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Lundi, 12 Septembre 2011 20:49

Opération Infinite Patience: les gardiens de la baie sont enfin arrivés

Rapport du Capitaine Paul Watson

Rosie à Taiji en 2010. Photo: Sea ShepherdRosie Kunneke à Taiji en 2010

Rosie Kunneke est arrivée au Japon le week-end dernier pour continuer à couvrir et à dénoncer le massacre des dauphins dans la petite ville de Taiji. C’est ici que des dauphins sont capturés et vendus, tels des esclaves, aux delphinariums du monde entier - l’eau de la baie virant à l’écarlate quand sont cruellement massacrés les individus jugés trop indignes du plaisir des hommes.

La clé du succès des campagnes à Taiji est la patience. La campagne des gardiens de la baie entame sa seconde année sur le front et nous devons bien comprendre que l’emporter sur les escadrons de la mort n’est pas chose aisée et ne se fera pas du jour au lendemain.

Sea Shepherd Conservation Society en est à sa septième campagne en Antarctique et, chaque année, nous devenons plus efficaces. Lentement mais sûrement, nous sommes venus à bout de la flotte baleinière japonaise grâce à notre obstination. Cependant, le massacre des dauphins à Taiji est une campagne beaucoup plus difficile que la lutte qui se déroule dans l’Océan Austral car elle se déroule au Japon, d’où des obstacles importants et bien spécifiques.

Avant l’arrivée des membres de Sea Shepherd à Taiji en 2003, le monde ignorait totalement l’atroce massacre des dauphins qui s'y déroulait. Ce n’est plus le cas désormais. Près de huit ans après ses débuts, la campagne visant à concentrer l’attention internationale sur Taiji a été un immense succès. Le monde est maintenant pleinement conscient des atrocités commises contre les dauphins dans ce village isolé du Japon. La tâche suivante consiste à les faire cesser définitivement.

Comment pouvons-nous arrêter le massacre sans enfreindre la loi? En 2003, nous avons sauvé quinze dauphins en découpant les filets des pêcheurs. Cette tactique ne pouvait marcher qu’une seule fois car les pêcheurs ont ensuite renforcé la sécurité autour de leur pratique et nous ne pouvons plus agir de la sorte. Nous devons rester dans le cadre du droit japonais et Rosie a la discipline nécessaire pour s’assurer que c’est bien ce que feront les gardiens de la baie.

Donc, si nous ne pouvons pas enfreindre la loi pour défendre les dauphins, que pouvons-nous faire? Depuis le début, je suis convaincu que le seul langage que nos opposants comprennent clairement est celui de l’économie. Nous devons faire en sorte que l’abattage des dauphins ne soit plus viable économiquement et qu’il ne dégage plus aucun bénéfice. Pour ce faire, il faut contribuer à faire augmenter les coûts de la sécurité de cette baie, encourager le boycott des produits japonais et continuer à mobiliser l’attention internationale sur ce qui fait honte à l’ensemble de la société japonaise.  

Depuis l’ouverture de la chasse ce mois-ci, un groupe de dauphins de Risso a déjà été tué, un autre groupe de dauphins à bec a été capturé et un dauphin solitaire a été attrapé pour être revendu à un delphinarium.  

Cette année encore, des dauphins mourront. Mais espérons qu’il y en aura moins encore que l’année dernière, où déjà les efforts de Sea Shepherd avaient permis de diviser par deux le nombre de victimes.

Rosie va être sur le terrain et devant ces tueurs chaque jour. Elle entend ainsi leur rappeler que le monde a les yeux rivés sur cette baie ensanglantée et que ce massacre ignoble ne pourra plus se dérouler en catiminie. Nous sommes les yeux du monde et nous continuerons à scruter cette horreur jusqu’à ce que nous l’arrêtions une bonne fois pour toutes.

Sea Shepherd est toujours à la recherche de volontaires passionnés pour rejoindre Rosie à Taiji afin de l’aider à documenter ce massacre et faire pression sur les autorités qui autorisent une telle barbarie. Nous avons réussi à réduire de moitié le nombre de dauphins tués la saison dernière; nous pouvons réitérer cet exploit cette année encore mais cela ne sera pas possible sans votre soutien en tant que gardien de la baie bénévole ou en tant que sympathisant. Pour nous rejoindre à Taiji (de façon bénévole, à vos frais, et entièrement à vos risques et périls), écrivez-nous à coveguardian@seashepherd.org (en anglais).

 

Les débuts de l'Opération Infinite Patience

Rapport de Rosie Kunneke, directrice de campagne à Taiji

Je suis arrivée au Japon le samedi 10 septembre 2011. J’ai été arrêtée à la douane et des agents ont fouillé mon sac. En regardant mes vêtements éparpillés sur la table, j’étais contente d’avoir eu la prévoyance de retourner tous mes vêtements estampillés Sea Shepherd. Au fond de la salle, il y avait un responsable des douanes qui examinait mes visas japonais et australien. Cet agent est arrivé, au bout de quelques minutes, avec une déclaration écrite en anglais, qui confirmait que je consentais à une fouille corporelle complète. J’ai été longuement interrogée sur le but de mon retour au Japon et c’est seulement à l’issue de ce long processus minutieux que j’ai été autorisée à entrer dans le pays.

Aucun train ne dessert Kii Katsura ou Shingu dans la préfecture de Wakayama: les rails ont été endommagés par le typhon Talas. Les deux cents kilomètres de route jusqu’à Taiji ont pris plus de temps que d’habitude en raison de la fermeture de certaines voies pour cause de réparations urgentes. Il y avait des véhicules militaires partout et les soldats prodiguaient secours et réparations après le passage de la tempête. Je suis arrivée à Taiji le lendemain après-midi.

Mon plan initial était de faire une reconnaissance des lieux avant de signaler ma présence. J’ai donc décidé de descendre à la baie pour voir quels changements avaient été apportés aux barricades et autres clôtures depuis la saison dernière. Mais, à moins de deux cents mètres de l’entrée, un véhicule de police est passé devant moi et a immédiatement fait demi-tour pour me suivre. Les policiers m’ont interpellée et j’ai vite compris que, comme les rapports le laissaient à penser, la police avait vraiment passé beaucoup de temps à planifier et préparer la saison d’abattage des dauphins cette année. Pour preuve, elle a mis au point un questionnaire qui doit être renseigné par quiconque entre dans cette zone et qui demande notamment pourquoi vous êtes en visite à Taiji, ce que vous envisagez d’y faire, où vous logez, et combien de temps vous avez l’intention de rester. J’ai décliné mon identité et indiqué les raisons de ma présence ici. Comme prévu, les policiers ont commencé à s’inquiéter en apprenant que j’étais ici pour Sea Shepherd. Ils m’ont posé d’autres questions et voulaient notamment savoir si j’étais seule ou si d’autres membres de Sea Shepherd allaient arriver. Après avoir recueilli les informations qu’ils voulaient, ils m’ont informée que je serais interrogée de nouveau.

C’est donc ainsi qu’a débuté l’Opération Infinite Patience...

 


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