Commentary and Editorial

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Dimanche, 09 Juin 2013 13:56

La pisciculture - une aberration écologique

Par le Capitaine Paul Watson, le 20 janvier 2008

Aquaculture. Photo: REUTERS/Srdjan ZivulovicPhoto: REUTERS/Srdjan ZivulovicLa croissance continue de la population humaine met de plus en plus sous pression la capacité d’absorption de l’environnement. L’un des domaines où c’est le plus évident, ce sont les écosystèmes marins. Il n’y a tout simplement pas assez de poisson dans les océans pour continuer à nourrir une population d’homo sapiens en perpétuelle croissance.

Comme les populations de poissons sauvages exploitables commercialement sont en diminution, les entrepreneurs ont eu l’idée de domestiquer le saumon atlantique et de l’élever dans des bassins fermés. Ces "fermes à saumons" sont en train de proliférer le long des côtes de la Colombie Britannique, du Chili, de l’Ecosse, de la Nouvelle Zélande et de la Tasmanie.

Le premier problème, c’est que le saumon atlantique n’est originaire que d’un seul de ces endroits – l’Ecosse. Dans les autres environnements marins, le saumon atlantique est donc une espèce exotique, introduite artificiellement.

Cela a causé de nombreux problèmes. Le premier, c’est que beaucoup de ces saumons s’échappent dans ces nouveaux milieux, et qu’ils ont pu se reproduire, entrant ainsi en compétition avec les espèces autochtones pour la nourriture et l’habitat. Ces espèces introduites transmettent aussi aux poissons autochtones des maladies auxquelles ceux-ci n’ont pas de résistance, et ils ne peuvent pas l’emporter face à des poissons domestiqués qui reçoivent des antibiotiques et des stéroïdes dans leur alimentation.

De plus l’alimentation des poissons crée un autre problème, encore plus sérieux. Le saumon est un grand prédateur vorace. Il mange du poisson, et il faut bien que ce poisson vienne de quelque part. Ceci a entraîné le développement d’une nouvelle activité industrielle, consistant à capturer des centaines de milliers de tonnes de petits poissons pour les transformer en granulés de protéines à base de chair de poisson pour les poissons élevés dans les fermes.

Et alors? Les petits poissons ne représentent qu’une petite partie des 110 millions de tonnes de poisson que les gens consomment chaque année dans le monde. On peut bien les prendre pour nourrir les gros poissons, pour que les gens puissent continuer à en manger.

Le résultat, c’est que plus de 50% du poisson pêché dans les océans est transformé en nourriture pour le bétail, si bien que les porcs, les moutons, les vaches et les poulets sont devenus les plus grands prédateurs marins de la planète. Les macareux meurent de faim en mer du Nord pour que nous puissions donner leur nourriture principale – les petits lançons - aux poulets de batterie du Danemark.

Ces petits poissons se nourrissent de plancton, et leurs principaux concurrents dans la chasse au plancton sont les baleines, les requins-baleines, et les méduses. Les populations de baleines et de requins-baleines ne se sont jamais vraiment reconstituées, et continuent à être exploitées.

Mais il n’y a aucun marché pour les méduses, et les populations de méduses sont en croissance, et grâce au réchauffement climatique et à l’acidification accrue des mers, leur croissance s’accélère. Et la suite est inévitable.

Il y a peu, la seule ferme à saumons de l’Irlande a été rayée de la carte lorsqu’un grand banc de méduses du type "piqueur-mauve" a détruit une centaine de milliers de poissons alors que ceux-ci se bousculaient pour échapper à l’enclos qui les empêchait de s’échapper, sans pouvoir stopper l’invasion. Ils n’ont pas eu une seule chance de s’en sortir, et ils se sont tordus dans les souffrances et le stress causés par les méduses jusqu’à complète destruction.

Ce que cela signifie, c’est que nous avons mis en route une spirale infernale de destruction de l’environnement marin. Comme les populations de poissons sauvages sont en baisse, cela pousse à construire de plus en plus de fermes à saumons. Pour nourrir le poisson captif de ces fermes à saumons, il faut pêcher de plus en plus de petits poissons sauvages. Par conséquent, il y a de moins en moins de petits poissons, donc moins de concurrence pour les méduses, et ceci combiné à l’acidification des mers et au réchauffement climatique fait que les populations de méduses augmentent. Ces grands bancs de méduses vont tuer les poissons sauvages tout comme les poissons d’élevage, entraînant une baisse accrue des quantités de poissons vivant dans les océans, et la réduction des protéines de poisson disponibles pour la consommation humaine.

S’ajoute à cela le fait que l’augmentation prévue de la consommation suite à la croissance continue de la population humaine va entraîner de plus en plus de tentatives pour augmenter à la fois la productivité des élevages piscicoles et l’exploitation du poisson sauvage. D’ici 2050, les océans pourraient être vidés de leurs poissons, peuplés de milliards de méduses flottantes de diverses espèces, et ce ne sera ni une situation saine pour toutes les espèces marines, ni une bonne nouvelle pour l’humanité.

Sea Shepherd Conservation Society a été critiquée pour avoir recommandé que les gens cessent de manger du poisson. Nos idées sont considérées comme radicales et extrémistes. Mais quoi de plus extrême qu’un océan plein de méduses, et vide de poissons?

 

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