Commentary and Editorial

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Dimanche, 27 Août 2017 00:00

La guerre des baleines continue

Par le Capitaine Paul Watson

Sea Shepherd a accompli quelque chose d’absolument remarquable au cours des 12 dernières années.

Un navire harponneur Japonais devant le Steve IrwinUn navire harponneur Japonais devant le Steve Irwin

En 2005, nous avons décidé de nous attaquer à la flotte baleinière la plus grande et la plus destructrice du monde. Nous nous sommes entendu dire, par des gouvernements et quelques ONG, que cela était impossible.

Peu de personnes avaient connaissance du massacre illégal effectué par le Japon dans l’océan Austral. Il était loin des yeux, loin du cœur. Les Japonais ciblaient 1035 baleines par an, un chiffre qui comprenait un quota de 50 baleines à bosse et 50 rorquals communs, deux espèces menacées.

Nous avions peu de ressources, mais nous avons pris notre seul navire, le Farley Mowat, un bateau rompu des mers et plutôt lent, et nous nous sommes lancés à la poursuite des baleiniers dans l’océan Austral et les avons rattrapés pendant quelques heures avant qu’ils ne reprennent de la vitesse et nous sèment.

En 2006, nous avons pu faire l’acquisition du Steve Irwin et la situation s’est inversée. Chaque année, nous devenions plus forts et plus efficaces. Nous avons acheté le Bob Barker, le Sam Simon, le Brigitte Bardot et l’Ocean Warrior.

Le Capitaine Paul Watson sur le Farley Mowat lors de la campagne de défense des baleines 2005-2006 en AntarctiqueLe Capitaine Paul Watson sur le Farley Mowat lors de la campagne de défense des baleines 2005-2006 en Antarctique

Sea Shepherd a sans relâche permis de réduire les quotas annuels de manière significative et, en 2012/2013, les baleiniers japonais sont rentrés chez eux avec seulement 10 % des prises prévues. Nous avons fait cela au moment même où la Cour fédérale américaine nous mettait d’importants obstacles juridiques dans les roues.

Les résultats parlent d’eux-mêmes. Plus de 6000 baleines ont été épargnées. Pas une seule baleine à bosse n’a été tuée, et seulement 10 rorquals communs ont été abattus sur une période de 10 ans, décennie pendant laquelle 500 individus étaient voués à mourir. Et en plus, les baleiniers japonais ont perdu des dizaines de millions de dollars.

Nous avons dévoilé les activités illégales du Japon au monde entier grâce à notre série télévisée documentaire, Justiciers des Mers.

Nous avons contribué à inciter l’Australie à amener le Japon devant la Cour internationale de justice où les activités du pays du soleil levant ont été jugées illégales ; la CIJ ayant émis une ordonnance de cessation et d’abstention à son encontre.

Ils se sont abstenus pendant un an, puis sont revenus avec un nouveau programme (lui aussi illégal) qui réduisait leur quota de chasse, bidon et autodéterminé, à 333 individus par an. Cela signifie que, depuis 2015, 1400 autres baleines ont échappé aux harpons mortels. Ce qui signifie que 702 autres baleines continueront à être épargnées chaque année.

 Le Capitaine Paul Watson et son second, Peter Hammarstedt, à la poursuite d'un nivire harponneur Japonais en 2008 - Opération Musashi. Photo Adam Lau/Sea ShepherdLe Capitaine Paul Watson et son second, Peter Hammarstedt, à la poursuite d'un navire harponneur Japonais en 2008 (Opération Musashi). Photo Adam Lau/Sea Shepherd

Malheureusement, dans le but d’éviter les interventions de Sea Shepherd, ils ont doublé leur zone de chasse, ce qui veut dire qu’ils ont davantage de temps et d’espace pour abattre un quota réduit.

En dépit de cela, Sea Shepherd a envoyé le Steve Irwin et l’Ocean Warrior à la poursuite des baleiniers en 2016/2017 et bien que cela leur ait pris plus longtemps et coûté plus cher, les baleiniers japonais ont réussi à atteindre leur quota.

Nous avons récemment découvert que le Japon avait désormais recourt à une surveillance militaire pour suivre en temps réel par satellite les mouvements des bateaux de Sea Shepherd. S’ils savent où nos navires se trouvent à tout moment, ils peuvent facilement nous éviter. Pendant l’Opération Nemesis, les navires de Sea Shepherd ont effectivement pu s’en approcher et notre hélicoptère a même réussi à récolter des preuves sur leurs activités baleinières illégales, mais nous ne parvenions pas à les atteindre physiquement. Nous ne pouvons pas rivaliser avec leur technologie de type militaire.

Cette année, le Japon a renforcé sa résistance en adoptant de nouvelles lois anti-terroristes, certaines étant spécifiquement destinées à condamner les méthodes de Sea Shepherd. Pour la toute première fois, le pays a déclaré qu’il enverrait l’armée défendre ses activités illégales de chasse à la baleine.

