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Jeudi, 22 Mars 2012 19:11

Décision judiciaire: des Agences de protection de la nature de certains Etats américains pourraient recevoir le feu vert pour l’abattage de 460 otaries de Californie protégés au niveau fédéral, dans les états de Washington et de l’Oregon

Otarie femelle et son petit. Photo: AFPOtarie femelle et son petit. Photo: AFP

Les protections dont bénéficieront à l’avenir les espèces en danger et menacées aux Etats-Unis pourraient changer profondément suite à une action judiciaire actuellement en cours d’instruction. La Humane Society of the United States et le Wild Fish Conservancy ont déposé plainte contre le National Marine Fisheries Services (ou Services des Pêcheries Maritimes Nationales, SPMN) et requis qu’ils fassent l’objet d’une interdiction conservatoire. Cette action fait suite à la décision prise par les SPMN d’accorder un permis d’abattage d’un maximum de 460 otaries de Californie (pourtant protégés au niveau fédéral) au cours des cinq prochaines années. Ce matin, cependant, la Cour nationale de justice n’a pas ordonné cette interdiction conservatoire; bien au contraire, elle a autorisé les SPMN à tuer ces otaries en attendant que l’instruction du dossier soit bouclée.

La Humane Society est en mesure de révéler les éléments suivants, qui sont ressortis des délibérations de la cour:

  • La Cour n’a pas imposé d’interdiction conservatoire
  • Le nombre d'otaries susceptibles d’être abattues a provisoirement été revu à la baisse, de 90 à 30
  • La Cour ordonne que les otaries soient tuées par euthanasie
  • La Cour estime que les enjeux soulevés sont importants et qu’en conséquence, le dossier doit être examiné plus en détail
  • La Humane Society a bon espoir de l’emporter au final

Quelques faits sur le fond:

  • Les otaries sont protégées aux Etats-Unis au titre du Marine Mammal Protection Act.
  • Quelques lions de mer de Californie ont choisi le barrage de Bonneville sur la rivière Columbia comme lieu de reproduction. Le barrage se trouve à 65 kilomètres environ à l’est de Portland, dans l’Etat de l’Oregon.
  • Dans les Etats de Washington, de l’Oregon et de l’Idaho, certains entendent utiliser les otaries comme boucs émissaires, en les accusant de leur "voler leurs poissons" – alors même qu’ils ne représentent qu’environ 1% des prises de saumons.
  • Au nom de ces groupes d’habitants, les Etats de Washington, de l’Oregon et de l’Idaho ont déposé plainte auprès des SPMN afin d’obtenir la permission d’abattre ces otaries. La justice a précédemment arbitré en leur défaveur, mais les habitants ont tout de même réussi à abattre quelques otaries avant que les décisions aient été prises. Un nouveau recours a été déposé le 18 août 2011, qui demandait aux autorités d’abattre les otaries de Californie qui auraient été vus en train de manger des saumons à hauteur du barrage de Bonneville. Le 15 mars 2012, les SPMN ont de nouveau accédé à la demande des Etats et ont autorisé leurs agents à tuer un maximum de 92 otaries de Californie par an pendant 5 ans – soit un total de 460 animaux (pourtant protégés au niveau fédéral).
  • Le massacre devait débuter le 19 mars, mais la Humane Society of the United States, le Wild Fish Conservancy et deux personnes privées ont déposé une demande d’obtention d’interdiction conservatoire auprès d’une Cour nationale de justice à Washington, D.C.

Scott West dirige le service d’enquête et du renseignement à Sea Shepherd Conservation Society; voici sa réaction:

