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Vendredi, 16 Septembre 2016 08:49

Sea Shepherd forcée d’interrompre immédiatement sa campagne de protection des tortues au Costa Rica

Des volontaires ont reçu des avertissements ; l’avenir des écloseries de tortues en danger

Une petite tortue essaye de rejoindre l’océanUne petite tortue essaye de rejoindre l’océanLe gouvernement du Costa Rica contraint Sea Shepherd à mettre un terme à L’Opération Jairo II, une campagne visant à protéger les espèces de tortues marines menacées.

Tout volontaire de Sea Shepherd pris en train de patrouiller sur les plages ou prenant part au travail de conservation des tortues marines sera arrêté ou expulsé.

Au Costa Rica, la police de Jaco faisait équipe avec Sea Shepherd afin de protéger des braconniers les femelles nidifiantes et les nids. Ces nids étaient en cours de transfert dans une écloserie gérée par la police de Jaco.

Sea Shepherd a été informée vendredi dernier que la police de Jaco n’est plus autorisée à travailler avec elle. Le Capitaine Osvaldo Rodriguez, chef du service de police de Garabito, à Jaco, a reçu l’ordre de cesser de collaborer avec Sea Shepherd au motif que ses membres sont des "criminels notoires".

Vraisemblablement, le terme "criminel" fait référence à la notice rouge émise par Interpol en 2012 à l’encontre du fondateur de Sea Shepherd, le Capitaine Paul Watson, le Costa Rica l’ayant accusé d’être intervenu dans le but d’arrêter un navire costaricien lors d’une opération de pêche aux ailerons de requin.

"C’est très dur pour les volontaires, ici au Costa Rica", a déclaré Cristina Cely, chef de l’équipe terrestre de L’Opération Jairo II. "En moins de 2 semaines, nous avons sauvé plus de 2000 œufs provenant des plages de Hermosa, Clarita et Jaco, des œufs qui seraient, selon toute probabilité, tombés entre les mains de braconniers. Nous avons sauvé aussi 63 bébés désorientés qui n’auraient pas eu de chance de survie sans nous. Notre présence a changé le cours des choses pour ces œufs et ces petites tortues, mais maintenant, à cause d’esprits médiocres, nous sommes obligés d’arrêter et les seules qui ont tout à perdre dans l’histoire sont les tortues."

"Je suis indigné que le gouvernement du Costa Rica soit prêt à sacrifier la vie de milliers de tortues pour de basses manœuvres de politique internationale", a ajouté David Hance, coordinateur de la campagne.

"Aucune action de conservation ayant du sens ne reste impunie au Costa Rica", a observé Paul Watson, le président et directeur général de Sea Shepherd. "Si vous interrompez une opération de pêche aux ailerons de requin ou sauvez des bébés tortues, le gouvernement du Costa Rica vous considère comme un criminel. Au Costa Rica vous pouvez être tué pour avoir sauvé des tortues. Ce gouvernement se place toujours du côté des braconniers."

La notice rouge du Costa Rica : Une saga vieille de quatorze ans

Avant son retour aux Etats-Unis le mois dernier, le Capitaine Watson a vécu en France pendant deux ans sous la protection du gouvernement français. Il est recherché par le Costa Rica qui l’accuse d’être intervenu afin d’intercepter un navire costaricien, le Varadero I, alors que celui-ci pratiquait illégalement la pêche aux ailerons de requin dans les eaux guatémaltèques, en 2002.

Après avoir obtenu l’autorisation de la part des autorités guatémaltèques pour immobiliser le navire ayant enfreint la loi, le capitaine essaya d’appréhender le bateau, mais les braconniers s’échappèrent et fuirent vers le Costa Rica.

Dans le courant du même mois, les autorités du Costa Rica avaient déposé une plainte au pénal prétextant que le Capitaine Watson et son équipage avaient menacé et tenté de tuer les sept membres d’équipage du Varadero I, en plus d’endommager leur bateau. Cette plainte était fondée sur le témoignage fourni par l’équipage du Varadero I. Une fondation locale a assuré les services d'un avocat local au capitaine Watson, mais ni lui ni son avocat commis d’office n'ont reçu en temps utile la moindre notification concernant une audience préliminaire à ce propos en décembre 2002.

Sea Shepherd a filmé tout l’incident en mer tandis que le Varadero n’a fourni aucune pièce justificative. Bien que les allégations de tentative de meurtre aient été abandonnées ultérieurement après la diffusion des enregistrements vidéo de Sea Shepherd, de nouvelles accusations ont été portées. Néanmoins le Capitaine Watson n’a jamais été informé des suites de l’affaire ni cité à comparaître.

Le Capitaine Watson n’a donc pas pu assister au procès, en conséquence de quoi le tribunal costaricien l’a déclaré "rebelle" et a émis un mandat d’arrêt à son encontre pour "violation du trafic maritime". Cette accusation a été portée une décennie après l’incident !

L’affaire a pris de l’ampleur le 13 mai 2012 quand les autorités allemandes ont arrêté le Capitaine Watson à Francfort. Six semaines plus tard, le Costa Rica a présenté une demande d'extradition modifiée sur l'allégation de "risque de naufrage et catastrophe aérienne", un délit beaucoup plus sérieux, généralement associé au terrorisme.

Au mois d'août 2012, Interpol a émis une notice rouge à l’encontre de Paul Watson sur l'accusation du Costa Rica de "mise en danger de naufrage". Le Capitaine Watson a fui l’Allemagne après 70 jours d’assignation à résidence et a finalement trouvé un point de chute en France.

Historique de L’Opération Jairo

L’Opération Jairo II, qui a débuté en août, a couvert trois zones géographiques, en commençant pas la Floride, puis le Honduras et le Costa Rica. La campagne continue de façon active au Honduras.

L’ONG Sea Shepherd s’est rendue pour la première fois au Costa Rica en 2014 à l’occasion de l’Opération Pacuare, qui a permis de sauver presque 3000 tortues marines. De retour dans ce pays un an plus tard, la campagne a été rebaptisée Opération Jairo, en hommage à Jairo Mora Sandoval, défenseur des tortues costaricien, assassiné sauvagement le 31 mai 2013 en tentant de protéger des nids de tortues luth.

Il existe sept espèces de tortues de mer dans le monde. Quatre d’entre elles sont "en danger" ou "en danger critique" et deux sont classées dans la catégorie des espèces "vulnérables" par la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN. La tortue marine est l’une des plus anciennes créatures vivantes, elle fait partie d’une minorité d’espèces qui a vu les dinosaures évoluer puis s’éteindre. Elle est en train de connaître le même sort que ses prédécesseurs.

 


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