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Vendredi, 22 Juin 2012 18:24

Sauver les requins est un crime scandaleux pour un Costa Rica à la démarche trouble

news_120622_1_1_Galapagos_Shark_InspectionIl y a dix ans, le bateau de Sea Shepherd Ocean Warrior et son équipage intervenaient contre la découpe illégale d’ailerons de requin dans les eaux territoriales guatémaltèques par le bateau costaricain Varadero I – déjà condamné pour braconnage. En avril 2002, le Varadero I a été pris à 50 milles à l’intérieur des eaux territoriales guatémaltèques. Les opérations de découpe d’ailerons de requin furent filmées et rapportées par Rob Stewart, et Sea Shepherd reçut la permission du gouvernement du Guatemala d’intervenir pour faire cesser ces activités illégales. C’est ce que fit l’équipage du Ocean Warrior, sans blesser quiconque ni causer aucun dommage matériel au Varadero I.

Cet incident eut lieu deux jours seulement avant la date à laquelle Sea Shepherd devait signer un accord avec le Costa Rica pour porter assistance aux rangers du parc national de l’île Cocos. Personne ne pouvait ignorer l’intervention contre le Varadero I. Ce que Sea Shepherd avait découvert était une opération illégale, un flagrant délit de braconnage d’ailerons de requin dans les eaux territoriales guatémaltèques.

Malgré tout, l’équipage de Sea Shepherd n’agit pas à la hâte et attendit patiemment la permission d’intervenir avant de commencer à défendre les requins. Une fois cette permission accordée, ce fut la fin du massacre des requins. Malgré tout, et en dépit du fait que l’incident avait été décrit dans ce qui allait devenir le documentaire primé "Les Seigneurs de la Mer (Sharkwater)", les braconniers allèrent porter plainte à la police du Costa Rica, en prétextant qu’on avait mis leur vie en danger. Cette plainte, sans aucune preuve, fit échouer l’accord entre Sea Shepherd et les rangers.

À Puntarenas, Sea Shepherd s’était déjà fait quelques ennemis puissants parmi les braconniers. Depuis 1989, les équipages de Sea Shepherd n’avaient pas cessé de perturber le braconnage dans les eaux de l’île Cocos. Nous avions fourni de l’équipement aux rangers: des générateurs, des armes, des chaussures, des fournitures diverses, ainsi qu’un système radar. En 2001, nous avions arraisonné le navire équatorien San José et nous l’avions remis aux rangers pour qu’ils le poursuivent. Ce fut le premier bateau braconnier à être confisqué par les tribunaux costaricains. Le jugement fut fondé sur le film, les rapports et les points GPS fournis par Sea Shepherd Conservation Society.

Le Varadero I n’était pas n’importe quel bateau braconnier. Le 8 avril, un an avant l’incident dans les eaux guatémaltèques, il avait été arrêté dans la réserve marine des Galápagos près de l’île Darwin. Il fut condamné à une amende de 4 000 dollars avant d’être libéré. À cette époque, la somme de 4 000 dollars était l’amende maximum pour braconnage aux Galápagos. Le bateau avait été pris par les gardes-côtes peu après que le patrouilleur de Sea Shepherd Sirenian ne commence à patrouiller dans le parc national. Au moment de la rencontre, l’équipage du Varadero I savait qui était Sea Shepherd, cependant il choisit d’ignorer délibérément la demande de cesser sa pêche illégale. Il faut absolument souligner que l’Ocean Warrior n’a rien fait contre le Varadero I tant qu’il n’a pas obtenu l’accord du gouvernement du Guatemala.

L’Ocean Warrior quitta le Costa Rica avec la permission de son administration, et on n’entendit plus parler de cet incident jusqu’à ce que, dix ans plus tard, le capitaine Paul Watson n’atterrisse à l’aéroport de Francfort le 13 mai 2012. C’est alors qu’il découvrit que le Costa Rica avait fait une demande d’extradition. Cette demande avait été refusée par Interpol car elle reposait sur des motivations politiques. Cependant, pour des raisons encore inexpliquées, l’Allemagne exécuta l’ordonnance d’extradition, et le capitaine Watson se retrouva en détention.

