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Mardi, 02 Février 2016 12:39

Chasse aux "putains de phoques" : Greenpeace passe du côté obscur

“Salut [nom supprimé], tu peux partager cette petite video avec ton pote Watson et lui dire que Greenpeace a autre chose à faire que de s'occuper des putains de phoques. Et qu'au lieu d'aller faire le saltimbanque dans les mers Australes il ferait mieux d'aller sauver les petits Syriens et Iraquiens. Amitiés (à toi), Pascal” (Husting)

C’est le message que Pascal Husting, Directeur des Campagnes et n°3 de Greenpeace International, a fait passer au capitaine Paul Watson qui demande depuis plusieurs jours à Greenpeace de désavouer son Directeur Arctique Jon Burgwald qui s’exibait encore récemment en fourrure de phoque et s’exprimait sur ses comptes Tweeter et Facebook depuis un défilé de mode organisé par l’entreprise danoise The Great Greenland Fur Tannery comme suit “La fourrure de phoque, c’est cool !”.

Burgwald, va jusqu’à dire que Greenpeace regrettait les missions passées où elle s’est opposée à la chasse aux phoques, désavouant ainsi le combat des fondateurs de Greenpeace, dont fait partie Paul Watson, qui a à l’époque mené les deux principales campagnes de défense des bébés phoques au sein de l’organisation, en 1976 et 1977. A l’époque, Jon Burwald n’était même pas né.

Comme à son habitude, lorsque Paul Watson les interpelle sur certaines dérives éthiques, Greenpeace y répond en se réfugiant dans le silence ou se cache derrière un discours de façade regrettant le manque d’unité et appelant à taire toute critique inter associative “pour le bien de la cause”. Mais l’omerta n’avantage que ceux qui ont des choses à cacher. Nous n’y souscrivons pas.

Pascal Husting a au moins eu l’honnêteté de faire passer à Paul Watson, ce qu’il pense vraiment du sort des phoques, mais aussi de celui des baleines, loin de la réponse officielle policée, préparée par les communicants de Greenpeace et traduite dans toutes les langues.

Paul Watson et Robert Hunter en 1976 lors de la première campagne de défense des bébés phoques. Ces campagnes osnt aujourd'hui désavouées par la Direction de Greenpeace qui affirme les regretterPaul Watson et Robert Hunter en 1976 lors de la première campagne de défense des bébés phoques. Ces campagnes osnt aujourd'hui désavouées par la Direction de Greenpeace qui affirme les "regretter".“Les personnes qui ont pris la tête de Greenpeace aujourd'hui n'ont jamais pris aucun risque pour les phoques, elles n'ont jamais été arrêtées pour eux, elles ne sont même jamais allées sur la banquise pour voir la brutalité de leurs propres yeux. Cela me rend à la fois triste et furieux, je me sens infiniment trahi et frustré. Honte à Greenpeace, c'est impardonnable et cela montre à quel point Greenpeace s'est éloigné de ses racines” s’est insurgé Paul Watson.

Greenpeace trahit les fondateurs de l’organisation mais bien plus grave, elle trahit les phoques. Comme elle a déjà trahi les ours polaires en 2013.

Avant les phoques, le cas de l’ours polaire, sacrifié par Greenpeace 2013.

En 2013, les Etats Unis et la Russie proposent de faire passer l’ours polaire, espèce menacée en Annexe I de la CITES. Greenpeace a refusé de soutenir la proposition en justifiant son refus par le fait que pour les Inuits, il s’agissait d’une chasse de subsistance d’ordre vital. Or, la CITES ne fait que réguler le Commerce International. Elle n’a aucun impact sur la chasse locale des autochtones.

Le passage de l’ours polaire en annexe I de la CITES aurait tout juste permis de rendre illégale la chasse au trophée dont profitent de riches chasseurs internationaux qui déboursent jusqu’à 30 000 dollars pour venir tuer un ours au Canada. Plusieurs centaines d’ours polaires finissent ainsi en descente de lit chaque année. Ca ne dérange guère Greenpeace. Le WWF s’est aussi opposé au passage en Annexe I. Malgré une coalition de nombreuses ONG (IFAW, Humane Society, Fondation Nicolas Hulot, Fondation Brigitte Bardot, l’Aspas et bien sûr Sea Shepherd…) pour défendre la proposition, face à ces deux mastodontes institutionnels, elle n’est pas passée. La France a refusé de la soutenir en invoquant notamment“ le désaccord parmi les ONG sur la question”.

L’ironie veut que Greenpeace et le WWF soient précisément les deux ONGs qui ont fait de l’ours polaire la mascotte de leurs campagnes climatiques et utilisent le charisme et le capital sympathie de l’espèce comme un outil de collecte de fonds très efficace.

Les peuples autochtones “récupérés” par l’industrie de la mode et par Greenpeace.

