Commentary and Editorial

rss_icon_14Get RSS for this page now!  Sign up via My Sea Shepherd

Imprimer
Mardi, 12 Mars 2013 00:00

Chasse à la baleine: un sanctuaire est un sanctuaire

Par Paul Watson – le 12 mars 2013

Le Capitaine Paul Watson est le fondateur de Sea Shepherd Conservation Society

Michael Heazle clame que le Contre-amiral Goldrick et moi-même avons tort tous les deux. C’est son droit. Comme tout un chacun, il a son opinion et il est libre de l’exprimer.

Légende photo : Un membre d’équipage Sea Shepherd lance une bouteille d’acide butyrique (beurre rance) vers un navire baleinier japonais. Photo: Flickr (guano)Légende photo: Un membre d’équipage Sea Shepherd lance une bouteille d’acide butyrique (beurre rance) vers un navire baleinier japonais. Photo: Flickr (Guano)Son point de vue est que Sea Shepherd ne fait pas respecter les lois internationales pour l’environnement en défendant le Sanctuaire Baleinier de l’Océan Austral. Le Sanctuaire Baleinier de l’Océan Austral a été créé par la Commission Baleinière Internationale en 1994, avec le soutien de 23 pays. Le statut du Sanctuaire est révisé tous les dix ans. En 2004, le Japon a essayé de le supprimer, mais il a échoué à rassembler la majorité des trois quarts qui lui était indispensable.

C’est donc un sanctuaire pour les baleines, et la chasse commerciale n’est pas autorisée à l’intérieur du sanctuaire.

Je suis peut-être naïf, mais quand je vois un endroit désigné par un accord international comme un sanctuaire baleinier, je le vois juste comme un sanctuaire baleinier. Je ne le vois pas comme un sanctuaire baleinier "ouvert à l’interprétation". Alors qu’est-ce donc que ce mot "sanctuaire" que ni le Japon, ni Michael Heazle, ne semblent comprendre?

Moi je n’y vois rien de vague ou d’ambigu. Un sanctuaire est un sanctuaire, et un sanctuaire baleinier est un sanctuaire baleinier. J’ai du mal à saisir pourquoi M. Heazle pense que ma définition est vague. Il n’y a pourtant rien de plus simple à comprendre.

Je trouve bizarre que M. Heazle ne comprenne pas le terme "communauté internationale". Les Nations Unies reconnaissent la Commission Baleinière Internationale (IWC) comme faisant autorité sur les baleines et la chasse à la baleine, si bien que lorsque l’IWC proclame qu’une région est un sanctuaire pour les baleines, pour moi cela signifie que, aux yeux de la communauté internationale, c’est un sanctuaire pour les baleines. Bien sûr, il y a diverses opinions au sein de l’IWC, mais un vote est un vote et il a été décidé de proclamer que les eaux entourant l’Antarctique sont un sanctuaire international pour les baleines. Donc, légalement, c’est un sanctuaire pour les baleines.

Michael Heazle dit que l’IWC ne représente pas tous les pays du monde, et c’est vrai. Le prince Albert de Monaco a suggéré que la responsabilité de la surveillance de la chasse à la baleine devrait être confiée aux Nations Unies, et je suis d’accord. Malheureusement cette idée n’a pas été adoptée, si bien que le statu quo, c’est qu’il appartient à l’IWC de trancher, et l’IWC a tranché.

En dépit des suggestions de M. Heazle, Le Japon n’a pas rempli ses obligations vis-à-vis de l’IWC, parce que la soi-disant "chasse aux fins scientifiques" du Japon est un leurre, et tout le monde le sait. Nous étions témoins lorsque des baleines ont été tuées, chargées à bord et rapidement dépecées sans que les moindres mesures scientifiques aient été prises. Le nombre de baleines tuées depuis 1987 dans le cadre des permis scientifiques que le Japon s’est alloués est égal à vingt fois le nombre de baleines tuées depuis 1950 par d’autres pays dans le cadre de permis scientifiques.

S’il n’y a pas de base claire pour une action légale contre les activités japonaises dans l’Océan Austral, comme l’affirme M. Heazle, alors pourquoi est-ce que l’Australie, soutenue par la Nouvelle-Zélande, a porté plainte contre le Japon devant la Cour Internationale de Justice? M. Heazle devrait apporter ses lumières au Premier Ministre Gillard, parce que le gouvernement Gillard est clairement persuadé qu’il y a motif à agir contre les activités japonaises dans le Sanctuaire.

Les opérations japonaises de chasse à la baleine contreviennent à un jugement rendu en 2008 par la Cour Fédérale australienne, qui a interdit au Japon de tuer des baleines dans les eaux territoriales australiennes de l’Antarctique.

M. Heazle affirme que sa position a des fondements scientifiques, mais les faits permettent de suggérer que ce n’est pas tout à fait vrai. M. Heazle a travaillé au Japon pendant de nombreuses années, comme professeur et journaliste. Il a une société de production, il a produit un documentaire sur l’IWC, et ses idées sont fortement influencées par son domaine d’expertise au Département du Commerce International et des Etudes Asiatiques de l’Université de Griffith. En d’autres termes, il a une vision pro-Japon et pro-business, il est donc naturel qu’il soit en désaccord avec les activités de Sea Shepherd Conservation Society.

M. Heazle affirme qu’il est sincèrement inquiet au sujet de la défense des baleines, et que le meilleur moyen d’assurer leur protection est de reprendre une chasse réglementée. Je suppose qu’à son avis le meilleur moyen de sauver les éléphants et les rhinocéros des braconniers est d’organiser un massacre réglementé de ces animaux, genre  "il nous faut tuer les baleines pour les sauver".

Ma réponse à cela est de demander pourquoi, au 21ème siècle, nous avons besoin d’ivoire, de corne de rhinocéros et de viande de baleine. Pendant des dizaines d’années, nous avons infligé un horrible massacre  aux grandes baleines, et il faut mettre fin au carnage  de ces êtres intelligents, sensibles, dotés de conscience et vivant dans des structures sociales complexes.

J’ai consacré ma vie au combat pour mettre fin à la chasse à la baleine pour des raisons éthiques, légales et écologiques, et je me suis opposé à la chasse à la baleine tout autour du globe; ce faisant, je me suis opposé à de nombreuses reprises à diverses cultures qui arguent de leur droit à tuer les baleines.  Ma position morale, c’est que personne n’a le droit de tuer les baleines, car à mes yeux, tuer une baleine n’est pas différent du meurtre d’un être humain.

Mais ceci mis à part, reste la question du sanctuaire. Sea Shepherd Conservation Society Australie se consacre à  la défense de l’intégrité du Sanctuaire Baleinier de l’Océan Austral, et ce n’est pas un Contre-amiral australien à la retraite, ni un professeur de Commerce International pro-japonais, qui l’en dissuaderont.

Si le sanctuaire n’est pas un sanctuaire, alors quelqu’un devrait nous informer que ce n’est pas un sanctuaire. Mais tant qu’il sera considéré, aux termes de la loi et dans les faits, comme le Sanctuaire Baleinier de l’Océan Austral, nous continuerons à garder en ligne de mire tous les baleiniers qui iront braconner dans ce sanctuaire.

 

Sea Shepherd welcomes your support. To support our
conservation work, please visit our donation page.


Sea Shepherd France
22 rue Boulard, 75014 PARIS

All contents copyright ©2012 Sea Shepherd Conservation Society
Hosting and other web services donated by EStreet

Accueil     |     Déclaration de Confidentialité     |     Copyright     |     Contact