Commentary and Editorial

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Lundi, 01 Octobre 2012 17:42

Peur et haine des requins en Australie-Occidentale

Commentaire du Capitaine Paul Watson,
Fondateur et Président de Sea Shepherd Conservation Society

Le Capitaine Paul WatsonLe Capitaine Paul Watson
Photo: Billy Danger/Sea Shepherd

J’ai été surfeur dans les années soixante et soixante-dix et je ne me rappelle pas avoir eu peur des requins. Ces créatures belles et uniques sont aujourd’hui condamnées par le Premier Ministre d’Australie-Occidentale Colin Barnett. Je ne pense pas que Barnett n’ait jamais été surfeur.

Les vrais surfeurs n’aiment pas seulement l’océan, ils le comprennent. Ils comprennent les relations complexes inter-espèces. Ils aiment et comprennent l’océan, mais aussi les requins.

Non, je ne peux vraiment pas imaginer Barnett chevaucher une planche de surf.

Il devait faire partie de ces gens médiocres et timides qui restaient assises sur la plage, traumatisés d’avoir vu le film parodique de Spielberg "Les dents de la mer".

Cette semaine, le Premier Ministre d’Australie-Occidentale a lancé un mouvement de haine anti-requins en appelant à leur meurtre.

C’est une réaction impulsive et opportuniste qui répond à la couverture médiatique théâtrale de la mort de cinq surfeurs cette année.

Bien sûr, la mort de ces cinq surfeurs est tragique. Malheureusement, il est vrai que le nombre d’attaques de requins a augmenté, même si il reste relativement peu élevé. Mais au lieu de réagir par un massacre hystérique et insensé des requins, le Premier Ministre aurait peut être dû étudier les raisons de cette légère augmentation pour prendre des mesures salvatrices sans causer de dommages collatéraux à la biodiversité de nos océans.

Barnett est diplômé en sciences économiques et spécialisé dans les statistiques. Il devrait donc pouvoir comprendre que statistiquement, les attaques de requins mortelles ne sont pas si fréquentes. Ces animaux sont moins dangereux que les autruches, les chiens, les chimpanzés, les éléphants, les moustiques, les abeilles, les guêpes, les fourmis, les cerfs, les chevaux, les vaches ou les méduses.

Les chances de mourir dans un accident de voiture sont beaucoup plus grandes que celles d’être tué par un requin, et il y a bien plus de chance d’être frappé par la foudre en jouant au golf que d’être attaqué par un requin près d’une plage.

Lorsqu’on se concentre sur les sports dangereux, on voit que le surf est bien moins risqué que le golf, l’escalade en montagne, la randonnée, le deltaplane, l’équitation, le ski, la natation, la plongée sous-marine, la boxe ou le skateboard.

Statistiquement, si on compare avec tous les autres facteurs liés aux activités humaines, les requins ne sont pas un facteur mortel sérieux pour la population. Par exemple, vingt Australiens en moyenne meurent chaque année en tombant de leur lit et cinq autres en entrant dans leur baignoire.

D’un autre coté, nous autres humains tuons 70 millions de requins chaque année pour servir un bol de soupe insipide aux Chinois fortunés.

Grand requin blanc pris dans un filet maillantGrand requin blanc pris dans un filet maillant
File photo

La vérité, c’est que la haine des requins est une hystérie construite par Steven Spielberg, j’en suis sûr sans aucune intention de nuire, mais qui a ressuscité à l’écran une espèce éteinte depuis bien longtemps : un Mégalodon vicieux, une machine à tuer apparue dans le film "les dents de la mer". Le fait qu’un tel requin puisse vivre aujourd’hui est aussi probable que d’être attaqué par un Tyrannosaurus Rex.

Prendre pour cible le Grand requin blanc, c’est s’attaquer à une espèce menacée. Cela ne vaut pas mieux que d’appeler à l’extermination des tigres, des rhinocéros, ou des baleines. C’est le même genre de pensée superficielle et écologiquement ignorante qui a conduit à l’extinction du tigre de Tasmanie.

Si le Premier Ministre veut vraiment réduire le nombre d’attaques de requins, il devrait étudier les facteurs humains qui y contribuent.

Il y a trois raisons majeures à l’augmentation des attaques le long des côtes de l’Australie-Occidentale.

