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Vendredi, 03 Janvier 2014 01:21

Réponse à la lettre ouverte de Sea World et invitation à une résolution utile pour la nouvelle année

Le documentaire “Blackfish” a porté un coup sérieux à SeaWorld, qui tente d’affronter le flot d’attaques médiatiques et de critiques du public. Alors que les intervenants (huit en tout) annulent un à un leur date de représentation pour la future série de concerts de SeaWorld "Bands, Bews & BBQ", suite à la polémique soulevée par le film, l’entreprise a répliqué par une sorte de lettre ouverte des "défenseurs des animaux" de SeaWorld. Les représentants de cette dernière ont refusé de divulguer la somme engagée pour la diffusion de cette réponse, mais il semble évident que SeaWorld a dépensé des milliers de dollars pour la publication de la lettre dans huit grands journaux des Etats-Unis.

Si vous avez lu la lettre, vous avez sûrement eu du mal à démêler le vrai du faux tant elle transpire la propagande de SeaWorld sur l’industrie des mammifères marins. Sea Shepherd tient à développer quelques contre arguments qui, espérons-le, éviteront toute confusion.

“SeaWorld ne capture pas d’orques dans la nature. Grâce aux avancées spectaculaires de notre recherche sur la reproduction des mammifères marins, nous n’avons plus capturé une seule orque dans la nature depuis 35 ans."

Bien que SeaWorld admette détenir deux orques sauvages, ils omettent totalement la violence et le traumatisme que ces animaux ont enduré pour leur capture. "Blackfish", montre la vidéo d’une capture manifestement brutale dans la baie de Penn, au cours de laquelle une famille d’orques a été déchirée et certains membres sont morts. Les responsables de ce désastre ont même coulé les corps pour tenter de dissimuler leur mort.

Tilikum a été capturé à seulement 2 ans au large des côtes de l’Islande, en 1983. Il fut envoyé au SeaLand du Pacifique avant son transfert, dans l’angoisse, vers sa prison actuelle de SeaWorld Orlando.

Orque à Sea World, OrlandoOrque à Sea World, OrlandoDe nombreuses orques de SeaWorld sont en effet nées en captivité, car issues de Tilikum, utilisé par l’entreprise comme machine à reproduction. Les mammifères marins de SeaWorld sont souvent consanguins, descendants de deux membres d’une même famille, et par conséquent sujets à diverses anomalies génétiques. Voici les vraies "avancées spectaculaires" dont se targue SeaWorld concernant la reproduction de mammifères marins.

La lettre passe également sous silence la difficulté que rencontre SeaWorld pour mettre la main sur les 18 belugas sauvages et les envoyer dans l’aquarium de Géorgie. Certains seraient répartis entre SeaWorld Orlando, San Antonio et San Diego ainsi que d’autres lieux de captivité. Pourquoi SeaWorld favorise la capture de belugas sauvages en bonne santé et prétend publiquement que ses orques ne viennent pas de l’océan?

“Nous ne séparons pas les mamans orques de leurs petits. SeaWorld reconnaît le lien étroit qui unit une mère à son petit. Dans les rares cas où la mère ne peut s’occuper de son petit, nous avons réussi à élever ce dernier à la main et à le réintroduire. Les baleines ne sont déplacées que pour préserver une structure sociale saine."

Comme on peut le voir dans “Blackfish”, SeaWorld a bel et bien retiré des petits à leur mère pour les transporter vers d’autres parcs. Comme n’importe quelle mère faisant le deuil de son enfant, les orques ont gémi en de longues vocalises à la recherche de leur progéniture, volée par SeaWorld.

Même si ces prises de vue datent, il est possible que SeaWorld continue encore ces pratiques. Ils continuent d’élever des mammifères marins, y compris des orques. Certains sont transférés de parcs en parcs pour de la reproduction ou des représentations. Dans la nature, les orques vivent en grands groupes et, chez certaines populations, les petits restent aux côtés de leur mère toute leur vie.

Dans tous les cas, le seul moyen de “préserver une structure sociale saine” chez des animaux qui vivent en organisations matriarcales, c’est de ne jamais séparer la mère de son petit.

“Nous nourrissons nos animaux avec du poisson digne d’un restaurant, nous leur offrons de l’exercice, des soins vétérinaires, de la stimulation mentale et la compagnie d’autres membres de leur espèce.”

Le “poisson digne d’un restaurant” servi aux orques est en fait du poisson décongelé, donc mort, contraire à leur comportement naturel de chasseur. Ces poissons sont remplis d’antibiotiques et de vitamines pour combattre les effets de la captivité sur ces baleines souvent stressées et malades.

Les orques sauvages s’hydratent par le poisson qu’elles consomment, mais le poisson servi à SeaWorld a perdu la majorité de l’eau qu’il contenait. Donc l’entreprise donne chaque jour de grandes quantités de gélatine aux orques pour les hydrater.

Bien que quelques orques soient en contact avec des congénères, ces groupes artificiels ne constituent pas les familles qui existent dans la nature. Tilikum reste souvent seul et passe le plus clair de son temps à flotter mollement sur l’eau de son bassin. Il est utilisé comme "étalon" pour fournir en permanence à SeaWorld des orques consanguines (de façon perverse, les employés des parcs masturbent les mâles afin de recueillir leur semence et inséminer les femelles) et, de temps en temps, il est contraint d’exécuter le "grand splash" à la fin des spectacles. La consanguinité provoque des problèmes de santé chez la descendance et de nombreux bébés sont mort-nés.

“L’espérance de vie des orques à SeaWorld est la même que dans la nature."

