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Mardi, 24 Novembre 2015 15:59

Le président du Costa Rica est nommé "Ennemi des requins 2016"

Sea Shepherd est fière de faire partie des 30 organisations environnementales ayant décerné le prix international déshonorant de l’ "Ennemi des requins 2016" à Luis Guillermo Solis Rivera, le président du Costa Rica.

Cette coalition demande au président de refaire du Costa Rica un pays ayant un "véritable Blue agenda", un pays dont ses citoyens peuvent être fiers ainsi que le pays leader dans le domaine de la protection des milieux marins qu’il est censé être.

 

Luis Guillermo Solís Rivera
Président du Costa Rica

Monsieur le Président,

SharkProject E.V. souhaite vous informer que 30 organisations non gouvernementales (ONG) de 23 pays ont choisi de vous décerner notre prix international :

« Ennemi des requins 2016 »

La surpêche des requins par diverses industries du secteur halieutique et le statut menacé de nombreuses espèces de requins qui en découle font partie des principales menaces pesant sur la biodiversité mondiale. Basée en Allemagne, SharkProject E.V. est une des plus importantes ONG au monde dédiées à la protection des requins. Chaque année, nous décernons notre prix « Ennemi des requins de l’année » à des personnes ou des gouvernements dont les actions permettent, encouragent et/ou soutiennent activement l’extermination des requins, dans le but que cette exposition médiatique et cette honte publique entraînent des changements politiques en faveur des requins.

Notre organisation a suivi de près l’évolution des politiques de protection des requins au Costa Rica, politiques ayant valu à votre pays sa reconnaissance au niveau mondial. Il y a dix ans seulement, le port costaricain de Puntarenas était une plaque tournante du commerce des ailerons des requins récupérés dans les eaux du Pacifique Est. Des navires étrangers, principalement taïwanais, procédaient à ces activités librement, sans contrôle d’aucune sorte. Les autorités allèrent jusqu’à tolérer officiellement l’utilisation illégale de quais privés par ces navires étrangers, facilitant ainsi ces activités de "pêche aux ailerons". Durant ces dix dernières années, le Costa Rica a non seulement pris de solides mesures pour la protection des requins au niveau national, mais a également cherché à promouvoir la protection des requins lors de conventions internationales, se positionnant ainsi comme un leader mondial dans le domaine de la protection des milieux marins (voir encadré).

Il est regrettable que ces 30 ONG ayant proposé votre nomination aient noté une sérieuse régression des mesures de protection des requins durant votre mandat présidentiel. Elles ont noté l’urgence, constante et perverse, dans laquelle il a été procédé à la révision des mesures en place pour la protection des requins et à la perpétuation de leur surpêche, allant ainsi à l’encontre des meilleures preuves scientifiques disponibles et des engagements promus par votre propre pays à l’échelle internationale.

Durant cette dernière année, votre gouvernement a notamment :

• Autorisé deux exportations d’ailerons de requins-marteaux, le 24 décembre et le 20 février derniers, violant ainsi les engagements pris dans le cadre de la CITES et l’article 75 de la loi sur la protection des espèces sauvages.

• Déclaré l’exportation d’ailerons de requins-marteaux comme étant d’intérêt public, allant ainsi dans le sens des exigences des secteurs de la pêche et de l’export et ignorant les meilleures informations scientifiques disponibles ainsi que la protection de l’environnement.

• Annoncé un moratoire sur l’exportation d’ailerons de requins-marteaux, malgré l’interdiction de ces exportations par l’article 75 de la loi sur la protection des espèces sauvages.

• Bloqué la protection des requins−marteaux et des requins soyeux, en coopération avec Taïwan, durant la dernière assemblée de l’Inter−American Tropical Tuna Commission (IATTC), en juillet dernier en Équateur.

• Fait publiquement savoir, le 2 septembre dernier, que le gouvernement ne proposerait ni ne soutiendrait d’autres mesures de protection des requins lors des conventions internationales.

• S’est engagé, auprès de l’industrie de la pêche au requin, à intervenir auprès des sociétés internationales de fret aérien ayant suspendu le transport d'ailerons de requins en conformité avec leur propre politique de responsabilité, et à les persuader de reprendre cette activité.

• S’est aussi engagé à modifier le décret régulant le fonctionnement et l’intégration du Conseil des représentants de la communauté scientifique de la CITES, afin que l’industrie de la pêche puisse influencer politiquement ses décisions techniques.

• A refusé de mettre immédiatement en œuvre le règlement relatif à la taille à première maturité, favorisant ainsi l’industrie de la pêche au requin.

Le jury commencera ses délibérations en décembre 2015 et le nom du vainqueur sera annoncé en janvier 2016. Dans un souci de protection des ressources marines, de sécurité alimentaire et de préservation de l’image du Costa Rica à l’échelle internationale, nous faisons appel à votre jugement et vous demandons de remettre votre pays sur la voie qu’il suivait à l’origine, une voie en faveur de la protection des écosystèmes marins. Monsieur le Président, vous avez le pouvoir de refaire du Costa Rica un pays ayant un véritable Blue Agenda, un pays dont ses citoyens peuvent être fiers ainsi que le pays leader dans le domaine de la protection des milieux marins qu’il est censé être.

Sincères salutations,
Gerhard Wegner, président de SharkProject E.V.

Le Costa Rica, ancien leader mondial de la protection des requins

  • Août 2006. Le Costa Rica est le premier pays à mettre en œuvre la fameuse réglementation anti−"pêche aux ailerons", connue sous le nom de "fins attached", impliquant que les requins soient débarqués avec leurs ailerons attachés naturellement à leur carcasse.
  • Juin 2007. Le Costa Rica demande la mise en œuvre, à l’échelle internationale, de sa politique visionnaire du "fins attached" lors du processus consultatif des Nations Unies sur le droit de la mer à New York. Cette politique est actuellement mise en œuvre sur tout le continent américain, dans l’Espace Économique Européen et en Australie.
  • Décembre 2007. Le Costa Rica est l’un des six pays élaborant le mémorandum d’entente sur les requins migrateurs, dans le cadre de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage.
  • Décembre 2010. Le Costa Rica interdit l’accès aux quais privés aux flottes étrangères.
  • Mars 2013. Avec le Honduras et le Brésil, le Costa Rica mène le processus conduisant à l’intégration des requins−marteaux dans l’Appendice II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES).
  • Mars 2013. Le Costa Rica publie le règlement relatif à la taille à première maturité (AJDIP/105-2013), interdisant de débarquer des requins−marteaux (Sphyrna Lewini) et des requins soyeux (Carcharhinus falciformis) n’ayant pas atteint leur taille à première maturité, entré en vigueur en juin 2015.
  • Novembre 2014. Avec l’Équateur, le Costa Rica mène le processus conduisant à l’intégration des requins-marteaux dans l’Appendice II de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage.

MAIS MAINTENANT...

 


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