Opération Treasured Islands : Sea Shepherd poursuit et intercepte un navire braconnier dans une réserve mondiale de l’UNESCO

Hier, 31 octobre à 00h55, le Sharpie, navire de Sea Shepherd, a repéré un bateau suspecté de pêcher illégalement au sein de la réserve marine de l’archipel de Revillagigedo au Mexique. Toute activité de pêche est strictement interdite dans cette réserve, qui est une zone classée au patrimoine mondial de l’UNESCO et se trouve également être la plus grande aire marine protégée d’Amérique du Nord.

En collaboration avec les autorités mexicaines, notre navire a approché le bateau suspecté de pêcher illégalement pour rassembler des preuves de son activité.

Lorsque nous nous approchions du navire de pêche, le senneur Maria Victoria, ce dernier a tenté de fuir et a accéléré vers la limite extérieure de la réserve. Le Sharpie a réussi à l’intercepter juste avant qu’il ne sorte de la réserve. Le Maria Victoria s’est défendu de toute infraction, mais son équipage a été vu en train de retirer des engins de pêche de l’eau.

Suite à cette rencontre, tous les autres navires suspectés de pêcher illégalement au sein de la réserve marine ont fui la zone. Les autorités mexicaines ont en effet pu observer leurs mouvements vers l’extérieur et ont reconnu l’efficacité de la présence et du travail de Sea Shepherd dans ce parc national.

Le message aux braconniers est très clair : « Nous sommes là, nous vous voyons et nous n’allons pas bouger d’ici« .

Chaque arrestation que Sea Shepherd permet est un coup porté contre la pêche illégale (pêche INN) et une bouffée d’oxygène apportée aux écosystèmes menacés.

Sea Shepherd conclut l’Opération Albacore III contre la pêche illégale en Afrique centrale

Le départ du navire Bob Barker de Port Gentil au Gabon marque officiellement la fin de l’Opération Albacore III. De même qu’au cours de précédentes campagnes de l’Opération Albacore, la marine gabonaise (Marine Nationale) et les inspecteurs de l’autorité de contrôle des pêches (ANPA) étaient présents à bord du Bob Barker, travaillant avec Sea Shepherd pour patrouiller dans les eaux territoriales du Gabon. Le pays disposant du plus grand réseau d’aires marines protégées d’Afrique, dont 9 nouveaux parcs marins nationaux et 11 nouvelles réserves aquatiques créées à l’initiative du Président Ali Bongo Ondimba pour la préservation de plus de 26% des eaux du Gabon, des rangers de l’Agence nationale des parcs nationaux ont participé aux quatre mois de patrouilles en mer.

L’équipage du Bob Barker avec le capitaine Anteo Broadfield et la police gabonaise. Photo : Flavio Gasperini/ Sea ShepherdL’équipage du Bob Barker avec le capitaine Anteo Broadfield et la police gabonaise. Photo: Flavio Gasperini/ Sea Shepherd

Trois chalutiers illégaux arrêtés dans des réserves aquatiques

L’Opération Albacore III a débuté avec l’arrestation du Hua Yi 5, un chalutier battant pavillon congolais pris en flagrant délit de pêche non déclarée dans les eaux gabonaises dans la réserve marine du Grand Sud du Gabon, à la frontière avec le Congo-Brazzaville.

Cette arrestation a précédé celle de deux autres chalutiers, cette fois-ci à la frontière nord entre le Gabon et la Guinée Equatoriale. Les bateaux de pêche Jin Li 961 et Jin Li 962, deux chalutiers sous pavillon chinois, ont été surpris par le Bob Barker alors qu’ils traversaient la frontière entre la Guinée Equatoriale et le Gabon pour braconner dans la réserve marine du Cap Esteria, une zone interdite à la pêche. A bord de l’un de ces chalutiers, les inspecteurs gabonais ont découvert un requin tigre dont les ailerons avaient été coupés. Les deux bateaux sont toujours détenus dans le port de Libreville.

Après les arrestations aux frontières nord et sud du Gabon, les patrouilles ont permis, comme escompté, de dissuader les pêcheurs pirates, puisqu’aucune intrusion n’a été relevée par la suite.

