Commentary and Editorial

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Lundi, 15 Octobre 2012 16:06

Le Costa Rica interdit le Shark Finning. Vraiment?

Commentaire du Capitaine Paul Watson

Le capitaine Watson à la barre du Steve IrwinLe capitaine Watson à la barre du Steve Irwin
Photo: Barbara Veiga/Sea Shepherd

L’histoire suivante est tirée du Tico Times, un journal du Costa Rica. En apparence, on dirait vraiment une victoire pour les requins.

Sea Shepherd n’y croit pas. La présidente du Costa Rica Laura Chinchilla envoie un écran de fumée pour détourner l’attention du commerce d’ailerons de requins qui s’est retrouvé sous les feux des projecteurs depuis que le pays a émis un mandat d’arrêt contre notre fondateur et président, Paul Watson, en mai de cette année.

Pourquoi doutons-nous de la sincérité de la présidente Chinchilla?

La première raison est qu’elle continue d’autoriser l’envoi d’ailerons de requins du Nicaragua vers la Chine depuis les ports costaricains, ce qui, d’évidence, permettra aux ailerons de requins pris dans les eaux costaricaines de passer clandestinement en même temps. Pourquoi les ailerons de requins ne partent-ils pas directement du Nicaragua? Parce que les Costaricains sont impliqués dans le commerce des ailerons de requins du Nicaragua, et parce que les industries des ailerons de requins de ces deux pays sont liées.

La deuxième raison est que 400 000 requins ont été massacrés dans les eaux du Costa Rica en 2011, et le pays a exporté 30 tonnes d’ailerons de requins. Ceci implique que des gens très bien placés gagnent beaucoup d’argent, ce qui leur donne beaucoup d’influence.

La troisième raison est que la Chine, qui est le débouché le plus important des ailerons de requins, investi beaucoup d’argent au Costa Rica. Les acheteurs d’ailerons de requins chinois sont très actifs au Costa Rica depuis ces dernières années.

La quatrième raison est que les braconniers rôdent au large de l'île Cocos, et que les rangers n’ont pas les moyens de les empêcher de nuire. Les garde-côtes effectuent des arrestations symboliques, mais les lois sont rarement appliquées.

La cinquième raison est que le Costa Rica continue à demander l’extradition du capitaine Paul Watson pour avoir perturbé une opération de découpe d’ailerons de requins en 2002. La mafia des ailerons de requin veut que le capitaine Paul Watson soit éliminé, et elle bénéficie pour cela du soutien du gouvernement Chinchilla, qui fait tout son possible pour que Paul Watson soit extradé vers le Costa Rica.

La présidente Chinchilla essaie en réalité d’apaiser l’industrie du tourisme en faisant semblant de durcir la loi sur l’industrie des ailerons de requins, qui est un business énorme au Costa Rica. Très peu de protestations se sont d’ailleurs élevées suite à cette "décision", car l’industrie de l’aileron de requin sait très bien que rien ne va changer et qu’elle va continuer à faire des affaires comme avant.

Si le Costa Rica avait vraiment la volonté de sauver les requins, le gouvernement interdirait l’envoi d’ailerons du Nicaragua depuis ses ports. Il ferait appliquer la loi et montrerait sa volonté de préservation de l'île Cocos par de véritables arrestations et saisies. Enfin, il abandonnerait les charges ridicules qui pèsent sur le capitaine Watson.

Le peuple du Costa Rica veut que la découpe d’ailerons de requins cesse. Chinchilla doit savoir que son annonce ne trompe personne. Elle pourra faire illusion quelques semaines, mais les défenseurs de l’environnement, les rangers, les garde-côtes, les politiciens et l’opinion publique continueront à témoigner que le Costa Rica demeure un des pays où sont tués le plus de requins au monde, et certainement le pays d’Amérique Latine où ils sont le plus chassés.

Extrait du Tico Times:

À 10 h mercredi matin, la présidente Laura Chinchilla, flanquée du ministre de l'Environnement René Castro et du célèbre défenseur de l’environnement et milliardaire propriétaire de Virgin Group, Richard Branson, a signé un décret présidentiel qui interdit la pratique de la découpe d’ailerons de requins, ainsi que l'importation et le transport des ailerons de requins.

