Sea Shepherd Newsrss_icon_20

Imprimer
Mardi, 05 Février 2013 12:28

Il n’y a plus de lieu sacré – Woodside se prépare à détruire d’anciennes sépultures et une pouponnière de baleines à bosse

Derniers événements dans l’opération Kimberley Miniimbi
Par Sea Shepherd Australie

Jeff Hansen, Bob Brown, et Lorna CoxJeff Hansen, Bob Brown, et Lorna Cox
Photo d'archives

Le chef du gouvernement libéral d’Australie Occidentale, Colin Barnett, a donné le feu vert à Woodside Petroleum pour des forages et d’autres travaux dévastateurs dans la région des dunes de sable qui se trouve immédiatement au sud de Walmadan (James Price Point), à une soixantaine de kilomètres au nord de Broome sur la côte du Kimberley. Colin Barnett fait activement barrage à l’autre solution, plus sage, qui consiste à construire l’usine gazière géante de Woodside sur un site offshore. Phillip Roe, porte-parole et chef de la communauté Goolarabooloo, dit que ni lui, ni le chef Joseph Roe n’ont été informés au préalable de cette décision, mais qu’ils l’ont apprise par les media. "Pourquoi est-ce par la radio que nous apprenons que Woodside a obtenu la permission de détruire notre pays, notre loi et notre culture? Ce n’est pas bien. Le fait que ce Territoire soit celui de nos ancêtres et le nôtre, bien que ce soit un fait avéré, a été tout simplement ignoré", dit Phillip Roe.

Bob Brown, directeur de l’opération Kimberley Miinimbi, a déclaré: "Je me suis rendu à plusieurs reprises dans les dunes de sable en question avec des membres de la communauté aborigène Goolarabooloo, qui non seulement refusent l’option onshore, mais qui sont aussi décidés à s’opposer physiquement aux travaux qui seront menés ici. Leur opposition est justifiée. Non seulement cette côte est vivante à travers leurs chants – mode de tradition orale et de contact permanent avec la terre - mais elle foisonne de sites archéologiques aborigènes tels que des tas de déchets, des sites où l’on fabriquait des outils, et des sépultures. Plusieurs vont être endommagés par les travaux exploratoires en projet, et disparaîtront complètement si on construit l’usine, son port et sa jetée."

En 2011, Woodside a écrit au gouvernement d’Australie Occidentale pour faire retirer un rapport sur la présence éventuelle de sites archéologiques aborigènes significatifs dans des secteurs qui seraient touchés par le terminal gazier en projet. En effet tout dommage causé à un site intégré à un cycle de chant important pour l’histoire aborigène pourrait rendre le géant pétrolier et ses dirigeants responsables pénalement aux termes de la loi sur l’héritage aborigène. Un porte-parole du gouvernement a confirmé que le gouvernement de Barnett avait cédé aux demandes de Woodside et avait retiré les documents en question.

La Cour Suprême de l’Australie Occidentale a suspendu la seconde tentative du gouvernement de l’état pour obtenir l’expropriation du site, et un recours a été formé contre l’indemnisation de 1,5 milliard de dollars australiens négociée avec le Kimberley Land Council.

Selon les termes de cette action, le gouvernement a facilité un abus de la cour fédérale dans le dossier James Price Point en négligeant d’informer le tribunal indigène. Des travaux ont été menés sur le site sans les autorisations nécessaires. Si vous prenez votre voiture sans avoir de permis, et que vous vous faites arrêter, on va vous empêcher de conduire et vous aurez une amende. Vous ne pouvez pas passer votre permis après-coup. Alors pourquoi Woodside pourrait-il continuer ses travaux destructeurs, alors que l’avenir du projet est en question?

"Les mêmes baleines à bosse que celles qui étaient visées cette année par la flotte baleinière japonaise font face à une nouvelle menace, sous la forme d’un gigantesque terminal gazier près d’un endroit appelé James Price Point, juste au nord de Broome en Australie Occidentale. Woodside Petroleum et le gouvernement de Barnett en Australie Occidentale sont en train de promouvoir la construction du plus grand terminal gazier du monde, en plein milieu de la plus grande pouponnière au monde de baleines à bosse. Si nous ne protégeons pas la pouponnière, les baleines n’auront plus d’endroit pour rentrer chez elles, plus d’endroit pour mettre bas, plus d’endroit pour élever leurs jeunes", dit Jeff Hansen, Directeur de Sea Shepherd Australie.

En plus de la population de baleines à bosses d’Australie Occidentale qui existe depuis des millions d’années, il y a une culture indigène vivante présente depuis 40000 ans. "Si quelqu’un venait avec un bulldozer détruire la tombe de vos parents, celle de vos grands-parents, vous feriez tout ce qui est en votre pouvoir pour l’arrêter! Cela démontre clairement que, pour Woodside, il n’y a pas de lieux sacrés, et qu’à leurs yeux, la satisfaction de leurs actionnaires justifiera la destruction de n’importe quelle culture", dit John Butler, musicien.

Or tout le monde peut être gagnant, les baleines, les Goolarabooloo et les actionnaires, mais pour cela, il faut que le gouvernement d’Australie Occidentale cesse de faire obstacle à la solution du site offshore.

Shell, qui dispose de la technologie du GNL flottant, peut être le sauveur de la situation. La seule personne qui se mette en travers de la solution gagnante pour tous, c’est le chef du gouvernement d’Australie Occidentale, Colin Barnett.

Il est temps pour le chef du gouvernement d’Australie Occidentale d’agir pour le bien du peuple du Kimberley, de la population de Broome, du peuple australien, des grandes baleines et de nos enfants, et de permettre la mise en place de la solution la plus sage, la plus écologique, la plus saine économiquement.

Le businessman australien respecté Geoffrey Cousins déclarait, alors qu’il se trouvait à bord du Steve Irwin l’an dernier: "Eh bien j’aime les lieux sauvages, je pense qu’il en reste très peu dans le monde, et je pense que ce sont des ressources en train de disparaître dans le monde entier. Le pétrole, le gaz, ils peuvent durer encore 40 ou 50 ans, puis ils n’auront plus aucune valeur. Alors que les lieux de nature sauvage, eux, prennent de plus en plus de valeur au fur et à mesure qu’ils se raréfient, et les gouvernements font preuve d’un aveuglement incroyable quand ils ne s’en rendent pas compte. Voilà ce que je dirais à Michael Chaney et au Conseil d’administration de Woodside, sortez de votre trou avant qu’il ne soit trop tard. Il y a de plus en plus d’opposition à ce projet. Sortez de votre tour d’ivoire, enlevez vos œillères, ouvrez grand vos yeux et étudiez les différentes solutions, vous pouvez prendre l’initiative, vous n’avez pas besoin d’attendre le gouvernement, c’est votre responsabilité de ne pas détruire cet endroit magnifique".

La côte prétendument monotone du KimberleyLa côte prétendument monotone du Kimberley
Photo d'archives

L’article du Sunday Times « L’ « armée » de Broome prête pour la guerre du gaz » - Le Sunday Times L’article du Sunday Times « L’ ''armée'' de Broome prête pour la guerre du gaz » - Le Sunday Times

 


Sea Shepherd France
22 rue Boulard, 75014 PARIS

All contents copyright ©2012 Sea Shepherd Conservation Society
Hosting and other web services donated by EStreet

Accueil     |     Déclaration de Confidentialité     |     Copyright     |     Contact