Commentary and Editorial

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Lundi, 29 Octobre 2012 18:11

Le retour d'un dangereux criminel écologique

Commentaire du Capitaine Paul Watson

Fertilisation de l’océan avec du ferFertilisation de l’océan avec du fer
Photo: Woods Hole Oceanographic Institution
Un homme peut-il violer un océan?

Il y a quelques mois un soi-disant géo-ingénieur du nom de Russ George a fait exactement cela. Il a vomit 100 tonnes de sulfate de fer dans la mer pour tenter de faire pousser du plancton dans un effort scientifiquement suspect de tirer parti des crédits carbone.

Sea Shepherd connaît bien Mr George.

Nous l’avons arrêté aux Galápagos en 2007. Nous l’avons arrêté aux Bermudes, à Madère et aux îles Canaries en 2008. Nous avons contribué à le conduire à la faillite en 2009.

Maintenant, il est de retour.

Ce pollueur criminel a réussi à commettre au large des côtes de l'ouest canadien exactement ce que nous l’avions empêché de faire en Amérique du Sud et en Afrique.

Les images satellitaires ont confirmé que George a déclenché une floraison artificielle de plancton qui couvre 10.000 kilomètres carrés. Il l'a fait en déversant 100 tonnes de sulfate de fer dans l'océan Pacifique, à environ 200 milles nautiques à l'ouest de Foucault sur les îles canadiennes de Haida Gwaii.

En Août 2007, Sea Shepherd Conservation Society a collaboré avec l'Agence américaine pour la protection de l'environnement (EPA) et le Parc national des Galápagos pour étouffer les plans de George pour créer une floraison de plancton monstrueuse à quelques centaines de milles du Parc national des Galápagos. En 2008, nous avons affronté son navire de "recherche" aux Bermudes et avons obligé George à aller à Madère. Nous l'avons affronté là-bas et ses plans de polluer les eaux de l'Atlantique ont pris fin.

L'année suivante, Planktos a fait faillite et nous avons pensé que nous avions vaincu ce plan écologique fou. Planktos cessa ses activités, en précisant que la responsabilité de la fermeture du projet incombait à une "campagne de désinformation menée par de très efficace croisés, opposés à la compensation carbone".

L'annonce a négligé de mentionner que ces "croisés" n’étaient pas seulement Sea Shepherd, mais aussi l'EPA, les gouvernements de l'Équateur, des Bermudes, de l'Espagne, et l'ensemble de la communauté scientifique qui a été choquée par le fait que George puisse avoir l'intention d'utiliser l'océan comme un laboratoire pour tester son projet de compensation carbone.

Le plan de Planktos était de vendre des crédits de "compensation carbone", crédits gagnés par le déclenchement de l’efflorescence du plancton qui, en théorie, absorberait une quantité prévisible de dioxyde de carbone gazeux, qui contribue au réchauffement climatique, à travers la photosynthèse, puis sombrerait dans les fonds marins. Les crédits seraient vendus à des entreprises ou des individus tentant de compenser leurs émissions de dioxyde de carbone dues au transport.

La floraison du plancton se produit naturellement quand de la poussière contenant du fer se dépose dans les eaux océaniques où un manque de fer empêcheraient autrement le plancton de prospérer. Par exemple, des fleurs énormes ont éclos après que du sable du Sahara soit retombé au dessus de l'Atlantique. Les efforts visant à reproduire le processus ont officiellement rencontré une forte opposition des groupes environnementaux. Sea Shepherd Conservation Society s’est opposée au déversement de poussière de minerai de fer parce qu'il a été condamné par l'Agence de Protection Environnementale (EPA) des États-Unis et parce qu’il s’agît en fait d’une violation des réglementations internationales et étasuniennes sur le déversement de substances en mer. Le Parc national des Galápagos, la Fondation Charles Darwin, et le ministère de l'Environnement de l'Equateur sont également opposés à ce projet. Sea Shepherd ne porte aucun jugement sur les mérites scientifiques éventuels de ce projet. Nous avons agi parce que le déversement a été fait en violation des lois équatoriennes, américaines et internationales.

