Opération Siracusa 2018 de Sea Shepherd : des braconniers arrêtés

Sea Shepherd Italie a lancé sa campagne « Opération Siracusa 2018 » avec l’annonce de l’arrestation de braconniers dans le parc marin de Plemmirio.

Aux premières lueurs du matin du 23 juillet, les membres de Sea Shepherd qui patrouillaient dans l’aire protégée de Plemmirio ont aperçu deux plongeurs au tuba qui ramassaient illégalement des oursins de mer dans la zone B de la réserve. L’autorité portuaire est intervenue rapidement et, en plus des sanctions prévues, a saisi l’équipement des braconniers. La Garde côtière est intervenue pour localiser les oursins dissimulés avec l’aide de Sea Shepherd. La totalité des 1000 oursins a pu être relâchée dans l’aire marine protégée.

Plus tard dans la journée, Sea Shepherd a immédiatement alerté les autorités après avoir repéré un bateau pêchant illégalement à l’aide de filets dans une autre aire protégée dans la zone C de la réserve. La garde côtière s’est déplacée pour arrêter le bateau et l’escorter vers le port.

L’Opération Siracusa compte 42 bénévoles pour la préservation et la protection des oursins de mer et des Mérous bruns dans le parc marin de Plemmirio. Ces bénévoles collaborent avec les autorités locales telles que la police financière (Guardi di Finanza), la Garde côtière, les carabiniers, la police d’Etat (Polizia di Stato), la police environnementale (Polizia Ambientale), la Polizia Provinciale et la direction du parc (Ente Parco).

En faisant rapidement état auprès de la police des activités illégales perpétrées dans la réserve, Sea Shepherd a de nouveau porté un coup majeur au braconnage cette année.

« La pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) est la cible naturelle de Sea Shepherd, surtout quand elle se produit dans des zones protégées. Sea Shepherd continuera de patrouiller en collaboration avec les autorités locales pour protéger, défendre et préserver les vies marines de ceux que nous appelons « nos clients ». Les bénévoles, originaires de toutes les régions d’Italie, sont venus consacrer leur temps et leurs vacances à la protection de ce qu’il y a de plus important : la vie marine. Leur travail a immédiatement produit ses premiers effets : 1000 oursins de mer relâchés et rendus à leur habitat » a déclaré Andrea Morello, présidente de Sea Shepherd Italie, qui a pris part à l’opération.

Historique de la campagne

Le parc marin de Plemmirio est classé « Area Specialmente Protetta di Interesse Mediterraneo » (ASPIM) (Aire spécialement protégée d’intérêt méditerranéen). Cette distinction est conférée aux zones de haute importance pour la préservation de la biodiversité de la Méditerranée, qui doivent donc être protégées.

L’Opération Siracusa, qui se poursuit pour la cinquième année, encourage le respect de la vie par la protection, la défense et la préservation de ce merveilleux écosystème et de toutes les espèces qui y vivent. C’est un message fort à l’égard des braconniers qui agissent dans les zones protégées de Plemmirio.

L’Aire marine protégée de Plemmirio est divisée en trois zones suivant différents niveaux de protection pour l’écosystème marin, de A à C. La zone A est la plus protégée : les bateaux ne sont pas autorisés à y transiter ou à s’y arrêter, la pêche y est totalement interdite et la plongée au tuba n’est pas autorisée. La pêche sous-marine, la plongée au tuba et la plongée libre sont interdites dans les trois zones.

La Namibie s’allie à Sea Shepherd pour lutter contre les crimes de pêche

Les responsables de la conformité du Ministère namibien des Pêches et des Ressources Marines (MFMR) et l’équipage de Sea Shepherd, à bord de l’Ocean Warrior, ont mené avec succès des activités de surveillance dans la zone économique exclusive (ZEE) de la Namibie entre le 26 avril et le 15 juin 2019, obligeant les chalutiers-usines illégaux à abandonner la côte des Squelettes.

