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Vendredi, 18 Juin 2010 00:00

Opération Blue Rage: onzième jour de patrouille en Méditerranée

Rapport du Capitaine Watson

Alors que l’aube brumeuse se lève et que les marines libyennes et maltaises ne nous ont toujours pas trouvés, nous continuons notre patrouille.

Nous croisons l’Arctic Sunrise, le bateau de Greenpeace, qui navigue en direction du Sud-Ouest, vers la cage que nous avons détruite hier. Nous dévions de notre trajectoire pour aller à leur rencontre mais ils font demi-tour et s’enfuient à toute vitesse. Nous les suivons et les rattrapons. Alors que nous nous approchons d’eux, un banc de dauphins apparaît et commence à surfer sur les vagues des deux proues. Feu Robert Hunter, un de mes proches avec qui j’ai cofondé Greenpeace, y aurait sûrement vu un signe pour nos deux organisations.

Le capitaine de l’Arctic Sunrise nous contacte par radio et nous demande quelles sont nos intentions. Nous lui répondons que nous sommes simplement en train de faire quelques photos et nous lui demandons s’il souhaite se joindre à nous pour aller sauver des poissons.

''Arctic Sunrise, ici le Steve Irwin. Nous avons localisé une cage remplie d’une prise illégale d’environ six cents poissons. Ce serait une formidable opportunité pour nos deux organisations de travailler ensemble''. Après un moment d’hésitation, Joel Stewart, le Capitaine de l’Arctic Sunrise, nous répond simplement : ''la réponse est non.''

Il est évident que le capitaine de l’Arctic Sunrise ne voulait pas qu’une photo aérienne de nos deux navires côte à côte soit prise. Pour éviter que cela ne se produise, il a commencé à faire des ronds. Mais le Steve Irwin allant plus vite, nous avons tout de même pu prendre un cliché avant de partir.

Je suis assez content de voir les bateaux de Greenpeace en Méditerranée. Ils ne sont pas venus ces dernières années mais lorsqu’ils ont entendu que Sea Shepherd venait défendre le thon rouge, ils ont mobilisé l’Arctic Sunrise et le Rainbow Warrior. Ils ont fait quelques tentatives ratées pour délivrer des poissons, ils ont perdu deux de leurs bateaux gonflables et l’un de leur membre d’équipage a été grièvement blessé. Ils ont, sans aucun doute, fait de sérieux efforts pour attirer l’attention sur la menace qui pèse sur le thon rouge.

Nous aimerions qu’ils envisagent de revenir défendre les baleines avec nous dans l’Océan Austral mais, avec les années, beaucoup de choses ont changé pour Greenpeace. Ce feu qui nous animait, mes collègues et moi-même, lorsque nous avons créé Greenpeace il y a quarante ans, s’est considérablement refroidi. Toutefois, je dois avouer que lorsque j’ai regardé l’Arctic Sunrise et les dauphins qui nageaient devant la proue de nos deux navires, j’ai ressenti un pincement de fierté en tant que père fondateur de Greenpeace. Je sais que Robert Hunter aurait adoré voir cela et je sais ce qu’il aurait dit s’il y avait assisté: ''tu vois, Paul, les dauphins ont reconnu les deux bateaux. Nous n’avons pas vu un seul dauphin depuis une semaine et soudain, alors que les deux navires se rencontrent, ils apparaissent devant nos proues. Ces délicieux Bouddha inoffensifs sont plus sages que nous et pourtant nous ne les écoutons jamais.''

C’est ainsi que nous retournons vers le Sud en direction des eaux libyennes, laissant l’Artic Sunrise dans notre sillage. Dommage. Ensemble, Greenpeace et Sea Shepherd pourraient patrouiller dans les océans; ensemble nous pourrions devenir une force plus imposante avec qui il faudrait compter.

Alors que nous nous dirigeons vers le Sud, j’allume mon iPod et met Somewhere Over The Rainbow en hommage à Robert Hunter ainsi qu’à tous les anciens membres de Greenpeace avec qui j’ai navigué. Je repense avec joie à tout ce que nous avons accompli depuis ce jour de juin 1975 où Robert et moi avons bloqué ce navire harpon soviétique avec nos corps, dans les eaux froides du Pacifique Nord. Depuis, il s’est passé tellement de choses, à la fois positives et négatives. Mais le plus important c’est que certains d’entre nous n’ont jamais enfoui le rêve que nous portons en chacun d’entre nous. C’est cela, le pouvoir de changer le monde. Notre devoir, c’est oser faire la différence, et comprendre que parfois il faut tenter l’impossible pour rendre certaines choses possibles.

Steve Irwin and Arctic Sunrise

 


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