Commentary and Editorial

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Vendredi, 15 Mars 2013 23:18

CITES 101 et l’année des requins?

Gary Par Stokes, Coordinateur, Sea Shepherd Hong Kong

Entrée de la CoP16 de la CITES à Bangkok en ThaïlandeEntrée de la CoP16 de la CITES à Bangkok en Thaïlande - Photo: Sea Shepherd

Eh bien, quelle journée! Pendant presque toute la semaine dernière, j’ai assisté à la Seizième Session de la Conférence des Parties de la CITES (CoP16) à Bangkok. C’est la première fois que Sea Shepherd y a un représentant en tant qu’ONG internationale avec statut d’observateur, et je me sens fier et honoré d’avoir représenté l’organisation de défense des océans la plus efficace de la planète. Pour beaucoup de gens ici nous ne sommes pas les bienvenus, mais cela m’enchante encore plus, car cela montre à quel point nos actions sont efficaces en sauvant la faune sauvage, et tant mieux si cela compense le poids de ceux qui tirent profit de la mort et de la destruction de la nature.

La journée d’hier a été remarquable. Toutes les espèces de requins et de raies qui avaient été proposées pour l’Annexe 2 de la CITES y ont été inscrites.



Espèce                                                         OUI                  NON                   ABSTENTION

Requin Longimane Océanique                92                    42                    8

Requin Marteau Halicorne                         91                    38                    8

(Plus le Grand Requin-Marteau et le Requin-Marteau Lisse, en tant qu’espèces semblables)

Requin-Taupe                                               93                    39                    8

Raie Manta                                                    96                    23                    7

 

Mais qu’est –ce que cela signifie? Je vais tenter de vous l’expliquer

La CITES est une convention qui contrôle le commerce des espèces en danger d’extinction – des animaux et des végétaux que les scientifiques considèrent menacés par leur commerce international. Ce n’est pas la CITES qui dit quelle espèce est menacée et quelle autre non, elle prend des avis scientifiques et les présente aux délégués nationaux lors de sessions de la Conférence des Parties (CoP), et ce sont eux qui votent pour décider s’il y a lieu ou non de contrôler le commerce international Ils devraient se baser sur les réalités scientifiques, mais malheureusement, au fil des ans, on ne parle que de valeur commerciale et de la façon dont cela pourrait affecter les revenus et le mode de vie des gens.

La CITES a ce qu’on appelle des Annexes, et celles-ci offrent différents niveaux de restriction du commerce pour les animaux.

Annexe I - Les espèces inscrites à l'Annexe I sont menacées d’extinction et la CITES interdit le commerce international de ces espèces sauf lorsque l'importation n'est pas faite à des fins commerciales, par exemple à des fins de recherche scientifique. Dans ces cas exceptionnels, les transactions peuvent avoir lieu à condition d'être autorisées par la délivrance d'un permis d'importation et d'un permis d'exportation (ou d'un certificat de réexportation).

Annexe II – L'Annexe II est la liste des espèces qui, bien que n'étant pas nécessairement menacées actuellement d'extinction, pourraient le devenir si leur commerce n'était pas étroitement contrôlé. Elle comprend aussi ce qu'on appelle les "espèces semblables", c'est-à-dire celles dont les spécimens commercialisés ressemblent à ceux d'espèces inscrites pour des raisons de conservation. Le commerce international des spécimens des espèces inscrites à l'Annexe II peut être autorisé et doit dans ce cas être couvert par un permis d'exportation ou un certificat de réexportation. La CITES n'impose pas de permis d'importation pour ces espèces.

Par conséquent on peut quand même tuer sans restriction les espèces inscrites à l’Annexe II, et ce dans tous les pays, sauf si le pays en question l’a interdit par ses propres lois ou en fixant des quotas.

Le vote pour le Requin Longimane OcéaniqueLe vote pour le Requin Longimane Océanique
Photo: Sea Shepherd

Que signifie tout ceci par rapport au vote d’hier sur les requins?

