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Mardi, 19 Octobre 2010 14:51

L'opération Gulf Rescue continue six mois après la fuite de pétrole

Mercredi, cela fera six mois que la marée noire engendrée par BP a commencé à dévaster le Golf du Mexique. Plus rien ne s'échappe désormais du puit de pétrole, mais l’impact des dispersants chimiques diffusés dans l’eau et sur les côtes reste encore visible. La dévastation de la faune marine et des écosystèmes causée par ce désastre environnemental commence tout juste à toucher les consciences. Les dispersants interagissent chimiquement avec le pétrole brut pour transformer les larges flaques de pétrole en petites bulles qui se propagent sur de longues distances et coulent ensuite au fond de l’eau. Mais ces dispersants chimiques sont encore plus toxiques pour la faune marine que le pétrole brut en lui-même. Alors que les larges plaques de pétrole peuvent être facilement retirées de la surface de l’eau et stoppées avant d’atteindre les côtes, ce n’est pas le cas des bulles flottantes. Certains animaux comme les tortues de mer confondent ces bulles avec des méduses et meurent ainsi empoisonnées.

Sea Shepherd continuera à demander aux autorités d’agir : A quoi pensez-vous ? Que faites-vous ? Nous sommes là à rapporter les faits, à secourir ceux qui en ont besoin et à essayer d’arrêter ceux qui délibérément et consciemment sont en train de détruire les océans et la faune marine dans l'illégalité la plus totale.

Voici ce à quoi ressemble l'une des activités estivales de l’opération Gulf  Rescue de Sea Shepherd et ce qui est à venir.

“Dégagez! Vous n'avez pas le droit d’aider!”

Bonny pilotant Bessie
Bonny pilotant Bessie

Les bénévoles de Sea Shepherd sont arrivés au Golf un mois après le début de l’écoulement de pétrole. Le 22 mai, Bonny Schumaker (Second Officier sur le Bob Barker pendant la campagne anti chasse à la baleine de 2009-2010 dans l’Océan Austral, et membre du conseil d’administration de Sea Shepherd) et Kurt Lieber (lui aussi membre de Sea Shepherd) ont voyagé tous les deux depuis la Californie jusqu’à la Nouvelle Orléans (Louisiane) avec l’avion monomoteur de Bonny appelé "Bessie". Bonny utilise Bessie pour suivre et transporter des animaux sauvages ou domestiques dans le besoin, habituellement pour l’organisation à but non lucratif On Wings Of Care, Inc. (OWOC). Cet été, Bessie est devenue "L’oeil du Ciel" de Sea Shepherd dans le Golf, avec pour mission de localiser les animaux marins et oiseaux en danger, ainsi que les traces de pétrole pour les scientifiques et les personnes travaillant sur des bateaux. Bessie avait aussi pour but de transporter les journalistes sur le terrain pour qu’ils puissent ainsi témoigner du réel état des choses.

Quand notre équipe est arrivée, elle s'est retrouvée confrontée à des règles et restrictions qui l'ont empêchée d’atteindre les zones les plus polluées et de secourir ainsi les animaux en détresse. Premièrement, aucun avion n’était autorisé à voler à moins de 900m du sol ou de l’eau (à l’exception des avions utilisés par BP ou ayant reçus une autorisation gouvernementale). Tout cela rendant impossible à trouver des dauphins, des tortues de mer, des pélicans ou même de gros animaux comme des cachalots ou des requins-baleines. Deuxièmement, aucun bateau n’était autorisé dans ce qu’ils appelaient les "zones sensibles" comme l’intérieur des baies et les côtes océaniques où les tortues mortes ainsi que les oiseaux noyés dans le pétrole étaient les plus nombreux. Et enfin, les promeneurs étaient également interdits le long des plages ! Ces "règles" ont ainsi freiné beaucoup de personnes, notamment les journalistes. Mais les bénévoles de Sea Shepherd sont restés déterminés, ce qui a permis de lever ces restrictions.