Dans un geste symbolique, l'événement a eu lieu au Parc National Manuel Antonio, l'une des zones les plus protégées du pays.

"Ce gouvernement fait un gros investissement dans le renforcement et la protection des ressources marines, un investissement d'environ 10 à 15 millions de dollars pour un nouveau système de radar qui couvrira cent pour cent de notre territoire marin," a déclaré Chinchilla à un auditoire qui comprenait les ministres de l'environnement, de l'agriculture et de l'élevage et de la sécurité publique, ainsi que les enfants des écoles locales.

Castro, qui a également signé le décret, a déclaré: "Ce décret va nous permettre d'arrêter la pêche des requins dans les eaux du Costa Rica, qui est intolérable pour un pays qui défend ses ressources naturelles."

"Notre message", a ajouté Chinchilla, "est celui de la tolérance zéro pour le shark finning."

Le ministre de l'Environnement René Castro a fait un discours au cours de l'événement qui s'est tenu au Parc national Manuel Antonio. Nouvellement nommé au ministère des eaux et des océans, le vice-ministre José Lino Chaves a estimé qu'au Costa Rica jusqu'à 400.000 requins ont été capturés en 2011 dans l'intention de vendre leurs ailerons.

Parmi les cinq articles du décret, le premier interdit explicitement la pratique de la découpe des ailerons des requins de toutes espèces dans les eaux du Costa Rica, ainsi que le démembrement des ailerons du corps du requin à partir du moment où le requin est pris.

Le second article interdit l'importation d'ailerons de requins de tout autre pays, sauf en possession d'un certificat qui déclare que les requins sont débarqués avec les ailerons naturellement attachés.

Le troisième article décrit les nouvelles règles de l'Institut costaricain des pêches (INCOPESCA), indiquant que tous les requins doivent être inspectés lors de leur débarquement, pour vérifier que tous les ailerons correspondent à la bonne espèce de requins et que les ailerons sont attachés naturellement.

Le quatrième met en œuvre une stricte politique de tolérance zéro pour toutes les embarcations prises en train de transporter des ailerons de requin, qui se traduira par l'annulation du permis de pêche du navire.

Cette interdiction est le résultat de plus d'une décennie de travail d’un grand nombre de groupes de défense de l’environnement à but non lucratif du pays, comme the Marine Turtle Restoration Project (Pretoma), MarViva Foundation.

On trouve, à l'avant-garde de la lutte pour mettre fin à la découpe des ailerons de requins dans les eaux du Costa Rica, le président de Pretoma Randall Arauz. Pretoma, un petit groupe de protection de l’environnement avec un budget de 300.000 dollars par an, a travaillé sans relâche dans la dernière décennie pour attirer l'attention sur le très lucratif commerce mondial de l’aileron de requin.

Le Costa Rica a longtemps lutté contre la corruption politique pour le contrôle du commerce international des ailerons de requins, en partie à cause des conflits d'intérêts au sein de la première agence des ressources marines, INCOPESCA.

"Le problème avec INCOPESCA", a déclaré Arauz, "c'est qu'il est autonome et politiquement dirigé, non pas par un ministre ou un fonctionnaire élu, mais par un conseil d'hommes d'affaires ayant des liens avec l'industrie de la pêche. Palangriers et marchands d’ailerons de requins sont dans la place."

En juillet, Chinchilla a promis d'œuvrer à l'amélioration de la gestion des ressources marines du pays et a signé un certain nombre de décrets qui ont débouché sur la création du poste de Vice-ministre des eaux et des océans et d’une Commission maritime nationale. Les écologistes espèrent que le nouveau décret en finira avec ce que Branson avait qualifié de "tâche" sur l'image environnementale du Costa Rica.

"Ils ont désormais réussi à se débarrasser de cette tâche", a déclaré Branson mercredi. Le magnat britannique a également souligné l'importance de la participation des jeunes aux efforts de défense de l’environnement.

