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Mardi, 07 Août 2012 13:24

À la Réunion, la France donne le la aux baleiniers japonais

Commentaire de Lamya Essemlali, Présidente de Sea Shepherd France

Requin BouledoguePour gérer le ''risque requin'' à la Réunion, la France a choisi d’utiliser la technique employée par la flotte balienière japonaise. En effet:

- Les baleiniers japonais chassent des baleines dont le commerce est interdit. La France s’apprête à chasser des requins-bouledogues et des requins-tigres interdits à la vente.

- Les baleiniers japonais chassent dans un sanctuaire baleinier (Antarctique). La France s’apprête à tuer les requins dans la réserve marine réunionnaise.

- Les baleiniers japonais invoquent la ''recherche scientifique'' pour justifier leur chasse. La France lance une battue de requins et offre en pâture à ceux qui réclament leur tête 5 requins-bouledogues et 5 requins-tigres sous prétexte d’analyser leur foie en vue d’étudier une possible commercialisation.

La France va-t-elle donc se lancer dans la commercialisation d’une espèce dont le statut est ''quasi menacé'' (selon l’IUCN) et dont on sait déjà que la chair est toxique pour l’humain? C’est peu probable... Il y a fort à parier que ces ''prélèvements scientifiques'' ne soient qu’une battue qui ne dit pas son nom.

Après les récentes déclarations aussi simplistes que démagogiques du ministre de l'outre-mer, Victorin Lurel, ''Entre l’humain et l’animal, je préférerai toujours l’humain'', on ne s’attendait guère à une réaction plus réfléchie de la part du gouvernement. Il est cependant sidérant d’assister à une telle démonstration d’hypocrisie. La France a choisi de céder à la facilité et à l’émotion: elle sacrifie ses requins. (Voir notre analyse sur les cause profondes des accidents à répétition en annexe 1).

Du côté du ministère de l’écologie, le silence de Delphine Batho en dit long. Le changement, c’est pas pour maintenant.


Annexe 1

L’analyse de Sea Shepherd de la situation à la Réunion et les solutions adéquates pour une gestion intelligente du risque et vers une cohabitation moins houleuse avec les requins:

- L’écosystème marin sur la côte ouest réunionnaise s’est fortement dégradé dans la seconde moitié du XXe siècle. En cause: l’urbanisation, l’explosion démographique, la mauvaise gestion des déchets, la surpêche... Autant de critères qui se trouvent être les mêmes qu’ailleurs dans le monde lorsqu’un écosystème se dégrade. Aux mêmes causes, les mêmes effets.

- Cette dégradation a entraîné la disparition ou la raréfaction de nombreuses espèces, à commencer par les requins qui sont les plus fragiles et les plus sensibles à leur pêche - la pêche du requin n’étant pas une pêche durable du fait de leur très faible natalité et fécondité. Les spécimens atteignent leur maturité sexuelle après 7 à 10 ans de vie.

- En parallèle, les loisirs en rapport avec la mer ont explosé sur cette période. Il était alors possible d’en pratiquer en toute circonstance toute l’année et sans risque.

- Avec l’arrêt de la pression anthropique (pêche, chasse) couplée à une volonté de conserver et protéger cet écosystème fortement dégradé, les menaces sur les squales ont diminué. Ils reviennent donc tout normalement sur un territoire qui a toujours été le leur car présentant un biotope idéal à leur présence; présence effective depuis toujours en dehors de ces années de forte pression humaine. Leur rôle dans cet écosystème est reconnu comme essentiel par la science. La reconstitution des populations est donc un signe d’amélioration de l’écosystème marin et, en cela, c’est une bonne nouvelle.

- Aujourd’hui nous assistons à la rencontre frontale et brutale entre le retour d’animaux sur leur territoire et des pratiquants habitués à leur absence.

- Pour éviter de nouveaux drames, les pratiques doivent s’adapter, les spots de surf les plus fréquentés doivent être surveillés et la pratique y être encadrée par un règlement en rapport avec l’évaluation du risque.

- Rappelons que tous les accidents ont eu lieu alors que les conditions de mer étaient très favorables la présence de requins - la première de ces conditions étant la turbidité de l’eau.

- Les études scientifiques doivent se poursuivre et permettre de mieux apprehender le risque potentiel lié à la presence de ces animaux et d’évaluer leur population en rapport avec les équilibres de l’écosystème.

- En alliant connaissance des animaux, modification et encadrement des pratiques, nous pouvons tous espérer allier à la fois la conservation des espèces et la conservation de l’économie et de la pratique du surf en sécurité à la Réunion.

On pourrait aussi évoquer les effets de la ferme aquacole de Saint-Paul sur la population de requins-bouledogues, de la surpêche au large, de la mauvaise gestion des eaux usées, la présence importante et récente des baleines près de nos côtes lors de l’hiver austral et du manque crucial de prise en compte et d’appréhension de ce risque par notre société.

Lamya ESSEMLALI
Présidente Sea Shepherd France
www.seashepherd.fr
contact@seashepherd.fr

 


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