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Dimanche, 30 Juin 2013 12:28

Une commission du Congrès examine un projet de loi visant l’abattage des otaries de Californie

Une otarie de Californie dans un piège près du barrage de BonnevilleUne otarie de Californie dans un piège près du barrage de Bonneville - Photo: Ashley Lenton / Sea Shepherd

Le jeudi 13 juin 2013, une sous- commission du Congrès a tenu une audience sur le dossier HR 1308, "Loi sur la prévention de la prédation des saumons en danger d'extinction et des nuisances pour la pêche", mais en regardant de plus près cette proposition d'amendement, le titre réel devrait être "Loi de 2013 pour l'extermination des otaries".

Le projet de loi, présenté pour la première fois le 21 mars 2013 par Doc Hastings (membre du congrès républicain de l’état de Washington), vise à autoriser l’abattage d’otaries dans le Fleuve Columbia. S’il est adopté, il rendra obsolètes les lois fédérales actuelles qui protègent les otaries de Californie, boucs émissaires, souvent désignées comme les principales responsables de la disparition des saumons dans le fleuve.

“Certaines années, jusqu’à un millier d’otaries se rassemblent près du Barrage de Bonneville. Elles consomment ainsi environ 20% des saumons adultes qui remontent le fleuve au printemps." Voilà ce qu’a déclaré Hastings en guise d’introduction devant la sous-commission. Toutefois, ces chiffres contredisent directement le rapport du 9 mai dernier  du Corps des Ingénieurs de l’armée des États-Unis: "Le nombre maximal d’otaries de Californie constaté en une journée cette année est de 21. Jusqu’à présent, nous avons identifié environ 60 individus. Parmi eux, seuls 13 semblent être revenus d’une année à l’autre."

Les Gardiens du Barrage de Sea Shepherd ont occupé le terrain au Barrage de Bonneville et au Port d’Astoria pendant 78 jours au printemps dernier.

"Contrairement à ce que les politiciens aimeraient faire croire au public, les otaries n’ont jamais décimé les saumons." a commenté Ashley Lenton, chef de campagne des Gardiens du barrage. Son équipe était sur place avant l’aube et ce, jusqu’à 16h00 au moins tous les jours du 15 mars au 31 mai 2013. En l’espace de ces quelques semaines, deux otaries ont été tuées pour le seul crime de s’être nourries de saumon; deux autres ont été emmenées en captivité; des dizaines ont été marquées (dans le Port d’Astoria et au Barrage de Bonneville); et seize ont été ajoutées à la "liste noire" des 100 otaries de Californie qui seront tuées par injection dès qu’on les surprendra à manger le moindre saumon près du barrage.

Otarie de Californie nageant dans le Fleuve ColumbiaOtarie de Californie nageant dans le Fleuve Columbia
Photo: Aaron Hall / Sea Shepherd

Si la proposition de loi HR 1308 venait à être adoptée, les campagnes d’abattage des otaries dans le bassin du Fleuve Columbia échapperaient à la juridiction de la NEPA, la loi nationale de référence sur la politique de l’environnement. Il ne serait plus nécessaire d’enregistrer un tel acte dans le registre fédéral. Ainsi, les citoyens ne pourraient plus se prononcer sur une proposition d’autorisation, ni examiner les résultats du programme. En 1994, lorsque le congrès a, pour la première fois, envisagé la possibilité de tuer les otaries pour protéger les poissons en voie de disparition, il s’était appuyé sur l’opinion publique ainsi que sur des rapports sérieux sur le sujet. En vertu de cette nouvelle loi, les états de l’Oregon, de Washington, de l’Idaho et de plusieurs organisations tribales seraient en mesure de demander à la secrétaire au Commerce des permis renouvelables chaque année pour abattre des otaries. La secrétaire aurait toute autorité pour délivrer ces autorisations.

Lors de son témoignage devant la commission, Guy Norman, membre du Département de la Vie Marine et Sauvage à Washington a déclaré: "La proposition de loi HR 1308 autorisera les états et les tribus à réguler la population d’otaries dans la partie basse du Fleuve Columbia et ses affluents de manière préventive, afin que le nombre de spécimen présentant un comportement nuisible n’augmente pas de façon problématique et que leur gestion ne devienne pas coûteuse." En d’autres termes, pour les états, l’HR 1308 est vue comme un moyen servant à accélérer le massacre insensé des otaries de Californie dont le seul crime est de manger du poisson pour survivre.

Le projet de loi HR 1308 est actuellement examiné par le Comité des Ressources Naturelles (House of Natural Resources Committee) présidé par Hastings. Sea Shepherd exhorte ses partisans à demander aux membres de ce comité de REJETER la proposition de loi. En effet, elle ne tient pas compte de plusieurs facteurs reconnus scientifiquement qui ont un impact bien plus important sur la population de saumons du Fleuve Columbia que les otaries:

— Les pêcheries (sportives, commerciales ou tribales) prélèvent jusqu’à 17% de la population migratoire annuelle de saumons dans le Fleuve Columbia. Dans son rapport le plus récent, le Corps des Ingénieurs de l’armée des États-Unis montre que les otaries de Californie n’ont consommé que 0,6% de ces mêmes poissons. Si le gouvernement affirme que le taux de prédation humaine de 17% est "infime, à peine mesurable", pourquoi tuer des otaries qui, elles, consomment moins d’1% de la population migratoire?

— Le gouvernement a également reconnu qu’entre 7 à 16% des poissons adultes sont tués par les barrages qu’ils doivent franchir mais que ces décès ne mettent pas l’espèce en danger. Conclusion: les otaries tuent moins de poissons que les pêcheurs ou les barrages.

— En 2009, un comité scientifique d’experts indépendant avait signalé au Congrès ses préoccupations quant à l'impact des poissons sauvages face à la concurrence des poissons d’élevage. Le panel avait recommandé la réforme de la gestion des alevinières, mais le gouvernement fédéral a admis dans un rapport de 2012 qu'aucun changement n'avait été apporté.

— Le Fleuve Columbia a été intentionnellement peuplé de black bass ou achigan, de dorés et d’autres poissons non indigènes au profit des pêcheurs sportifs Les états limitent également la pêche de façon à ce que ces espèces restent présentes en quantité. Chaque année, ces poissons mangent deux millions de jeunes saumons et leur volent leur habitat. Pourtant, peu de mesures ont été prises pour enrayer ce phénomène.

— Enfin, l’eau du Fleuve Columbia est toxique. Un rapport datant de 2012 publié par l’association environnementale Columbia Riverkeepers a relevé des niveaux d’arsenic, de mercure et de PCB au-dessus de ce que recommande l’Agence de Protection de l’Environnement pour une consommation de poisson sans danger pour la santé. La première mesure visant à protéger le saumon et les gens devrait être le nettoyage du fleuve.

Ensemble, assurons-nous que ce projet de loi soit enterré par le comité! Tuons cette proposition de loi et NON les otaries!

Contactez  les membres du comité des Ressources Naturelles.

Les Dam Guardians de Sea Shepherd ont occupé le terrain au Barrage de Bonneville et au Port d’Astoria pendant 78 jours au printemps dernierLes Dam Guardians de Sea Shepherd ont occupé le terrain au Barrage de Bonneville et au Port d’Astoria pendant 78 jours au printemps dernier
Photo: Sea Shepherd

 

 


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