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Mardi, 30 Juin 2015 09:27

Le Japon annonce la reprise de son programme illégal de chasse à la baleine en dépit des décisions de la CIJ et de la CBI

Un baleinier, à bord du navire japonais Yushin Maru 3, tirant au fusil sur une baleine de Minke harponnée et mourante - Photo: Sea ShepherdUn baleinier, à bord du navire japonais Yushin Maru 3, tirant au fusil sur une baleine de Minke harponnée et mourante - Photo: Sea ShepherdLe comité scientifique de la Commission Baleinière Internationale (CBI) a déclaré que le programme japonais "NEWREP-A", qui prévoit le massacre de 3996 baleines de Minke sur les 12 prochaines années pour sa "recherche létale", n’a pas permis de prouver la nécessité de tuer des baleines pour la recherche scientifique.

Le Japon a déclaré son intention de continuer malgré tout à chasser la baleine dans l’océan Austral. Lors d’une conférence de presse donnée à Tokyo, vendredi 19 juin, suite à la publication du compte-rendu de la CBI, le délégué japonais de la CBI, Joji Morishita, a annoncé que les projets du Japon restaient inchangés. "Nous comptons, bien évidemment, reprendre la chasse cette année", a affirmé Morishita.

Malgré sa conclusion soutenant que le Japon n’avait pas réussi à démontrer la nécessité de la recherche létale, le comité scientifique a souligné qu’il ne pouvait pas avancer de résultats définitifs sur le NEWREP-A, car le programme présentait "des informations insuffisantes". La CBI était censée trancher : le NEWREP-A résout-il les problèmes soulevés par la chasse à la baleine pratiquée par le Japon, qui avaient incité la CIJ à la déclarer illégale l’année passée?

Le Capitaine Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd et conseiller stratégique de Sea Shepherd USA, reste confiant sur le fait que la CBI continuera à rejeter les tentatives du Japon visant à recommencer illégalement la chasse commerciale à la baleine sous couvert de son programme NEWREP-A.

"Le Japon persiste à dire qu’ils se conforment à l’autorité des lois, pourtant, la Cour Internationale de Justice a tranché : la chasse à la baleine pratiquée par leur pays ne s’apparente en rien à de la "recherche scientifique". Non seulement le Japon se dresse contre la CIJ, mais, de surcroît, il rejette ses décisions. Dès qu’il s’agit d’appliquer les lois internationales de préservation des espèces, ils sont sans scrupules, a déclaré le Capitaine Paul Watson. Le Japon est incapable de fournir à la CBI les raisons scientifiques qui justifient ses activités illégales pour la simple et bonne raison que la science n’a jamais rien eu à voir dans tout ça. Ils peuvent tenter de le cacher autant qu’ils le veulent, mais, scientifiquement parlant, leur programme est vide."

En février, un panel de 10 experts sélectionnés par le comité scientifique de la CBI, parmi lesquels 4 représentants des États-Unis, ont rejeté le dernier programme de chasse à la baleine du Japon, en affirmant qu’il lui manquait une base scientifique légitime.

Le compte-rendu de l’ensemble des membres du comité scientifique rejoint le panel d’experts sur la plupart des points soulevés, en concluant que le Japon n’est pas parvenu a prouvé la nécessité pour son pays de tuer des baleines dans le cadre de recherches scientifiques, et en recommandant la suspension de son programme scientifique de chasse à la baleine le temps de s’essayer à des méthodes de recherches non létales, telles que le marquage par satellite, l’analyse d’échantillons de biopsie et le suivi aérien de l’espèce.

Parmi les documents examinés par le comité scientifique se trouvait une lettre signée par 500 scientifiques venus de 30 pays différents, qui exprimaient leur forte opposition au NEWREP-A en soutenant que celui-ci était scientifiquement "inacceptable en soi" et reposait sur "une grave erreur dans la méthode scientifique" en faisant prévaloir la méthodologie (c’est-à-dire une chasse létale des baleines) aux objectifs de la recherche, malgré l’existence de techniques supérieures non létales. Les 500 scientifiques ont conclu que le NEWREP-A n’était pas de nature scientifique, mais plutôt "le résultat d’intérêts commerciaux et politiques" qui "ébranlaient sérieusement la science".

En mars 2014, la CIJ a rendu son verdict après avoir été saisie par l’Australie et la Nouvelle-Zélande pour violation de la loi internationale par le Japon. Son précédent programme de chasse à la baleine, le "JARPA II;", était mis en cause. Ce programme autorisait le massacre de pas moins de 935 baleines de Minke, de 50 rorquals communs (une espèce menacée) et de 50 baleines à bosse chaque année dans l’océan Austral. Entre 2005 et 2014, sous le couvert du JARPA II, le Japon a ainsi tué 3 600 baleines de Minke et 18 rorquals communs.

La CIJ a conclu que le Japon n’avait pas réussi à présenter une justification scientifique légitime pour sa chasse à la baleine et que toutes les activités létales de chasse à la baleine commises sous le couvert du JARPA II étaient en violation avec le moratoire sur la chasse commerciale à la baleine et l’interdiction de la chasse commerciale à la baleine au sein du sanctuaire baleinier de l’océan Austral. La CIJ a ordonné au Japon l’abrogation des permis existants et l’interdiction de fournir de nouveaux permis dans le cadre du JARPA II.

En réponse à la décision de la CIJ, le Japon a suspendu sa chasse à la baleine dans l’océan Austral pour la saison 2014-2015. Néanmoins, à l’automne dernier, le Japon a présenté son programme NEWREP-A, que le comité scientifique a rejeté vendredi.

"Soit le Japon bluffe, soit ils ont complètement perdu la tête. Ils n’ont tout simplement pas le droit d’aller chasser des baleines dans le sanctuaire baleinier de l’océan Austral en prétextant la recherche scientifique sans l’approbation de la CBI. S’ils décident d’y aller quand même, l’existence même de la CBI sera remise en cause et le monde entier se rendra alors compte que le Japon ne compte pas respecter le droit international de préservation des espèces", a résumé le Capitaine Watson. "Sea Shepherd appelle la communauté internationale à condamner fermement toute tentative du Japon à ignorer leurs obligations face aux lois internationales."

 


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