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Jeudi, 08 Septembre 2011 12:43

La détermination de la Namibie à massacrer les otaries est-elle en train de fléchir?

Par Steve Roest, directeur général de Sea Shepherd

Photo: Sea ShepherdUne vague d’indignation a soulevé la communauté internationale suite à la campagne estivale de Sea Shepherd pour la protection des otaries de Namibie. Les fortes pressions exercées sur le gouvernement namibien et surtout sur son Ministère des pêche et des ressources marines pour qu’il mette fin au massacre brutal et insensé de plus de 90 000 otaries chaque année, les ont conduit à inviter Sea Shepherd à assister à ce qui pourrait bien être une rencontre décisive en Namibie le 20 septembre, afin de discuter de cette question avec le médiateur et d’autres partenaires.

Les événements se sont bousculés depuis la fin du mois de juillet, avec le retour de l’équipe que Sea Shepherd avait envoyée en Namibie pour l’Opération Desert Seal. Des célébrités se sont prononcées publiquement contre la cruauté envers les otaries, un grand nombre d’ONG se sont emparées de la question, et la télévision et la presse internationales exercent des pressions grandissantes sur la Namibie.

Une étude complète intitulée "Les enjeux économiques de la chasse et de l’observation des otaries en Namibie" (The economics of seal hunting and seal watching in Namibia) a récemment été commandée et publiée par Economists at Large, un cabinet-conseil australien indépendant.

Selon cette étude, la part de l’industrie du tourisme namibienne relative à l’observation des otaries gagne en popularité et génère des profits de plus en plus considérables, mais elle est gravement menacée par le massacre des otaries qui se déroule dans la réserve de Cape Cross et dans les régions minières d’Atlas et de Wolf Bay, où De Beers extrait des diamants.

L’argument économique fallacieux

L’étude, en contradiction avec les affirmations de politiciens namibiens ayant des intérêts dans la chasse, démontre que le massacre ne génère qu’un mince profit, comparativement aux gains générés par le tourisme de l’observation des otaries. Par exemple, en 2008, la chasse n’a rapporté que 300 000 livres, alors qu’au cours de la même période l’industrie de l’observation touristique des pinnipèdes générait un revenu de 1.2 millions de livres. Ces renseignements sont en totale contradiction avec la position du Ministère des pêches et des ressources marines de Namibie, qui affirme que le massacre des otaries rapporte au pays un revenu substantiel.

Photo: Sea Shepherd“Lors de notre manifestation à Cape Cross il y a quelques semaines” raconte André Menache, vétérinaire, “nous avons parlé à beaucoup de touristes, qui ont tous étés scandalisés d’apprendre que des otaries étaient brutalement massacrées chaque matin entre l’aurore et 7 h 45, et que la plage était ensuite nettoyée juste à temps pour l’arrivée des touristes à 8 h. La communauté internationale ne restera pas longtemps sans réagir.”

L’industrie touristique de l’observation des otaries est un important facteur dans la croissance économique de la Namibie: jusqu’à 10% des touristes (plus de 100 000 en 2008) ont payé pour avoir le privilège d’observer ces mammifères dans leur habitat naturel. L’étude prévoit que, si les tendances actuelles se maintiennent, 175 000 touristes prendront part à l’observation des otaries d’ici 2016, générant des revenus directs de près de 2 millions de livres.

L’observation des otaries profite à une part importante de l’économie namibienne, puisque son essor entraîne une augmentation de la demande de services liés au tourisme, comme les boutiques, les visites guidées écologiques, les hôtels, et les restaurants.

Les chiffres sur les emplois directs liés au massacre des otaries sont sujets à discussion: de 30 à 90 personnes travailleraient entre 3 et 4 mois par an et leur salaire quotidien serait de 2 à 4 dollars. La moyenne de ces données est de 18 900 $. Sea Shepherd a proposé de verser 30 000 $ par an à la communauté en échange d'un arrêt des massacres. Cet argent doit servir à la formation et à la création d’emplois liés à l’éco-tourisme dans les secteurs avoisinant les colonies d'otaries.

Fausses données scientifiques

La question de l’emploi induit éclaircie, le point d’achoppement réside dans la position du gouvernement namibien, qui affirme que les otaries, gros mangeurs de poisson, seraient à l’origine du déclin des stocks de poissons en Namibie. Ce sera un point de discussion important entre les environnementalistes, les ONG et les biologistes marins à la rencontre de Windhoek. En vérité, c’est la décision du Ministère des pêches et des ressources de doubler le quota de pêche de l’imposante flotte de pêche internationale et de le porter de 300000 à 600 000 tonnes qui mènera cette industrie à sa perte. Cette situation s’apparente à celle de la côte est du Canada au début des années 90. Sea Shepherd s’était engagé dans un combat qui a mené, il y a à peine quelques années, à la fin du commerce des produits dérivés du phoque au sein de l’Union Européenne.

Vers la fin des massacres?

Photo: Sea ShepherdLe massacre des otaries, dont on parle maintenant partout dans le monde, ruinera l’industrie touristique de l’observation de ces pinnipèdes en Namibie. Le Ministère des pêches et des ressources marines n’a donc que deux choix:

1.   Mettre fin au massacre des otaries, puis voir grimper les revenus provenant du tourisme et les emplois associés à cette industrie et enfin bénéficier d’une augmentation des stocks de poissons grâce à l’autorégulation de l’écosystème marin.

2. Poursuivre le massacre, puis observer un ralentissement du tourisme qui entraînera une baisse de l’emploi et des revenus, et enfin être témoin de l’effondrement de l’écosystème marin.

Le 20 septembre à Windhoek, capitale de Namibie, Sea Shepherd tentera de persuader le gouvernement namibien de choisir la première option.

Merci à la FMPA, à la HSI et à RFA pour avoir financé cette étude; certains des renseignements qu’elle contient ont servi à la rédaction du présent article.

 


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