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Jeudi, 01 Juillet 2010 00:00

Deepwater Horizon, le nouveau Ground Zero

Rapport de Steve Roest, directeur exécutif de Sea Shepherd

Les pluies torrentielles et les vents violents de la tempête tropicale Alex se calment enfin au-dessus de la Nouvelle-Orléans, États-Unis. Nous en profitons pour tenter d'évaluer l’étendue du désastre et les mesures prises par British Petroleum (BP) pour endiguer le rejet d’hydrocarbures.

Des barrages flottants ont été déployés aux alentours des Îles Chandeleur, États-Unis, mais ils semblent être placés au hasard, sans aucune logique. Pire, ils ne sont même pas efficaces. Même en surface, ces barrages n’empêchent aucunement la marée noire d’atteindre les côtes. Le pétrole passe dessus, dessous et autour des barrages comme s'ils n’existaient pas. Nous voyons le pétrole atteindre les plages de la zone protégée de Chandeleur. Des centaines d’oiseaux plongent dans les nappes de pétrole à la recherche de nourriture. En six heures de vol, nous ne voyons qu’un seul petit banc de poissons. Sur des centaines de kilomètres, la faune semble avoir disparu.

Après une brève halte dans un aéroport, nous remettons le cap vers le nouveau Ground Zero. Nous sommes le seul aéronef qui survole la zone. Nous volons bas. Sous nos yeux, l'eau commence à changer d'aspect et la terrible odeur âcre du pétrole nous enveloppe instantanément. Quelques instants après, nous assistons à une scène étrange: un bateau de pêche tente de se frayer un chemin à travers les nappes de pétrole. Ne mangez pas de produits de la mer en Louisiane ce soir !

La surface du golfe ressemble à du métal liquide pendant des centaines de milles nautiques. Au bout de dix heures de vol, nous voyons enfin les premiers bateaux qui semblent nettoyer ou disperser le pétrole. Ils sont quatre. Quatre seulement, probablement en train de répandre du Corexit, un abominable agent dispersant qui, comble de l'ironie, s’avère plus toxique que le pétrole qu’il fractionne. Où sont donc tous les bateaux de nettoyage auxquels nous nous attendions ? Que font des bateaux de pêche dans cette zone, leurs filets traînant dans l’eau ? Comment est-ce possible que rien ne soit fait, plus de soixante-dix jours après l’accident ?

Nous survolons l’épicentre du désastre: la plateforme pétrolière Deepwater Horizon. Des bateaux d’assistance brûlent les torchères, la mer n’est que pétrole.

La réponse de BP à la crise dont elle est responsable est loin d’être suffisante. Il n’y a pas d’autre mot pour décrire les tentatives d’endiguement de la tragédie qui se déroule au-dessous de nous. BP a besoin d’aide, beaucoup d’aide et en a besoin maintenant. Si la société refuse l’assistance du secteur public, le gouvernement américain doit intervenir sans plus tarder. De nombreuses personnes peuvent apporter leur soutien, qu’il s’agisse d’associations, d’entreprises ou de particuliers. Il existe des idées efficaces pour retirer le pétrole et le rendre moins toxique, pour protéger la faune et la sauver, pour permettre aux citoyens du golfe de recouvrer la santé et de restaurer leur économie. Ces ressources sont disponibles dès à présent.

Cette semaine, à la Nouvelle-Orléans, Sea Shepherd Conservation Society a rejoint une coalition qui regroupe des scientifiques, des ingénieurs, des experts des écosystèmes marins mazoutés et des entrepreneurs capables d’apporter l’expertise et les ressources nécessaires pour avoir un réel impact sur ce désastre. BP doit être convaincue, sinon contrainte, d’autoriser le recours à toutes les ressources disponibles, faute de quoi, les individus et les écosystèmes de cette planète en paieront le prix fort pendant des générations.

Oil slick on coast line

Oil slick

Oil slick

 


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