Est-ce que le déversement de poussière de minerai de fer dans la mer stimulera la prolifération du plancton? Est-ce que l'augmentation du plancton séquestrera le dioxyde de carbone? Nous ne le savons pas, mais les réponses doivent être trouvées en laboratoire avant d'utiliser l'océan vivant comme tube à essai. Sea Shepherd Conservation Society n'est pas en mesure d’en déterminer le mérite scientifique. Nous ne pouvons agir qu’en fonction des recommandations des organes scientifiques et des services chargés d’appliquer la loi. En partenariat avec le Parc national des Galápagos et de la police nationale équatorienne de l'environnement, nous avons agi en fonction de leur opposition à ce projet et nous avons convenu avec l'EPA aux Etats-Unis et le Centre de recherches de Darwin dans les Galápagos, que le projet de Planktos n'avait pas une crédibilité scientifique suffisante.

Planktos INC n'a pas été en mesure de fournir à l'APE toutes les informations relatives à une évaluation par la société ou par tout autre organisme de réglementation des impacts potentiels sur l'environnement de leurs projets de déversement de fer prévus, tels que: le montant estimé et les impacts potentiels du fer non assimilé par le phytoplancton, les montants et les impacts potentiels d'autres matériaux pouvant être déversés avec le fer, les montants estimés et les impacts potentiels d'autres gaz pouvant être produits par la prolifération des fleurs de phytoplancton ou par les bactéries libérées par la décomposition du phytoplancton mort, les mesure des estimations et les impacts potentiels de l'hypoxie (faible teneur en oxygène) dans océan profond ou d'anoxie (absence d'oxygène) causée par la décomposition bactérienne des fleurs de phytoplancton attendues ou les types de phytoplancton qui devraient fleurir et les impacts potentiels des efflorescences algales nuisibles pouvant se développer.

En 2008, 191 pays ont convenu d'un moratoire sur les projets commerciaux de fertilisation à grande échelle. Cet accord, adopté le 30 mai 2008 lors d'une réunion de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique à Bonn, en Allemagne, a appelé à une interdiction des grands projets de fertilisation des océans jusqu'à ce que les scientifiques comprennent mieux les risques et les avantages potentiels de la manipulation de la chaîne alimentaire océanique. Les règles de l'ONU étaient si sévères qu’elles ont même eu l'impact négatif de limiter des recherches scientifiques légitimes sur le rôle du fer dans la fertilisation. Russ George, qui a rejeté le moratoire en 2008 en le qualifiant de "mythologie", a déclaré qu'il ne s'appliquait pas à son projet. Ainsi, malgré la condamnation mondiale et les lois internationales, George a fait ce qu'il voulait faire et a réussi à déverser 100 tonnes de poussière de fer en mer. Les images satellite de la NASA ont montré que George a en effet déclenché une floraison artificielle de plancton d’environ 10.000 kilomètres carrés au large de la côte Nord de la Colombie-Britannique. George a déclaré que son équipe de scientifiques non identifiés a pu suivre les résultats de la plus grande expérience de géo-ingénierie jamais réalisée avec du matériel prêté par des agences américaines comme la NASA et le National Ocean and Atmospheric Administration. Il a déclaré que ce projet est "le projet de restauration des océans le plus considérable jamais réalisé", et que les données scientifiques recueillies sont d’une "grande densité et d’une profondeur jamais atteinte".

