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Samedi, 26 Octobre 2013 13:40

Réponse de Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France au billet de Claude-Marie Vadrot

25 Octobre 2013 – Depuis Calvi, Corse

Réponse de Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France au billet de Claude-Marie Vadrot intitulé “Festival du vent: un film navrant et sans reflexion sur le pirate Paul Watson”

Logo du Festival du VentContexte : Suite à la projection du Film de Peter Brown, “Confessions d’un éco-terroriste” un débat s’est tenu au cours duquel Claude-Marie Vadrot est intervenu de manière assez virulente pour dénoncer “la manipulation et le caractère creux du film. Il nous a notamment reproché “en tant que journaliste écologiste soucieux de vérité” de ne pas préciser le fait que si on ne tue pas les phoques, il n’ y aura plus de poisson, se faisant ainsi le relais de la propagande canadienne servant à justifier ce qui était encore il y a peu le plus grand massacre de mammifères marins au monde. J’ai répondu à toutes ses interjections et l’enregistrement audio est en lien à la fin de l’article. Article dont il avait sans doute décidé de l’orientation avant même de venir assiter au débat. Article qui pour le coup, ne fait état d’aucune réelle réflexion et n’est que le reflet d’un parti pris viscéral contre Paul Watson. Politis ayant refusé de publier notre droit de réponse, nous le diffusons nous-même.

Débat de très bonne tenue sur "les océans, notre terre" animé par Jean-Louis Caffier avec Isabelle Autissier et quelques autres, discussion qui a permis de rappeler à quel point la mer était menacée, dans l’indifférence quasi-générale, par les terriens et le réchauffement climatique.

LE : Peut-être que Claude-Marie Vadrot, en tant que “journaliste soucieux de toujours retranscrire la vérité” aurait pu préciser que je faisais partie de ces “quelques autres” (avec Etienne Bourgeois et Bruno Dumontet) qui ont animé ce débat “de très bonne tenue”. Débat au cours duquel je me suis longuement exprimée à la fois sur Sea Shepherd et sur Paul Watson.

De quoi faire oublier le navrant film (1) de Peter Jay Brown consacré au canadien Paul Watson, le fondateur en 1977 de l’association Sea Shepherd (en français berger des mers…). Ce film de commande qui dure 90 longues, très longues minutes est une véritable ode à celui qui se présente comme le "pirate des temps modernes" (sic).

LE : Ce documentaire n’est absolument pas un film de commande. Sea Shepherd n’en n’est ni commanditaire ni producteur et n’a eu aucun droit de regard sur la réalisation en quel cas, nous aurions commencé par en raccourcir un peu la durée car je concède qu’il est un peu trop long.

Non seulement le spectateur voit sa tête et doit boire ses paroles en moyenne toutes les 30 secondes, mais en plus le film fait disparaitre la moindre réflexion (si elle existe...) au profit de l’action, des bateaux qui se poursuivent et s’entrechoquent.

LE: CMV n’a apparement pas compris le propos du film à savoir, tourner en dérision et sur le ton de l’humour les accusations d’éco-terrorisme dont Sea Shepherd peut parfois faire l’objet. Ce documentaire n’a pas d’autre prétention que celle-là. Pour connaitre la réflexion sous-jacente aux actions menées par Sea Shepherd, il suffit de lire les très nombreuses publications, articles, livres publiés par l’association et qui en présentent dans le detail son historique et sa philosophie.

Avec en prime un mépris souverain affiché pour les Indiens, les Péruviens ou les habitants des Iles Féroé qui ne pensent pas comme le "capitaine courageux".