Officiers de la Namibie et l’équipage de l’Ocean Warrior de Sea Shepherd

L’objectif premier de ces patrouilles conjointes consistait à s’attaquer à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) ayant cours dans les eaux namibiennes. Ces initiatives ont accompagné le Ministère et d’autres autorités policières et judiciaires namibiennes dans le processus qui consistait à repousser les chalutiers-usines illégaux et étrangers en dehors de la zone économique exclusive du pays, parce qu’ils étaient suspectés d’avoir ciblé les stocks de chinchard par le biais d’activités INN.

Le capitaine de Giorgi avec les officiers de la police Namibienne sur l’Ocean Warrior

Les grands chalutiers-usines étrangers -anciennement fabriqués en Union soviétique- se sont montrés particulièrement actifs aux frontières, se sont introduits de nuit dans la zone économique exclusive, et ont pillé les ressources en poissons, majoritairement du chinchard, au large de la célèbre côte des Squelettes. Ces incursions illégales ont été compliquées par un brouillard épais et des naufrages dans la zone, des circonstances qui ont rendu la détection difficile.

Officier de la police Nimibienne sur l'Ocean Warrior

Les prises illégales ont ensuite été transbordées jusqu’à des navires cargo réfrigérés, connus sous le nom de navires frigorifiques, qui attendaient de pouvoir charger le poisson pêché illégalement en dehors de la ZEE namibienne. Ces navires cargo réfrigérés sont l’un des contributeurs majeurs à la pêche INN : ils mélangent les prises légales aux prises illégales, rendant ainsi impossible la vérification de l’origine des prises. C’est pourquoi l’Acte sur les ressources marines namibiennes interdit le transbordement en mer : celui-ci n’est autorisé à avoir lieu que dans un port et en présence d’agents de la force publique.

Sea Shepherd poursuit un navire de pêche suspect la nuit

A la suite de ces intrusions, l’Ocean Warrior a commencé, sous le commandement de l’Amiral bénévole de Sea Shepherd Giuseppe de Giorgi (Ret.), ancien chef de l’équipage de la marine italienne (2013-2016), à patrouiller dans les eaux se trouvant au nord de la Namibie le 26 avril, ceci sous la direction de responsables namibiens de l’application des lois (inspecteurs des pêcheries et officiers de police), afin de mettre un terme aux incursions des grands chalutiers-usines étrangers qui avaient passé la frontière maritime au nord pour entrer dans les eaux nationales et braconner du chinchard. L’opération conjointe a été baptisée “Opération Vanguard”.

Inspection du  F/V Cavemas Star

Le 26 avril, cette opération a intercepté un navire de pêche illégale se déplaçant à une vitesse de chalutage, à 20 milles nautiques au sud de la frontière angolaise. Lorsqu’il a aperçu l’Ocean Warrior, le navire a immédiatement changé de cap en vue de fuir l’arrestation. L’Ocean Warrior s’est approché à 300 mètres, opérant à petite distance afin de ralentir le grand navire. Ce dernier, non identifié, ne présentait aucune inscription visible, et il a malheureusement été impossible de monter à son bord, du fait de conditions météorologiques défavorables.

Inspection du  F/V Cavemas Star

Cependant, la confrontation et la vue d’une patrouille au large de la côte des Squelettes a eu un effet dissuasif sur les braconniers puisqu’aucune incursion n’est survenue depuis l’interception, ce qui apporte la preuve que les patrouilles conjointes ont un effet dissuasif qui pourra permettre aux stocks de chinchard du nord de la Namibie de se reconstituer après la pression exercée par ces actes criminels.

Inspection du  F/V Cavemas Star

La Namibie possède l’une des plus riches zones de pêche au monde, notamment depuis que le gouvernement namibien a considérablement réduit le nombre de navires de pêche pêchant le chinchard sous licence légale dans les eaux namibiennes. Mais la pêche illégale a récemment connu une augmentation depuis que les navires de pêche, autrefois sous licence légale, ont monté des opérations dans d’autres pays en vue de braconner dans les eaux situées au nord de la Namibie.

