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Lundi, 05 Novembre 2012 16:33

Punir de mort des otaries dont le crime est… de manger du poisson?

Otarie en détresse. Les responsables n’ont pas donné suite les nombreuses fois où les Dam Guardians ont tenté de lui apporter de l’aide.Otarie en détresse. Les responsables n’ont pas donné suite les nombreuses fois où les Gardiens du Barrage ont tenté de lui apporter de l’aide.
Photo d'archive

Sea Shepherd lutte contre les Japonais dans l’Océan Austral depuis six ans. Mais dans le même temps, une autre bataille a commencé sur le sol américain: l’Etat qui abrite le QG de Sea Shepherd – l’Etat de Washington – ainsi que l’Oregon et l’Idaho voisins sont le théâtre de campagnes de harcèlement et de mise à mort systématiques d’otaries de Californie le long du fleuve Columbia. Pourquoi ces tueries d’otaries – une espèce par ailleurs protégée au niveau fédéral par le Marine Mammal Protection Act? Des otaries enragées se sont-elles mises à attaquer aveuglément des enfants sur la plage? Rien de tel. Le crime qu’elle ont commis – un crime passible de la peine de mort – est le suivant: manger du saumon. Lorsqu’une otarie est aperçue en train de manger du saumon cinq fois de suite, elle devient une cible autorisée. Jusqu’à 90 otaries peuvent ainsi être assassinées chaque année, si quelqu’un parvient à les attraper.

Sea Shepherd œuvre aux côtés de l’American Humane Society, de la Sea Lion Defense Brigade et diverses autres organisations de défense de l’environnement pour attirer l’attention du public sur cette mascarade et pour forcer les responsables ici aux Etats-Unis à mettre un terme à cette stigmatisation ravageuse et inhumaine. Pour ce faire, Sea Shepherd a besoin de votre aide. Le 8 novembre 2012, une réunion du conseil municipal de la ville d’Oregon City, dans l’Oregon se tiendra dans la salle de réceptions du Rivershore Hotel, situé au 1900, Clackamette Drive. Il y sera notamment question du destin de ces magnifiques mammifères marins, intelligent et sociables. Merci de vous joindre à nous pour faire entendre votre voix!

Déclaration publique

Dave Hunt (démocrate) siège à la Chambre des Représentants de l’Etat de l’Oregon, où il représente la circonscription de Clackamas. Le 8 novembre prochain, il organisera à Oregon City une réunion sur les rivalités entre otaries de Californie et réserves halieutiques.

La réunion est ouverte au public et débutera à 18 h 30 dans la salle de réceptions du Rivershore Hotel, situé au 1900, Clackamette Drive.

M. Hunt fait partie des pères de la loi House Bill 3255, qui autorise une utilisation renforcée d’explosifs dissuasifs pour faire fuir les otaries en aval de Willamette Falls, sur la rivière Willamette, lors du retour annuel des saumons et des truites de mer en période de frai.

Seront notamment présents à la réunion des représentants du Département de la Pêche et des Espèces Sauvages de l’Oregon ainsi que du Service Pêcheries de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration). Ce sera l’occasion de faire part de vos commentaires et remarques; ce sera aussi l’occasion d’obtenir des réponses aux questions que vous vous posez concernant l’utilisation d’explosifs pour faire fuir les otaries.

Historique

Entre 2002 et 2005, le retour annuel des saumons dans le fleuve Columbia a vu les effectifs d’individus qui remontaient le cours d’eau pour frayer chuter de façon alarmante. Les populations d’espèces menacées de saumons se sont alors effondrées de façon vertigineuse, passant de 285 000 individus à 82 000 en seulement trois ans. Les départements de la Pêche des trois Etats qui se partagent le fleuve entrèrent alors en jeu et en 2006, ces trois Etats lancèrent un effort concerté en commençant par déclarer la guerre à l’otarie de Californie, dont le retour venait d’être signalé dans ces eaux.

Le Marine Mammal Protection Act (MMPA), adopté il y a précisément quarante ans, accordait une protection à plus de 125 espèces de mammifères marins sur le territoire américain, à commencer par les pinnipèdes, auxquels appartiennent les phoques et les otaries. En interdisant la prise de mammifères marins dans les eaux américaines, le MMPA se faisait le précurseur du moratoire mondial sur la pêche commerciale à la baleine adopté en 1981, sous les auspices du même MMPA. Au terme de la loi, "prise" signifie "chasser, harceler, capturer ou tuer" tout mammifère marin, ou tentative de telles actions. Le fait d’inclure le harcèlement dans cette définition était une nouveauté majeure, initiée par le Congrès fédéral. La Maison Blanche amenda ensuite le MMPA pour y adjoindre un dispositif autorisant la prise accidentelle (et contrôlée) de mammifères marins lors d’opérations commerciales de pêche. Ce changement permit de tenir les mammifères marins responsables de ce qui était en réalité une sur-pêche d’origine anthropique; il permit également aux Etats d’obtenir l’autorisation de tuer (sous un certain contrôle) ces pinnipèdes, ainsi transformés en boucs émissaires.

