Sea Shepherd Newsrss_icon_20

Imprimer
Jeudi, 11 Octobre 2012 01:12

Sea Shepherd au cœur d'un scandale japonais

Le port en proie aux flammesLe port en proie aux flammes
Photo d'archive

Outre un impact politique avéré, la campagne de Sea Shepherd visant à mettre un terme aux opérations illégales de chasse à la baleine dans le sanctuaire des baleines de l'océan Austral semble générer d’énormes pertes financières pour l’industrie baleinière. La semaine passée, les médias japonais ont annoncé que les baleiniers avaient perdu 20,5 millions de dollars américains au cours de la dernière saison, en raison des interventions de Sea Shepherd. Un fait aussi rapporté par Le New York Times et la dernière édition de Newsweek.

Cette semaine, Le Yomiuri Shimbun rapporte que l’allocation des sommes levées par le "Great East Japan Earthquake Relief Fund" (fond de secours aux victimes du séisme au Japon) à destination de dépenses non liées au désastre suscite finalement un scandale politique au Japon.

L’année dernière, alors que le capitaine Paul Watson révélait publiquement que quelque 30 millions de dollars du Tsunami Disaster Relief Fund avaient été alloués spécifiquement pour s’opposer aux opérations de Sea Shepherd Conservation Society, le gouvernement japonais l’accusait de mensonge, et cela en dépit d’un communiqué de l’Agence japonaise de la Pêche confirmant cette allocation. D’autres défenseurs des baleiniers arguaient que ces fonds provenaient d'impôts et non des fonds destinés aux secours. Parallèlement, les médias japonais n’exprimaient que peu d’intérêt pour la destination de ces sommes. Un an plus tard, ces mêmes médias semblent y voir un scandale, ce qui est précisément le cas. Le gouvernement japonais a sérieusement bafoué la générosité des donateurs du monde entier en dépensant pour des projets parfaitement étrangers au désastre les fonds destinés aux victimes du séisme et du tsunami.

Comme The Yomiuri Shimbun le rapporte:

"Les allocations fiscales pour la reconstruction des zones dévastées par le grand séisme à l’est du Japon ont été utilisées pour des projets qui ne concernaient pas directement les zones frappées par le désastre. Ce détournement de fonds ne saurait être ignoré."

"Sous la pression exercée par le parti libéral-démocrate à la Commission de l’Audit et à la Commission du Contrôle de l’Administration de la Chambre des représentants, le Ministère des Finances et divers autres ministères ont établi une liste des projets en cours. Nombre d’entre eux sont suspectés de ne pas être indispensables à la reconstruction. Le Ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche a intégré dans son budget de reconstruction les coûts liés à la gestion du cas Sea Shepherd, une organisation opposée à la chasse à la baleine. Le Ministère argumente que les actions menées contre la chasse à la baleine auront des incidences sur la reconstruction d’Ishinomaki, Préfecture de Miyagi, qui dispose d’installations de traitement des produits baleiniers." Le Yomiuri Shimbun qualifie "de piètre excuse" cet argument du vice-premier ministre Katsuya Okada.

Otsuchi, JaponOtsuchi, Japon
Photo d'archive

Il apparaît que la somme allouée pour contrer Sea Shepherd est l’un des détournements les plus flagrants du fonds de reconstruction. Ces 30 millions de dollars ont été assignés à une campagne de relations publiques contre Sea Shepherd, à une action en justice visant à demander une injonction contre Sea Shepherd aux États-Unis, à l’exercice de pressions sur le Costa Rica pour revenir sur un non-lieu prononcé il y a 10 ans en faveur du capitaine Paul Watson, et aussi à des pressions sur Interpol pour obtenir la publication d’une notice au rouge à l’encontre du Capitaine Watson. Des fonds furent aussi affectés à l’affrètement d’un navire de sécurité pour protéger la flotte baleinière.

Le gouvernement japonais a été mis dans l’embarras lorsque des militants australiens ont abordé ce navire de sécurité au large des côtes d’Australie, en plus du fait que Sea Shepherd était parvenu à réduire de 74% le nombre de baleines tuées. Pour ajouter au scandale, la presse rapporte que le gouvernement japonais berne ses contribuables, prétextant utiliser une hausse des impôts comme financement principal des efforts de reconstruction. Selon le journal, les impôts locaux et les impôts sur le revenu augmenteront sur une période de 10 et 25 ans respectivement. Malgré ce scandale, le gouvernement japonais continuera à verser des subsides à la flotte baleinière et à financer des actions contre les navires et les équipages de Sea Shepherd. Le gouvernement consacre aussi un montant considérable à la traque du Capitaine Paul Watson. Il semble s’imaginer qu’en éliminant le capitaine Watson, il se débarrassera de l’opposition de Sea Shepherd à sa chasse illégale à la baleine.

Révoltés par l’utilisation abusive des fonds, des esprits plus critiques s’élèvent, tant au Japon qu’au-delà de ses frontières, se demandant jusqu’à quel point l’argent du fonds de soutien sera gaspillé pour la défense d’une industrie baleinière en banqueroute, se cachant derrière un projet de recherche scientifique n’ayant, depuis son lancement il y a 25 ans, produit aucune publication évaluée par des pairs dans une revue scientifique internationale. Le bateau usine Nisshin Maru se trouve désormais en cale sèche à Hiroshima, où il profite d’une très coûteuse rénovation aux frais du contribuable. Pendant ce temps, quatre navires de Sea Shepherd patientent dans le Pacifique Sud, prêts à intervenir une nouvelle fois contre cette industrie accablée par les scandales, qui ne doit sa survie qu’à un projet de bienfaisance honteusement déguisé, financé par des âmes généreuses qui pensaient réellement que leurs dons iraient à l’aide aux personnes, et non au massacre des baleines.

Otsuchi, JaponOtsuchi, Japon
Photo d'archive

Les gardiens de la baie fuient la ville d'Otsuchi dévastéeLes gardiens de la baie fuient la ville d'Otsuchi dévastée
Photo d'archive

 


Sea Shepherd France
22 rue Boulard, 75014 PARIS

All contents copyright ©2012 Sea Shepherd Conservation Society
Hosting and other web services donated by EStreet

Accueil     |     Déclaration de Confidentialité     |     Copyright     |     Contact