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Jeudi, 02 Juin 2016 13:47

Le massacre du Grand requin blanc par le gouvernement d’Australie Occidentale ne sauvera pas des vies

Un grand requin blanc pris au piège d’une drum-line à Falcon Beach. Crédit : Seven News Un grand requin blanc pris au piège d’une drum-line à Falcon Beach
Crédit : Seven News
Hier, le premier ministre Colin Barnett, responsable du programme anti-requins, a fait déployer par le ministère de la Pêche d’Australie Occidentale (AO) des drum-lines à proximité de la plage, Falcon Beach, au sud de Perth dans l’AO afin de capturer et de tuer un requin blanc qui aurait, peut-être ou peut-être pas, été responsable de l’attaque d’un surfeur.

Le ministère de la Pêche de la province a déployé les drum-lines pendant plus de 18 heures après l’incident. Les autorités ont fini par attraper un grand requin blanc de plus de trois mètres, et elles l’ont laissé si longtemps accroché à la drum-line que le requin a fini par se noyer. Elles ont ensuite attendu qu’il fasse nuit pour le sortir de l’eau et s’en débarrasser loin des caméras. Il est évident que le ministère de la Pêche de l’AO essaye de camoufler son crime odieux contre la nature.

Le mardi 31 mai, un surfeur local du nom de Ben Gerring a tragiquement été attaqué alors qu’il était en train de faire du surf. Sa jambe a été sectionnée au-dessus du genou et il est toujours dans un état critique à l’hôpital.

Un requin blanc de plus de trois mètres avait été aperçu dans les environs ce jour-là (comme notifié sur le compte Twitter du programme Surf Life Saving d’Australie Occidentale), et il y avait un large banc de poissons dits "appâts" dans la zone où les gens surfaient.

Nos pensées vont bien évidemment à M. Gerring et à sa famille, et nous espérons de tout cœur qu’il s’en sorte du mieux que possible.

La première tragédie, c’est que ce jeune homme ait perdu sa jambe. La seconde tragédie, c’est que cela aurait pu être évité.

Un requin avait été aperçu dans les environs ce jour-là, il y avait des poissons-appâts dans la zone ainsi qu’un très grand nombre de saumons, un mets de choix pour les requins. Ces trois éléments signifient que l’alerte aux requins était haute. Nous devons être conscients de la présence des requins, sans en avoir peur.

Il y en a assez de cette hystérie autour du requin, assez de ces listes cyniques sur les sites d’information, faisant état de toutes les victimes de ces 10 dernières années, et de la façon dont elles sont mortes, en les citant comme de vulgaires statistiques et en faisant revivre ses instants aux familles, encore et encore. Les médias ne font pas ça pour les accidents de voiture, ni pour aucune autre raison, mais ils le font pour les accidents impliquant des requins. Ils adorent créer l’hystérie.

Nous avons également besoin de kits d’intervention d’urgence sur les plages, avec de quoi faire un garrot, surtout dans les zones isolées, et il est nécessaire de former les clubs de surf locaux ainsi que les personnes qui fréquentent les plages. Lors d’un incident impliquant un requin, nous perdons souvent les blessés à cause d’une trop grande perte de sang, ces kits permettraient donc de sauver des vies : une solution simple et efficace qui pourrait être mise en place.

C’est ça, agir intelligemment. Tuer un requin, n’importe quel requin, juste pour que l’un d’eux soit tué, ne permet pas de sauver des vies. En revanche, réfléchir et agir de manière proactive, en tant que communauté, permet vraiment de sauver des vies.

Nous ne pouvons pas arrêter les attaques de requins, nous ne pouvons pas protéger chaque personne sur chaque plage à chaque minute tout le long de la côte australienne, et nous ne devrions pas non plus nous attendre à avoir cette protection dans un “environnement marin”, naturel et sauvage, mais nous pouvons faire plus pour minimiser le risque d’interactions non souhaitées avec des requins.

Il n’y a aucune raison logique ou scientifique permettant de soutenir la décision du ministère de la Pêche de l’AO et du premier ministre M. Barnett de tuer une espèce protégée et inscrite sur la Liste rouge de l’IUCN, autre qu’une volonté de vengeance, ou qu’une croyance à la légende du croquemitaine ou à des films comme ”Les dents de la Mer”. Nous savons que les dents de la mer n’existent qu’à Hollywood, et dans la tête de M. Barnett et du ministère de la Pêche de l’AO.

Le fait que nous ayons des poissons-appâts, des baleines, des orques et des requins sur la côte d’Australie Occidentale indique que l’environnement marin local est en bonne santé. Actuellement, dans les océans, c’est quelque chose de rare qui mérite d’être salué au niveau mondial et protégé.

Pour être en bonne santé, les océans ont besoin de requins, et nous autres, humains, ne pouvons pas vivre sur cette planète avec un océan sans requins.

Nous avons besoin d’eux : ils n’ont pas besoin de nous. Nous devons leur apporter la protection qu’ils méritent, notre propre survie en dépend.

Un requin blanc dans un océan en bonne santé. Crédit : WikipédiaUn requin blanc dans un océan en bonne santé - Crédit : Wikipédia

 


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