Commentary and Editorial

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Samedi, 24 Novembre 2012 19:33

Les poissons ne sont pas de vulgaires babioles

La position de Sea Shepherd concernant le commerce des poissons d’aquarium

Article de Robert Winner, membre du directoire de Sea Shepherd

Poissons vivants prêts à être vendus en lignePoissons vivants prêts à être vendus en ligne
Photo: Robert Wintner

Le commerce de poissons d’aquarium se met au service d’une sombre passion, enfermant les espèces vivant dans les récifs de corail et détruisant les récifs du monde entier. Dépouiller les récifs pour divertir les gens n’est en théorie pas différent de la capture des cétacés en vue de spectacles commerciaux. Beaucoup de personnes ne se posent pas trop de questions en voyant ces poissons colorés dans des bacs en verre utilisés pour décorer bureaux, cafés, salles d’attente ou maisons – certaines s’imaginent sans doute que ces animaux ont été élevés en captivité. Le fait est que seuls 2% d’entre eux le sont, contre 98% capturés dans leur milieu naturel. Cette pratique dévastatrice est responsable d’un taux de mortalité très élevé, que ce soit lors de leur capture, de leur transport, de leur manipulation ou de leur mauvaise acclimatation. De plus, on sait que les coraux sont endommagés par des ancres, des chaînes, des filets, ou encore par des collectionneurs prêts à tout détruire pour gagner quelques dollars de plus.

Le commerce des poissons d’aquarium est protégé par des grands discours mais dans les faits, les élevages sont très peu mis à contribution. Chaque année, ce sont 40 millions de poissons des récifs et d’invertébrés qui peuplent 1,5 millions d’aquariums à travers le monde. Il est dans l’intérêt de tous de protéger la faune sauvage, les poissons ne sont pas de vulgaires babioles. L’équilibre des coraux marins est très délicat, chaque espèce joue un rôle bien précis dans la survie du milieu. Les poissons-papillons ne quittent pas leur récif par choix. Une fois disparue, l'espèce est perdue pour toujours pour le récif. Le labre nettoyeur d’Hawaï est une espèce endémique des eaux hawaïennes. Ces poissons charismatiques mettent en place des stations de nettoyage où de nombreuses autres espèces se rendent afin d’être nettoyées dans un contexte très social. En captivité, ils meurent en 30 jours en l’absence de 30 ou 40 autres poissons à nettoyer, ce qui ne les empêche pas d’être envoyés chaque jour à l’autre bout de la planète. Les récifs hawaïens sont aujourd’hui vulnérables aux attaques parasitaires. Les chirurgiens jaunes sont herbivores et se nourrissent d’algues de l’aube au crépuscule pour éviter que le récif ne meure étouffé, ce qui ne les empêche pas d’être capturés par millions pour améliorer les profits des revendeurs. Le chef du département des ressources naturelles d’Hawaï ne devrait pas être un collectionneur de poissons. Pas plus que les espèces vivant dans les récifs ne devraient être sacrifiées au nom de l’industrie du divertissement (y compris les ventes d’aquariums, de lumières, de babioles et de meubles pour les mettre en valeur). Face aux risques de l’acidification des eaux, des changements climatiques et des évènements qui y sont associés – comme la prolifération de couronnes du Christ due au réchauffement de l’eau – les récifs de corail doivent maintenir leur système immunitaire déjà fragile, mais pour cela, la diversité et l’équilibre entre les espèce sont déterminants.

Duo de poissons-papillonsDuo de poissons-papillons
Photo: Robert Wintner

Le taux de décès des poissons sauvages est ahurissant, sachant que les poissons meurent généralement dans les 30 jours qui suivent leur capture, suite à une erreur de chimie dans un aquarium de particulier. À l’état sauvage, ces espèces vivent pendant des décennies, permettant le maintien de l’équilibre du récif.

Hawaï est le troisième plus grand fournisseur de poissons pour le commerce américain, ce qui explique pourquoi ses récifs sont aujourd’hui désertés et pourquoi les espèces disparaissent les unes après les autres. Chaque année, la Floride achète des millions de poissons des récifs, alors même que la société déplore la prolifération de rascasses volantes, un prédateur vorace introduit dans les récifs coralliens, où il n’a pas de prédateur. Les rascasses volantes ne sont pourtant pas arrivées toutes seules dans l’Atlantique, c’est l’homme qui les y a amenées.

Le commerce des poissons d’aquarium laisse derrière lui des récifs déséquilibrés, dégradés et diminués. Aucun facteur responsable du déclin des récifs – l’acidification, les fuites, les changements climatiques, ou tout autre impact négatif – ne peut justifier la capture des espèces. Sea Shepherd Conservation Society cherche à faire cesser à travers le monde le trafic de poissons vivants destinés à servir de décoration ou à amuser les collectionneurs.

Ce chirurgien jaune est mort dans l’aquarium d’un restaurant de fruits de mer d’une putréfaction d’aileron due à  la mauvaise qualité de l’eauCe chirurgien jaune est mort dans l’aquarium d’un restaurant de fruits de mer d’une putréfaction d’aileron due à la mauvaise qualité de l’eau
Photo: Robert Wintner

650 chirurgiens jaunes et poissons-papillons morts récupérés dans une benne à ordures après qu’un collectionneur s’en est débarrassé parce qu’il ne parvenait pas à s’en sortir avec la chimie de l’eau de son aquarium650 chirurgiens jaunes et poissons-papillons morts récupérés dans une benne à ordures après qu’un collectionneur s’en est débarrassé parce qu’il ne parvenait pas à s’en sortir avec la chimie de l’eau de son aquarium
Photo: Robert Wintner

 

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