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Vendredi, 10 Septembre 2010 14:07

En direct de Taiji - 10 septembre

Taiji Campaign ReportMichael Dalton, Responsable des Opérations Sea Shepherd à Taiji

La ville de Taiji, dans la préfecture de Wakayama, est un petit village de pêcheurs endormi sur la côte orientale du Japon à environ quatre heures de voiture de l'aéroport international d'Osaka (Kansai). Taiji est considéré comme le lieu d’origine de la chasse traditionnelle de la baleine au Japon, avec une histoire qui remonte aux années 1600.

En suivant la côte d'Osaka, vous verrez que le littoral est parsemé de petites villes semblables – toutes avec le même genre de ports et de petits bateaux de pêche.

Taiji Campaign Report

Ce qui distingue Taiji, c’est le refus d’accepter des alternatives à cette coutume ancienne de massacrer de petits cétacés. La majeure partie du monde n’était pas au courant de cette pratique avant que Ric O ' Barry fasse The Cove (La Baie de la Honte), documentaire aux nombreuses récompenses.

The Cove ne fut pas la première tentative pour attirer l’attention sur ces massacres : en 2003, les membres de Sea Shepherd Alex Cornelissen et Allison Lance furent arrêtés pour avoir coupé des filets et mis en prison pendant quatre semaines avant d'être expulsés du Japon.

Taiji Campaign Report

Arrivant à Taiji le 31 août 2010, avec un petit groupe de volontaire soigneusement choisis – tous venus de Brisbane en Australie – nous avons découvert que la ville n'était pas ce que nous pensions. La flotte de bateaux de pêche utilisés pour la chasse au dauphin, connue de nous grâce aux informations aisément disponibles sur l'Internet, se balançait tranquillement dans le port principal. Un premier passage devant la fameuse baie le jour de notre arrivée, qui était aussi le dernier jour de sécurité garantie jusqu' à avril 2011 pour les dauphins, ne provoqua aucune confrontation avec des militants favorables à la chasse ni aucune autre forme d'opposition. En fait, la ville était quasiment déserte.

Un autre plongeur, deux éclaireurs et moi-même sommes retournés en ville pour vérifier où en étaient les préparatifs pour le début du massacre qui pourrait durer jusqu'à six mois peut-être. Nous pûmes descendre à la plage de la crique, qui est visible de la route qui conduit en ville. Contrairement à nos prévisions, il n’y avait aucun signe de surveillance depuis le parking proche. Nous avons mis nos masques de plongée et avons nagé en direction de la crique du massacre, qui est un peu à l’écart – ce fut une expérience déstabilisante : nager dans les eaux où chaque année 2.000 Grands Dauphins, Dauphins de Risso et globicéphales sont envoyés à la boucherie, ceci nous mit extrêmement mal à l’aise.


Notre bain se déroula sans incident, à part l’intérêt que nous manifesta un couple qui se mit à nous filmer et avec qui nous eûmes un court entretien. Ceci attira vite l’intérêt de la police locale. Avec nos masques à la main, nous avons essayé de quitter la baie mais ne sommes pas allés très loin avant d'être interrogés par deux policiers locaux [de Shingu]. Après un échange de plaisanteries, et chose étonnante, aucune question quant à la raison de notre bain avec masque et tuba dans la crique, nous nous sommes serrés la main et nous sommes retournés à notre maison d’hôtes, de style traditionnel, dans une ville voisine.

Cette nuit-là, deux d’entre nous retournèrent en ville sous le couvert de l’obscurité, équipés de matériel pour se documenter sur toute activité dans ou hors du port et autour de la baie, y compris celle reculée du massacre. Nous sommes restés en place sans être repérés pendant toute la durée de nos observations. A 3 heures du matin, les lumières ont commencé à apparaître un peu partout dans la ville : les pêcheurs se réveillaient pour vaquer à leurs occupations quotidiennes. À 3h 45, ils ont commencé à quitter le port à la lumière de la demi lune et sous un ciel étoilé. Ce n’est qu’à 5h30 qu'un cortège de bateaux impliqués dans la chasse au dauphin quitta le refuge du port principal et se dirigea plein Est sous le soleil levant.

Peu avant 8h, les bateaux sont revenus de cette même direction de l’Est. Cette fois il n’étaient pas en file indienne mais formaient un long arc de huit bateaux également espacés, chassant lentement devant eux un groupe de dauphins et de petites baleines terrifiés, les poussant vers leur fin malheureuse. Le seul bruit était le ronflement des moteurs au loin. Deux des bateaux les plus grands de la flottille ont accéléré pour prendre position près de l'entrée de la crique et s’assurer que leurs proies ne s'échappent pas. Les dauphins ont alors dû aller en profondeur et changer de direction, parce que quelques minutes plus tard tous les bateaux ont quitté leur formation et sont repartis au large. Ce fut un grand jour pour les dauphins, car aucun n’avait été attrapé. Un communiqué de presse fut rapidement rédigé pour informer le monde entier que la campagne de chasse avait repris, mais que la première chasse avait été un échec.

Ce ne fut pas seulement le monde qui prit connaissance de notre compte-rendu, mais aussi les pêcheurs et les responsables de l’Institut pour la Recherche sur les Cétacés, organisation qui profite finalement des ventes des dauphins pour la captivité et de la campagne annuelle illégale de chasse à la baleine en Antarctique. Ils savaient maintenant que des représentants de leur ennemi juré, la société de Conservation Sea-Shepherd, étaient en ville – les observant et attendant !

Un groupe de grands dauphins fut capturé le matin suivant. L’Agence de pêche de la ville confirma que vingt dauphins avaient été capturés, qu’un certain nombre avait été gardés pour être vendus et le reste libéré.

