Sea Shepherd Newsrss_icon_20

Imprimer
Lundi, 11 Juillet 2011 12:36

En direct de la Commission Baleinière Internationale

Par le Capitaine Paul Watson

Paul Watson et des bénévoles de  Sea Shepherd lancent de l’argent dans les airs pour symboliser les pots de vin du Japon aux nations de la Commission baleinière internationale. Photo: Simon AgerPaul Watson et des bénévoles de Sea Shepherd lancent de l’argent dans les airs pour symboliser les pots de vin du Japon aux nations de la Commission baleinière internationale. Photo: Simon Ager

Le 9 juillet 2011, le Brigitte Bardot, le vaisseau de reconnaissance et d’interception de Sea Shepherd Conservation Society, est arrivé au port de Saint Hélier sur l'île Anglo-normande de Jersey. Je me suis rendu de Saint-Malo, en France, à Jersey - en passant par Guernesey - pour rejoindre l’équipage et je ne suis pas arrivé seul. Des bénévoles de Sea Shepherd sont venus en masse du Royaume-Uni, de la France, des Pays-Bas, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, du Brésil, et des États-Unis.


Nous avons vite fait de découvrir que l’entrée de l’Hôtel de France – où la réunion annuelle de la Commission baleinière internationale (CBI) a lieu - était interdite à toute personne qui portait les couleurs de Sea Shepherd. La sécurité de l’Hôtel avait été avertie – les équipages de Sea Shepherd sont des pirates et doivent impérativement être tenus à l’écart !

Malgré cela, les délégués japonais n’ont voulu prendre aucun risque.  Ils ont engagé des gardes du corps et ils circulent dans des véhicules utilitaires de sport noirs avec vitres teintées fournis par une agence de sécurité. Il parait que nous sommes nuisibles !

Cette année, l’île de Jersey, célèbre pour ses vaches et ses pommes de terre, est l’hôtesse de la 63e  réunion annuelle de la CBI. Jersey est une île magnifique et les gens y sont accueillants; l’endroit parfait pour tenir la réunion de cette année où la Grande-Bretagne a fait savoir on ne peut plus clairement que la corruption au sein de la CBI devait être exposée et résolue. L’un des changements proposés par la Grande-Bretagne est de faire cesser les pratiques des petits pays qui paient leurs cotisations à la CBI en argent comptant (argent qui leur est remis par la délégation japonaise en échange de leur vote en faveur de la chasse à la baleine).

À l’origine, la proposition britannique a été soumise par 23 membres de l’Union européenne, mais le Danemark a posé son véto, si bien qu’elle n’a pas pu être présentée par l’Union européenne. En ce qui concerne le massacre des baleines, le Danemark est le seul pays où l’odeur de pourriture émanant des baleines agonisantes continue à avilir la conscience de l’Europe. Le Danemark et ses acolytes, à savoir le Japon, l’Islande et la Norvège,  persistent à soutenir et encourager les pots de vin et la corruption au sein de la CBI au moyen de procédés contraires à l’éthique!

L’autre évènement pour le moins surprenant et déplorable à la CBI est la conduite embarrassante de Monica Medina, commissaire américaine à la CBI, la première porte-parole des États-Unis à avoir trahi les baleines depuis l'entrée en vigueur du moratoire sur la chasse à la baleine en 1987. Malgré les promesses formulées par le président Barack Obama, son administration est en pourparlers avec le Japon pour la légalisation de la chasse à la baleine. Medina a même assuré au Japon que le gouvernement américain ôterait le statut fiscal d’association à but non lucratif de Sea Shepherd à la demande du Japon. Selon toute vraisemblance, elle n’a pas l’air d’être au courant qu’il est illégal pour le gouvernement américain d'utiliser le Service des revenus interne (IRS) comme arme contre une organisation à but non lucratif américaine à la demande d’un pays étranger.

Si Wikileaks n’avait pas fourni les documents contenant ces faits aux médias l’année dernière, nous n’aurions probablement jamais été au courant de ce marché conclu dans le plus grand secret. Grâce à la divulgation de cette information, nous avons aussi découvert que l’an passé les États-Unis et la Nouvelle-Zélande (avec l’appui d’organisations telles que Greenpeace) ont tenté de négocier un compromis qui aurait permis de légaliser la chasse à la baleine dans le Sanctuaire baleiner de l’océan Austral en échange d’une réduction du nombre de baleines tuées. Sea Shepherd avait déjà réduit le nombre de baleines tuées au moins de moitié et de presque 85 % l’an dernier, mais on a fait fi de cet exploit.  Fort heureusement, grâce à l’Union européenne, aux pays latino-américains et à l’Australie, la négociation du compromis a été réduite à néant, ce qui a porté atteinte à la réputation des États-Unis qui avaient promis de laisser tomber la proposition de compromis - bien qu’il semble qu’ils aient essayé de la soumettre à nouveau sous un autre nom et une description différente par l’entremise d’une autre proposition conjointe de la Nouvelle-Zélande et des États-Unis.

