Commentary and Editorial

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Vendredi, 15 Mars 2013 23:41

Les maudits "Hunger Games" sur le fleuve Columbia

Commentaire par le Capitaine Paul Watson

Sea Shepherd est fière de vous annoncer le lancement de la campagne Dam Guardian 2013 pour protéger les otaries de Californie le long du fleuve Columbia (dans les états de Washington et de l’Oregon). C’est la deuxième année que Sea Shepherd organise une campagne de défense des otaries le long du fleuve. Cette fois, Sea Shepherd s’est coordonnée, avec une équipe de plus de 30 bénévoles internationaux, pour maintenir une présence unique au barrage de Bonneville et sur le site de piégeage d’Astoria.

Voici une déclaration du Capitaine Paul Watson initialement publiée le 31 mai 2012:

Une otarie de Californie douloureusement marquée par les employés du gouvernement. Photo: Erwin VermeulenUne otarie de Californie douloureusement marquée par les employés du gouvernement. Photo: Erwin Vermeulen

Depuis que nous avons pris la défense de l’otarie au barrage de Bonneville sur le fleuve Columbia, Sea Shepherd a reçu des courriers haineux et critiques de la part du public.

Mes préférés sont ceux du genre "Je vous soutiens dans la défense des baleines et des dauphins mais je ne vous soutiens pas dans la défense des otaries".

Les commentaires font référence à notre campagne avec des adjectifs comme "égarés, stupides, irresponsables, etc..., etc..."

Selon certaines de ces critiques, Sea Shepherd ne se préoccupe pas de la disparition du saumon. Les otaries sont nombreuses et appartiennent à la mer et non au fleuve. De plus, de nombreuses autres plaintes sont formulées par les partisans de solutions létales à ce qu'ils perçoivent comme un problème.

Certains de nos partisans disent qu'ils ne nous soutiendront plus dans nos efforts pour protéger les baleines, les dauphins et autres espèces marines parce qu'ils sont en désaccord avec notre campagne de défense des otaries.

"Vous n'aurez pas un centime de moi à cause de cette campagne malavisée pour sauver les otaries". Un soi-disant ancien donateur en colère.

Ma réponse est simple: "Gardez votre fichu argent, nous ne transigeons pas sur la défense de nos clients et notre clientèle inclut l’otarie de Californie et l’otarie de Steller et, populaire ou non, nous n’abandonnerons pas leur défense simplement parce que quelques humains ne les aiment pas".

Sea Shepherd comprend parfaitement que le saumon est en danger et nous comprenons aussi que ce n’est pas du fait de l’otarie. Plus de saumons sont tués par les turbines du barrage que par l’otarie. Les pêcheurs autochtones, de commerce ou de loisir, prennent plus de saumon le long du fleuve que l’otarie. La pollution tue plus de saumon que l’otarie.

L’otarie devient le bouc émissaire parce qu’elle est facilement attaquable, elle n’a pas le droit de vote, la tuer donnent l’impression que le saumon est une espèce protégée et les bureaucrates du gouvernement sont tout simplement trop fainéants pour traiter le problème d’une manière positive et écologiquement efficace.

Les saumons peuvent être sauvés par la démolition du barrage, par l’interdiction de la pêche commerciale, de loisir et autochtone. Et comme aucune de ces solutions n’est acceptable politiquement et économiquement, les bureaucrates ont opté pour l’illusion d’une solution en tuant quelques otaries.

Les otaries mangent entre 1% et 4% des saumons. Les pêcheurs en prennent 17% et le barrage en tue 17% autres. Baisser la prise des pêcheurs de 4% compenserait le quota des otaries.

Les otaries ont plus de droit sur les saumons que les pêcheurs, autochtones ou non, car les otaries étaient présentes dans cette zone, et se nourrissaient de saumons des dizaines de milliers d’années avant n’importe quelle présence humaine sur le territoire américain.

Le plus grand de tous les tueurs de saumon, le barrage de Bonneville sur la rivière Columbia. Photo: Erwin VermeulenLe plus grand de tous les tueurs de saumon, le barrage de Bonneville sur la rivière Columbia. - Photo: Erwin Vermeulen

Pour celles et ceux qui pensent que les otaries envahissent le bassin du fleuve Columbia, il est intéressant de noter que Lewis et Clark (les capitaines de la mission qui a traversé pour la première fois les Etats-Unis) ont rapporté la présence d’otaries se nourrissant de saumons en amont, aux pieds des chutes de Celilo en compagnie d’ours noirs et de grizzlis (dont l’emprise sur le saumon est désormais nulle).