Inspection du F/V Noverdorn

Le chinchard figure sur la liste de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) comme espèce vulnérable, avec une population décroissante dans les zones de pêche illégale. Néanmoins, les ressources namibiennes en chinchard, au même titre que toutes les ressources issues de la pêche, sont prélevées sur une base durable, d’où l’importance de maintenir les pêcheurs pratiquant la pêche INN en dehors des eaux namibiennes.

Inspection du F/V Noverdorn

« Le gouvernement namibien a certes pris des mesures de conservation pour protéger le chinchard, et celles-ci sont essentielles à l’économie et à la santé de l’écosystème du pays. Mais lesdites mesures doivent également inclure des patrouilles en mer. Avec l’Opération Vanguard, les criminels qui pillent les eaux namibiennes au large de la côte des Squelettes ont reçu le message que le gouvernement est vigilant dans la défense de ses pêcheries« , a déclaré Son Excellence Bernhard Esau, le Ministre des Pêches et des Ressources Marines (MFMR) après avoir donné des instructions au Directeur des Opérations du Ministère.

Depuis 2016, Sea Shepherd travaille avec les gouvernements du Gabon, du Liberia, de Sao Tomé-et-Principe, du Bénin et de Tanzanie pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée en mettant à disposition des états africains côtiers l’utilisation de navires de patrouille côtiers civils. Ainsi, les autorités peuvent faire appliquer les réglementations et les lois de conservation liées aux pêcheries au sein de leurs eaux territoriales. A ce jour, ces partenariats uniques ont permis l’arrestation de 30 navires impliqués dans la pêche illégale ou d’autres crimes ayant trait aux pêcheries.

Le Ministère des Pêches et des Ressources Marines considère que ce partenariat est d’une grande importance dans le processus d’éradication de la pêche INN au sein de la zone économique exclusive et continuera d’avoir recours à la généreuse contribution de Sea Shepherd. Le Ministère a par ailleurs ajouté que les sanctions juridiques infligées aux braconniers seraient sévères.

APPEL A LA MOBILISATION – NOUS AVONS JUSQU’A LUNDI !!! CONSULTATION PUBLIQUE POUR LES DAUPHINS VICTIMES DE LA PÊCHE

En février dernier, nous diffusions les images de dauphins capturés par des chalutiers français pêchant le bar. Ce sont des milliers de dauphins qui subissent ce triste sort chaque année le long des côtes françaises dans l’opacité la plus complète.

Photo 1 dans les Landes © Maxppp - LE DEODIC Davidphoto : Sea Shepherd

Lors de l’opération DolphinByCatch, nous dénoncions le fait que le gouvernement français était hors la loi en manquant à son obligation de nommer un organisme en charge de recevoir les déclarations de captures de dauphins. Un vide juridique qui arrange tout le monde, ministères et pêcheurs responsables des captures.

L’État lance donc une consultation publique sur ce qui en apparence est une volonté de remédier au problème. En apparence seulement car tout en garantissant l’anonymat complet des navires, aucune surveillance obligatoire à bord n’est prévue donc les déclarations reposent uniquement sur la bonne volonté des pêcheurs, comme si on demandait aux automobilistes de déclarer leurs excès de vitesses à la gendarmerie… De plus aucun délai de déclaration n’est prévu. Ces déclarations – pour ce qu’elles vaudront – ne seront pas traitées par un organisme indépendant mais par le gouvernement lui même via l’Ifremer. Ce même gouvernement qui couvre ces captures depuis 30 ans.

SEA SHEPHERD DEMANDE QUE SOIENT INCLUS LES AJOUTS SUIVANTS :

– Embarquement systématique d’observateur sur les « arts trainants » et les pêcheries identifiées comme problématique pour les captures.

Photo 1 dans les Landes © Maxppp - LE DEODIC DavidPhoto : dans les Landes © Maxppp – LE DEODIC David

– Présence obligatoire d’un système vidéo embarqué qui devra être contrôlé par un organisme indépendant.