La raison la plus évidente est que le sang et les corps rejetés à la mer attirent les requins. Les bateaux qui transportent des animaux d’élevage sont une source majeure de cette attraction. Les animaux morts sont inconsciemment jetés par-dessus bord. Le flot journalier des urines et des matières fécales contient l’odeur du sang. Il va de soi que si l’on jette du sang à la mer, les requins rappliquent.

En tant qu’économiste, le Premier Ministre a bien sûr décidé qu’il était plus important de satisfaire les demandes des musulmans en animaux vivants, pour qu’ils puissent être ensuite égorgés le regard tourné vers La Mecque, que de sauver la vie des requins ou des surfeurs australiens.

La deuxième raison, c’est que des surfeurs évoluent dans ces mêmes eaux où les requins sont attirés. D’en dessous, un surfeur sur une planche ressemble vraiment à un phoque, et pas à un phoque comme un autre: un phoque immobile. Pour un requin, il prend alors la forme d’une enseigne à néons clignotants qui lui dit "MANGE".

Malgré cela, les requins abandonnent la plupart de leurs attaques quand ils réalisent que le surfeur n’est pas un phoque. Mais à ce moment, il est possible que le mal soit déjà fait.

Solution : au lieu de dépenser les impôts des Australiens pour exterminer les requins, les fonds pourraient être utilisés pour monter des dispositifs d’éloignement des requins sur les planches de surf et pour lancer des programmes de localisation des requins comme en Afrique du Sud où des personnes sont employées pour surveiller les plages de surf et sonner l’alarme s’il y a des requins dans la zone. Il faudrait aussi lancer des recherches sur le comportement des requins et sur les facteurs environnementaux spécifiques à la région comme l’effet des rejets en mer des bateaux qui transportent des animaux d’élevage.

La troisième raison est la surpêche. Les requins de nos océans voient leur nourriture diminuer d’année en année. Ceux qui pensent que les phoques devraient être éliminés pour faire diminuer la population de requins ne font qu’encourager le nombre d’attaques, car s’il y a moins de phoques, il y a moins de nourriture et donc plus de requins affamés et désespérés. Si l’on prive les êtres humains de nourriture, eux aussi sont sujets au désespoir et comme l’a démontré l’histoire, les hommes qui meurent de faim ont tendance à attaquer et même à manger d’autres hommes.

Grand requin blancGrand requin blanc
Photo: Emma Casagrande

Malheureusement, Barnett a déjà montré qu’il préférait les solutions extrémistes. Quand il a donné récemment autorité à la police pour perquisitionner et saisir des biens sans aucune preuve ni suspicion de délit, l’un des membres du gouvernement lui a exprimé son soutien en comparant cette loi aux mesures "efficaces" de sécurité qu’avaient pris Adolf Hitler. Le Premier Ministre Colin Barnett a alors défendu la déclaration du libéral Peter Abetz en disant qu’il n’avait pas tort.

Aujourd’hui le souhait de Barnett est de lancer une politique de "solution finale" et d’exterminer tous les requins dans l’intérêt de la sécurité.

J’ai surfé, nagé, et plongé pendant plus de quarante ans avec des requins de toutes espèces, grands blancs et requins tigres, et je n’ai jamais rencontré un seul requin qui ait menacé ma sécurité en tant qu’être humain.

Par contre, j’ai rencontré de nombreux politiciens qui l’ont fait.


Statistiques à l’attention du Premier Ministre Statisticien Colin Barnett

Les sept sports les plus dangereux aux Etats-Unis :

  • Le deltaplane
  • L’aviation civile
  • L’escalade en montagne
  • Le saut en parachute
  • La navigation de plaisance
  • La moto
  • La plongée sous-marine (sans les attaques de requins qui sont très rares)

 

Moyennes annuelles des causes de mortalité dans le monde :

Accidents de voiture : 2 210 000
Foudre : 10 000
Accidents mortels arrivés lors de l’envoi d’un texto : 6 000
Motos : 4 462 (aux Etats-Unis seulement)
Avions : 1 200
Chute ou noyade dans une baignoire : 340
Etouffement en mangeant un hot dog : 70
Guêpes et abeilles : 53
Skateboards : 50 (aux Etats-Unis seulement)
Méduses : 40
Chiens : 30
Fourmis : 30
Sauts en parachute : 21 (aux Etats-Unis seulement)
Distributeurs automatiques : 13
Conduite de tondeuses : 5 (aux Etats-Unis seulement)
Requins : 5

 

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