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Mardi, 07 Août 2012 22:13

Le chalutier de la mort met le cap sur l'Australie

Le super chalutier Margiris. Photo: FleetMon.comLe super chalutier Margiris. Photo: FleetMon.com

Les Australiens se mobilisent pour tenter de neutraliser l’une des forces de destruction environnementale les plus dangereuses pour nos océans, le super chalutier FV Margiris. Oui, c’est bien ça, avec le deuxième plus grand super chalutier du monde, une technique de pêche datant de l’ignoble révolution industrielle se dirige droit vers les côtes australiennes.

Dans le cadre d’un joint-venture avec Seafish Tasmania, le FV Margiris compte se baser sur la côte nord de la Tasmanie pour pêcher des petits pélagiques, soit les espèces les plus essentielles de notre écosystème marin. Il prélèvera, dans les eaux australiennes, la nourriture préférée du thon rouge du Sud - espèce gravement menacée - de l’albatros et d’une myriade d’autres espèces marines. Les chalutiers de ce type affichent d’effroyables records en termes de prises accessoires et représentent une menace directe pour les mammifères marins, comme les dauphins et les phoques.

Le FV Margiris, actuellement au large de la côte est de l’Afrique, partira pour Devenport, en Tasmanie, où il compte prélever 17 500 tonnes annuelles de chinchards, de maquereaux tachetés et d’andorrèves. Avec ses 142 mètres et ses 9 600 tonnes, le Margiris est équipé pour traiter, congeler et transporter 6 200 tonnes métriques de poissons avant déchargement. Au même titre que ce super chalutier de 142 mètres, les navires européens capturent de telles quantités de poissons qu’ils ne peuvent plus pêcher dans les eaux européennes et recherchent désespérément de nouvelles zones de pêche à piller, uniquement pour couvrir les frais de ces super chalutiers.

Le super chalutier et ses navires-jumeaux ont déjà contribué à la surexploitation des réserves halieutiques en Afrique occidentale et dans le Pacifique Sud. La pêche du chinchard du Pacifique Sud, cible de prédilection de ce super chalutier, et la PFA (l’Association des chalutiers-congélateurs de pêche pélagique) ont fait les gros titres des journaux cette année, alors que les populations de poissons chutaient de quatre-vingt-dix pour cent. Au large de l’Afrique Occidentale, toutes les espèces cibles de la PFA sont aujourd’hui entièrement exploitées ou surexploitées, ce qui a incité le gouvernement à expulser de ses eaux tous les bateaux de la PFA.

Le Margiris n’est pas encore enregistré pour pêcher en Australie et ne dispose pour l’heure d’aucune autorisation. Gerry Geen, directeur de Seafish Tasmania, s’attend à ce que tout soit réglé en août. "Seafish Tasmania s’est vu réserver un quota de 18 000 tonnes/an par l’Autorité australienne de gestion de la pêche. Nous utiliserons le Margiris, un bateau-congélateur, pour pêcher dans les eaux du Commonwealth, au-delà de la limite des trois milles marins imposée par les autorités. Le super chalutier sera basé à Devonport, car ce port se trouve au milieu de la région de pêche qui s’étend de l’Australie-Occidentale jusqu’au Queensland," précise-t-il. "Le poisson attrapé sera conservé dans des installations frigorifiques à Devonport, puis transporté vers les pays africains et asiatiques où il sera vendu."

Carte de pêche des petits pélagiques – La zone d’activité proposée pour le super chalutier Margiris. Photo: Autorité australienne de gestion de la pêche (cliquer pour une vue agrandie)Carte de pêche des petits pélagiques – La zone d’activité proposée pour le super chalutier Margiris. Photo: Autorité australienne de gestion de la pêche (cliquer pour agrandir)

Quelle ironie de constater qu’après leur exclusion des eaux de l’Afrique occidentale, le Margiris et d’autres membres de la PFA s’apprêtent à prélever les petits pélagiques des eaux australiennes, précisément pour nourrir les populations qu’ils ont dépossédées de leurs ressources halieutiques. Selon Care2: "Il ne faut pas moins d’une année à 56 bateaux mauritaniens traditionnels pour attraper le volume de poisson capturé et traité par un chalutier européen en une seule journée" [3]. Ce sont ainsi les salaires annuels des équipages de 56 bateaux qui disparaissent sous le coup de la surexploitation opérée en une journée par les super chalutiers étrangers.

Abdou Karim Sall, président de l’Association des jeunes pêcheurs de Joal et du Comité de gestion l’Aire Marine Protégée d’Afrique occidentale, déclara au Guardian: "L’océan est l’unique ressource du Sénégal. Une personne sur cinq travaille dans cette industrie, mais si vous la privez de son emploi, imaginez ce qui se passera. Le Sénégal pourrait devenir comme la Somalie".

Ce super chalutier s’est avéré si destructeur qu’il n’est pas surprenant que les groupes de conservation de la nature, comme les pêcheurs professionnels ou de loisirs, s’opposent à son arrivée.

Aux yeux de la compagnie qui envoie ce super chalutier en Australie, les espèces marines n’existent qu’à des fins purement lucratives. La raison d’être de ces monstrueuses usines flottantes est uniquement de vider les océans le plus rapidement possible, et maximiser le rendement du capital investi par leurs propriétaires. Les autorités australiennes devraient les refouler avant même que le bateau ne pénètre dans nos eaux territoriales, car une fois que le mal est fait, il est assurément irréversible.

À l’heure où le gouvernement australien envisage d’agir contre la surpêche au niveau international, il serait hypocrite d’ouvrir les eaux australiennes à une telle force destructrice contre la nature.

Accorder à ce super chalutier l’autorisation de pêcher en Australie aurait un impact énorme sur les thons rouges du Sud et sur les albatros déjà sérieusement menacés, et entrainerait la mort tragique de phoques et de dauphins, dramatiques "prises accessoires" noyées dans les filets non sélectifs et meurtriers de ce super chalutier.

Si rien n’est fait pour mettre un terme à la surpêche, les pêcheries du monde entier seront réduites à néant d’ici 2048. La réalité est que les océans, qui fournissent jusqu’à 80% de notre oxygène, sont en grand danger, et autoriser ce super chalutier à pêcher dans les eaux australiennes n’entraînerait que plus vite l’humanité vers son triste destin.

Sea Shepherd appelle tous ses sympathisants à agir dans l’intérêt des océans et dans l’intérêt de nos enfants. S’il vous plaît, aidez Sea Shepherd à arrêter ce super chalutier.

Campagne contre le chalutier, diffusée dans les journaux. Photo: Stopthetrawler.netCampagne contre le chalutier, diffusée dans les journaux. Photo: Stopthetrawler.netCe que vous pouvez faire:

1. Cliquez ici pour obtenir de plus amples informations et signer la pétition puis demandez à 5 de vos amis de faire de même, et partagez ceci sur vos réseaux sociaux.


2. Contactez Tony Burke, Ministre de l’Environement et et Julia Gillard, 1er Minsitre, pour leur faire part de vos inquiétudes.


3. Adressez un courrier aux rédactions des journaux suivants: The Mercury, The Examiner, The Advocate

 


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