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Dimanche, 07 Juillet 2013 12:53

Rapport de La Haye — deuxième semaine, premier round pour les délégués japonais, premier jour

Par le capitaine Alex Cornelissen, Directeur Général, Sea Shepherd Global.

Comme il fallait s’y attendre, aujourd'hui les délégués japonais ont contesté la légitimité de la Cour Internationale de Justice en ce qui concerne l'affaire judiciaire sur la chasse commerciale à la baleine dans l'Antarctique.

C’est pourtant, Koji Tsuruoka, le vice-ministre japonais des Affaires étrangères, qui a commencé les audiences. Comme c’est généralement le cas avec les représentants du gouvernement japonais, son introduction était remplie d’accusations "d’insensibilité culturelle" et de déclarations absurdes au sujet du Japon, "citoyen" exemplaire dans cette affaire. Ce qui nous a le plus frappé, c’est que le Japon prétende qu’il a le plus grand respect pour la vie dans les océans ("vivre en harmonie avec ses ressources naturelles") ainsi que pour les traités et règlements internationaux.

S’il y a une chose que le gouvernement japonais ne respecte pas, c’est sans nul doute la faune marine: le thon rouge, les baleines, les dauphins et les requins pour n’en citer que quelques-uns. En fait, le Japon semble faire tout ce qu’il peut en ce moment pour éliminer toute forme de vie dans les océans. En ce qui concerne les règlements et traités, la raison pour laquelle nous sommes à la Haye est justement leur manque de respect des réglementations ainsi que l’arrogance et le mépris dont ils font preuve.

L’autre bon exemple est la proposition de plusieurs espèces de requins pour l’annexe 2 de la CITES. Adoptée par la CITES et contestée par le Japon. Si les règles et règlementations internationales étaient respectées, alors pourquoi le Japon défraie-t-il si souvent la chronique lorsqu’il est question de ces thèmes controversés? La réponse est simple: lorsqu’il s’agit de questions environnementales, le gouvernement japonais se place au-dessus de la communauté internationale et de son opinion. Dans une société démocratique, on s’attend normalement à ce que la majorité l’emporte. Le gouvernement japonais n’est pas de cet avis, il semble croire qu’il peut s’élever au-dessus de la communauté internationale et appliquer ses propres règles et règlementations.

Quelques exemples tirés de la journée d’aujourd’hui:

La défense japonaise s’est centrée sur le nombre de baleines tuées dans le cadre de son programme de recherche Jarpa II (hors de propos dans cette affaire judiciaire, mais un des moyens utilisés pour détourner l’attention). Ils ont prétendu que le quota de 935 baleines pouvait être maintenu si on se basait sur les chiffres actuels du recensement du nombre de petits rorquals en Antarctique. Tout d’abord, il n’existe pas de données fiables sur le nombre de baleines de Minke en Antarctique, leur hypothèse de base est donc fausse. Par ailleurs, si d’autres pays devaient tuer un nombre similaire de petits rorquals, nous nous retrouverions dans la même situation que celle qui existait avant le moratoire sur la chasse commerciale à la baleine. La mission du Japon est et a toujours été de reprendre la chasse commerciale. Le simple fait que l’opinion internationale sur la chasse à la baleine ait changé et que la mission de la CBI semble être passée de la régulation de la chasse à la baleine à la protection des baleines est de toute évidence inacceptable aux yeux du gouvernement japonais.

Les allégations selon lesquelles les nations anti-chasse à la baleine auraient acheté des votes à la CBI: Je me souviens très bien d’une enquête récente de la BBC montrant clairement que c’était en fait le Japon qui achetait des votes au sein de la CBI. Une délégation des Caraïbes s’était même présentée avec un sac en papier brun rempli de Yens leur appartenant. N’essaie-t-on pas ici de réécrire l’Histoire?

Durant la majeure partie de la journée, les Japonais ont joué des pieds et des mains pour tenter de détourner l’attention du tribunal de l’affaire qui nous occupe. Ils sont même allés jusqu’à essayer de transformer ce procès en un plaidoyer pour mettre fin aux actions de Sea Shepherd. Une stratégie à laquelle ils ont eu recours maintes et maintes fois à la CBI, au point que la plupart des membres de la CBI en ont eu ras le bol. La situation a basculé dans la bizarrerie lorsque l’avocat japonais a commencé à qualifier Sea Shepherd d’organisation violente, prétendant, en fait, que nos actions étaient illégales. Si c’était le cas, alors pourquoi notre présence est-elle autorisée à la Cour internationale de Justice? Nous autoriserait-on à arborer fièrement le drapeau néerlandais? Nous laisserait-on continuer à faire ce que nous faisons année après année, c’est-à-dire empêcher les braconniers de pratiquer la chasse illégale de baleines à l’intérieur même d’un sanctuaire baleinier reconnu comme tel? En outre, nous avons entendu des allégations complètement fausses dont le seul but était de jeter le discrédit sur notre organisation. Nous avons même vu des photos du Bob Barker poussé vers le Sun Laurel par le Nisshin Maru... le hic c’est qu’on ne voyait pas le Nisshin Maru, et l’avocat a prétendu que le Bob Barker avait éperonné le Sun Laurel. Les documents vidéo ont prouvé le contraire.

Je suppose que l’explication de cette habile dérobade d’aujourd’hui, totalement hors de propos, est la suivante (même si nous apprécions le crédit de nos actions): Les délégués japonais se sentent insultés par le fait que Sea Shepherd soit autorisée à assister aux accusations portées contre eux devant la plus Haute Cour de Justice. Des accusations que Sea Shepherd maintient depuis plus d’une décennie. Les délégués japonais sont pétrifiés et choqués à l’idée qu’il y ait non seulement une chance que la plus haute instance judiciaire donne raison à Sea Shepherd, mais aussi que cette dernière soit le témoin privilégié de la défaite du Japon.

Il est évident que si on se base sur les arguments utilisés, le Japon ne peut gagner ce procès. Leur stratégie semble être de tenter de détourner l’attention du cas réel qui nous préoccupe et de bombarder la Cour d’informations hors sujet dans le but principal de jeter le discrédit sur l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Ce que l’avocat japonais semble oublier, c’est que cette affaire touche l’ensemble de la communauté internationale, laquelle en a assez de leur mépris flagrant des réglementations et traités internationaux. Étant donné que la Cour Internationale de Justice se prononce en faveur de l’intérêt commun, j’espère de tout cœur que les honorables juges se rendront compte que la chasse baleiniere japonaise est illégale et qu’elle doit être arrêtée. C’est ce que désire le monde entier et il est plus que temps que le Japon s’en rende compte.

 


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