– Instauration d’un délai de déclaration en cohérence avec les actes de pêche : au plus tard à la fin de l’acte de pêche pour les fiches et dans les 24h maximum sur les logbooks.

VOUS AUSSI, EXPRIMEZ VOUS EN MASSE ET FAITES TOURNER ! C’EST LE MOMENT ! MERCI !!!!

Consultation publique jusqu’au 23 juillet 2018 sur le lien suivant :
http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projet-d-arrete-portant-modification-de-l-article-a1844.html

Opération Jodari : Six mois de patrouilles conjointes pour contrecarrer les activités de pêche illégale en Tanzanie

Les forces de l’ordre tanzaniennes, Fish-i-Africa et l’équipage de Sea Shepherd ont patrouillé durant six mois à bord de leur navire, l’Ocean Warrior. Une coalition qui a permis de mettre à mal la pêche illégale dans les eaux tanzaniennes. L’Opération Jodari, la première campagne menée par ce partenariat unique entre des organisations civiles et un gouvernement, a conduit à l’arrestation de deux palangriers pour pêche illégale d’ailerons de requin et de vingt-sept boutres pour contrebande, ainsi qu’à la condamnation de dix-neuf navires à une amende pour avoir fui les eaux territoriales tanzaniennes afin d’éviter les arraisonnements et les inspections. Les patrouilles reprendront après un arrêt planifié pour la maintenance et les réparations de l’Ocean Warrior.

« Les six mois de patrouilles chapeautées par un gouvernement tanzanien impliqué dans la lutte contre les crimes de pêche ont porté leurs fruits : les braconniers ont définitivement mis les voiles. Cette victoire montre l’importance de former de nouveaux partenariats dans la région de l’océan Indien occidental, tout en continuant à travailler à l’unisson avec les autorités tanzaniennes qui constituent un exemple dans la lutte contre la pêche illégale, aussi bien localement que mondialement. La Tanzanie a montré la voie au monde entier« , a déclaré le directeur de campagnes de Seai Shepherdi Global, Peter Hammarstedt.

Deux palangriers arrêtés pour pêche illégale d’ailerons de requin

Des patrouilles dans la zone économique exclusive (ZEE) tanzanienne, auparavant en dehors de la juridiction des autorités de pêche, ont conduit à l’arrestation de deux navires de pêche battant pavillon étranger pour pêche illégale d’ailerons de requin. À bord de l’un des navires, le Buah Naga 1, les forces de l’ordre tanzaniennes ont découvert une arme à feu non déclarée dont le capitaine se servait pour menacer son équipage. À l’heure actuelle, le capitaine, l’armateur et l’agent maritime du Buah Naga 1 sont toujours en détention et font l’objet d’accusations criminelles.

Dix-neuf navires de pêche condamnés à une amende pour s’être soustraits à la justice

Depuis l’arraisonnement de deux navires de pêche et la condamnation à une amende de 19 milliards de shillings tanzaniens (6 865 160 euros) de dix-neuf autres navires qui avaient fui la Tanzanie pour éviter les inspections post-pêche obligatoires, on n’a observé pratiquement aucune activité de pêche dans les eaux tanzaniennes.

L’équipe d’intervention multi-agences (la MATT, Multi-Agency Task Team), dirigée par le service de police de la Tanzanie (Tanzania Police Force), comprend les services forestiers tanzaniens (TFS), la Division de la faune sauvage, la Division des pêches, ainsi que les services de renseignement et de sécurité tanzaniens. Celle-ci estime que ces 19 navires en règle ont fui le pays parce qu’ils transportaient des cargaisons illégales d’ailerons de requin, alors qu’ils ne possédaient qu’une licence pour pêcher le thon.

Vingt-sept boutres arrêtés pour contrebande

Depuis le début de l’Opération Jodari, l’Ocean Warrior a également surveillé les routes les plus fréquentées par les contrebandiers entre l’île de Zanzibar et la partie continentale de la Tanzanie.