Un navire européen de pêche commerciale appréhendé pour pêche aux ailerons de requin.

Après ce coup d’arrêt à la pêche illégale dans les réserves marines du Gabon, le Gabon et Sea Shepherd se sont une fois de plus associés avec l’Etat insulaire d’Afrique centrale São Tomé et Príncipe pour patrouiller dans les eaux de ce pays. Opérant à bord du Bob Barker, les garde-côtes et les inspecteurs des pêches de São Tomé et Principe ont procédé à l’arrestation d’un palangrier, battant pavillon sénégalais, mais rattaché à l’Espagne, pour pêche aux ailerons de requins.

Bien que le palangrier disposait d’une licence pour la pêche au « thon et espèces similaires », les inspections ont révélé que les cales du Vema étaient remplies de deux tonnes de requins uniquement, principalement des requins bleus, classés comme « quasi menacés » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Les ailerons étaient séparés des corps.

La règlementation de São Tomé de la pêche qui interdit le traitement des ailerons en mer est une mesure de préservation qui assure que les corps des requins ne sont pas rejetés en mer pour faire de la place aux ailerons, bien plus rentables, ce qui conduirait à la mort de bien plus de requins.

L’arrestation du Vema est le quatrième coup de filet mené ces quatre dernières années, dont trois sont le fruit d’opérations conjointes entre São Tomé et Príncipe et le Gabon, avec l’assistance de Sea Shepherd.

Interdiction de mise en place délibérée de filets pour la capture des baleines et des requins baleines

Trois années de patrouilles dans le cadre de l’Opération Albacore, associées aux suivis réalisés par les observateurs gabonais, ont révélé que certains senneurs industriels encerclaient délibérément les baleines et les requin-baleines avec leurs sennes, sachant que les thons, à la recherche de nourritures similaires, se regroupent autour d’eux.

Les baleines et les requin-baleines pouvaient rester coincés plusieurs heures dans les filets car les pêcheurs n’ouvraient les filets qu’une fois les poissons à bord. A ce moment-là, les chances de survie étaient faibles pour les baleines et requin-baleines pris de panique.

D’après la nouvelle règlementation, si des baleines ou des requins-baleines sont capturés accidentellement dans une senne coulissante, les filets doivent être immédiatement ouverts, même si le navire de pêche risque d’y perdre l’intégralité de sa capture de thon. Ces règles vont sauver la vie de nombreux mammifères marins et requin-baleines et illustrer l’importance des abordages et des inspections menés par les autorités en mer.

Dispositifs de concentration de poisson bientôt interdits

Avant l’Opération Albacore, les dispositifs de concentration de poissons, appelés DCP, n’étaient pas règlementés. Un DCP est un objet flottant, généralement en plastique, qui attire les poissons. Les équipements de communication sonar et satellite adaptés à la technologie de pointe des DCP alertent les bateaux de pêche de la présence de poissons. Les DCP posent problème parce qu’ils conduisent à un plus grand nombre de prises accessoires, ou prises accidentelles, de requins et de poissons juvéniles. En ce qui concerne ces derniers, la pêche avec DCP dans les eaux du Gabon a fait grimper à près de 80% le taux d’individus immatures capturés chez les thons, contre 12% sur des bancs de thons non concentrés. Le Gabon régule désormais le nombre de DCP qui peuvent être déployés par bateau et un mouvement émerge au Gabon qui souhaite interdire totalement les DCP. Cette initiative sauvera d’innombrables requins.

L’Opération Albacore continue

L’Opération Albacore III se termine avec le départ du Bob Barker des eaux gabonaises, néanmoins Sea Shepherd est déterminée à poursuivre sa collaboration avec le Gabon et les autres partenaires régionaux pour défendre, préserver et protéger le Golfe de Guinée de pratiques de pêche illégales et destructrices.

Sea Shepherd lance l’Opération Mamacocha : une nouvelle campagne avec le navire Brigitte Bardot

L’Opération Mamacocha a pour but de lutter contre la pêche Illicite, Non déclarée et Non réglementée (INN) dans le couloir du Pacifique tropical oriental, riche en biodiversité.