Le capitaine Watson est bien placé pour dénoncer la récupération de la chasse traditionnelle au profit des Etats et des industries. Il a en effet une longue histoire de batailles communes avec les peuples autochtones. Il servait en tant qu’infirmier en 1973 aux côtés de l’American Indian Movement lors de l’occupation de Wounded Knee. En 1984, il a travaillé avec les First Nations pour défendre les loups, puis plus tard, pour défendre les saumons.

Il s’est rallié aux Indiens Kayapo en Amazonie contre le projet de barrage de 1989 et a aidé les Kayapo à obtenir un avion de patrouilles sur leur territoire pour dénicher les braconniers. En 1991, il a pris la mer à bord du Gitksan Wet'suwet'en pour intercepter le Nina, Pinta et SantaMaria, près de Puerto Rico afin de protester contre 500 ans d’injustice envers les peuples autochtones.

Et aujourd’hui, les navires de Sea Shepherd sont les seuls au monde autorisés par les 5 Nations à arborer leur pavillon qui nous a été offert par la tribu des Mowaks. Pas plus tard que lors de la dernière COP 21, Paul Watson était aux côtés du cacique Raoni de la tribu des Kayapo, pour une conférence commune.

“J’ai pu remarquer au cours des années à quel point les peuples autochtones peuvent être utilisés et se voir octroyer toutes sortes de soutiens ponctuels de la part des gouvernements, des multinationales et de certaines ONGs dès lors que ces derniers ont quelque chose à leur extirper, que ce soit de l’uranium, du pétrole ou de la fourrure. “ commente Paul Watson

C’est précisément ce qui s’est passé pour l’accès à la faune de l’Arctique.

En effet, si un autochtone du sud du Canada tue un élan ou un cerf, il encourt une condamnation légale car il entre en compétition avec les chasseurs blancs. En revanche, en Arctique, le seul moyen légal pour l’industrie de la mode de se procurer de la fourrure de phoque, d’ours polaire ou de renard arctique, est d’acheter les peaux aux autochtones pour qui, une exception culturelle a été accordée.

Jon Burgwald et Greenpeace affirment qu’ils soutiennent la chasse traditionnelle des autochtones et en aucun cas, le commerce. Ils assimilent pourtant la chasse de subsistance des autochtones avec le commerce international de fourrure de phoques, en particulier via l’entreprise danoise The Great Greenland Fur Tannery qui vend ses produits en Asie et en Europe.

The Great Greenland Fur Tannery ne comptait que 5 employés Inuits, qui ont tous été licenciés ce mois-ci car l’entreprise a décidé, pour des raisons économiques de délocaliser la fabrication de ses produits en Pologne.

The Great Greenland Fur Tannery achète donc des fourrures aux Inuits à bas prix, en fait des manteaux de luxe qu’elle vend dans de nombreux pays et engrange au passage des profits faramineux. Son Directeur Exécutif Lars Berg, n’est pas Inuit, c’est un danois, comptable de formation, ancien patron d’une chaine danoise de vente au détail avec un historique dans le marketing de la mode au Danemark et en Chine.

Les danois font donc du business en passant par les Inuits qui leur donnent accès à des fourrures qu’ils ne pourraient pas avoir autrement, et Jon Burgwald, un danois s’est vu offrir un manteau en fourrure, condamnant au passage toutes les campagnes passées de Greenpeace en faveur des phoques.

Greenpeace a été récupérée par des bureaucrates sans conviction pour la cause qu’elle prétend défendre. Elle sert aujourd’hui d’autres intérêts que ceux de la vie sauvage. Il est plus que temps que Greenpeace retrouve ses racines et la passion qui animait ses fondateurs. Elle doit cesser de sacrifier les ours polaires, les phoques et la vie sauvage. En agissant comme elle le fait, cette organisation qui fut créée pour être une solution, fait désormais partie intégrante du problème.

Lamya Essemlali
Cofondatrice et Présidente Sea Shepherd France
Co-directrice Sea Shepherd Global

Compte Twitter de Jon Burgwald, Directeur de Greenpeace Arctique. Traduction du tweet : " Au mini-défilé de mode pour Greenlandic et ses produits en fourrure de phoque. Très cool!"Compte Twitter de Jon Burgwald, Directeur de Greenpeace Arctique. Traduction du tweet : " Au mini-défilé de mode pour Greenlandic et ses produits en fourrure de phoque. Très cool!" Jon Burgwald (à droite). Directeur de Greenpeace Arctique en veste en fourrure de phoqueJon Burgwald (à droite). Directeur de Greenpeace Arctique en veste en fourrure de phoque"Écoutez moi expliquer sur MSNBC pourquoi il est tout à fait bien de porter de la fourrure de phoque issue de l"Écoutez moi expliquer sur MSNBC pourquoi il est tout à fait bien de porter de la fourrure de phoque issue de l'industrie groenlandaise"
 


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