Vingt-sept boutres – ces bateaux de marchandise traditionnels qui commercent habituellement dans l’océan Indien – ont été arrêtés pour avoir fait passer des chargements illégaux de bois de mangrove destinés à être vendus sur le marché noir et pour la traite de personnes, entre autres accusations.

La loi tanzanienne protège strictement les marais à mangroves, car ce sont des habitats essentiels pour de nombreuses espèces de mollusques et de poissons qui y fraient et s’y nourrissent. Ces milieux sont donc également importants pour l’économie des communautés locales, en particulier les pêcheurs artisanaux.

Malgré les efforts assidus du gouvernement tanzanien pour protéger ces marais à mangroves, l’exploitation abusive de certaines zones a rendu la régénération naturelle impossible sans l’intervention des services de l’État. Le démantèlement des opérations de contrebande de bois en mer représente une part importante de cette intervention humaine et a permis de fournir des renseignements pouvant être utilisés par les autorités pour entreprendre des opérations à terre contre le commerce très lucratif de la contrebande du bois de mangrove.

Opération Jodari

L’Opération Jodari vise à contrôler toutes les activités des navires évoluant dans les eaux tanzaniennes, en arraisonnant ceux suspectés de pêche INN et en formant les agents tanzaniens au suivi, au contrôle et à la surveillance (MCS) de la pêche dans les eaux territoriales, notamment l’inspection des bateaux et les procédures d’abordages.

À bord de l’Ocean Warrior de Sea Shepherd, les forces de l’ordre, les autorités tanzaniennes de pêche hauturière, la marine tanzanienne, l’agence tanzanienne pour le contrôle des stupéfiants et une équipe d’intervention multi-agences (la MATT) travaillent aux côtés du capitaine Adam Meyerson et de l’équipage de Sea Shepherd pour surveiller les eaux territoriales de Tanzanie. Les représentants de la loi ont le droit d’aborder, d’inspecter et d’arrêter les navires qui violent la loi tanzanienne. L’équipe d’intervention multi-agence (la MATT), dirigée par le service de police de la Tanzanie (Tanzania Police Force), comprend les services forestiers tanzaniens (TFS), la Division de la faune sauvage, la Division des pêches, ainsi que les services de renseignement et de sécurité tanzaniens. Sa mission consiste à surveiller les individus et les réseaux à la tête de la criminalité environnementale et du commerce illégal d’espèces sauvages.

On estime qu’entre 11 et 26 millions de tonnes de poissons sont capturés annuellement à travers le monde par la pêche INN. Les pays en développement sont particulièrement vulnérables ce type de pêche, au profit de laquelle la région de l’océan Indien occidental perd chaque année environ 1 milliard de dollars.

Il est également important de mentionner le soutien de Fish-i-Africa dans l’Opération Jodari. En effet, ce partenariat entre huit pays d’Afrique de l’Est (dont les Comores, le Kenya, Madagascar, la République de Maurice, le Mozambique, les Seychelles et la Somalie) favorise l’échange d’informations et la coopération régionale pour lutter contre la pêche illégale de grande envergure dans l’océan Indien occidental.

Une société baleinière islandaise tue une baleine bleue, espèce menacée

Les bénévoles de Sea Shepherd qui surveillent la station baleinière « Hvalur hf » à Hvalfordur, en Islande, ont documenté l’abattage d’une baleine bleue, une espèce menacée, dans la nuit du 7 juillet. Ce rorqual était la 22ème baleine d’une espèce menacée tuée et dépecée par la société baleinière commerciale de Kristján Loftsson, depuis le 20 juin, pour être exportée au Japon.

Bien que les 21 premières baleines tuées étaient des rorquals communs, une espèce également menacée – que le gouvernement islandais a permis à la société de M. Loftsson de massacrer malgré son statut d’espèce menacée et le moratoire international sur la chasse commerciale à la baleine – ils n’ont aucune autorisation pour tuer des baleines bleues.