Dans l’ensemble, les habitants de la Nouvelle-Zélande sont mécontents du sacrifice des baleines par leur gouvernement, mais il semble que la loyauté des politiciens au pouvoir à Auckland va davantage vers Tokyo que vers Aotearoa.

The Brigitte Bardot docked at Jersey. Photo: Dan MarshLe Brigitte Bardot arrimé à Jersey.
Photo: Dan Marsh

Une chose est sûre: les États-Unis ont abandonné leur engagement à long terme envers la défense et la protection des baleines afin d’apaiser le gouvernement japonais. Le président George H.L.W. Bush nous a donné le sanctuaire marin d’Hawaii et qu’est-ce que le président Barack Obama nous a donné au juste ? Une trahison.  Inutile de dire que je ne voterai plus pour Obama. Je nourrissais de grands espoirs en 2008 avec la mise en place de sa nouvelle administration, mais je n’espère plus rien d’Obama à la veille de l’année électorale de 2012.

Un autre fait intéressant est que bon nombre de nations manipulées par les Japonais n’ont pas encore payé leur cotisation à la CBI cette année, principalement parce que le Japon a toutes les peines du monde à se remettre debout après la triple poisse qu’à été le séisme, le tsunami et la fusion du cœur de ses réacteurs nucléaires. En conséquence, quelques-uns de leurs sympathisants obséquieux sont arrivés à la fête sans leur cotisation annuelle. Pas d’argent signifie pas de vote, alors la position "pro-tuerie" du Japon, de la Norvège, de l’Islande et du Danemark va s’en trouver grandement affaiblie en raison d’une pénurie de nations votantes opportunistes.

Le Japon s’est rendu à cette réunion en espérant troquer la compassion mondiale pour la souffrance des baleines contre la permission d'en tuer plus, et une fois encore, il porte sa proposition à l’ordre du jour de la CBI  afin que les États-Unis, l’Australie et les Pays-Bas interdisent la présence de Sea Shepherd sur leur territoire et de nous retirer notre immatriculation et nos pavillons.

Un peu plus tôt aujourd’hui, j’ai délivré une lettre au Dr Simon Brockington, Secrétaire à la CBI, dans laquelle je requiers l'autorisation pour Sea Shepherd d'assister à la réunion de la CBI afin que nous puissions nous défendre contre les accusations du Japon. Il est toutefois bien peu probable que cela soit accordé et Sea Shepherd demeurera la seule organisation bannie de la réunion.

Je suppose que nous devrions nous réjouir de cet état de choses. Il n’existe aucune autre organisation qui sauve plus de baleines que Sea Shepherd. Si le prix que nous devons payer pour nos interventions offensives  hautement efficaces est l’interdiction d’assister aux réunions politiques ennuyeuses et stériles de la CBI, soit ! Cependant, sans notre présence, les propositions du Japon soumises à la CBI afin de condamner Sea Shepherd sont équivalentes à un tribunal de pacotille où l’occasion de se défendre contre les allégations des massacreurs de baleines n’est pas donnée aux accusés, en l’occurrence, nous.

Toutefois, la raison principale de la présence de Sea Shepherd à Jersey est de voir si le Japon à l’intention de retourner dans l’océan Austral au mois de décembre afin de poursuivre son massacre illégal des baleines. Si c’est le cas, Sea Shepherd y retournera aussi et encore une fois, interceptera et fera obstacle à ses opérations. S’il revient, nous lancerons l’opération Divine Wind et nos navires, le Bob Barker, le Steve Irwin et le Brigitte Bardot se retrouveront d’ici peu dans les eaux tumultueuses du Sanctuaire baleinier de l’océan Austral pour accomplir ce que nous faisons de mieux : défendre les baleines!

La lettre de Sea Shepherd adressée au Secrétaire de la Commission baleinière internationale:

10 juillet 2011

Destinataire: Dr. Simon Brockington
Secrétaire de la Commission Baleinière Internationale

Expéditeur: Capitaine Paul Watson
Fondateur et Président
Sea Shepherd Conservation Society

Dr. Brockington,

Au nom du conseil d’administration, du comité consultatif, de l’équipage et des officiers des navires de Sea Shepherd, du personnel et de nos membres internationaux, je souhaiterais demander la permission pour qu’un observateur de Sea Shepherd assiste à la réunion de la Commission baleinière internationale à Jersey.

Sea Shepherd Conservation Society est bannie des réunions de la CBI à titre d’organisation non gouvernementale depuis 24 ans, soit depuis 1987.   

