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Lundi, 24 Septembre 2012 20:08

Un nouvel espoir à la CITES ?

Le secrétaire général de la CITES, John Scanlon. Photo: CITESLe secrétaire général de la CITES, John Scanlon.
Photo: CITES

En mars de cette année, le capitaine Paul Watson a adressé une lettre à tous les membres de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de flore et de faune sauvages menacées d’extinction), qui se réunissaient à Genève. Un rapport accablant était joint à la lettre, mettant en lumière le flagrant conflit d’intérêt impliquant le docteur vétérinaire Giam Choo Hoo, de Singapour. Le docteur Giam fait partie de la CITES en tant que suppléant pour l’Asie, un poste discret que personne ne convoite, mais qui lui donne toujours accès à l’ensemble de la CITES. Ce poste a permis au docteur Giam de faire du lobbying contre toute protection des requins et des autres espèces "représentant un intérêt commercial" (par exemple le thon rouge, peut-être?). Le docteur Giam est également un représentant des commerçants d’ailerons de requin de Singapour et de Hong Kong.

Ce rapport est maintenant accessible à tous les membres de la CITES ainsi qu’aux médias, qui l’ont porté à la connaissance du grand public, révélant au monde et aux habitants de Singapour la réputation du docteur Giam et ses véritables intentions. Le docteur fait toujours partie de la CITES, car l’organisation ne peut pas le révoquer, elle est obligée d’attendre la fin de son mandat. Le gouvernement de Singapour est la seule autorité compétente pour le révoquer, mais il ne semble pas en avoir l’envie, ou les moyens.

Le docteur Giam représente aussi un groupe basé en Australie, appelé SMS (Spécialistes de la gestion des espèces). Ils publient un « Guide du vote d’influence » pour le congrès de la CITES. Le prochain congrès est prévu en mars 2013 à Bangkok. Il y sera décidé de la liste des espèces et du maintien ou non de leur statut d’espèce protégée. Le dernier congrès a eu lieu à Doha en 2010, et ni le requin ni le thon rouge n’ont bénéficié du statut d’espèce protégée. A notre avis, ce Guide du vote ressemble étrangement à un document officiel de la CITES. C’est un document de propagande très intelligemment réalisé, surtout quand on sait que derrière celui-ci se cache Glenn Inwood, le responsable des relations publiques pour les baleiniers japonais.

Nous avons contacté le Comité permanent de la CITES en leur demandant de modifier leur logo pour la 62éme réunion du Comité permanent, son utilisation pouvant prêter à confusion. Voici la réponse que j’ai reçue du secrétariat de la CITES:

"Merci pour votre message. Suite à notre courrier électronique à votre intention du 22 Juillet, indiquant que nous allions prendre des mesures pour empêcher toute utilisation abusive du logo de la CITES, nous avons émis la notification aux Parties n° 2012/056, limitant le droit d'utiliser le logo dans le cadre de la 16ème réunion de Conférence des Parties."

Le Comité permanent de la CITES. Photo: CITESLe Comité permanent de la CITES. Photo: CITES

On peut espérer que l’illusion de confusion sur laquelle SMS voulait s’appuyer pour influencer le vote à ces réunions clés en sera dissipée.

Maintenant, les véritables bonnes nouvelles. La raison pour laquelle le docteur Giam et sans doute d’autres comme lui ont pu infiltrer la CITES et pervertir cette institution créée pour protéger les espèces exploitées à des fins commerciales de l’extinction, est l’absence de clauses restrictives de CONFLIT D’INTERÊT. Contrairement à presque tous les organes des Nations Unies, la CITES n’en dispose pas. Quand Monsieur John Scanlon a pris le poste de Secrétaire Général, il a proposé que la CITES se dote de ces clauses, mais sa proposition a été unanimement rejetée. Doit-on se demander pourquoi?

En août 2011, le président du Comité des Animaux a déclaré lors de la 61ème réunion du Comité permanent que ces clauses étaient inutiles, “car il n’y a jamais eu de cas de conflit d’intérêt dans les comités scientifiques!”  De toute évidence, il n’avait pas lu le rapport reçu par la CITES en juillet 2011.

Nous avons écrit au Président en lui demandant s’il avait eu connaissance du rapport au moment où il a fait cette déclaration. Si cela avait été le cas, son honnêteté aurait pu être mise en doute! Si non, nous lui avons posé la question de savoir ce qu’il comptait faire pour la corriger à la 62ème réunion du Comité permanent en juillet 2012. Heureusement, j’ai reçu une lettre de lui me disant qu’il avait pris connaissance du rapport pour la première fois en mars 2012, quand le capitaine Paul Watson l’a envoyé à tout le monde. Allait-il rectifier sa déclaration à la 61ème réunion? Il ne m’a pas répondu directement, mais je viens de recevoir une lettre du secrétariat de la CITES:

Cher M. Stokes,

Lors de sa 62ème réunion (Genève, Juillet 2012), le Comité permanent a décidé ce qui suit:

Le Comité a également approuvé une proposition du président du Comité pour les animaux pour que le Comité permanent reconsidère la mise en œuvre de la décision 15.9, à sa 63ème réunion (SC63) sur la base d'un document préparé par le Secrétariat. 

La décision 15.9 sur les "Règles de procédure des Comités des animaux et pour les plantes" peut être consultée ici

Nous allons donc attendre de voir ce qui va se passer à la 63ème réunion en mars 2013. Si un vote est effectué, le résultat sera annoncé à la 16ème Conférence des parties à Bangkok plus tard dans le mois.

Le système est certainement défaillant, mais le secrétariat de la CITES travaille à son amélioration et nous devons espérer qu’il y parviendra. Notre but est que les annexes de la CITES reposent sur des données scientifiques.

La première étape, et la plus importante, est que la corruption soit éradiquée et nous devons aider le secrétariat de la CITES à restaurer l’intégrité de l’organisation. Les scientifiques pourront ensuite donner aux espèces menacées le statut d’espèces protégées qu’elles méritent. Une fois ce statut sécurisé, l’effet boule de neige sera dévastateur pour l’industrie de l’aileron de requin et la victoire acquise pour les requins, les océans, et par conséquent pour nous tous.

Des articles de presse concernant le docteur Giam Choo Hoo à Singapour(cliquez pour agrandir)Des articles de presse concernant le docteur Giam Choo Hoo à Singapour
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Le guide de vote influent et mensonger publié par le groupe d’intérêts privés SMSLe guide de vote influent et mensonger publié par le groupe d’intérêts privés SMS
 


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