Les baleiniers japonais ont non seulement les ressources et les subventions fournies par leur gouvernement, mais bénéficient également du fort soutien politique d’une superpuissance économique majeure. Sea Shepherd a de son côté des ressources limitées et des gouvernements hostiles en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis.

La décision sur laquelle nous avons dû nous prononcer a été la suivante : préférons-nous dépenser nos ressources limitées dans une nouvelle campagne dans l’océan Austral qui a peu de chance de réussir OU choisissons-nous de regrouper différentes méthodes et tactiques ? Lorsque quelque chose ne fonctionne pas, la seule autre option est de réfléchir à une meilleure stratégie, puisque lorsqu’une mesure ne fonctionne plus, la seule alternative est un plan d’action ajusté et amélioré.

Le navire usine Japonais avec une baleine massacrée, documenté lors de l'Opération Nemesis en janvier 2017. Photo Glenn Lockitch/Sea Shepherd.Le navire usine Japonais avec une baleine massacrée, documenté lors de l'Opération Nemesis en janvier 2017. Photo Glenn Lockitch/Sea Shepherd.

Nous devons formuler ce nouveau plan et nous le ferons.

Nous n’allons pas envoyer de navires dans l’océan Austral cette année, mais nous n’abandonnons pas son Sanctuaire baleinier. Il nous faut exploiter les ressources, les stratégies et la capacité de mettre un terme, de manière significative, aux activités de chasse illégale de la flotte baleinière japonaise. Entre-temps, il est temps pour l’Australie de respecter ses engagements. Sea Shepherd a fait dans l’océan Austral ce qu’il est de la responsabilité du gouvernement australien et ce qu’il s’est refusé à faire, c’est-à-dire faire appliquer le droit de l’environnement international et australien. Au lieu de soutenir Sea Shepherd, le gouvernement australien aide les baleiniers japonais en harcelant Sea Shepherd et en faisant obstruction à la possibilité pour Sea Shepherd de récolter des fonds en nous refusant le statut d’association caritative.

Ce que Sea Shepherd a accompli au cours des 12 dernières années démontre ce que des passionnés peuvent arriver à faire avec peu de moyens en dépit de la vive opposition de plusieurs gouvernements.

Les baleiniers japonais ont été montrés du doigt, humiliés, et le plus important, privés de tuer les milliers de vies ayant échappé à leurs harpons mortels. À l’heure qu’il est, ces milliers de baleines parcourent les océans et se reproduisent, alors qu’elles seraient mortes si nous n’étions pas intervenus.

Mais surtout, elles sont désormais des voix dans l’opposition à la chasse baleinière permise par le gouvernement japonais. Nos efforts ont été comme des aiguilles d’acupuncture plantées dans la société japonaise, scrutant et provoquant des réactions. Nous avons révélé l’incroyable gaspillage de fonds publics et la corruption que cette sale affaire cause au Japon ainsi que la honte qu’elle jette sur son peuple. Notre travail est tel qu’un officiel japonais a déclaré que le pays avait deux ennemis : la Chine et Sea Shepherd !

Les efforts sans relâche de Sea Shepherd pour poursuivre et faire cesser les baleiniers non seulement japonais mais aussi norvégiens, danois et islandais continueront. C’est ce que nous faisons depuis quarante ans. Nous n’abandonnerons jamais, pas avant que l’abominable chasse à la baleine soit abolie pour tous, partout, peu importe la raison avancée.

Sea Shepherd fait un travail incroyable dans les océans du monde entier, avec des ressources limitées, en plus de s’occuper des activités illégales de chasse à la baleine. La Vaquita, espèce menacée, serait déjà éteinte si nous n’étions pas intervenus. Nous avons arrêté l’ensemble de la flotte pirate responsable du braconnage de la légine australe. Nous avons intercepté et arrêté des braconniers au large de l’Afrique occidentale, ainsi que dans les réserves marines des Galapagos, de la Sicile et du Panama. Nous avons retiré des centaines de tonnes de plastique et de filets fantômes de la mer et, surtout, nous avons montré au monde ce qu’une poignée de passionnés courageux étaient capables de faire.

Notre objectif est de continuer à servir la vie dans l’Océan en la protégeant de l’exploitation illégale et cupide d’humains nuisibles.

Une seule réalité guide Sea Shepherd : si les Océans meurent, nous mourrons !

Le Steve Irwin surveillant les baleines dans le Sanctuaire Austral lors de l'Opération Waltzing Mathilda en 2009/2010. Photo Marianna Baldo/SeaShepherd.Le Steve Irwin surveillant les baleines dans le Sanctuaire Austral lors de l'Opération Waltzing Mathilda en 2009/2010. Photo Marianna Baldo/Sea Shepherd.

 

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