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Dimanche, 09 Juin 2013 14:16

Rapport des Gardiens du Barrage - 31 Mai 2013

Par Ashley Lenton, responsable de la campagne “Dam Guardian” et Sandy McElhaney, bénévole

Un de nos clients qui s’est arrêté pour nous dire bonjourUn de nos clients qui s’est arrêté pour nous dire bonjour - Photo: Sea Shepherd Le 15 Mai 2013, l’Agence Américaine pour l’Etude des Océans et de l’Atmosphère (NOAA) a autorisé les Autorités des Pêcheries de l’Oregon et de Washington à ajouter 16 nouvelles otaries soit disant "récemment identifiées comme prédateurs" sur la liste des otaries à abattre au Barrage de Bonneville. Cela signifie que si jamais l’une de ces otaries est repérée en train de consommer encore un seul saumon près du barrage, elle pourra être abattue par arme à feu ou par injection létale. Pendant ce temps, les pêcheurs du coin sont encouragés à jeter leurs lignes dans ce même fleuve afin de pouvoir ramener du saumon frais à la maison. Mais pour quel crime haineux ces 16 otaries ont-elles été ajoutées à la liste des 155 à abattre (dont 42 qui sont déjà mortes, et 13 qui sont actuellement en captivité)?

L’otarie C027, marquée le 30 avril, est accusée d’être restée dans la zone d’observation du barrage pendant 5 jours et d’avoir consommé 3 saumons. L’otarie C029, elle aussi marquée le 30 avril, a été observée pendant 5 jours et est accusée d’avoir consommé 7 saumons. Et l’otarie B386, qui elle, n’a pas été marquée, est accusée d’avoir consommé 39 saumons sur un total de 9 jours en 2013. Selon nous, ces allégations, qui pourraient bien coûter la vie à cette otarie, ne sont pas bien convaincantes. Nous n’y croyons pas, et demandons des preuves.

Nos Gardiens du Barrage sont sur le site de Bonneville depuis le 15 Mars 2013. Nous avons observé les otaries, le saumon, les pêcheurs, les employés chargés du marquage, et même les passants. Les quelques otaries se trouvant dans la zone d’observation près des turbines du barrage ne se promènent pas vraiment avec des pancartes pour annoncer leur présence. Leurs bas du dos (c’est à cet endroit qu’elles sont marquées) se situent quasiment toujours sous l’eau. Les Ingénieurs de l’Armée Américaine (The Army Corps of Engineers) chargés de repérer les otaries au barrage, qui sont la plupart du temps en train de faire la sieste avec leur Ipod vissé sur les oreilles, doivent probablement être dotés d’une sorte de vision sous-marine très spéciale, ce qui les autorise à proférer ces allégations ridicules et à décider de la vie ou de la mort de ces otaries, dont les ancêtres ont vécu sur le Fleuve Columbia depuis bien plus longtemps que les nôtres.

Nous crions à l’injustice quand les employés des Départements de la Pêche et de la Faune de l’Oregon et de Washington marquent les otaries de manière inhumaine, sous couvert de "recherche scientifique" dans le Port d’Astoria. En particulier, Matt Tennis de l'Oregon qui affirme "respecter" les otaries viales réseaux sociaux. Nous ne voyons pas ce qu’il y a de respectueux en enfonçant des fers rouges dans la chair d’animaux sauvages, en marchant sur leurs blessures fraîches en bottes de travail, en les frappant avec des bâtons et en les bousculant violemment. De plus, nous nous demandons si l’ODFW est vraiment d’accord pour payer ses employés à passer leur temps sur Facebook et, comme Dan Heiner à arpenter les docks d’Astoria en se curant le nez, pendant les heures de travail. Et si oui, nous nous demandons bien ce qu’en pense le contribuable. De la même manière, nous aimerions bien savoir ce que penserait le contribuable s’il savait qu’il paye les salaires des employés du Ministère de l’Agriculture, qui passent leur journée à faire le tour du barrage dans leurs pick-ups, s’arrêtant de temps en temps pour jeter des explosifs en direction des oiseaux, des otaries, et même, une fois, en direction d’un de nos Gardiens du Barrage. En effet, le 13 Mai, un de nos bénévoles a dû être soigné après qu’un employé chargé de surveiller les oiseaux ait jeté un explosif à 1m50 du véhicule du Gardien du Barrage. Cet employé en particulier a pour habitude d’utiliser son arme depuis l’intérieur de son véhicule, confortablement installé sur son siège conducteur. Lors de cet incident, son comportement irresponsable a été la cause d’un traumatisme auditif, d’une perte temporaire de l’audition et d’acouphènes chez un adulte. Chaque jour, entre les pêcheurs et les touristes, les visiteurs sont nombreux autour du barrage. Que ce serait-il passé si un enfant ou un chien s’était trouvé à proximité?