LE: Le principal rapport que Paul Watson ait eu aux Indiens d’Amérique est son engagement à leurs côtés dans les années 70 dans le cadre de la marche de Wounded Knees. Quand aux Makah qui veulent chasser des baleines dans le documentaire, leur objectif était de reprendre une chasse commerciale sous des pretextes de traditions. Les “anciens” de la tribu étaient d’ailleurs opposés à la démarche et ont soutenu Sea Shepherd. A aucun moment dans le film il n’est fait mention de Péruviens à moins que CMV ne les confonde avec des braconniers colombiens qui travaillaient pour le compte du chef corrompu de la marine autour des Îles Cocos… Quant aux habitants des Îles Féroé qui se livrent par tradition au plus grand massacre de mammifères marins en Europe sur des population entières de baleines pilotes, en violation des lois européennes et alors même qu’ils jouissent du plus haut niveau de vie en Europe, effectivement, leurs actions suscitent davantage de mépris que de respect.

Un film supposé choc mais truffé de vieilles images la plupart du temps non datées.

LE: Il s’agit d’un film qui retrace 35 ans d’actions (datées contrairement à ce que dit CMV). Nul besoin de puiser dans les archives de Sea Shepehrd pour trouver “des images choc”: les images les plus spectaculaires de l’histoire de l’organisation ont été tournées pas plus tard que cette année lors de notre dernière mission contre la chasse baleinière en Antarctique. N’importe qui peut retrouver ça assez facilement en quelques minutes de recherche sur Internet.

Avec l’inévitable et ancienne séquence des bébés phoques assommés sur la neige: rouge sur blanc, c’est bon pour le 20 heures, coco! En oubliant de raconter que c’est pour avoir amené Brigitte Bardot sur la banquise que Watson s’est fait virer de Greenpeace. Et en oubliant aussi de rappeler combien la suite de l’histoire a été préjudiciable à la vie des Inuits!

LE: Paul Watson a été exclu du comité de Direction de Greenpeace, non pas pour avoir améné Brigitte Bardot sur la banquise (ce qui a permis de médiatiser mondialement ce massacre et d’instaurer un moratoire de dix ans) mais pour avoir jeté à l’eau le gourdin d’un chasseur qui s’apprêtait à défoncer le crâne d’un bébé phoque. Son geste fut considéré par Greenpeace comme une violation de leur “pacte de non violence” et devant le refus de Paul Watson de s’excuser, ce dernier fut exclu de la Direction. Suite à quoi il a fait le choix de quitter Greenpeace pour fonder Sea Shepherd.

Les Inuits n’ont par ailleurs rien à voir avec ce massacre puisqu’il s’agit là de chasseurs blancs, anciens pêcheurs de morues, tous subventionnés par le gouvernement canadien.

Ce film qui tend à faire croire qu’il n’y aurait que des méchants face au bon monsieur Watson évite soigneusement toute analyse, toute réflexion ou allusion politique ou économique.

LE : Sea Shepherd s’en prend exclusivement à des braconniers qui pillent les océans et massacrent illégalement la vie marine. Dans le film on voit bien l’organisation croiser le fer avec d’énormes chalutiers, et avec des baleiniers bien plus gros que ses propres bateaux ou encore avec des braconniers travaillant pour le compte d’un chef de la marine corrompu. Il ne s’en prend pas aux petits. Et pour l’analyse politique et économique, encore une fois, inutile de la chercher dans un film qui prend le parti de la dérision et qui s’assume pleinement comme tel. Pour ça, je me permets de lui recomander la lecture du livre que j’ai écrit avec Paul Watson ”Entretien avec un Pirate”, aux Editions Glénat. Y sont abordés la vision de Paul Watson sur les domaines écologiques, économiques, philosophiques, médiatiques, sociétaux, associatifs et j’en passe…

Il joue sur la seule sensibilité (sensiblerie ?) des spectateurs en les entrainant dans le culte de la personnalité du héros entouré d’accortes collaboratrices et d’adorateurs béats. Film qui m’a fait penser aux pires errements des films de propagande soviétique.

