul Watson

SSCS_EC_0196192Photo: Eric Cheng/Sea Shepherd

Suite aux décisions du gouvernement japonais, la controverse autour de la chasse à la baleine et au dauphin se transforme aujourd’hui en une comédie grotesque sur fond d’erreurs, de massacre, de brutalité et de bêtise.

La semaine dernière, le journal japonais Mainichi a publié un article sur les abus concernant l’utilisation des dons reçus en faveur des victimes du tsunami.

En voici un extrait:

Un législateur en poste dans l’une des régions touchées par le violent tremblement de terre et le tsunami survenus dans l’est du Japon en mars 2011 se lamente: "Des rapaces se ruent sur les fonds récoltés pour restaurer les régions les plus détruites et gaspillent cet argent pour des projets sans aucun rapport avec la catastrophe." L’argent devait initialement servir à construire des bâtiments résistant aux séismes, à acheter des armes pour les forces d’autodéfense, à aider les recherches sur la fusion nucléaire et à subventionner les artistes lors de leurs performances à l’étranger.

Le 9 septembre, l’émission "NHK Special", diffusée sur une chaîne publique, a révélé la vérité: les fonds récoltés suite à la catastrophe ont été détournés afin de financer des mesures anti-terrorismes et anti-Sea Shepherd, à la grande surprise des habitants des régions sinistrées. Cette même semaine, le Japan Times a également déclaré:

"En décembre dernier, l’annonce qu’une partie de l’argent destiné à la reconstruction des zones sinistrées par le tsunami et le tremblement de terre de mars 2011 serait finalement utilisée pour protéger les chasseurs de baleines d’interventionnistes comme Sea Shepherd a soulevé l’indignation. Greenpeace, ainsi que quelques autres associations ont réagi en déclarant qu’une telle utilisation n’était pas appropriée. Pourtant, le Ministre de la pêche a déclaré que ce projet respectait parfaitement les directives mises en avant lors de l’approbation des budgets consacrés à la reconstruction puisque l’économie de certaines communautés des régions sinistrées repose principalement sur la chasse à la baleine."

La controverse a rapidement perdu de l’ampleur. N’importe quelle personne familière des rouages de la bureaucratie y aurait vu un signal d’alarme, mais aucun média à l’époque n’a fait d’effort pour en apprendre davantage sur la situation et déterminer si elle méritait une enquête plus poussée. Ce n’est qu’aujourd’hui, un an plus tard, que les Japonais se rendent compte que leur gouvernement n’a pas respecté ses engagements de reverser l’argent à ceux qui en avaient vraiment besoin. Au lieu de cela, les autorités ont préféré financer des projets comme la subvention de la chasse à la baleine, sans aucun lien avec la problématique initiale.

À Taiji, le maire a condamné les voies d’évacuation utilisées lors du tsunami afin d’empêcher aux volontaires de Sea Shepherd de s’approcher de la baie où les dauphins sont tués.

Le gouvernement japonais a alloué des fonds pour des campagnes de relations publiques et pour engager des poursuites contre notre association. Les chasseurs japonais (ICR) ont demandé une injonction préliminaire auprès d’un tribunal de Seattle pour contrer les interventions de Sea Shepherd visant à gêner leurs activités baleinières dans l’océan Austral. Cette injonction leur a été refusée, mais grâce aux millions de dollars qu’ils sont prêts à dépenser dans cette guerre anti-Sea Shepherd, ils n’ont pas hésité à dépenser toujours plus d’argent pour faire appel.

Les dons récoltés pour les victimes du tsunami ont également été utilisés pour soudoyer le Costa Rica et demander aux autorités de porter plainte contre moi suite à un incident remontant à plus de dix ans: avec mon équipage, j’avais empêché le bon déroulement d’une opération de découpe d’ailerons de requins dans les eaux du Guatemala. Le Japon a ensuite fait pression sur l’Allemagne en réclamant mon extradition afin de me juger dans leur pays.

Nous parlons donc de millions de dollars dépensés pour une protection renforcée de Taiji et des opérations de chasse à la baleine qui ont lieu dans l’océan Austral.

En plus du massacre horriblement cruel de dauphins et baleines innocents et sans défense, il est tout simplement honteux de voir que l’argent destiné aux victimes du tsunami et du séisme est utilisé à des fins n’ayant aucun lien avec ce désastre. Le gouvernement japonais ne fait donc pas preuve de la moindre décence quand il s’agit de venir en aide à ses propres citoyens.

Certains Japonais n’ont toujours pas de toit sur la tête, mais le gouvernement préfère gaspiller son argent pour défendre la chasse à la baleine au large de l’Antarctique. Celles et ceux qui ont perdu leur famille et tout ce qu’ils possédaient ne reçoivent aucun dédommagement puisque l’objectif principal du gouvernement est de se débarrasser de ceux qui tentent de faire cesser l’horrible abattage de dauphins à Taiji.

De nombreuses personnes risquent leur vie et leur liberté pour éviter aux dauphins et aux baleines d’être impitoyablement exterminés par des gens qui utilisent sans scrupules l’argent destiné aux victimes de cette catastrophe survenue en 2011. Les quelques centaines de tueurs de dauphins et de baleines semblent avoir bien plus de valeur aux yeux du gouvernement que les dizaines de milliers de victimes du tsunami et du séisme. De toute évidence, ce sont désormais la fierté, la malveillance et le châtiment qui définissent le mieux la politique étrangère du Japon. Au lieu de s’intéresser aux véritables problèmes et de financer des solutions concrètes, le Japon a décidé de diaboliser Sea Shepherd. Ainsi, les citoyens concentrent leur colère et leur frustration sur nos actions plutôt que sur celles de leur gouvernement.

À bien des égards, le gouvernement se comporte de façon aussi puérile que le gouvernement nord-coréen en ignorant la situation désespérée de son propre peuple en faisant passer au premier plan leur haine envers les étrangers. Les Gardiens de la Baie ont été menacés par les Yakusa (la mafia japonaise) et certains partis de droite. Certaines rumeurs disent même que l’entreprise de sécurité Blackwater a été contactée afin de s’occuper de Sea Shepherd.

C’est quand même impressionnant de voir que le Japon est prêt à dépenser près de 30 millions de dollars pour contrer les actions de Sea Shepherd. Tout ce que nous voulons, c’est sauver la vie des dauphins, des baleines et mettre fin à l’abattage cruel de ces animaux intelligents qui font preuve d’interactions sociales complexes. Nous ne faisons qu’offrir notre compassion à ces animaux, mais le Japon nous considère comme de dangereux terroristes menaçant son gouvernement et les fondations mêmes de sa culture.

Les gens qui, dans le monde entier, ont fait des dons pour venir en aide aux victimes du tsunami n’auraient jamais voulu que leur argent serve à financer le massacre de dauphins et la chasse illégale de baleines au large de l’Antarctique. Ces gens ont donné leur argent parce qu’ils se sentaient concernés par l’avenir des victimes. Le gouvernement japonais, lui, ne semble pas s’en soucier outre mesure puisqu’il a volé cet argent pour le donner aux tueurs de dauphins et de baleines.

Cet argent, destiné à sauver des vies, a été détourné pour financer la mort.

Il n’y a pas de quoi être fier.

Lien: Mainichi News

Lien: The Japan Times

 

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