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Vendredi, 15 Septembre 2017 00:00

L'OCEAN WARRIOR agit conjointement avec la Police du Timor Oriental et permet l'arrestation de toute une flotte de braconniers de requins

L’Opération Apex Harmony - campagne globale de défense des requins de Sea Shepherd lance une mission au Timor Oriental à l'appel des habitants du pays, inquiets de la présence dans leurs eaux d'une flotte de pêche suspecte.

Des tonnes de requins entassés dans la soute
Des tonnes de requins entassés dans la soute

Le 15 septembre 2017, Timor oriental (Timor-Leste), Asie du Sud-Est – une opération conjointe menée à l’aube du 9 septembre par Sea Shepherd et la Police Nationale du Timor oriental (PNTL - Polícia Nacional de Timor-Leste) s’est soldée par l’arraisonnement de la flotte de pêche de Hong Long Fisheries et Pingtan Marine Enterprises, qui mouillait au large de la côte de Com, au Timor oriental.

L'équipage de Sea Shepherd documentant les tonnes de requins morts dans la soute. Photo Jake Parker/Sea ShepherdL'équipage de Sea Shepherd documentant les tonnes de requins morts dans la soute. Photo Jake Parker/Sea Shepherd

À la demande de la PNTL, l’Ocean Warrior, patrouilleur de Sea Shepherd et sa petite embarcation rapide ont transporté des policiers armés à bord du navire ainsi que des drones servant à recueillir des informations au long de l’opération. Une fois que la PNTL eut pris le contrôle des navires, les membres d’équipage de Sea Shepherd ont apporté leur aide en couvrant la prise à leur bord, confirmant les soupçons selon lesquels la flotte avait pour objet non la pêche industrielle, mais la pêche au requin.

Après avoir passé les deux dernières semaines à traquer les quinze navires de la flotte, l’Ocean Warrior les a trouvés à 150 km au sud du Timor oriental, pêchant au moyen de filets maillants ancrés destinés à prendre des espèces d’eaux profondes, tels les requins. Sea Shepherd a recueilli des images des navires relevant leurs filets ; leur prise s’est révélée constituée à 95 % de requins, ainsi que d’importants débris de coraux.

Gary Stokes et l'officier de la PNTL dans la chambre frigorifique du navire avec un requin léopard. Photo Jackson Oliver/Sea ShepherdGary Stokes et l'officier de la PNTL dans la chambre frigorifique du navire avec un requin léopard. Photo Jackson Oliver/Sea Shepherd

Liens avec le navire saisi le mois dernier aux Galápagos

En février, la même flotte avait été observée au Timor oriental, où elle déchargeait d’énormes quantités de requins sur un vaisseau-mère, le Fu Yuan Yu Leng 999. Il n’y eut guère de mesures prises, pour ne pas dire aucune, en dépit de l’indignation publique. Le Fu Yuan Yu Leng 999 a fait les gros titres de la presse internationale le mois dernier, lorsqu’il a été immobilisé à l’intérieur du parc national des Galápagos, à son bord 300 tonnes de requins obtenues de quatre palangriers appartenant à Hong Long Fisheries et Pingtan Marine Enterprises. L’équipage du Fu Yuan Yu Leng 999 est à présent emprisonné en Équateur et le navire, saisi et destiné à la vente.

C’est aussi à la société propriétaire du Fu Yuan Yu Leng 999, Hong Long Fisheries, qu’appartiennent les quinze navires à l’œuvre au Timor oriental, bien que Pingtan Marine Enterprises, inscrite au Nasdaq des États-Unis, ait annoncé à ses actionnaires être également propriétaire de ces quinze navires et de leur licence. Ces entreprises de pêche sont étroitement liées par des relations complexes ; toutes deux ont leur siège à Fuzhou, en Chine, et appartiennent aux familles Zhou. Pingtan a été bannie d’Indonésie en 2014 par la ministre de la Pêche, Susi Prudjiastuti, et il lui est toujours interdit d’y revenir.

L'Ocean Warrior et la flotte du Fu Yuan Yu près de la côte du Timor Oriental. Photo Jake Parker/Sea ShepherdL'Ocean Warrior et la flotte du Fu Yuan Yu près de la côte du Timor Oriental. Photo Jake Parker/Sea Shepherd

La campagne de Sea Shepherd au Timor oriental

C’est suite aux appels publics d’habitants du Timor oriental, se déclarant incapables de savoir à quoi était occupée cette flotte, invisible des côtes, que Sea Shepherd a décidé d’envoyer l’Ocean Warrior en mission de reconnaissance, afin de recueillir et d’enregistrer des éléments de preuve. Ces éléments de preuve ont été transmis aux autorités et aux citoyens du Timor oriental, dans l’espoir qu’ils puissent à l’avenir annuler des licences, quand elles faisaient l’objet de tels abus.

Les inspections du 9 septembre ont permis de recueillir tout un ensemble d’images et de données partagées avec la PNTL ainsi que d’autres autorités. Gary Stokes, directeur de campagne et directeur de Sea Shepherd Global pour l’Asie, a de plus rencontré ce jour l’ancien Premier ministre et président du Timor oriental, le prix Nobel de la Paix José Ramos-Horta : "Il faut mettre fin aux activités de pêche étrangères peu scrupuleuses au Timor-Leste," a déclaré Ramos-Horta. "Nous devons protéger nos ressources naturelles, c’est un affront."

À l’heure de la diffusion de ce communiqué, l’Ocean Warrior surveille la flotte, qui mouille près de Vemasse, sur la côte nord, attendant l’avitaillement. La crainte de Sea Shepherd est que la flotte puisse reprendre la fuite, en raison d’importants accords financiers signés par des fonctionnaires corrompus pour qu’elle soit relâchée. "Hélas, l’excellent travail accompli par la PNTL et par Sea Shepherd sera vain et ces terroristes des mers échapperont une fois de plus à la justice," déplore Gary Stokes.

Le Dr Jose Ramos-Horta et Gary Stokes, directeur de Sea Shepherd Asia. Photo Sea ShepherdLe Dr Jose Ramos-Horta et Gary Stokes, directeur de Sea Shepherd Asia. Photo Sea Shepherd

Braconniers et violations en matière de filets maillants dérivants

Sea Shepherd a trouvé une flottille supplémentaire, de trois navires, appartenant à Hong Dong Pelagic Fisheries en train de pêcher illégalement dans la même zone. En dépit d’une licence accordée par le Timor oriental, on l’a observée déployer plus de 2 x 10 km de filets maillants dérivants par bateau, bien plus que les 2,5 km maximum autorisés par les lois internationales. Sea Shepherd remplira un rapport détaillant ses découvertes à l’État dans lequel sont immatriculés ces navires, ainsi qu’à Interpol, à la CITES, à la CTOI ainsi qu’à d’autres autorités concernées.

L’année dernière, six navires pratiquant illégalement la pêche au filet maillant dérivant ont été trouvés dans l’océan Indien par un navire de Sea Shepherd, qui a fait appel à la Chine pour traduire en justice ces opérations de braconnage privé. La Chine, qui prend très au sérieux la pêche INN, a immédiatement ouvert une enquête et rappelé ces bateaux afin qu’ils soient inspectés. "Elle a découvert que trois des six navires pratiquaient une pêche illégale, a poursuivi l’entreprise et annulé la licence de pêche des capitaines," relate Gary Stokes. "Nous espérons que la Chine adoptera ces mêmes mesures strictes à l’encontre de ces navires contrevenants."

 


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