LE : Les images détournées d’un tableau de Michel Angelo se moquant de Paul Watson nécessitent plutôt de sa part une bonne dose de recul sur lui-même. Pas sûr que Staline aurait pu faire preuve d’autodérision suffisante pour accepter d’être ainsi dépeint. Pour servir son propos, CMV occulte volontairement toute cette notion de second degré pourtant évidente tout au long du film. Le mensonge et la manipulation des faits sont dans les propos de CMV qui transpose sur le film ses propres travers.

Situation aggravées par la défense maladroite et souvent mensongère à la tribune, de Lamya Essenlali, groupie du capitaine et présidente de Sea Shepherd France.

LE : Quelques exemples pour étayer ces accusations auraient été le bienvenue mais puisque CMV n’a pas jugé utile d’en donner, l’enregistrement de ses interventions et de mes réponses permettra à chacun de juger lequel de nous deux fait preuve de malhonnêteté. (voir lien à la fin ). Il y a par ailleurs une difference de taille entre le fait d’éprouver de l’estime, du respect et de l’amitié pour quelqu’un et “être une groupie”. Je sais reconnaitre quelqu’un d’authentique et de courageux. C’est rare et Paul Watson est de ceux-là, n’en déplaise à CMV.

Laquelle a cherché à transformer en mystère la "disparition" de Watson dont elle laisse entendre que pour échapper à un (injuste, c’est le seul point indiscutable) mandat d’arrêt international émis par le Costa Rica, il serait condamné à errer sans fin sur la mer. Alors que la vérité est plus prosaïque: il y a quelques mois il a été exfiltré en bateau d’Allemagne, par le navigateur solitaire des années 70 Jean-Yves Terlain, vers le Canada dont il ne peut pas être extradé.

LE: CMV, qui semble si pointilleux sur les dates, devrait sans doute revoir les siennes. Paul Watson n’ a pas quitté l’Allemagne il y a quelques mois mais il y a un an et demi, en juillet 2012. Il ne s’est pas rendu au Canada puisqu’il a participé à la campagne Antarctique de Sea Shepherd à bord de son navire amiral à l’hiver 2012 et a rencontré la journaliste Nathalie Bensaid du Nouvel Observateur dans le pacifique sud, rencontre qui a donné lieu à un article paru dans le Nouvel Obs en décembre 2012. Paul Watson a quitté le Canada il y a des decennies et il n’y est plus en odeur de sainteté depuis qu’il s’est opposé au massacre des phoques. Seul quelqu’un qui connait très mal Paul Watson et l’histoire tumultueuse qu’il entretient avec son pays d’origine peut présumer qu’il pourrait y chercher asile.

Il ne manquait à cette séquence que la présence de Jean–Louis Etienne probablement occupé dans une autre salle à faire croire qu’il est scientifique et écologiste. Ce dont je doute fort pour l’avoir vu à l’œuvre il y a quelques années sur l’ilot français de Clipperton au large du Mexique…

LE: Je ne suis pas familière du travail de Jean-Louis Etienne sur Clipperton mais je ne peux que remarquer encore une fois la gratuité d’une attaque non argumentée à laquelle ne s’abaisserait pas quiconque est soucieux de retranscrire honnêtement la vérité. Il y aurait tant à dire sur cet épisode mais je m’arrêterai là et je conclurai simplement sur le fait qu’il est vraiment regrettable que quelqu’un comme Claude-Marie Verdot se serve de son statut de “journaliste environementaliste” pour donner du crédit à ses idées préconçues, quitte à arranger la vérité pour mieux servir son propos. Il est précisément de ceux qui tuent et le journalisme et l’écologie. Navrant.

  1. Confession d’un éco-terroriste

Le Festival du Vent de Calvi, "Confession d'un éco-terroriste" : http://www.sounds-map.com/fr/festival-vent/confession-dun-eco-terroriste

Article original sur le blog de Claude-Marie Vadrot : http://www.politis.fr/Feestival-du-Vent-un-film-navrant,24247.html

 


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