Des otaries victimes du harcèlement de la part des habitants d’Astoria (Oregon)Des otaries victimes du harcèlement de la part des habitants d’Astoria (Oregon)
Photo d'archive

Une de ces exemptions à portée spécifique est détaillée dans le paragraphe 120 du MMPA, qui donne au Ministre du Commerce le pouvoir "d’autoriser la prise intentionnelle et mortelle de pinnipèdes identifiés individuellement si ces derniers ont un impact négatif significatif sur le déclin ou la reconstitution des stocks de salmonidés à usage de la pêche" classés comme menacés ou en danger. Le Ministre est tenu de prendre en compte un certain nombre d’autres facteurs, parmi lesquels on trouve: "combien de spécimens de pinnipèdes sont concernés" par cet impact négatif significatif et "la mesure dans laquelle de tels pinnipèdes causent des dégâts ou un impact inacceptables" aux populations de poissons. Le Congrès souhaitait que le Service Pêcheries de la NOAA délivre l’autorisation de prises mortelles d’otaries grâce au paragraphe 120 de la MMPA avec parcimonie. Le Rapport de la Chambre des Représentants No. 103-439, daté de 1994, indiquait clairement que le Congrès "souhaite que le niveau de protection dont bénéficient actuellement les phoques et les otaries au terme de la loi ne soit pas dégradé sans une étude préalable soigneuse des autres raisons possibles à ce déclin."

D’où la situation actuelle. Les Etats concernés ont maintes fois demandé à pouvoir appliquer cette exemption. Mais grâce notamment aux efforts du service juridique de l’American Humane Society, leurs requêtes ont systématiquement été rejetées, tout récemment encore par le Neuvième Circuit de la Cour d’Appel, la plus haute juridiction après la Cour Suprême. La décision des tribunaux acquiert un caractère d’évidence au regard des arguments mis en avant par ces trois Etats dans leurs requêtes : les otaries ne sont pas la cause du déclin des populations de saumons. Ces six dernières années, ces populations ont rebondi – mais ce sursaut ne peut pas être attribué au massacre aveugle des otaries.

Les populations d’otaries de Californie dans le fleuve Columbia sont relativement stables depuis 2006. Seule l’année 2009 a vu leurs effectifs s’infléchir, pour repartir à la hausse l’année suivante. Par ailleurs, les populations d’otaries de Steller, elles, ont explosé: de 10 individus observés en 2006 à 75 en 2010. Au total, en additionnant otaries de Californie et de Steller, les populations d’otaries ont bien augmenté dans le fleuve Columbia. Le constat selon lequel la population d’otaries a pratiquement doublé tandis que la population de saumons a triplé au cours des six dernières années devrait suffire à établir que les otaries n’ont aucun "impact négatif significatif sur le déclin ou la reconstitution des stocks de salmonidés à usage de la pêche".
Peut-être le graphique ci-dessous illustrera-t-il les choses de façon plus claire:

pie chart

Lorsque les Etats déposent leurs demandes de quotas annuels de pêche commerciale et sportive, ils doivent fixer ces quotas de telle manière qu’ils ne menacent pas les saumons qui par ailleurs sont mangés par les otaries. Lorsqu’ils ont fait leur demande de quotas pour l’année 2010, ils ont estimé que le quota de 12% représentait un "impact négligeable" sur les populations de saumons. A l’inverse, certains bureaucrates hypocrites ont jugé que les 1.87% de saumons mangés par les otaries, eux, avaient un impact "significatif" sur ces mêmes saumons. Cerise sur le gâteau: le chiffre ci-dessus pour la pêche est 17%. Ainsi donc, les pêcheurs commerciaux et occasionnels ont dépassé le quota qui leur était alloué de 41%! Et rien n’a été fait à leur encontre! Et pendant ce temps, on mettait à mort des otaries qui avaient été observées cinq fois de suite en train de manger du saumon.

Lorsque les Etats ont déposé leur demande, ils ont inséré la provision suivante dans leur dossier: si le taux de prédation des otaries venait à passer en-dessous des 1% d’un groupe de saumons revenus frayer, ils arrêteraient de tuer les pinnipèdes. Depuis 2006, ce taux de prédation est passé de 4,2% (un taux déjà largement inférieur à n’importe quel quota d’origine humaine) à 1,1% en 2011. Lorsque les Etats ont re-déposé leur dossier en 2011 – après que leur demande avait été rejetée – ce seuil avait disparu. A moins de faire disparaître ce seuil, les Etats, selon toute vraisemblance, ne pourraient pas continuer à tuer en paix. Cette attitude vis-à-vis de la vie de ces otaries est contraire à tous les principes de justice et d’humanité. En d’autres termes, ces Etats préfèrent assassiner des otaries innocentes plutôt que de reconnaître des données qu’eux-mêmes ont collectées et présentées. Trop, c’est trop. Un avertissement solennel est ici lancé aux Etats de l’Idaho, de l’Oregon et de Washington: cessez de violer la loi. Cessez de gaspiller de l’argent avec un sport sanguinaire ridicule qui, comme le démontrent clairement vos propres enquêtes, n’est qu’une supercherie.

Les otaries qui ont été trop marquées et équipées de diverses balises souffrent clairement.Les otaries qui ont été trop marquées et équipées de diverses balises souffrent clairement.
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