Sea Shepherd ne croit pas un seul instant que la NASA et la NOAA aient pu prendre part à ce qui était clairement une opération illégale. Pour rendre les choses encore plus sinistres, George a dupé le peuple Haida de Haida Gwaii en le faisant contribuer au financement du déversement, faisant passer celui-ci pour un projet de valorisation du saumon. George a convaincu les Haïda d’affecter plus d'un million de dollars de leurs fonds propres dans ce projet censé être bénéfique pour l'océan et les populations de saumon. S'exprimant au nom de la nation haïda, le président tribal Guujaaw a déclaré qu’on avait fait croire au village que le déversement serait bénéfique pour l'océan, qui est essentiel à leur subsistance et à leur culture. Les gens du village ont voté pour soutenir ce qu’on leur avait dit être un «projet de mise en valeur du saumon» et n'auraient pas accepté si on leur avait parlé de ses éventuels effets négatifs, ou précisé qu'il était mis en place en violation d'une convention internationale. Le peuple Haida devrait engager des poursuites contre George pour fraude, qui devrait être tenu responsable de ces opérations potentiellement destructrices. La mer ne peut pas être utilisée comme un laboratoire pour un projet de vente de crédits carbone. Si Russ George arrive à s'en tirer, le plus vraisemblable est qu’il procède à un autre déversement, et d’autres pourraient y voir une incitation à vider de la poussière de fer dans l'océan. Il y a une raison si les niveaux de plancton sont contrôlés naturellement dans l’océan par le pâturage des baleines et des poissons. Lorsque les humains commencent à bricoler les processus naturels, les résultats sont presque toujours négatifs. En fait, c’est parce qu’il était encouragé par le gouvernement canadien que George a déversé de la poussière de fer au large de la Colombie-Britannique. Il connaissait ses intentions et n’a rien fait pour l'arrêter. C’est logique étant donné que le blocage du Canada a entravé les négociations sur la géo-ingénierie lors d'une récente réunion de l'ONU sur la biodiversité qui s’est tenue en Inde, où le Canada a été critiqué pour être l'un des "quatre cavaliers de la géo-ingénierie." Les trois autres étant l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la Grande-Bretagne. Le gouvernement canadien s’est refusé à toute déclaration sur l'opération. La poussière de fer déversée dans l'océan est partie d'Alberta. Il semble que le gouvernement canadien se soit positionné pour en tirer le mérite si le système fonctionne, et pour avoir une excuse sil ne fonctionne pas en disant qu'il n'avait pas donné son accord.

Les Haïdas ne sont pas contents de Russ George. Russ George est un violeur en série de l'océan et il doit être arrêté avant de polluer plus encore les écosystèmes océaniques avec sa semence de savant fou dans cette tentative insensée sur le plan écologique de faire pousser artificiellement de vastes colonies de plancton destructrices d'oxygène et tueuses de poissons, dans le seul but de tirer profit du commerce stupide de vente de crédits carbone.

Qui est Russell George, ce criminel écologique? Autrefois, il était membre d'équipage à bord du navire de Greenpeace Rainbow Warrior, et il utilise cette expérience pour se donner une crédibilité en tant qu’environnementaliste, bien qu'il accuse maintenant Greenpeace d'être l'une de ces organisations environnementales extrémistes, avec Sea Shepherd, qui attaquent sa "science". Russ possède un diplôme en biologie, mais il a aussi prétendu avoir un diplôme en physique nucléaire qu’il n’a pas. Il s’en est prévalu quand il faisait la promotion de la fusion froide, un autre projet sans aucune crédibilité scientifique, ou du moins aucune qui ait été démontrée.

Russ George est tout simplement un escroc qui manipule les préoccupations des sociétés concernant le changement climatique. Il a coutume de mépriser la communauté scientifique et a derrière lui un lourd passif d'implication dans des systèmes occultes et véreux d’enrichissement rapide. Maintenant qu'il a relevé la tête, Sea Shepherd va le surveiller et contrecarrera ses projets futurs de déverser de la poussière de fer dans le milieu marin. Les gouvernements du monde entier ont la responsabilité de protéger l'intégrité de nos océans, mais comme d'habitude, ils ferment les yeux quand il s'agit d'intervenir contre les opérations qui tirent profit de l'exploitation irresponsable des écosystèmes marins.

 

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