Aucune autre nation, pas même le Japon ou la Norvège, ne tuent de rorquals communs et il n’y a pas eu une seule baleine bleue harponnée par qui que ce soit depuis 50 ans jusqu’à celle-ci, harponnée par le Hvalur 8.

Les employés de la station baleinière de M. Loftsson ont pris la pose pour des photos à côté et même sur la baleine, signe qu’ils savaient pertinemment qu’il s’agissait d’une baleine bleue rare. Kristján Loftsson a ensuite donné l’ordre à ses employés de dépecer la baleine, comme s’il s’agissait d’un autre rorqual commun. La viande, la peau, les os et la graisse étant désormais mélangés avec ceux des autres rorquals communs chassés précédemment, il sera extrêmement difficile, voire impossible de l’identifier lors d’éventuelles inspections par les autorités.

La Commission Baleinière Internationale (CBI) a interdit toutes les activités commerciales de chasse à la baleine. Les baleines bleues et les rorquals communs sont protégés par la Convention Internationale sur le Commerce des Espèces Menacées (CITES).

Les photos et vidéos prises par l’équipe de Sea Shepherd UK (Royaume-Uni) sur le terrain, à proximité de la station baleinière, rendent possible l’examen des facteurs d’identifications des espèces comme la couleur et les motifs de la peau, la couleur des fanons, la forme de la nageoire dorsale et caudale. D’après plusieurs experts scientifiques, spécialistes de l’identification des baleines, contactés par Sea Shepherd, il ne fait aucun doute qu’il s’agit bien d’une baleine bleue.

« Bien que je ne puisse pas totalement écarter la possibilité que ce soit un hybride, je ne vois aucune caractéristique qui suggèrerait cela. D’après les photos, toutes les caractéristiques d’une baleine bleue sont présentes ; cela implique – notamment le motif de coloration – qu’il n’y a quasiment aucune chance qu’un observateur expérimenté ait pu confondre en mer cette espèce avec une autre » – Dr Phillip Clapham, NOAA Centre scientifique des pêcheries d’Alaska.

Le capitaine Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd, en appelle aux autorités islandaises pour mettre un terme aux crimes contre l’environnement de Kristján Loftsson. « Cet homme doit être empêché de violer implacablement, comme il le fait, les lois internationales de conservation et de porter un tel discrédit à la nation islandaise. Il ne saurait y avoir aucune justification légale pour un tel crime« .

Le capitaine Paul Watson a passé plus d’un demi siècle à protéger les baleines. Après avoir vu les photos et vidéos prises par ses équipes en Islande il a déclaré : « J’ai vu de nombreuses baleines bleue à la surface et plongé avec elles sous la surface en Australie de l’Ouest, au large de la Californie, dans l’océan Austral et dans les eaux de Terre-Neuve. Je sais reconnaître une baleine bleue lorsque j’en vois une et cette baleine massacrée par Kristján Loftsson est bien une baleine bleue« .

Le leader des opérations de Sea Shepherd UK, Rob Read a dit : « Le crime commis contre cette baleine emblématique doit donner lieu à une enquête approfondie par des inspecteurs indépendants, avec des échantillons d’ADN pris sur la viande et les restes stockés dans la station baleinière et les entrepôts de M. Loftsson puisque la baleine a été dépecée et retirée de la vue pour potentiellement cacher les preuves puisque M. Loftsson n’a aucune autorité (même en Islande) pour tuer une baleine bleue. En plus, des échantillons d’ADN environnemental devraient être prélevés sur les équipements et les containers de la station baleinière pour rechercher des traces d’ADN de baleine bleue, au cas où les parties dépecées auraient été évacuées pour masquer cette dernière atrocité« .

Sea Shepherd a une équipe sur le terrain depuis le début du massacre des rorquals communs le 20 juin. Leur but est de documenter chaque prise de baleine pour la totalité de la saison de chasse.

