Commentary and Editorial

rss_icon_14Get RSS for this page now!  Sign up via My Sea Shepherd

Imprimer
Lundi, 06 Octobre 2014 02:01

L’épreuve de Praia de Achados

Commentaire de Simon Ager

Santa Luzia — l’une des dix îles qui forment le Cap-Vert et composée de roche volcanique.

La plage d’Anchado, submergée par les déchets. Photo: Sea Shepherd/Simon AgerLa plage d’Anchado, submergée par les déchets. Photo: Sea Shepherd/Simon AgerMême pendant la saison des pluies, celles-ci se font rares; l’île est un endroit sec, aride, désolé. Sous un soleil de plomb, les moineaux et les lézards se réfugient à l’ombre de notre tente, grappillant de l’eau dans une tasse rouillée placée sous un baril d’eau qui fuit.

Santa Luzia devrait être immaculée; seuls les biologistes marins et les pêcheurs traditionnels fréquentent l’île. On y trouve uniquement les montagnes surgissant du fond de l’océan, le sable noir et le sable brun qui se mêlent sur les plages de sable d’un blanc pur.

On pourrait dire la même chose de la plage de Francisca. Mais sa pureté est altérée par les déchets laissés par les pêcheurs qui ne fréquenteront bientôt plus cet endroit.

Un terrain vague de deux kilomètres sépare les plages de Francisca et d’Achados. Les geckos (lézard), seules créatures qui semblent assez robustes pour s’aventurer dans les broussailles, n’apparaissent que dans la fraîcheur de la nuit.

Les crabes-fantômes rôdent au bord de l’eau. Photo: Sea Shepherd/Simon AgerLes crabes-fantômes rôdent au bord de l’eau. Photo: Sea Shepherd/Simon AgerEn s’approchant d’Achados, on remarque petit à petit que cette plage est différente des autres. Des bidons en plastiques commencent à joncher les dunes, et se font de plus en plus nombreux lorsque les dunes rejoignent la plage.

Ce n’est pas une plage de sable blanc, mais une plage composée d’ordures laissées par les hommes. Trois kilomètres de bouteilles en plastiques, de boîtes, de palangres, de filets éparpillés et déchiquetés au milieu des rochers, de meubles, de cordes, de caisses en plastiques. On y trouve de tout!

J’ai rapidement oublié l’idée de nettoyer cette plage en examinant ce désastre provoqué par l’homme. J’ai observé la vague de déchets suivante osciller dans les remous, prête à s’étaler sur le sable. Nous avons dénombré près de soixante-dix noms de pays différents sur les bouteilles d’eau avant d’abandonner.

Mes pensées se sont tournées vers les tortues et l’épreuve qu’elles doivent subir pour survivre ici.

Une tortue caouanne de 100 kg s’est hissée sur la plage, avançant à tâtons dans l’obscurité et se frayant un chemin à travers les montagnes de déchets, à la recherche d’un endroit pour son nid. Les nombreuses tentatives de nidification ont laissé des traces sur cette plage. Les déchets ne se trouvent pas seulement à la surface, mais également à plusieurs mètres de profondeur. Des morceaux de plastique et de corde en nylon jaillissent de ce qui aurait dû être le lieu de naissance de centaines de nouvelles vies.

Une tortue perdue, entourée de déchets et cuite en plein soleil. Photo: Sea Shepherd/Simon AgerUne tortue perdue, entourée de déchets et cuite en plein soleil. Photo: Sea Shepherd/Simon Ager

Les tortues doivent pondre leurs œufs. Elles peuvent effectuer quelques tentatives en une nuit, avant de retourner vers l’océan et de réessayer une autre nuit.

Malheureusement, de nombreuses tortues se dirigent vers l’intérieur des terres, à la recherche d’un endroit adapté à la nidification. Ce sont ces tortues qui se perdent. Elles ne survivront qu’un seul jour sous le soleil brûlant qui se lèvera dans quelques heures.

L’association Biosfera 1 a sauvé de nombreuses tortues désorientées, en les remettant à la mer. Certaines n’ont pas autant de chances; elles succombent à la chaleur du soleil et "cuisent" à l’intérieur de leur carapace, chargées de leurs œufs.

Une femelle affrontera cette épreuve cinq fois en une saison, afin de pondre cinq cents œufs, et elle devra le faire deux années d’affilée pour que l’espèce ait une chance de survivre.

Santa Luzia est un endroit hostile. Outre la chaleur du soleil, les crabes-fantômes qui se nourrissent des œufs et les prédateurs qui attendent les tortues dans l’océan, le braconnage dans les îles, les palangriers et les montagnes de déchets menacent aussi la survie même des tortues caouannes.

Seule une tortue sur mille atteindra l’âge de se reproduire!

Tommy, volontaire de Biosfera1, déménage un nid attaqué par des prédateurs. Photo: Sea Shepherd/Simon AgerTommy, volontaire de Biosfera1, déménage un nid attaqué par des prédateurs. Photo: Sea Shepherd/Simon Ager  Heureusement, la première d’un millier de tortues! Photo: Sea Shepherd/Simon AgerHeureusement, la première d’un millier de tortues! Photo: Sea Shepherd/Simon Ager
Un moineau du Cap-Vert à la recherche d’eau dans un robinet qui fuit. Photo: Sea Shepherd/Simon AgerUn moineau du Cap-Vert à la recherche d’eau dans un robinet qui fuit. Photo: Sea Shepherd/Simon Ager   Des traces laissées par une tortue à travers les déchets. Photo: Sea Shepherd/Simon AgerDes traces laissées par une tortue à travers les déchets. Photo: Sea Shepherd/Simon Ager

Les dangers qui menacent la survie des tortues marines sont nombreux, entre le braconnage, les prises accidentelles et la pollution des océans et des plages, mais Sea Shepherd a pour but de défendre ces animaux marins menacés et en danger.

Nous avons non seulement des volontaires au Cap-Vert, mais également au Costa Rica, dans le cadre de l’opération Pacuare où nous protégeons les tortues et leurs nids contre les braconniers. Nous venons également de terminer une campagne pour la défense des tortues au Honduras.

Sea Shepherd lutte également pour mettre fin à la prolifération du plastique, en particulier les sacs plastiques jetables, qui étouffe nos océans, les poumons de la planète. Parmi nos initiatives pour combattre la pollution plastique, le Vortex Project constitue un effort de collaboration sans précédent pour nettoyer les océans des déchets plastiques et les transformer en produits utiles, notamment des vêtements.

 

Sea Shepherd welcomes your support. To support our
conservation work, please visit our donation page.


Sea Shepherd France
22 rue Boulard, 75014 PARIS

All contents copyright ©2012 Sea Shepherd Conservation Society
Hosting and other web services donated by EStreet

Accueil     |     Déclaration de Confidentialité     |     Copyright     |     Contact