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Samedi, 13 Juillet 2013 08:47

Troisième semaine à La Haye

Deuxième tour des plaidoiries: l’Australie et l’intervention de la Nouvelle Zélande

Par Alex Cornelissen, Directeur Général, Sea Shepherd Global

Le Directeur Général International de Sea Shepherd, Alex Cornelissen, devant la Cour Internationale de Justice - Photo: Sea ShepherdLe Directeur Général International de Sea Shepherd, Alex Cornelissen, devant la Cour Internationale de Justice - Photo: Sea ShepherdLes journées sont de plus en plus courtes à la Cour Internationale de Justice de La Haye. Le temps laissé aux parties pour le second tour des plaidoiries du procès de l’Australie contre le Japon a été divisé par deux par rapport au premier tour.

Lundi, la Nouvelle Zélande n’a eu que 90 minutes pour intervenir. Le sujet principal de son intervention était le contexte dans lequel l’Article 8 de la Convention de 1846 a été rédigé, la teneur de l’Article 8 lui-même, et comment il devrait être interprété. Il est évident que le Japon est bien seul dans son interprétation erronée de cet article, comme pour d’autres éléments qui ont été débattus au premier tour. Cela ne surprendra personne, car c’est bien le Japon qui persiste à se détourner de la communauté internationale en essayant de continuer à jouer la comédie de la chasse baleinière menée « au nom de la science ». Pour couronner le tout, le Japon prétend que la majorité des autres pays, l’Australie en tête, se montrent coupables d’impérialisme et incapables de comprendre les règlementations internationales.

Au cours de cette deuxième journée de la semaine, qui fut aussi le premier jour du second tour de l’Australie, le procureur général Mark Dreyfus a ouvert l’audience en exprimant sa consternation devant les fausses accusations portées par l’avocat japonais au cours de sa première intervention. Il a également contesté vigoureusement toutes les insultes lancées par l’avocat japonais. A nouveau, on a mentionné Sea Shepherd. L’Australie a fait valoir que les mentions répétées de notre organisation ne sont qu’une tentative de détourner l’attention de la cour, et que cela n’a rien à faire dans ce procès. Sea Shepherd est certaine que les honorables juges de la CIJ n’éprouvent aucun intérêt pour les piètres tentatives du Japon pour susciter un nouveau motif de sympathie envers leurs plaintes. Il est déjà grandement suffisant que les participants des réunions annuelles de la CBI soient obligés d’écouter leurs récriminations.

Au cours de cette journée de 90 minutes, on a aussi brièvement débattu des raisons pour lesquelles la cour est bien compétente, et pourquoi la chasse à la baleine des Japonais n’est rien d’autre qu’une chasse commerciale.

L’Australie a mis en avant le fait que, au cours du premier tour, le Japon n’a en réalité présenté aucun argument pour défendre sa soi-disant recherche. A la place, ils ont juste avancé une accumulation d’arguments qui, bien souvent, n’avaient rien à voir avec le procès en cours, et qui étaient utilisés pour détourner en permanence l’attention du vrai sujet. Evidemment il ne fallait pas s’attendre à autre chose, car le Japon n’a pas de vraie défense. Ils mènent une chasse commerciale à la baleine, très mal déguisée en recherche scientifique, depuis des années. En fait, ce masque est si transparent qu’on se demande pourquoi ils s’en donnent la peine.

Pendant le dernier jour dont elle disposait pour exposer ses arguments, l’Australie a présenté des analyses précises des différents rapports que le Japon avait remis la semaine précédente, ne laissant intact aucun de leurs arguments.

La déposition du seul témoin cité par le Japon, le professeur Walloe, est devenue un sérieux problème pour le Japon. Il a déclaré qu’il n’avait jamais aimé la prise des baleines à bosse et des rorquals, parce que c’était fondé sur de la mauvaise science. Il a donc offert de lui-même une victoire partielle à l’Australie, car il est très improbable que quelqu’un puisse considérer désormais que la prise de ces deux espèces de baleines dans le cadre du programme JARPA II puisse être scientifique. Cela pourrait même avoir des conséquences importantes pour tout le procès, car le Japon prétend que tuer les baleines dans le cadre de JARPA II fait partie d’un programme scientifique bien plus vaste, et que tous les éléments de ce programme sont nécessaires à sa réussite. Evidemment c’est un non-sens, car JARPA II (de même que JARPA) n’est rien d’autre qu’une façade pour la chasse baleinière commerciale. Mais les propres mensonges du Japon leur créent désormais un problème. Maintenant que leur propre scientifique a déclaré qu’une grande partie du programme (rorquals et baleines à bosse) n’a aucun fondement scientifique, comment le reste du programme (baleines de Minke) peut-il avoir une valeur quelconque sans les données manquantes ? Tout autre programme de recherche devrait être suspendu devant une telle carence d’informations. Le plus ironique est que l’homme qui était supposé convaincre la cour des intentions scientifiques du Japon pourrait devenir l’homme qui a apporté les preuves les plus importantes pour finalement mettre fin à la chasse baleinière japonaise dans l’Océan Austral.

Dans sa dernière déclaration au nom de l’Australie, le procureur général Mark Dreyfus a exprimé son espoir de voir ce procès se terminer en faveur de l’Australie, car cela résoudrait un problème qui est depuis des années source de débats et de frustration. Sea Shepherd est évidemment d’accord. Nous espérons que nous n’aurons pas à retourner dans l’Océan Austral, et nous serions heureux de voir la fin de nos campagnes antarctiques. Il y a bien d’autres actions illégales de pêche qui sont perpétrées dans le monde, auxquelles nous voudrions consacrer notre temps et nos ressources, et le budget annuel de l’Antarctique nous mènerait loin.

La semaine prochaine commencera le second tour des plaidoiries du Japon. J’ai hâte de voir quels arguments ils pourront apporter pour leur défense, mais d’ores et déjà je peux prédire que Sea Shepherd sera mentionnée à plusieurs reprises. Je considère qu’avoir été mentionnés si souvent pendant ce procès est une attestation de notre efficacité à empêcher le Japon de braconner les baleines.

 


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