Opération Albacore III : Trois bateaux arrêtés pour pêche illégale

Un an après que le président gabonais Ali Bongo Ondimba a annoncé la création de neuf nouveaux parcs nationaux marins et 11 nouvelles réserves aquatiques à la Conférence des Nations Unies sur les océans qui se tenait à New York, le groupe de conservation marine Sea Shepherd est retourné au Gabon pour assister le gouvernement dans la lutte contre la pêche illégale dans ce qui est désormais le plus grand réseau d’aires marines protégées d’Afrique.

L’Opération Albacore III est la troisième campagne de Sea Shepherd en partenariat avec le gouvernement gabonais pour s’attaquer à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) en Afrique du Centre-Ouest. Tout au long de la saison de pêche au thon 2018, la Marine gabonaise, les inspecteurs de l’Agence Nationale des Pêches et l’Aquaculture (ANPA) et les rangers de l’Agence Nationale des Parcs Nationaux (ANPN) seront à bord du navire de Sea Shepherd, le M/Y Bob Barker, collaborant avec l’équipage de Sea Shepherd pour patrouiller dans les eaux territoriales gabonaises. Ces patrouilles offrent un moyen supplémentaire aux autorités judiciaires pour défendre, préserver et protéger l’habitat fragile du thon en Afrique centrale.

Les nouvelles de la campagne ont été officiellement publiées après l’arrestation de deux chalutiers, le F/V Jin Li 961 et le F/V Jin Li 962, qui pêchaient illégalement dans les eaux septentrionales du Gabon. Les chalutiers ont été détectés par le radar du M/Y Bob Barker alors qu’ils traversaient la frontière de la Guinée Equatoriale voisine pour pêcher dans des réserves marines protégées par la loi gabonaise. Des militaires armés de la Marine gabonaise ont abordé et sécurisé les deux chalutiers sans heurts ni encombres tandis que les agents de l’ANPA et de l’ANPN procédait aux inspections, au cours desquelles ils ont découvert un requin tigre aux ailerons coupés dans la cale de l’un des bateaux, et des preuves de pêche dans la réserve du Cap Esterias. Les deux bateaux sont maintenant détenus dans le port de Libreville.

Un autre navire, le F/V Hua Yi 5, a été arrêté plus tôt cette année à la frontière congolaise dans la réserve aquatique du Grand Sud du Gabon, pour avoir pêché au Gabon sans autorisation.

L’Opération Albacore III vise à défendre les aires marines protégées du Gabon nouvellement créées, à repérer et prévenir les activités de pêche INN, à surveiller la légalité des licences de pêche des opérateurs et à étendre les mesures actuelles de surveillance et de contrôle.

Equipage à bord du M/Y Bob Barker pour l’Opération Albacore 3. Photo by Tony Fenn James/Sea ShepherdEquipage à bord du M/Y Bob Barker pour l’Opération Albacore 3. Photo by Tony Fenn James/Sea Shepherd

Le combat contre la pêche INN

On estime qu’entre 11 et 26 millions de tonnes de poissons sont capturés chaque année dans le monde à travers la pêche INN. Les pays en développement sont particulièrement vulnérables à la pêche INN : jusqu’à 40% des poissons pris dans les eaux d’Afrique de l’ouest le sont par des opérateurs criminels.

Le capitaine du M/Y Bob Barker, Peter Hammarstedt de Sea Shepherd a déclaré : « Les nouvelles lois et mesures de conservation supposent une augmentation des capacités de police, c’est pourquoi Sea Shepherd est déterminée à poursuivre son partenariat avec le gouvernement du Gabon, pour contribuer à la protection de la plus grande aire marine protégée d’Afrique. Le Gabon est une figure de proue régionale en matière de gestion des espaces protégés et c’est un privilège de s’associer avec les autorités gabonaises sur le front de la défense de la vie marine d’Afrique.« 

En 2016, Sea Shepherd a noué un partenariat avec le gouvernement du Gabon pour la première Opération Albacore, qui a depuis permis l’inspection en mer de plus de 80 navires et l’arrestation ultérieure de neuf navires de pêche illégale.