Malheureusement, les employés du gouvernement ne sont pas les seuls à harceler les otaries. Des membres des tribus locales, qui bénéficient de droits très avantageux sur le saumon du Fleuve Columbia, sont très largement impliqués dans les efforts faits pour débarrasser le fleuve des otaries. Les tribus, représentées par la CRITFC (Commission de Pêche Intertribale du Fleuve Columbia) ont à leur disposition un budget de plusieurs millions de dollars alloué pour 10 ans grâce aux Accords du Bassin de Pêche de Columbia, afin de pouvoir tranquillement harceler les otaries. Cet argent permet à leurs équipes de descendre et remonter le fleuve à longueur de journée sur un petit bateau, tirant à vue sur les otaries comme des bandits. Après avoir observé ce manège pendant des jours, nous ne pouvons que nous demander quel impact cet arsenal d’explosifs peut avoir sur le saumon et sur un écosystème déjà fragilisé. La CRIFTC se dit être les "Protecteurs du Saumon", mais si cela était vraiment le cas, ne devraient-ils pas reconnaître que parmi tout ce qui menace le saumon du Fleuve Columbia, les otaries constituent la menace la plus faible? En fait, quand on regarde ce barrage construit par l’homme, l’introduction de poissons non-indigènes, la pollution industrielle et la surpêche avec un grand "S", la SEULE relation naturelle qui existe sur le Fleuve Columbia, c’est celle entre le saumon et les otaries. Peut-être qu’ils ne sont les protecteurs du saumon uniquement qu’en fonction de la quantité qu’ils arrivent à attraper dans leurs kilomètres de filets.

Dans une vidéo datant de 2009 montrant le fonctionnement des pièges du barrage de Bonneville, Doug Hatch, un scientifique de la CRITFC déclare: "Les humains ne sont pas des prédateurs du saumon". Lorsqu’un journaliste lui demande pourquoi les natifs ne sont pas sensibles à la situation de plus en plus critique des otaries, Hatch a répondu "Je suis un scientifique, et je ne répondrai pas à cette question quel que soit le nombre de fois où vous me la poserez". Ne nous croyez pas sur parole, et allez donc par vous-même visionner cette vidéo. Elle en dit long sur l’intelligence et la mentalité de ceux qui sont derrière le programme de "prélèvement" des otaries par solution létale.

Nous avons pu discuter avec de nombreux pêcheurs locaux et des membres de la communauté. La plupart des gens que nous avons rencontré approuvent notre présence et sont consternés de savoir que l’argent de leurs impôts sert à financer ce programme. Le 25 Mai, Don Stevens, le Maire du district Nord de Bonneville a accueilli Sea Shepherd et nos confrères de la Brigade de Défense de Otaries lors d’une grande cérémonie ouverte à toutes les communautés pour célébrer les otaries natives du fleuve. De la même manière, la majorité des communautés de pêche non-indigènes apprécient la présence des otaries autant que nous. Ces pêcheurs reconnaissent que les otaries ont le droit de manger pour survivre. Un soldat qui se préparait à embarquer sur un navire pour l’Afghanistan a même déclaré: "Les otaries ont absolument le droit de pêcher, tout comme nous".

Ce sont les hommes qui ont engendré cette myriade de problèmes sur le Fleuve Columbia, et ce sont eux qui doivent les résoudre. Quand on y regarde de plus près, nous appartenons tous à la tribu de la planète Terre, et il serait temps d’agir en conséquence. Se servir des otaries comme boucs émissaires n’est pas une vraie solution. Les vraies solutions passent plutôt par un nettoyage du fleuve, des réparations sur les barrages, et la suppression des espèces de poissons non-indigènes et d’élevage. Une des solutions, facile à mettre en place et rapide à appliquer, serait que tous ceux qui pêchent sur les rives du Fleuve Columbia et près du barrage ramènent chez eux leurs ordures en partant. Il n’y a aucun container à ordure au sein du complexe du barrage. Chaque jour, nos Gardiens ramassent des centaines de mètres de lignes et de matériel de pêche, des emballages d’aliments vides, des cannettes, des mégots de cigarettes, des couches sales et tout un tas d’autres choses abandonnées là par des personnes qui ne semblent pas vraiment se soucier des conséquences nuisibles de leurs actes, à petite ou à grande échelle.

Alors que nous arrivons au terme de la partie "terrain" de la Campagne des Gardiens du Barrage 2013, nous voudrions remercier tous les bénévoles du Barrage de Bonneville et du Port d’Astoria, qui sont venus du monde entier pour surveiller et témoigner de la situation sur le Fleuve Columbia. En particulier, nous souhaitons remercier les personnes suivantes, venues nous aider depuis notre dernier rapport : Alex, Biaggo, Airick, Courtney, Kathleen, Ben, Marty, M, Sabreena, Jaymi, Jordan, Graham, Be, Eric, Dorian, Franziska, Sidney, Austin, Leslie, Clint, Graziella, Sebastien, Aaron, Scott, Elora, Nin et la fabuleuse Frances.

 

Les pièges au Barrage exactement comme nous aimons les voir: vides!Les pièges au Barrage exactement comme nous aimons les voir: vides! - Photo: Sea Shepherd

 

Les Gardiens du Barrage Ashley, Scott, Be, Ben, Courtney, Marty, Sandy, Alex & Biaggo au barrage de BonnevilleLes Gardiens du Barrage Ashley, Scott, Be, Ben, Courtney, Marty, Sandy, Alex & Biaggo au barrage de Bonneville
Photo: Sea Shepherd

 

Dam Guardians Frances, Leslie, Graham, Franziska and Dorian at the Port of AstoriaLes Gardiens du Barrage Frances, Leslie, Graham, Franziska et Dorian au Port d'Astoria - Photo: Sea Shepherd

 


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