Je soutiens respectueusement que continuer à rejeter le statut d’observatrice à l'organisation Sea Shepherd Conservation Society est injuste si l'on considère que des propositions concernant notre organisation ont été soumises par le Japon et jusqu’à présent, Sea Shepherd Conservation Society n’a pas été autorisée à présenter les faits, preuves et documents pour défendre sa position afin de réfuter les accusations des baleiniers japonais.

La délégation japonaise a délibérément inclus Sea Shepherd Conservation Society à l’ordre du jour. La délégation japonaise a fait pression sur des délégataires d’autres nations dans le but de prendre des mesures contre Sea Shepherd. Ne devrions-nous pas être autorisés à présenter les faits, preuves et documents pour défendre notre position en réponse à ces fausses allégations?  

Il est vrai que les navires de Sea Shepherd, les officiers et les équipages participent à des interventions offensives non violentes contre les activités illégales des baleiniers japonais. Toutefois, aucune de nos actions n’a causé de blessures à qui que ce soit. De même, nous n’avons jamais été accusés de délit en lien avec nos activités. Avant d’être condamnés par la CBI pour des activités qui ne causent aucune blessure et qui ne sont pas contraires à la loi, ne devrait-on pas donner l’occasion à un représentant de parler en notre nom?  

Sea Shepherd Conservation Society est l’organisation non gouvernementale la plus directement engagée dans les interventions contre la chasse à la baleine japonaise illicite prenant place dans le Sanctuaire baleinier de l’océan Austral. Il ne fait aucun doute que nous avons un impact considérable sur les opérations des baleiniers japonais et, par conséquent, nous participons étroitement aux efforts fournis en faveur de la protection des baleines de l’océan Austral.

Sea Shepherd Conservation Society n’est pas une organisation de protestation, et donc, notre participation à la réunion de la CBI est purement à titre d’observateurs. Notre organisation n’a jamais dérangé une réunion de la CBI ou causé intentionnellement des perturbations à quelque réunion de la CBI que ce soit depuis que nous avons officiellement participé à l’une d’entre elles en 1980 et depuis qu’il nous a été officiellement interdit d’y participer depuis 1987. Le militantisme de Sea Shepherd se limite aux interventions en haute mer contre les pratiques de chasse illicite à la baleine, conformément aux principes de la Charte mondiale de la nature des Nations Unies.

Nous voudrions avoir la chance de répondre aux questions des délégataires pour faire suite aux accusations des Japonais et avoir l’opportunité d’apporter des éléments probants réfutant les allégations japonaises qui insinuent que Sea Shepherd est une menace pour la sécurité en haute mer. Nous aimerions aussi que l’on nous donne l’occasion de fournir une preuve documentaire démontrant la violation des règlementations de la Commission baleinière internationale par les Japonais dans le Sanctuaire baleinier de l’océan Austral.

Nous sommes conscients que les adeptes de la chasse à la baleine japonais, islandais et norvégiens ont fait savoir de façon on ne peut plus claire que la présence de Sea Shepherd n’était pas souhaitée à la CBI. Toutefois, je soutiens respectueusement que les craintes particulières qu’ils éprouvent sont à l’origine de leur décision et sont principalement dues au fait que certaines de leurs activités sont sans conteste suspectes et que nous en avons été témoins, si bien que notre témoignage pourrait les mettre dans l’embarras.

Sea Shepherd Conservation Society touche des millions de gens de par le monde au moyen de sa série télévisée « Whale Wars ». Nous participons activement aux efforts fournis en faveur de la protection internationale des baleines et nous pensons que notre point de vue serait profitable aux délégataires qui souhaitent mieux comprendre le conflit entre la question de la chasse à la baleine et celle de la protection des baleines, et tout particulièrement dans le Sanctuaire baleinier de l’océan Austral.

Par conséquent, Monsieur le Secrétaire, nous aimerions demander officiellement que Sea Shepherd Conservation Society, en tant qu’organisation non gouvernementale, soit à nouveau autorisée à participer à la réunion de la Commission baleinière internationale à titre d’observatrice.

Veuillez agréer, Monsieur le Secrétaire, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Capitaine Paul Watson
Fondateur et président (1977-2011)
Sea Shepherd Conservation Society

Paul Watson et des bénévoles de Sea Shepherd manifestent devant l’endroit  où se tient la réunion de la Commission baleinière internationale. Photo: Simon AgerPaul Watson et des bénévoles de Sea Shepherd manifestent devant l’endroit où se tient la réunion de la Commission baleinière internationale. Photo: Simon Ager

 


Sea Shepherd France
22 rue Boulard, 75014 PARIS

All contents copyright ©2012 Sea Shepherd Conservation Society
Hosting and other web services donated by EStreet

Accueil     |     Déclaration de Confidentialité     |     Copyright     |     Contact