Je dirais que le droit des otaries de se nourrir de saumon devrait primer sur les droits de tout être humain parce que les otaries ont un droit prioritaire. De plus, elles sont protégées en vertu de la loi sur la protection des mammifères marins. Elles sont également totalement dépendantes des poissons pour leur survie.

Les conditions requises, autorisant les autochtones de pécher (notamment la baleine) et chasser le phoque, se basent sur deux choses. Tout d'abord, une tradition intacte, et la seconde, une nécessité de subsistance. Les otaries ont une tradition ininterrompue de chasse aux saumons sur le fleuve Columbia et elles ont un besoin vital.

Pourquoi devons-nous massacrer presque 500 otaries pour que les hommes pratiquent la pêche au saumon comme un sport?

L’argument comme quoi le saumon est en voie de disparition est faussé par le fait que les humains sont autorisés à le pêcher. En vertu de la loi sur les espèces en voie de disparition, la pêche serait interdite si le saumon était considéré comme en danger.

Sea Shepherd Conservation Society est très préoccupée par la disparition du saumon et nous soutenons l'interdiction de la pêche de loisir et commerciale, afin de permettre à la fois la protection du saumon et des otaries.

Tuer les otaries n'est pas une solution. Le vide créé par la mort de 500 spécimens apportera encore plus d’otaries dans la région. En effet, les individus établis dans la région se sont battus et ont remporté le terrain pour revendiquer la possession du poisson. Même les plus jeunes se déplacent pour prendre possession du territoire, ce qui conduira à de nouvelles demandes d’abattages.

Aucun être humain ne va mourir de faim si on lui retire le droit de pêche. Les otaries, cependant, n'ont pas d'alternative. La faim les mène jusqu'à la rivière et elle les pousse à se risquer face à l'escadron de la mort du gouvernement.

Tout le long de la côte du Pacifique, les humains ont éloigné les otaries de leur habitat naturel. Nous les harcelons quand ils viennent sur les rivages. Nous leur tirons dessus tout simplement parce qu’ils ont faim. Nous leur prenons le pain de la bouche dans les mers et les rivières. Nous déversons nos eaux usées et nos déchets chimiques dans leur habitat. Enfin, nous nous servons d’eux comme bouc émissaire pour donner l’illusion que le gouvernement est concerné par la protection du saumon.

Ce que les bureaucrates font n’est pas en faveur de la protection du saumon. Ils se prostituent à la demande des politiciens qui veulent le vote des pêcheurs.

Otarie dans un piège, pour être potentiellement euthanasiée peu de temps après.Otarie dans un piège, pour être potentiellement euthanasiée peu de temps après.

Et pour rendre les choses encore plus bizarres, toute tentative d'entraver la protection des otaries ou porter atteinte aux pièges sera considérée comme un acte de terrorisme en raison de la proximité du barrage de Bonneville. Sauvez une otarie, allez à Guantanamo!

Ainsi les "Sea Shepherd Dam Guardians" sont là pour s'opposer à l'abattage des otaries et ce, de manière non violente et légale. Nous soutenons l’Humane Society of the United States dans leur contestation juridique et nous sommes là pour attirer l'attention internationale sur cette dénonciation honteuse d'une espèce qui a le droit d'être là où elle est, en faisant ce qu’elle fait.

Donc, pour ceux qui disent qu'ils ne veulent plus nous aider parce que nous défendons les otaries, notre position est que nous n'avons pas besoin de leur soutien. Nous ne sommes pas une organisation qui prétend faire plaisir à tout le monde. Notre base de soutien est peut être humaine, mais nos clients sont des espèces marines, du plancton aux grands cétacés. Le tout sans exception.

Il n'y a aucune somme d'argent qui peut nous dissuader d'une fidélité à 100% envers nos clients marins. Nous ne sommes pas ici que pour rendre les gens heureux. Nous existons pour être efficaces et l'efficacité passe par sauver des vies, par la défense de la biodiversité et par la protection des habitats marins.

Cela signifie également prendre des positions impopulaires, en disant des choses que les gens peuvent ne pas aimer entendre et faire des choses que certaines personnes préfèreraient que nous ne fassions pas.

C’est peut-être une position impopulaire pour quelques personnes, mais la politique de Sea Shepherd Conservation Society est que nous nous opposons à la mise à mort des otaries par le gouvernement des États-Unis dans les eaux du fleuve Columbia.

 

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