Plus d’un mois après, le capitaine Watson est encore prisonnier en Allemagne, dans l’impossibilité de rentrer chez lui pendant que le Costa Rica prépare son dossier d’extradition, procédure qui peut prendre jusqu’à trois mois. Sea Shepherd espère que les juges allemands examineront le dossier de près, et qu’ils se rendront compte qu’il ne tient pas debout. Un incident qui s’est passé il y a dix ans, où personne n’a été blessé, ni aucune propriété endommagée, alors que Sea Shepherd agissait sous l’autorité du Guatemala, que l’incident tout entier a été documenté et que 25 témoins du Ocean Warrior ont pu contrer les allégations de quelques braconniers déjà condamnés pour pêche illégale. Aucune notification d’acte d’accusation, rien qu’une ordonnance d’extradition.

Les pêcheurs ont fait savoir qu’ils renonceraient aux poursuites en échange de 250 000 dollars ce qui, à nos yeux, est de l’extorsion de fonds. Un quart de million de dollars en dédommagement de quoi? D’avoir interféré dans leurs activités illégales!

Les rangers de l’île Cocos ont informé le capitaine Watson que les découpeurs d’ailerons de requin de Puntarenas avaient mis sa tête à prix 25 000 dollars. Ils ont même plaisanté sur le fait de les gagner eux-mêmes, mais bien sûr ils n’étaient pas sérieux, au grand soulagement du capitaine Watson à l’époque. Et quel meilleur endroit pour gagner la prime que dans une prison costaricaine? On nous a dit que le montant de la prime avait augmenté, mais nous n’en avons pas la confirmation. Un aperçu des résultats de Sea Shepherd aux Galápagos peut illustrer les raisons de la colère des braconniers. Depuis 2000, Sea Shepherd Conservation Society, le Service du parc national des Galápagos et la police équatorienne sont liés par un contrat de coopération. Depuis lors, nous avons assisté à la confiscation de plus de cent mille ailerons de requins et d’autres espèces sauvages pêchées illégalement, comme les homards et les concombres de mer. Nous avons aussi assisté à la capture de bateaux de pêche costaricains qui opéraient à l’intérieur des limites de la réserve marine des Galápagos.

Voici la liste des bateaux costaricains arrêtés en plus du Varadero I en 2001:

•   Le Cash Flow I: bateau-usine arraisonné dans les eaux guatémaltèques le 23 avril 1999, la cale pleine d’ailerons de requin, par le bateau du parc Guadalupe River. Il fut escorté jusqu’à Puerto Ayora, mais s’échappa la nuit suivante. Position au moment de la capture:  au nord-ouest de l’île Isabela.  

•   Le B/P Maria Canela II: bateau-usine arraisonné le 22 mars 2001, (par le Sirenian), la cale pleine d’ailerons de requins, alors qu’il pêchait dans les eaux territoriales guatémaltèques. Soumis à une procédure administrative, son équipage a été condamné à payer une amende de 4 000 dollars et le bateau a été confisqué et mis en vente aux enchères. Le 31 mai 2002, l’équipage s’est évadé et retourna au Costa Rica. Position au moment de la capture: île Wolf

•   Le Varadero I: : arraisonné le 8 avril 2001 par le bateau garde-côte LAE 5 de Novembre. Il se trouvait illégalement à l’intérieur des eaux territoriales guatémaltèques. Il paya une amende de 4 000 dollars et fut libéré. Position lors de la capture:île Darwin

•   Le Indio I: bateau-usine arraisonné le 15 juillet 2001 (par le Sirenian) alors qu’il pêchait dans les eaux territoriales guatémaltèques, la cale pleine d’ailerons de requin. Son équipage fut soumis à une procédure administrative, condamné à une amende de 4 000 dollars, et perdit son navire. Position lors de la capture: île Darwin

