Sea Shepherd Newsrss_icon_20

Imprimer
Mardi, 06 Mars 2012 19:42

Une lueur d’espoir pour les Îles Galápagos?

Les autorités du Parc national des Galápagos contrôlent une opération illégale de pêche aux requins. Photo: Tim WattersLes autorités du Parc national des Galápagos contrôlent une opération illégale de pêche aux requins. Photo: Tim Watters

Depuis 2010, le bureau des Galápagos de Sea Shepherd Conservation Society réclame un meilleur engagement du pouvoir judiciaire sur les questions de violation du droit de l’environnement. En 2010, nous avons ainsi proposé la création, aux Galápagos, d’une autorité judiciaire unique en son genre, spécialisée dans les droits de la nature. La proposition découlait de la constitution équatorienne elle-même, qui reconnaît des droits à la nature. Depuis 2011, Sea Shepherd surveille les grosses opérations de pêche aux requins (tués pour leurs ailerons) qui se déroulent à l’intérieur de la Réserve marine des Galápagos. C’est à cette occasion que nous avons pu mesurer à quel point les autorités judiciaires locales n’étaient pas à la hauteur de la situation concernant les crimes environnementaux. Par la suite, nous avons justement attiré leur attention sur le peu de cas qui était fait au niveau local de ces violations. Forts du soutien que nous avons reçu d’autres organisations environnementales, nous avons rencontré des représentants locaux, provinciaux et nationaux pour partager nos inquiétudes sur cette question. Nous avons assisté aux audiences dans l’affaire Papate. Nous avons accompli des démarches judiciaires pour le compte des requins dans l’affaire du Fer Mary. Nous avons participé en tant qu’observateurs officiels à l’inspection du Reina del Cisne dans l’affaire du même nom. Nous avons également rédigé un manuel de vulgarisation du droit pénal environnemental. Nous avons pointé la nécessité de créer une cour d’appel provinciale dans les Galápagos.

Après deux ans de luttes incessantes pour demander, au nom de l’environnement, un changement urgent dans le système judiciaire local, nous sommes peut-être en train de voir le cours de l’histoire s’infléchir.

Requin au repos dans le Parc national des Galápagos. Photo: Tim WattersRequin au repos dans le Parc national des Galápagos. Photo: Tim Watters

C’est ainsi que, tout récemment, les autorités judiciaires nationales équatoriennes ont annoncé la décision d’instituer une cour provinciale dans les Galápagos. Concrètement, les poursuites environnementales n’auront plus lieu à un millier de kilomètres de l’archipel. C’est là, en effet, que se trouve actuellement le tribunal le plus proche, et c’est ce circuit que suivent les affaires pour le moment. Gageons que cette nouvelle configuration représentera une avancée significative dans l’accès à une meilleure justice environnementale aux Galápagos.

Les autorités judiciaires nationales assurent que cette nouvelle cour provinciale sera rapidement mise sur pied. Dans le cadre d’une refonte nationale du système judiciaire, nous espérons vivement que cette cour verra l’arrivée de juristes qui peuvent prétendre à de tels postes. Nous espérons que les nouveaux juges qui y siégeront rendront une justice à la hauteur de l’importance d’un endroit qui a été le premier site naturel classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Nous espérons qu’une justice digne de ce nom sera bientôt rendue dans les Galápagos – en d’autres termes, des décisions justes et impartiales, prises par des magistrats justes et impartiaux. Nous espérons que de vrais juges seront nommés aux Galápagos.

Mais il y a mieux. Il y a quelques jours, les autorités judiciaires nationales ont aussi annoncé leur décision de créer une justice environnementale propre aux Galápagos. Même si une telle institution spécialisée est encore loin d’être une réalité, cela va néanmoins dans le bon sens, car cette initiative fournirait à ce site naturel classé un système judiciaire ad hoc, spécialisé dans les questions environnementales.

L’Equateur peut en effet prétendre, avec de telles décisions, infléchir le cours de l’histoire judiciaire en matière de respect du droit maritime – et Sea Shepherd ne peut que saluer un tel tournant. Si elles reçoivent une application satisfaisante, ces initiatives amélioreront effectivement la riposte judiciaire contre les infractions environnementales aux Galápagos. Ces dernières deviendront alors un des premiers, voire le premier, site naturel classé par l’UNESCO à se doter d’un système judiciaire spécialisé.

Ces deux dernières années, précisément, nous avons vu le système judiciaire local abandonner ses responsabilités dans le traitement des questions environnementales. Ces deux dernières années, nous avons œuvré avec acharnement pour faire entrer les actions en justice contre les violations environnementales dans le débat public, aux niveaux local et national. Y a-t-il maintenant une lueur d’espoir judiciaire pour les Îles Galápagos? Il ne serait que temps.

Requins morts capturés pour leurs ailerons. Photo: Tim WattersRequins morts capturés pour leurs ailerons. Photo: Tim Watters Alex Cornelissen, directeur de Sea Shepherd Galápagos, examine des requins morts capturés au cours d’une opération illégale de pêche inspectée par les autorités locales. Photo: Tim WattersAlex Cornelissen, directeur de Sea Shepherd Galápagos, examine des requins morts capturés au cours d’une opération illégale de pêche inspectée par les autorités locales. Photo: Tim Watters
 


Sea Shepherd France
22 rue Boulard, 75014 PARIS

All contents copyright ©2012 Sea Shepherd Conservation Society
Hosting and other web services donated by EStreet

Accueil     |     Déclaration de Confidentialité     |     Copyright     |     Contact