whale shark
sea turtle
requin-baleine et tortue

D’abord par les airs…
Au début, la seule solution venait du ciel. Il y avait des scientifiques de diverses agences gouvernementales et d’instituts de recherche (NASA, USGS, NOAA, NGA, USCG, etc – vous pouvez les trouver sur Google!), qui voulaient trouver et étudier le pétrole depuis des bateaux ou avec des instruments d’imagerie à haute altitude. Mais leur matériel satellite était souvent vieux de plus de 12 ans, avec une faible résolution ; les vents forts et les courants empêchaient la stabilité nécessaire pour trouver ce qu’ils cherchaient. Ils avaient besoin d'un avion au-dessus d'eux pour les guider jusqu'à leurs cibles. Nous leur avons alors proposé notre aide. Bonny a été désignée au "poste de commandement unifié" et Bessie est devenue un avion patrouilleur officiel. En juillet, en un mois seulement, nous avons volé presque 50 heures pour les besoins des scientifiques. En volant pour eux, nous avons utilisé chaque minute pour trouver, suivre et rapporter les changements au niveau des îles côtières et des baies, et de l’état de la vie marine : dauphins, raies, tortues, requins, pélicans et autres oiseaux marins. En peu de temps, d’autres scientifiques, groupes environnementaux, pêcheurs locaux, vidéographes et medias ont entendu parler de nous et nous avons commencé à les aider eux aussi. Début septembre, nous avions volé plus de 250 heures dans le golf, environ 160 kms au sud de Pensacola, depuis l’ouest de la Floride jusqu'au sud de Lafayette en Louisiane. Nous avons trouvé et enquêté sur plus de 24 requins-baleines (dont certains ont été trouvés grâce à des transmetteurs GPS), des cachalots, 7 orques, des centaines de dauphins, plusieurs espèces de requins (marteau, tigre, mako), des raies mantas, et enfin l’une de nos espèces préférées du Golf à Sea Shepherd : les tortues de mer (luth, caouanne, imbriquée, verte et de Kemp). Nous avons vu des milliers d’oiseaux de mer; malheureusement très peu d'entre eux étaient en bonne santé. Pratiquement toute cette vie sauvage a été trouvée à plus de 80 kms du puits de BP à l'origine de cette catastrophe. Autour de « la source » comme ils appellent le puits, nous n’avons trouvé que très peu d’animaux sauvages en bonne santé.

Ensuite en bateau…
Mi-juillet, nous avons commencé à faire entrer des bateaux dans le Golf. Les règles n’étaient encore pas aussi renforcées à cette période là et grâce à notre repérage aérien nous savions très bien où aller et comment y aller "discrètement". Nous avons téléphoné à tous les points d’observations de la faune sauvage dans le besoin, mais les restrictions ne nous autorisaient pas (et ne nous autorisent toujours pas) à venir en aide directement aux animaux. Alors nous avons proposé nos services pour récolter des échantillons d’eau et de pétrole dans les zones sensibles de l’écosystème, tout particulièrement dans les zones côtières du Mississippi Sound. Nous avons travaillé avec divers laboratoires et scientifiques qui nous ont envoyé leur équipement spécial et leurs instructions (bocaux en verre stériles, matériel spécial absorbant pour le pétrole, grandes glacières pour ranger et transporter tous les échantillons, GPS de poche pour entrer les coordonnées et enregistrer les conditions, ainsi que de la "paperasserie"). Ce n’était pas une action facile à mener et il fallait se concentrer sur les détails. Souvent, les eaux étaient agitées et certains d’entre nous auraient préféré abandonner mais nous avons tenu le coup.

prélèvement d'échantillons
prélèvement d'échantillons

Nous avons emmené des photographes et des vidéographes sur les îles côtières pour documenter les conditions sur place, et nous avons contribué à emmener les autorités à certains endroits pour récupérer des barrages flottants et nettoyer les plages où nous avons trouvé de jeunes pélicans, des oisillons de sternes et d’autres oiseaux en danger ou déjà touchés par le pétrole. Nous avons aussi aidé à ramasser des cadavres d’oiseaux de mer pour que les scientifiques puissent les autopsier et déterminer ainsi la cause de leur décès. Certains de ces oiseaux avaient des traces de pétrole dans leur corps, certains semblaient être morts de faim, et d’autres semblaient en bonne santé mais avaient l’estomac vide. Des tests de laboratoires spéciaux ont été pratiqués pour déterminer si les dispersants pouvaient être à l’origine de ces décès. Le nombre d’oiseaux morts sur ces îles était en pleine expansion ; cela était l’un des points les plus tristes de notre travail dans le Golf.