•   Le Kendy: bateau arraisonné par le Sirenian et le Farley Mowat, entrée illégale dans les eaux territoriales guatémaltèques le 10 juin 2004. Poursuivi pour entrée illégale. Position lors de la capture: île Darwin

•   Le Hipocampus II: bateau arraisonné (par le Guadalupe River) le 31 mai 2006 pour entrée illégale dans les eaux territoriales guatémaltèques. Poursuivi pour ce fait. Position lors de la capture: île Wolf

•   Le Maria Nella II: bateau-usine arraisonné le 6 avril 2007 (par le bateau garde-côte LG-41 "11 de Abril" ) alors qu’il pêchait dans les eaux territoriales guatémaltèques. Poursuivi. Position lors de la capture: à l’ouest de l’île Fernandino

•   Trois bateaux, le Atlantis III, le Aleta I et le Aleta II: pêche illégale à l’intérieur de la ZEE équatorienne, et soupçonnés d’entrée dans les eaux territoriales guatémaltèques le 24 avril 2007. Ils ont été poursuivis pour violation du LOREG (loi spéciale des Galápagos) et des réglementations de la pêche. Position lors de la capture: environ 100 milles à l’ouest de l’île Isabela. Island

•  Deux bateaux, le Cachalotte II et le Cachalotte III: entrés illégalement dans la ZEE équatorienne le 16 juin 2009. Poursuivis par les gardes-côtes pour leur entrée sans autorisation. Position lors de la capture: non spécifiée

Sea Shepherd a participé à ces opérations en plaçant une barge de surveillance près des îles Wolf et Darwin, ce qui a empêché plusieurs braconniers d’agir dans ces îles reculées des Galápagos. De plus, Sea Shepherd a fourni une unité canine (dressée à la recherche d’ailerons de requin), des systèmes de communication complets pour la police ainsi que pour les services d’inspection de l’agriculture, un bateau patrouilleur, une aide pour la surveillance du parc national, et un système SIA qui couvre toute la réserve marine des Galápagos.

En reconnaissance de nos efforts dans les Galápagos, le vice-président de l’Equateur a récompensé le capitaine Watson en 2007 avec le prix Amazon Peace Prize. Cependant, la reconnaissance au Costa Rica n’est pas aussi cordiale. Nous avons coûté beaucoup d’argent aux braconniers costaricains, et ceux-ci ont beaucoup d’influence au Costa Rica. L’an dernier, le Costa Rica a exporté plus de 30 tonnes d’ailerons de requin, et cette contrebande rapporte beaucoup d’argent, ce qui permet d’acheter beaucoup d’influence.

Le capitaine Watson a proposé de se rendre volontairement au Costa Rica pour se défendre et témoigner devant le tribunal, à condition que l’ordonnance d’extradition soit annulée. Nous avons un bon dossier, et ce n’est pas le procès qui nous inquiète. Ce qui nous inquiète, c’est qu’une extradition emprisonnera le capitaine Watson au Costa Rica pour plusieurs mois, jusqu’à ce qu’une date soit fixée pour le procès. Les tribunaux ont refusé cette proposition. Ils veulent le mettre en prison et, bien sûr, ce serait le meilleur moyen de gagner la prime qui a été mise sur sa tête.

Les braconniers costaricains ne veulent pas d’un procès. Ce qu’ils veulent, c’est une exécution!

Continuez à contacter le ministre allemand de la justice pour libérer le capitaine Watson.

 

Sabine Leutheusser-Schnarrenberger
Ministre Fédéral de la Justice
Deutscher Bundestag
Platz der Republik
11011 Berlin

Tél. 030-227 751 62
Fax 030-227 764 02
E-Mail: sabine.leutheusser-schnarrenberger@bundestag.de

 

 

Ministère Fédéral de la Justice
Mohrenstrasse 37
10117 Berlin, Allemagne

Tél. 00 49 (0)30 18 580-0
Fax 00 49 (0)30 18 580-9525

 


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