Taiji Campaign Report

Nos preuves photographiques confirmèrent ce rapport. Les dauphins capturés furent ensuite déplacés manuellement, à l’aide de petits bateaux et de civières tenues à la main, dans les cages du port principal le vendredi 3 septembre, où ils attendent que les propriétaires d’esclaves des aquariums et d’autres entreprises de dauphins captifs viennent les chercher; ils sont destinés à une vie de misère et seront forcés de supporter un régime artificiel de poissons morts bourrés d’antibiotiques et d’antidépresseurs afin de les maintenir en vie.

La révélation du fait que ces activités étaient suivies de près provoqua une intensification immédiate de la sécurité près des cages et autour de la ville par une équipe d'onze policiers et de deux employés japonais des Garde-côtes. Ils s’inquiétaient de la possibilité d'une tentative de libération des dauphins. Sea-Shepherd l'a fait en 2003 et pouvait le faire en 2010 !

Pendant tout le temps que nous avons passé à Taiji, nous avons été arrêtés plusieurs fois par la police, sans jamais avouer nos intentions ou notre appartenance à Sea-Shepherd. Nous avons également rencontré le personnel japonais des Garde-côte qui savait que je dirigeais cette opération sur leur territoire et qui voulut me prévenir que si j'essayais une deuxième action de Sea-Shepherd sur les filets, je serais mis en examen – on conseilla même aux autres membres de mon groupe de ne pas s’associer avec moi !

Les Garde-côtes nous laissèrent partir, mais firent en sorte que nous fussions constamment suivis par des véhicules de la police, jusqu'à ce que nous réussissions à les semer par une série de manœuvres dans les petites rues de Kushimoto. Ils ne nous ont pas retrouvés depuis, en dépit des tentatives de se faire passer pour des médias, cherchant à organiser de faux entretiens.

Taiji Campaign Report

Pour les pêcheurs de Taiji, les dauphins et les petites baleines ne sont que de gros poissons à capturer, vendre et contraindre à une vie artificielle dans des spectacles de dauphins et des aquariums pour l'amusement des humains -- ou bien à massacrer de manière inhumaine pour leur viande, dont la valeur est bien moindre. Ces animaux sont bourrés de produits chimiques toxiques comme les PCB et le méthylmercure qui ont envahi la chaîne alimentaire océanique depuis le début de la révolution industrielle.

En dépit de preuves scientifiques mettant en évidence des niveaux de contaminants dans la viande qui excèdent les niveaux recommandés acceptables pour la consommation humaine, elle est toujours vendue dans les supermarchés et servie dans les repas scolaires. Les habitants de Taiji et ceux des secteurs voisins sont exposés à des produits chimiques qui ont été liés aux problèmes neurologiques catastrophiques (connus sous le nom de maladie de Minamata), subis par des personnes à Minamata parce que le mercure des rejets industriels empoisonnait leur eau.

Le maire de Taiji a commenté publiquement qu'aussi longtemps qu'il sera maire, le massacre des dauphins et d'autres cétacés continuera. Pour lui, la tradition et la coutume justifient la poursuite des chasses au dauphin; il refuse de reconnaître que l’usage commercial de ces mammifères au nom des loisirs humains est seulement un phénomène récent.

Le monde entier doit savoir ce qui se passe à Taiji. Nous n’avons aucune haine contre quiconque, que ce soit à Taiji ou au Japon, à l’exception de ceux qui sont engagés dans ces abattages cruels et barbares, ceux qui capturent des dauphins pour les exploiter et ceux qui profitent de ces deux pratiques.

Nous avons rencontré et ri avec beaucoup d’habitants de ce lieu merveilleux pendant notre court séjour dans ce beau secteur, à la riche culture. On nous a proposé de l'aide toutes les fois que nous en avons eu besoin, bien au delà de ce que nous avons pu constater dans d'autres pays. Il est malheureux qu'une petite poignée de personnes continuent à ensanglanter ces eaux et ne cherchent pas à trouver une alternative alors que d'autres villes au Japon et dans le monde entier ont déjà choisi de le faire.

Taiji n'est pas une ville qui prospère de la vente et de l'abattage des dauphins; au lieu de cela, elle aussi meurt lentement. L’âme de la ville se perd peu à peu à mesure que des pêcheurs plus jeunes refusent de participer aux massacres et aux bénéfices qui ne vont qu’à ceux, plus haut placés, qui ne connaissent que le profit sans pitié.

Le site de Tangalooma, sur l’île de Moreton à Brisbane, était jadis le centre d’une des stations de chasse à la baleine les plus célèbres d’Australie, responsable d’avoir décimé la population de baleines à bosse en si peu de temps que si les opérations de chasse n’avaient cessé quand elles le firent, les baleines à bosse auraient pu ne jamais récupérer.

Au lieu de cacher ses 400 années de chasse à la baleine, Taiji, comme le site de Tangalooma, ou même Futo au Japon, pourrait prospérer grâce à l'eco-tourisme. Après tout, qui veut aller dans une ville responsable de l'assassinat rituel des cétacés ?

En conclusion, à tous ces organismes comme le Musée de la Baleine à Taiji et les delphinariums de cette planète océanique – je crie : « honte à vous !! » Votre avarice est la force d'entraînement derrière l’exploitation de ces créatures magnifiques et la raison pour laquelle la chasse au dauphin continue dans des endroits comme Taiji. Votre mépris total pour ces créatures magnifiques leur refuse la liberté des océans et les enferme dans des eaux artificielles peu profondes où elles doivent faire des tours afin de manger – et où on leur refuse l'occasion de nager, chasser, s’accoupler naturellement et développer leurs relatons sociales.

Il est temps que les gens se rendent compte que voir des dauphins et des petites baleines en captivité est directement lié à la mort de plus de 20.000 cétacés au Japon chaque année !

 


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