Nous regrettons que les restrictions nous aient empêchées d’en faire davantage et de faire participer certains de nos bénévoles les plus qualifiés. Des vétérinaires spécialisés dans la faune sauvage ou des capitaines certifiés étaient prêts à nous rejoindre sur un bateau que nous devions apporter dans le Golf pour servir de centre de support dans le but de sauver des vies ou de participer à d’autres tâches. Au moment où les restrictions étaient devenues plus souples et que nous avons pu apporter notre bateau, il ne restait plus beaucoup d’animaux à sauver. Les promesses des autorités pour essayer de réintroduire des milliers de jeunes oiseaux de mer issus des zones côtières avant la période des ouragans n’a jamais été tenue. Cependant, en restant sur place et en offrant notre aide partout où nous pouvions, nous nous sommes rendus utiles non seulement aux scientifiques qui étudiaient le pétrole et la faune sauvage, mais aussi aux pêcheurs et habitants locaux concernés par les populations de poissons côtières ; ce travail continuera aussi longtemps qu’ils auront besoin de notre aide.

les bénévoles
les bénévoles

Nos bénévoles !
Environ 15 bénévoles de Sea Shepherd ont participé activement à cette action durant l’été, plus quatre bateau et l’avion Bessie. La plupart de nos bénévoles ont reçu une formation Haz WOPER de 24 ou 40 heures où ils ont pu s’entrainer à naviguer et à plonger ; plusieurs d’entre eux avaient déjà de l’expérience dans l’approche des marées noires et des animaux touchés par le pétrole. Certains étaient des bénévoles expérimentés, d’autres n’avaient jamais fait cela avant. Nous allons en nommer quelques-uns ici, d’autres apparaitront dans notre liste de remerciements ci-dessous. Un grand bravo à toute notre équipe de bénévoles de l’été, par ordre alphabétique : Tom Bremer, Brock Cahill, Kevin Compton, Alex Feld, David Hance, Charles Harmison, Burt Lattimore, Rex Levi, Fiona McCuaig, Dean Miya, Jerry Moran, Bonny Schumaker, Nick Schearer, Ian Ziatyk.

Ce qui va se passer à partir de maintenant
Nous réduisons certaines de nos opérations dans le Golf pour mettre en place la campagne anti chasse à la baleine avec l’opération No Compromise dans l’Océan Austral. Une demi-douzaine de bénévoles ira récupérer de nouveaux échantillons début novembre, dans l’eau et sur les côtes, et ils seront libres pendant certaines périodes durant l’hiver, en fonction des besoins. Sauf imprévu qui nécessiterait notre aide rapidement, nous retourneront dans le Golf au printemps 2011 en avion, bateau ou à pied, pour aller aider les habitants, les pêcheurs, les scientifiques et surtout la faune sauvage qui en a le plus besoin.

Nos remerciements!
Ce résumé ne serait pas complet sans remercier les quelques personnes qui sont devenues des amis de Sea Shepherd durant cette période de challenge. Des "locaux" qui grâce à leur générosité, à leurs connaissances, à leur temps, à leur équipement et serviabilité nous ont permis d’être efficaces dans le Golf cet été. Nous ne pouvons pas les nommer un par un ou vous décrire en détail tout ce qu’ils ont fait pour nous mais voici une petite liste des noms de quelques-unes de ces personnes extraordinaires que nous voudrions grandement remercier (par ordre alphabétique) :

Jason Berry; Bess Carrick; Marion & Penny Edwards; Patricia Gannon; Andrew Gross; Jennifer LeBlanc; Brayton Matthews; Lenny Maiolatesi; Diana Pinckley; John & Julie Scialdone; Stuart Smith.

Photographies de Jerry Moran - New Orleanian Fine Photography

Operatio Gulf Rescue
Visitez le site de l'Opération Gulf rescue pour plus d'informations

 


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