Malgré le vote d’hier, comme cela a été le cas lors de précédentes sessions CoP, rien n’est définitif. Le sujet peut encore être débattu dans ce qu’on appelle des séances plénières. Ce fut le cas pour le requin-taupe lors de le la session CoP15, la décision a été votée, mais lors du nouveau vote en séance plénière, la résolution n’a pas obtenu assez de voix, si bien que la protection n’a pas été accordée. Alors ne faites pas encore sauter les bouchons de champagne, attendez jusqu’à la fin de la semaine que la CoP16 se termine..

Le vote pour le Requin-TaupeLe vote pour le Requin-Taupe
Photo: Sea Shepherd

Pourquoi revoter?

Disons que les observateurs corrompus de certains pays et de certains lobbies vont être mécontents du vote d’hier, particulièrement le Japon, la Chine, Singapour, le Cambodge et la Guinée. Je suis sûr qu’ils ont déjà sorti leurs carnets de chèques et qu’ils vont faire tout leur possible pour amener certains pays à changer leur vote. S’ils en ont suffisamment, ils pourront demander un second vote en séance plénière.

Par conséquent, même s’il s’agit d’un événement considérable, c’est juste un pas dans la bonne direction — un pas sur le long chemin de la protection des requins. Je ne veux gâcher le plaisir de personne, mais je suis réaliste. Les pays ont un délai de 18 mois pour former leurs administrations chargées de la pêche et leurs douanes. En réalité, les requins continueront à être tués en masse, et la plupart seront tués en haute mer, là où il est quasiment impossible de faire respecter la loi.

Cependant, l’inscription aux annexes CITES va aider les requins, car beaucoup de pays suivent les règles de protection de la CITES pour mettre en place leurs programmes de pêche régionaux. Plus il y aura de pays qui interdiront de tuer des requins et de les ramener à terre, mieux cela vaudra. En rendant illégaux les requins ou leurs ailerons, ils nous permettent d’agir pour faire appliquer le règlement.

Sea Shepherd Conservation Society s’oppose aux opérations illégales en haute mer, et agit dans le cadre des lois en vigueur. Grâce aux lois passées pour protéger les requins, nous pouvons agir en haute mer avec les gouvernements locaux, les agences chargées de faire respecter la loi, ou à notre propre initiative, pour les faire appliquer. Les Galapagos sont un exemple classique, nous y avons collaboré avec la police équatorienne et les Rangers du parc des Galapagos pour les aider à éradiquer la pêche illégale et le shark finning.

Alors, le week-end prochain, réjouissons-nous si les espèces de requins en question sont inscrites aux Annexes de la CITES, mais surtout rappelez-vous que la bataille pour sauver les requins est loin d’être terminée.

Cocktail pour les requins offert par PEW Charitable TrustsCocktail pour les requins offert par PEW Charitable Trusts
Photo: Sea Shepherd

Nous avons fêté les requins avec nos amis brésiliens du Divers For Shark, qui représentaient  la communauté globale des plongeurs au sujet des propositions sur les requins et les raies manta Nous avons fêté les requins avec nos amis brésiliens du Divers For Shark, qui représentaient la communauté globale des plongeurs au sujet des propositions sur les requins et les raies manta
Photo: Sea Shepherd

Le badge d’accès de Gary pour la CoP16 CITES Le badge d’accès de Gary pour la CoP16 CITES
Photo: Sea Shepherd

Mise à jour du jeudi 14 mars 2013

En séance plénière, la CoP16 a revu les propositions de modification des Annexes. Le Japon, soutenu par la Gambie et l’Inde,  a déposé une requête pour rouvrir les débats sur le Requin Longimane Océanique. La Colombie, soutenue par le Sénégal, s’est opposée à la réouverture des débats. Le Mexique et la Colombie, rappelant le Règlement de Procédure, ont déclaré qu’il fallait des arguments précis pour justifier la réouverture des débats, et que dans le cas présent ils n’avaient pas été apportés. La demande de réouverture des débats a été rejetée par un vote à bulletins secrets, avec 44 votes pour, 93 contre et 4 abstentions. La CoP a ainsi adopté la proposition d’inscrire le requin longimane océanique sur l’Annexe II. De même, la proposition concernant les requins-marteaux a été acceptée après qu’une requête pour rouvrir le débat a été rejetée, avec 40 votes pour, 96 contre et 6 abstentions dans un vote à bulletins secrets. La CoP a également accepté la proposition d’inscrire le requin-taupe sur l’Annexe II.

 

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