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Mercredi, 21 Septembre 2011 19:33

Sea Shepherd rencontre un médiateur namibien

Rapport de Steve Roest et Laurens De Groot

(de gauche à droite) Ombudsman John Walters, Steve Roest et Laurens de GrootOmbudsman John Walters, Steve Roest
et Laurens De Groot

Sea Shepherd Conservation Society est retournée à Windhoek, la capitale namibienne, le 20 septembre dernier. Nous y avons rencontré le Médiateur de la République, fonctionnaire possédant le pouvoir de recommander au gouvernement l’abandon du massacre des otaries. Le cas échéant, il peut même assigner le gouvernement devant la haute cour de justice pour y examiner la légalité de cette extermination annuelle et des méthodes de mise à mort utilisées.

Au mois de juillet dernier, au cours de l’Opération Desert Seal, plusieurs militants de Sea Shepherd se sont rendus en Namibie afin de documenter le massacre des otaries à fourrure du Cap. Cette tuerie est la plus grande extermination de mammifères marins au monde: 91 000 otaries meurent chaque année dans ce pays. Après avoir été repérés, les militants de Sea Shepherd ont été harcelés, poursuivis, dépouillés et finalement expulsés de Namibie. Cela n'a pas été vain puisque, suite à cette action, le massacre des otaries à fourrure du Cap s’est invité dans les médias namibiens pendant plusieurs semaines. Le gouvernement s’est retrouvé acculé et a dû demander l’ouverture d’une enquête, conduite par le Médiateur de la République. Ce dernier a invité tous ceux qui s’opposent au massacre des otaries à participer à des discussions.

Plusieurs organisations environnementales ont pris part à cette réunion à huis clos. Parmi elles, International Fund for Animal Welfare (IFAW), World Society for the Protection of Animals (WSPA), Seal Alert et Seals of Nam ont présenté les faits et les preuves qui démontrent l’illégalité du massacre des otaries. Il n’est nullement nécessaire d’être juriste pour aboutir à la même conclusion; ce n’est pourtant pas l’avis de Gabriel Uahengo, représentant de l’industrie des produits dérivés des otaries. Durant son exposé, au lieu d’apporter des informations factuelles qui puissent justifier ce massacre, ce dernier s’en est pris à Sea Shepherd et à ses prétendus agissements criminels. Il a également accusé les organisations environnementales étrangères de violer la souveraineté de l’état namibien. M. Uahengo n’a toutefois présenté aucun fait à charge et son exposé n’a pu être pris au sérieux. D’ailleurs, après avoir parlé, Gabriel Uahengo s’en est retourné à sa chaise, où il a ensuite dormi pendant l’intégralité des exposés qui ont suivi.

Dommage pour lui, au demeurant. Fût-il resté éveillé qu’il eût pu profiter du meilleur moment de la réunion: le déballage grand-guignolesque d’informations erronées et d’absurdités scientifiques déformées par Titus Lilende, le directeur adjoint du ministère des pêcheries et des ressources marines. M. Lilende n’a pu fournir une seule preuve étayée ou scientifiquement solide concernant la ''récolte des otaries''. Il s’est borné à expliquer que l’évaluation des populations des otaries se faisait au moyen de vagues clichés aériens et que les vidéos montrant l’utilisation des méthodes de mise à mort illégales n’étaient que de la mise en scène. Le summum a sans doute été atteint lorsqu’il a prétendu que, selon le gouvernement, l'otarie à fourrure du Cap est une espèce qui n’est ni protégée, ni répertoriée dans l’annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) car elle ''ressemble à une otarie mais n’en est pas une''. Donc nullement menacée et nullement protégée - CQFD. Il a par ailleurs ressorti la vieille rengaine habituelle: les otaries ''ne se nourrissent pas de sandwiches au concombre'' mais de poissons – il faut donc les tuer pour protéger les réserves halieutiques…

Sea Shepherd s’est engagée à hauteur de trente mille dollars en vue d’une reconversion professionnelle des chasseurs d'otaries, à la seule condition que la Namibie mette un terme définitif à ce massacre. D’autres ONG environnementales seront peut-être disposées à aller dans le même sens le jour où le gouvernement namibien fournira les données économiques nécessaires à ce débat.

Le Médiateur de la République s’est engagé à rendre publiques ses conclusions pour septembre 2012 au plus tard – ce qui veut dire, hélas, après le massacre des otaries de l’an prochain. Cela ne laisse à Sea Shepherd d’autre solution que de retourner en Namibie pour reprendre la mission là où elle a été interrompue cette année.

la salle de réunion utilisée pour les discussions avec le Médiateur La salle de réunion utilisée pour les discussions le représentant des produits dérivés d'otaries dort pendant les exposés Gabriel Uahengo
 


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