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Mercredi, 23 Mars 2011 15:38

Les baleiniers rentrent à la maison

Rapport du Capitaine Paul Watson

Le retour de la flotte baleinière japonaise le 21 mars 2011 dans la baie de Tokyo a été un événement très discret, et très certainement un soulagement pour les capitaines et les équipages de cette flotte meurtrière notoire. À la mi-février, Sea Shepherd avait obligé les baleiniers à quitter honteusement l’océan Austral, ce qui leur a valu bien des critiques de la part des dirigeants politiques et des médias japonais qui ont déclaré que la décision des baleiniers de battre en retraite était lâche.

Compte tenu de la tragédie ayant récemment frappé le Japon, la disgrâce de la flotte baleinière japonaise n’est plus vraiment d’actualité. Le navire-usine Nisshin Maru, que nous avions surnommé l’Étoile de la mort des cétacés, et le reste de la flotte baleinière étaient encore en mer quand le tremblement de terre et le tsunami ont sévi. Pour tenter de se racheter aux yeux de leurs compatriotes, les hommes du Nisshin Maru vont bientôt faire quelque chose de vraiment utile: transporter du matériel vers le nord pour venir en aide aux victimes du séisme et du tsunami.

Nos cœurs et notre sympathie vont aux hommes et aux femmes de la flotte baleinière qui ont pu perdre des membres de leur famille ou des amis dans cette catastrophe. Je sais moi-même combien il peut être frustrant d’être en mer quand on vient de perdre quelqu’un de sa famille. Au moment du récent tremblement de terre en Nouvelle-Zélande, les officiers du Wellington, qui étaient alors en mission en mer de Ross, n’ont pas tout de suite transmis l’information aux membres de leur équipage afin de leur éviter l’angoisse. Nous ignorons ce que les baleiniers japonais ont pu savoir de cette catastrophe ou même s’ils en ont su quelque chose, mais nous ne pouvons qu’imaginer l’angoisse dont certains ont pu souffrir.

Des supporters ont suggéré à Sea Shepherd de venir en aide aux victimes du tremblement de terre au Japon. Étant une association à but non lucratif, nous ne pouvons légalement pas le faire. Nous ne sommes pas un organisme humanitaire et nous ne pouvons pas légalement participer à une opération de secours avec des fonds donnés à une œuvre de protection du milieu marin. Par ailleurs, certains verraient cela comme une action opportuniste, sachant que nous n’avons pas participé à des opérations humanitaires en Inde après le tsunami, ni en Haïti ni en Nouvelle-Zélande après les séismes qui y ont eu lieu. Qui plus est, nos navires ne seraient pas autorisés à pénétrer dans les eaux japonaises.

Il semblerait qu’à cause de cette tragédie, certains pensent que nous devrions nous sentir coupables de nos actions d’opposition à la chasse à la baleine, à la surpêche et au massacre des dauphins par les Japonais… Ce n’est pas le cas. Le tremblement de terre, le tsunami et la catastrophe du réacteur nucléaire n’ont absolument aucun rapport avec le fait que les Japonais pratiquent illégalement la chasse à la baleine, la surpêche et le massacre brutal des dauphins.

L’ “accident” du réacteur nucléaire n’est pas vraiment un accident, c’est plutôt le résultat d’une négligence. Cela faisait plusieurs décennies que les États-Unis attiraient l’attention du Japon et d’autres pays sur les dangers qu’implique la construction de sites atomiques sur le littoral, sur les failles géologiques ou à proximité de ces failles. À chaque fois, on nous répondait la même chose et on nous disait que le risque d’accident était égal à zéro. Les pouvoirs publics japonais sont les seuls responsables de cette négligence qui a consisté à balayer les problèmes sous le tapis et à ignorer les insuffisances de leurs réacteurs en matière de sécurité. Ils ont aussi menti à leur propre population et ils continuent de le faire, tout comme ils ont toujours menti à propos de leur industrie baleinière.

Là où Sea Shepherd est concernée, c’est au sujet des conséquences possibles de cette récente tragédie sur les efforts de protection de la faune marine. Dans le nord, un certain nombre de bateaux tueurs de dauphins ont été détruits ou endommagés, ce qui devrait avoir un impact sur leur capacité de continuer à tuer les marsouins de Dall dans un avenir proche. À Taiji, la cruauté des pêcheurs a pris un nouveau tour avec le tsunami, quand ils ont refusé de relâcher les dauphins encagés si bien que la vague a précipité les dauphins sans défense contre les rochers. Nous nous attendons à ce que ces tueurs de dauphins sadiques et extrémistes poursuivent leur épouvantable massacre, et nous allons continuer de nous opposer à eux.

Concernant la flotte baleinière, la situation peut changer de deux façons. Quand les baleiniers ont quitté l’océan Austral, j’étais sûr à 75 % qu’ils n’allaient pas y revenir la saison prochaine, car (1) ils savent que nous pouvons les arrêter, (2) ils se sont lourdement endettés vis-à-vis de l’État japonais, et (3) la chasse à la baleine est en train de devenir, de plus en plus, un problème pour le gouvernement japonais. Cette récente catastrophe aura vraisemblablement sonné le glas de la chasse à la baleine des Japonais dans l’océan Austral, et il est maintenant sûr à 100 % qu’ils n’y retourneront pas. Compte tenu de la crise qui vient de frapper le Japon, de nouvelles subventions seraient vraiment très impopulaires.

Bien sûr, il reste la possibilité que le Japon considère une fois de plus la viande de baleine comme une nourriture bon marché pour un pays en crise, de même que la flotte baleinière avait été organisée en 1946 par le général de l’armée américaine Douglas MacArthur pour fournir des protéines bon marché à la population au sortir de la guerre. Or, une telle entreprise aurait un caractère ouvertement commercial et serait donc illégale. Le Japon pourrait en appeler à la compassion mondiale à titre de justification, mais il est peu probable qu’il l’obtienne.

Nous comptons surveiller étroitement la flotte baleinière japonaise. S’il s’avère qu’ils ont l’intention d’y retourner, alors Sea Shepherd y retournera aussi.

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