C’est un mensonge que SeaWorld a servi maintes fois au public pendant des années. Ils disent que "personne ne connait avec certitude la durée de vie des orques", une affirmation réfutée par les biologistes marins et les spécialistes des orques qui ont passé leur carrière à étudier la vie et le comportement de ces animaux dans leur milieu naturel.

Quand SeaWorld annonce que la durée de vie des orques sauvages et en captivité est comparable, les vrais chiffres disent le contraire. Dans la nature, l’espérance de vie moyenne est de 30 ans pour les mâles, 50 ans pour les femelles. Selon des estimations, les mâles peuvent atteindre 60-70 ans et les femelles 80-90 ans. SeaWorld fait remarquer que "cinq de [leurs] animaux ont plus de 30 ans et une de [leurs] orques approche les 50 ans", ce qui est extrêmement rare en captivité, y compris à SeaWorld. Beaucoup meurent plus tôt, parfois mêmes avant d’atteindre leur maturité.

“Le soin que nous apportons à nos orques bénéficie aux spécimens sauvages. Nous collaborons avec des universités, des agences gouvernementales et des ONG pour améliorer la connaissance et la compréhension des orques — de leur fonctionnement biologique à leurs capacités auditives."

La soi-disant recherche scientifique de SeaWorld sur les orques captives est pour le moins exagérée. Ces animaux ne sont plus que des enveloppes vides, incapables même de retrouver leurs comportements naturels les plus basiques ou de suivre leurs codes sociaux d’origine. L’aileron dorsal plié que l’on peut voir sur les orques est, selon SeaWorld, très répandu dans la nature mais en réalité rarement observé chez des orques sauvages. Il est symptôme de stress, maladie, de blessures et d’autres affections.

“SeaWorld est un leader mondial dans le sauvetage d’animaux. Les millions de visiteurs de nos parcs chaque année permettent à SeaWorld d’accomplir un travail mondialement reconnu de sauvetage, de réhabilitation et de remise en liberté… Nous avons secouru plus de 23 000 animaux dans l’objectif de les soigner et de les réintégrer dans leur milieu naturel."

Il est vrai que SeaWorld sauve, soigne et relâche des animaux marins mais, ainsi présentée, leur phrase est scandaleusement ambiguë. Les animaux relâchés par SeaWorld sont le plus souvent des lamantins, des tortues de mer et d’autres animaux qui ne peuvent servir "d’artistes" dans les spectacles. Les dauphins, les orques ou encore les lions de mer, sauvés par SeaWorld, et que l’on peut contraindre à se donner en spectacle contre de la nourriture, sont gardés et utilisés comme bêtes de scène.

Nous n’avons pas encore eu vent de découvertes concluantes qui confirmeraient le succès du programme de sauvetage de SeaWorld. Ils ne suivent pas et ne communiquent pas non plus sur le taux de survie des animaux qu’ils ont relâchés.

De plus, selon son rapport annuel 2011-2012, SeaWorld a alloué seulement 9 millions de dollars à la sauvegarde de la vie sauvage au cours de la dernière décennie. En d’autres termes, pour 100 dollars de revenus, ils ne reversent qu’environ 1 cent pour les animaux sauvages, dont ils exploitent certains parents. Cela représente 0.0001% de leurs revenus. Je pense qu’il s’agit là du point le plus révélateur: SeaWorld n’est qu’une entreprise qui cherche à gagner de l’argent.

Le résultat, c’est que SeaWorld fait partie de l’énorme machine qu’est l’industrie des mammifères marins. Une industrie prête aux pires mensonges pour que tout le monde continue d’y dépenser son argent. Cette industrie est responsable non seulement de la mort des animaux dans ses bassins, mais aussi celle des animaux sauvages massacrés à Taiji, au Japon, où les dresseurs travaillent main dans la main avec les chasseurs de dauphins pour sélectionner ceux qui sont éligibles à la captivité: les plus "mignons". SeaWorld ne veut pas que l’on sache ce que "Blackfish" a si bien montré et ce que nos Gardiens de la Baie continuent de montrer à Taiji chaque jour: "la captivité tue".

Tandis que ce message s’ancre dans les esprits, une nouvelle génération arrive et montre la voie pour la liberté des animaux marins. Des enfants ont commencé à protester et ont décidé de ne plus mettre les pieds à SeaWorld, ni aucun autre parc marin qui emprisonne des orques, des dauphins ou tout autre cétacé. Des étudiants ont même annulé leurs sorties régulières à SeaWorld.

Les enfants ont la voix qui porte parce qu’ils représentent le changement. C’est peut-être le coup le plus sévère pour SeaWorld puisque ces futurs adultes marquent le début de la fin du soutien à cette industrie et la volonté de protéger les mammifères marins dans leur milieu: l’océan.

Sea Shepherd en appelle aux jeunes soutiens enthousiastes et dévoués. Vous jouez un rôle central dans la diffusion du message de Sea Shepherd, notamment pour révéler ce qui se cache derrière SeaWorld et les autres parcs aquatiques. Nous aimerions que tous les Sea Shepherds (les bergers de la mer), qu’ils soient jeunes par l’âge ou simplement dans leur cœur, nous envoient une image traduisant leur Bonne Résolution de ne jamais plus se rendre à SeaWorld ni aucun autre parc de ce genre.

Afin de vous remercier de parler pour ces animaux prisonniers, nous sélectionnerons un gagnant parmi les participants et lui enverrons un prix Sea Shepherd!

Vous pouvez envoyer vos photos ou les liens de vos vidéos à: nomoretanks@seashepherd.org
Toutes les contributions doivent nous parvenir avant le 4 janvier 2014 à 5h, heure du Pacifique.

Faites passer le message pour 2014 et après: "la captivité tue".

 


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