“Les activités humaines détruisent les populations de poissons – c’est un fait indiscutable. La construction de barrages, la pisciculture, l’introduction d’espèces de poissons exogènes, les rejets de polluants, la pêche sportive, les quotas de pêche inscrits dans des traités rigides et la pêche mécanisée à échelle industrielle sont autant de facteurs qui contribuent à l’effondrement des réserves halieutiques. Ce sont par ailleurs autant d’activités anthropiques qui gagnent en importance ces dernières années, proportionnellement à l’accroissement démographique humain. L’ordre des choses veut que la prédation des poissons se fasse par d’autres poissons, ou par des oiseaux, ou des requins, ou encore des mammifères marins. Ces prédateurs naturels sont bien antérieurs à la présence des hommes sur terre. La pêche (ou prédation) de subsistance ou artisanale par les hommes, elle, existe depuis bien longtemps – et tout semble indiquer qu’elle a largement pu co-exister avec l’ordre naturel. Il est habituel que les hommes accusent d’autres animaux, en espérant ainsi faire oublier à qui reviennent les véritables responsabilités. Ce phénomène de bouc émissaire n’est pas récent. Les phoques, les otaries, les dauphins: tous ont été accusés un peu partout dans le monde, victimes de l’ignorance et de la rapacité pour l’accaparement des réserves de poissons, tandis que les vraies raisons (c’est-à-dire les activités humaines) sont passés sous silence. Se servir des mammifères marins comme boucs émissaires est un procédé qui ne connaît aucune frontière: ethniques, culturelles, ou même nationales. Les canadiens, les chiliens, les japonais et même les américains y ont recours. ”

Certes, les otaries mangent des poissons, mais ils avalent entre 0,4% et 4,2% des 80 000 à 300 000 saumons qui fraient dans le Columbia chaque année. La liste ci-dessous se base sur des estimations faites par les SPMN; elle indique les pourcentages respectifs des prises de saumons dans la rivière Columbia:

  • les barrages tout le long du Columbia retiennent pratiquement 60% des jeunes saumons et 17% des saumons adultes
  • Les activités de pêche prélèvent environ 16% des saumons adultes de la rivière
  • Les espèces de poissons exogènes qui ont été introduites pour les besoins de la pêche sportive consomment presque 3 millions de saumons par an
  • Les oiseaux en tuent 19%
  • Les otaries en prélèvent environ 1%
  • Pour finir, les saumons du Columbia capturés dans les pêcheries de haute mer viennent s’ajouter aux pertes de saumons du Columbia

Otarie prise dans un piège à hauteur du barrage de Bonneville (photo d’archive)Otarie  prise dans un piège à hauteur du barrage de Bonneville (photo d’archive)

Ces informations – et le simple bon sens – laissent penser que le véritable problème ne provient pas des otaries.

Les afflux de saumons varient d’une année sur l’autre, et les spécialistes s’attendent, cette année, à un fort afflux dans la rivière Columbia. Certains groupes, certaines corporations s’évertuent à abroger les lois qui, précisément, ont été instaurées pour protéger et améliorer la qualité de l’air, de l’eau et du sol aux Etats-Unis; ils ont aussi en ligne de mire les lois qui ont permis à plusieurs espèces de se rétablir, alors qu’elles étaient en voie d’extinction. La question à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui pourrait bien nous ramener à une époque où il était légal et normal, aux Etats-Unis, de tuer tout mammifère marin – voire tout animal – qui « gênait » une entreprise humaine. Nous sommes à une époque cruciale pour les écosystèmes de la planète et pour les espèces animales. Nos lois devraient s’efforcer de fournir une protection accrue à notre environnement, pas de réduire le (petit) nombre de garde-fous qui existent.

Sea Shepherd ne peut pas ignorer le massacre qui est peut-être en passe d’être perpétré aux portes des Etats-Unis. Nous faisons une offre de récompense à quiconque sera en mesure de mener à l’arrestation de celui ou de ceux qui abat(tent) des otaries dans Puget Sound, les eaux de la Baie de Vancouver limitrophes du Canada. L’interdiction conservatoire du barrage de Bonneville n’est pas prête d’être prononcée et le dossier doit encore suivre son cours: nous aurons donc besoin de faire éclater cette affaire au grand jour. La Humane Society mène ce combat depuis longtemps: nous sommes fiers de la rejoindre dans cette lutte. Nous avons l’habitude de documenter les massacres ineptes. Peut-être faudra-t-il que nous mettions en place une opération "Dam Guardian" (Gardiens du barrage) au barrage de Bonneville? Combien de bénévoles seraient-ils prêts à nous apporter leur aide au barrage? A suivre.

Cliquez ici pour signer et faire circuler la pétition

pdf_smCliquer ici pour lire l'interdiction conservatoire (en Anglais)

 


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