La campagne couvre près de deux millions de kilomètres carrés d’océan. Le corridor englobe les eaux, les côtes et les îles situées au large du Costa Rica, du Panama, de la Colombie, de l’Équateur et du Pérou, comprenant également les îles et la réserve marine des Galápagos, l’île Cocos, l’île Malpelo et le parc national de Coiba, tous classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Photo: Sea Shepherd

En raison de la convergence des principaux courants océaniques, les eaux du Pacifique tropical oriental sont incroyablement riches en nutriments et en biodiversité. Elles abritent 88 espèces de requins, des mantes océaniques géantes, des tortues de mer, des dauphins et des baleines bleues, ainsi que des milliers d’autres espèces.

Ces zones sont menacées par la pêche illégale. Le Brigitte Bardot est actuellement dans la région :
• pour empêcher cette pêche INN,
• rassembler des renseignements et signaler des activités illégales aux organismes régionaux fédéraux chargés de l’application de la loi,
• mais aussi pour patrouiller dans des zones situées en dehors des frontières nationales dissuadant ainsi les navires illégaux en haute mer.

Nous continuons aussi à fournir un soutien juridique par le biais de notre division Sea Shepherd Legal afin de garantir que les infractions signalées soient correctement traitées et que la dissuasion de la pêche INN puisse être mise en œuvre à long terme.Logo de l'Opération MamacochaLogo de l’Opération Mamacocha

Sea Shepherd lance une nouvelle campagne en Méditerranée : l’Opération SISO

Sea Shepherd agit pour la protection des eaux italiennes en collaboration et avec le soutien du Fonds de préservation des Îles Eoliennes dans la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) dans l’archipel des Eoliennes.

En collaboration avec les garde-côtes de Lipari, les autorités douanières de Milazzo et des petits pêcheurs, le navire Sam Simon de Sea Shepherd a confisqué 52 Dispositifs Concentrateurs de Poissons (DCP) et 100 km de ligne en polypropylène dans les Îles Eoliennes en 178 heures…

Le Sam Simon, avec à son bord 29 membres d’équipage de 11 différentes nationalités, a mené une opération secrète dans la partie méridionale de la mer Tyrrhénienne en collaboration avec l’autorité portuaire de gestion maritime de Catane (Direzione Marittima Capitaneria di Porto di Catania, n.d.t.), la Garde côtière de Lipari et les autorités financière et douanière de Milazzo (Guardia di Finanza Milazzo, n.d.t.). La patrouille, qui a duré 178 heures a permis le retrait et la saisie de 52 DCP et de 100 km de lignes en polypropylène dans les eaux des Îles Eoliennes, ainsi que le signalement d’activités de pêche suspectes qui ont conduit à des inspections plus poussées dans la zone. Outre le Sam Simon, un second navire infiltré est également présent dans les Îles Eoliennes pour signaler toute activité illégale aux autorités.

On estime à plus de 1500 le nombre de DCP ancrés illégalement chaque année, ce qui représente une part significative de la pollution au plastique dans cette mer d’Italie et un piège mortel pour les espèces marines, comme la tortue Caouanne, qui se retrouvent emmêlées pendant leur migration. Cela se traduit par 2000 km de lignes en polypropylène et des centaines de kilos de plastique et de bouteilles (souvent sales et contenant des produits chimiques dangereux) rejetés dans la mer.

L’Opération SISO vise à protéger le fragile écosystème des îles Éoliennes de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. Cette campagne met en lumière les conséquences réelles de l’utilisation des DCP dans la mer Tyrrhénienne méridionale et a obtenu le soutien des pêcheurs artisanaux de Lipari.

Les Îles Eoliennes, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2000, forment un archipel de sept îles inhabitées, de plusieurs îlots et affleurements rocheux Les sept îles sont situées dans le sud de la mer Tyrrhénienne, au nord de la Sicile, à seulement 12 milles marins du Cap de Milazzo. D’origine volcanique, elles sont disposées en un Y dont la base pointe vers l’ouest. Leur biodiversité riche offre un environnement idéal pour la reproduction de nombreuses espèces migratrices et pour les baleines, les cachalots, les dauphins communs, les baleines à bec, les dauphins bleus, les dauphins de Risso et les globicéphales.