"Je pense que c'est aux jeunes de s’opposer (aux atteintes contre l'environnement) s’ils en ont été témoin, et de faire connaître fortement leur opposition", a-t-il dit.

Branson a également appelé les habitants à participer à l'effort en fournissant des bateaux et d'autres produits.

Sur son blog, Branson a écrit: "J'ai vu le film Les Seigneurs de la mer il y a quelques années et il m'a marqué profondément. Ici, nous décimions 1,5 millions de requins par semaine, le tout pour un bol de soupe".

Le film auquel fait référence Branson, Les Seigneurs de la mer, est un documentaire de 2006, qui témoigne de l’affrontement entre Paul Watson et Sea Shepherd Conservation Society et les braconniers de requins le long de la côte Pacifique du Guatemala et du Costa Rica.

Le problème de la découpe des ailerons de requins au Costa Rica a reçu une attention internationale quand Paul Watson a été arrêté en mai en Allemagne sur mandat du Costa Rica, à propos d'un incident s'étant produit en haute mer en 2002. Un bateau de pêche du Costa Rica a accusé Paul Watson de l’avoir attaqué (TT, 18 mai 2012). Watson a déclaré que l'équipage du bateau était en train de faire du shark finning.

D'autres tentatives de faire la lumière sur la découpe d’ailerons de requins ont généré une publicité négative pour un pays qui se vend lui-même à l’étranger comme soucieux de l'environnement. Le célèbre chef Gordon Ramsey [sic] aurait été aspergé d'essence et tenu en joue alors qu’il essayait de filmer l'activité illégale de découpe d’ailerons de requins à Puntarenas en 2011. Ramsey [sic] a déclaré au Daily Mail: "[La découpe des ailerons de requins] est une industrie de plusieurs milliards de dollars, entièrement déréglementée. Nous avons débusqué quelques-uns des plus grands coupables au Costa Rica. Ces gangs opèrent dans des endroits qui ressemblent à des forts, avec des tours de fils barbelés et des miradors."

Depuis 2010, plus de 15.000 kg d'ailerons de requins sont entrés au Costa Rica. De nombreux défenseurs de l'environnement, comme Arauz, estiment que l'intérêt récent de la Chine et ses investissements au Costa Rica ne sont pas une coïncidence et qu’en contrepartie des lourds investissements réalisés au niveau de ses infrastructures, le Costa Rica restera laxiste sur la mise en œuvre de ces lois établies pour empêcher cette pratique. En Chine, un bol de soupe aux ailerons de requin peut rapporter jusqu'à 150$.

Après la signature du décret, Chinchilla a noté que: "Nous avons ajouté des mesures supplémentaires pour contrôler la commercialisation des ailerons de requin dans le pays qui rejoignent la loi actuelle sur la pêche, avec l'interdiction de l'importation d'ailerons de requins."

Mais même maintenant que le décret a été signé et que le Costa Rica continue de mettre en place des lois contre ce commerce lucratif, les écologistes sont préoccupés par l'entrée d'ailerons par voie terrestre, en provenance du Nicaragua. Arauz conteste le deuxième article du décret, qui stipule que les ailerons peuvent traverser la frontière avec un certificat signé par les autorités nicaraguayennes, indiquant que les requins ont été débarqués avec leurs ailerons attachés.

"Je ne sais pas pourquoi nous avons décidé que le gouvernement nicaraguayen était crédible à ce point. C'est un signe que le Costa Rica s’est vendu", a déclaré Arauz.

D'autres sceptiques se demandent comment le décret et d'autres lois sur la pêche seront appliqués. Un journaliste a demandé à Branson mercredi: "Faites-vous confiance au système de justice du Costa Rica pour contrôler loyalement l’application du nouveau décret?"

"Tous les jeunes gens à qui j'ai parlé au Costa Rica sont scandalisés depuis longtemps par le massacre des espèces dans les océans", a répondu Branson. "Je pense que le public du Costa Rica en assurera le suivi pour le gouvernement."

Tico Times: Le Costa Rica interdit le shark finning

 

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