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Mercredi, 09 Septembre 2015 11:57

Le Kunlun, navire braconnier recherché par Interpol, s’échappe de Thaïlande avec sa pêche illégale

Le Sam Simon à la poursuite du Kunlun - Photo : Jeff WirthLe Sam Simon à la poursuite du Kunlun
Photo : Jeff Wirth
Les capitaines Peter Hammarstedt et Sid Chakravarty de Sea Shepherd ont demandé aux autorités australiennes et néozélandaises, ainsi qu’à toutes les autorités internationales compétentes, de tout mettre en œuvre pour empêcher le Taishan, navire braconnier de légine inscrit sur la liste violette d’Interpol, de disparaître au large des côtes thaïlandaises.

Le navire était sous le coup d’une arrestation depuis mars et immobilisé à Phuket lorsque son équipage a tenté de débarquer 182 tonnes de légines de Patagonie pêchées illégalement, en les faisant passer pour des mérous.

Depuis, les autorités thaïlandaises gardaient le Taishan immobilisé au port en vertu des lois nationales du pays. Toutefois, étant donné la limite des applications légales possibles à l’encontre des crimes commis par les pêcheries internationales, le navire a pu recharger sa cargaison tout en restant au mouillage durant ces 5 derniers mois. Cependant, profitant de la première occasion, le navire a échappé aux autorités thaïlandaises et a pris la fuite le 8 septembre 2015.

Les responsables de la campagne Opération Icefish, craignent à juste titre que les braconniers revendent leur cargaison illégale de légine au marché noir, puis retournent en Antarctique.

Les prises illégales du Yongding et du Songhua, navires jumeaux du Taishan, ayant disparu sans laisser de trace, il est clair que les navires braconniers continuent de trouver des astuces pour poursuivre leurs activités dès lors qu’ils ne sont plus sous la surveillance des autorités.

Le Taishan, appelé Kunlun à l’époque, a été l’un des six navires de braconnage de légine ciblés par Sea Shepherd durant son épique campagne de défense de l’océan Austral, Opération Icefish.

Le Kunlun fait depuis longtemps l’objet de suspicions d’infraction aux règles de la pêche et aurait des liens avec la fameuse organisation criminelle espagnole Vidal Armadores.

Le navire a déjà été impliqué dans plusieurs incidents internationaux et a eu de nombreux démêlés avec les autorités avant son arrestation.

Une légine, la cible très lucrative des braconniers, sortie d’un filet illégal saisi<br />Photo : Jeff WirthUne légine, la cible très lucrative des braconniers, sortie d’un filet illégal saisi - Photo : Jeff WirthEn janvier, le Kunlun était parmi les trois bateaux de pêche illégale pêchant en toute impunité en présence de la marine néozélandaise alors même que ces navires avaient été surpris en train d’utiliser des filets maillants interdits dans les eaux australiennes de l’océan Austral.

En février, le navire a été à nouveau intercepté dans les eaux australiennes, cette fois par le Sam Simon, navire de Sea Shepherd. Le Sam Simon s’est ensuite lancé à la poursuite du navire de braconnage et ce, pendant huit jours, pour le chasser hors de ses zones de chasse dans l’océan Austral.

Plus tard ce même mois, lors d’une timide tentative de recueillir des preuves de ses activités de pêche illégale, des agents australiens du Service des douanes et de la protection des frontières sont montés à bord du Kunlun dans les eaux entourant les Îles Cocos (Keeling). Mais le navire fut autorisé à poursuivre sa route vers l’Asie du sud-est avec ses filets illégaux et sa prise illégale.

Puis, en mars, les efforts conjugués de Sea Shepherd, des services de police internationaux, Interpol et des autorités thaïlandaises, australiennes et néozélandaises avaient enfin permis d’arrêter le Kunlun à Phuket.

Le Capitaine Hammarstedt, également président de Sea Shepherd Australie, a largement critiqué l’Australie et la Nouvelle-Zélande pour leur mauvaise gestion de la situation.

"Quand nous avons critiqué l’inaction de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande qui n’ont pas jugé utile d’arrêter le Kunlun en mer, les autorités de ces deux pays ont assuré à la communauté internationale que le meilleur moyen de combattre ces braconniers était encore d’appliquer un contrôle par l’Etat du port. Maintenant que le Taishan a fui la Thaïlande avec sa cargaison illégale, nous sommes aux premières loges pour observer les conséquences de ce pitoyable marasme. Si le navire avait été arrêté par l’Australie ou la Nouvelle-Zélande, la cargaison illégale n’aurait jamais été rendue. Au lieu de cela, à cause du refus de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande d’arrêter le Kunlun et de saisir sa pêche, le navire peut désormais poursuivre son activité de braconnage et continuer de tirer les bénéfices de ses crimes," a-t-il commenté.

Ces derniers mois, la Thaïlande a montré qu’elle était résolue à nettoyer ses eaux et à en chasser les opérateurs de pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN). Mais, sans l’aide de ses voisins plus riches du Pacifique, tous ces efforts pourraient rester insuffisants.

Comme le fait remarquer le capitaine Chakravarty, "un navire fiché par Interpol est passé entre les mailles des autorités thaïlandaises et est en fuite. La fuite du Taishan des eaux thaïlandaises est la preuve que l’industrie de braconnage de légine est tenace et ne craint pas de défier les organismes de police nationaux et internationaux. Avec les prises des navires jumeaux, le Yongding et le Songhua, dissimulées parmi les prises du marché légal et, à moins que le Kunlun soit à nouveau intercepté et arrêté, ce sont 182 tonnes de légines qui seront, elles aussi, vendues de la même manière."

L’Opération Icefish est la 11ème campagne de défense de l’océan Austral et la première à cibler les opérateurs de pêche INN dans les eaux de l’Antarctique.

 


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