Les DCP, dont le nom local est « cannizzi », sont des bouées fixes sur lesquelles sont attachés des branches de palmier ou matériaux similaires, formant ainsi une sorte d’abri sous lequel les poissons pélagiques viennent se regrouper. Considérés comme une menace pour la vie marine de la Méditerranée et la pêche locale licite, ces dispositifs sont illégaux dans les Îles Eoliennes à cette époque de l’année et doivent être régularisés au début de la saison. Le plan local de gestion des Îles Eoliennes réglemente leur usage : « dans la zone réglementée, les cannizzi devront être ancrés dans des secteurs définis et leur nombre sera préalablement déterminé (au maximum 20), de même que leur position et leur usage (mesure 1.4 du FEP – fonds européen pour la pêche – de 2007-2013). Ils doivent être attribués de façon aléatoire aux pêcheurs et doivent être marqués d’initiales qui permettent de les reconnaitre. En outre, étant donné que les dorades coryphènes sont pêchées de plus en plus tôt depuis quelques années, il a été décidé que les « cannizzi » devaient être placés à partir du 15 septembre et que la pêche au coryphène pouvait commencer le 30 octobre ».

Chaque DCP est composé de 4 à 6 barils en plastique attachés à des branches de palmier pour flotter et d’une ligne pouvant atteindre 3000 mètres de long et d’environ 3,5 mm de diamètre, ancrée au fond de la mer.

Siso était un jeune cachalot (8,5 m de long) mort en 2017, empêtré dans un filet dérivant lors de sa migration près des îles Éoliennes. Les gardes-côtes ont lutté plusieurs heures pour le libérer mais, malheureusement, il n’a pas pu être sauvé. Plus tard, Siso a été trouvé mort sur le rivage du cap de Milazzo par le biologiste marin Carmelo Isgro. Ce dernier a sauvé les os et conservé le filet qui l’a tué ainsi que le plastique contenu dans son estomac comme un avertissement pour les générations futures. « Siso » était le nom de l’ami qui a aidé Carmelo à retrouver le cachalot ; ami décédé peu après dans un accident de voiture.

« Avec l’Opération SISO, Sea Shepherd retourne en Méditerranée pour protéger les cétacés. Un cachalot nous a rendu visite pendant la patrouille, ainsi que de nombreux dauphins et des tortues, comme pour nous montrer le chemin jusqu’aux DCP et se battre avec nous contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. L’Opération SISO a obtenu le plein soutien des pêcheurs artisanaux de Lipari qui, en nous rejoignant pour faire respecter la loi, rendent nos activités de plus en plus efficaces. Je voudrais remercier le Fonds de préservation des Îles Eoliennes, qui nous a permis de naviguer sur ces eaux ensemble et je suis sûre que ce n’est que le début d’un partenariat durable. Notre arme la plus décisive qui fait la différence, est le soutien de nos donateurs associé à la passion de nos bénévoles qui ne tournent pas le dos devant l’illégalité et la cruauté mais, au contraire, se battent par l’action directe, kilomètre par kilomètre. La Marine de Neptune continuera à se battre sans relâche dans l’intérêt de la vie dans les océans, mesurant nos succès aux nombres de vies sauvées. » – Leader de la campagne Andrea Morello

Le Fonds de préservation des Îles Eoliennes est une fondation dédiée à la protection du patrimoine naturel des Îles Eoliennes et à la promotion du tourisme durable. Le fonds soutient des projets axés sur la préservation de l’environnement et de la mer autour des îles.

Le président du fonds, Luca Del Bone, a déclaré : « Je me réjouis qu’une rencontre fortuite en Californie ait permis cette collaboration avec Sea Shepherd et j’espère qu’elle se transformera en un partenariat durable pour la protection de la mer qui borde nos îles. Je tiens à remercier l’ONG et Andrea Morello, en particulier pour leur foi en notre mission.« 

Un remerciement particulier est également adressé à Smile Wave, une fondation suisse qui soutient à la fois Sea Shepherd et les projets du Fonds de préservation des Îles Eoliennes.