Lancement de l’Opération Sola Stella III : Un chalutier industriel étranger arrêté quand Sea Shepherd renouvelle son partenariat avec le Libéria contre la pêche illégale

Au cours d‘une opération conjointe avec le Ministère de la défense du Libéria visant à lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) en République du Libéria, Sea Shepherd a prêté main forte aux garde-côtes dans l’arrestation d’un chalutier industriel sous pavillon étranger, surpris en train de piller des zones de pêche artisanale.

Malgré de gros efforts pour dissimuler son identité, le Bonheur, ce chalutier de 32 mètres a été intercepté le 7 novembre par les garde-côtes libériens après avoir franchi la frontière depuis la Côte-d’Ivoire voisine avec ses filets déployés. A la vue des garde-côtes, le capitaine du Bonheur a immédiatement changé de cap, a accéléré et a tenté de fuir hors des eaux libériennes. A bord de la petite embarcation du Sam Simon, les garde-côtes libériens et Sea Shepherd ont pu aborder et sécuriser le Bonheur avant qu’il n’échappe à la justice.

L’équipe d’abordage a découvert que des filets avaient été étalés sur le nom du navire dans le but d’empêcher les pêcheurs artisanaux de l’identifier et de dénoncer son intrusion aux garde-côtes du Libéria.

Le Bonheur a été arrêté alors qu’il péchait à cinq milles marins des côtes, dans la zone des six milles au sein de laquelle le gouvernement libérien a interdit le chalutage industriel pour protéger le mode de vie des pêcheurs artisanaux du Libéria et des 33 000 libériens dont les revenus dépendent de la pêche à petite échelle. L’interdiction, mise en œuvre à travers la création d’une zone d’exclusion côtière (ZEC), a permis une augmentation sensible des populations de poissons au large des côtes.

« Alors que les petits pêcheurs artisanaux locaux constatent les avantages de la ZEC grâce à l’augmentation des populations de poissons, certains navires de pêche industrielle étrangers considèrent ces zones côtières comme des tirelires qu’ils peuvent fracasser avec leur matériel industriel« , explique Peter Hammarstedt, directeur des campagnes de Sea Shepherd Global.

Le Sam Simon a ensuite escorté le Bonheur jusqu’au port où sa cargaison de poisson a été confisquée par les autorités libériennes et où le navire attend que justice soit rendue.

L’arrestation du Bonheur marque le lancement de l’Opération Sola Stella III, le troisième partenariat entre Sea Shepherd et le Ministère libérien de la Défense nationale. Il s’agit de la 13ème arrestation d’un navire pour crimes de pêche dans les eaux libériennes depuis février 2017.

Plus d’information sur l’Opération Sola Stella III et le partenariat de Sea Shepherd avec le Ministère libérien de la Défense pour la fin de la pêche illégale (en Anglais) : https://www.seashepherdglobal.org/our-campaigns/operation-sola-stella/

Opération Siso : 130 km de matériel de pêche illégal retirés de la mer

Guidée par un cachalot, l’Opération SISO 2018 se termine avec 130 km de DCP (dispositifs de concentration de poissons) illégaux retirés de la mer. Commentaire d’Andrea Morello, directeur de Sea Shepherd Italie et leader de la campagne.

Photo Sea Shepherd
Photo Sea Shepherd
Photo Sea Shepherd
Photo Sea Shepherd

En 2017, un jeune cachalot est resté emmêlé dans un filet de pêche illégal de type « squadrara » en traversant l’archipel des îles Éoliennes. Les garde-côtes ont passé de nombreuses heures à lutter pour le libérer, mais ils n’ont pas pu lui sauver la vie. SISO a été retrouvé mort le long de la côte du Cap de Milazzo, le filet encore enroulé autour de la nageoire caudale et l’estomac rempli de plastique. Carmelo Isgrò, le biologiste marin qui l’a découvert, conserve encore aujourd’hui son squelette, pour nous alerter tous, mais aussi les générations futures, sur les dommages causés à l’environnement. Carmelo a décidé d’appeler le cachalot « SISO », en hommage à un ami cher qui l’avait aidé à récupérer le cachalot, et qui est mort dans un accident de voiture les jours suivants.

La mort de SISO, provoquée par un filet dérivant illégal, est la preuve évidente de la présence d’engins de pêche illégaux dans l’archipel des Éoliennes. Les données de 2018 du ministère des Politiques agricole, alimentaire et forestière, mises à jour le 15 septembre 2018, confirment par ailleurs que 180 815,79 kg de captures illégales ont été confisqués, ce qui représente un total de 7 649 914,8 € de sanctions appliquées.

Il devient clairement impossible pour Sea Shepherd de ne pas intervenir, et elle bénéficie pour cela du soutien du Fonds de préservation des îles Éoliennes et de Smile Wave.

La stratégie de l’opération prévoyait l’utilisation de deux navires Sea Shepherd : le M/V Sam Simon, et un navire sans logo en mission d’infiltration. Ce dernier a atteint la zone plus tôt, et commencé la surveillance de la partie est de l’archipel, tandis que le Sam Simon arrivait du Nord, pour se diriger vers le Sud-Ouest.

Nous sommes partis à bord du Sam Simon, de Molo Italia, à La Spezia, le 2 octobre. Notre objectif était de localiser les engins de pêche illégaux et les filets dérivants situés dans les îles Éoliennes. Après quatre mois à quai, le navire était prêt. Mais le deuxième jour a été terrible : un état de la mer de force 5, en augmentation, lui a fait essuyer une violente tempête venue du Nord-Est.

C’était l’aube lorsque nous avons atteint la partie nord de la splendide Alicudi. Nous avons été accueillis par une bande de dauphins venus nous encourager et nous apporter le calme dans cette mer agitée. Cela nous a permis de localiser rapidement les premiers jerrycans en plastique, attachés et ancrés sur un fond marin de 3 000 mètres de profondeur : les DCP (dispositifs de concentration de poissons) illégaux.

Avec l’accord et la coordination des garde-côtes, une action directe a été immédiatement déclenchée : à 8h45, nous avons hissé à bord les premiers DCP illégaux. À partir de là, nous avons commencé à localiser et à cartographier sur le GPS des douzaines de dispositifs de concentration de poissons. Ils représentent un réel danger, même pour les tortues, qui restent la plupart du temps emmêlées, sans aucune chance de s’échapper, ce qui est synonyme pour elles d’une mort certaine.

Après deux jours d’efforts acharnés, la mer s’est renforcée et nous a emmenés à l’intérieur de l’archipel, dans la zone marine du sud de Filicudi, une nouvelle zone à patrouiller. À 9h du matin, quelque chose d’inattendu s’est produit : nous regardions à travers nos jumelles pour pouvoir repérer des engins de pêche potentiellement illégaux, lorsqu’un jet puissant et reconnaissable est apparu, puis un autre ! Un splendide cachalot est venu nous rendre visite, comme s’il voulait se joindre à nous pour rechercher SISO, et les filets qui l’ont tué. C’est lui qui nous a permis d’apercevoir immédiatement des douzaines d’autres DCP illégaux.

Ces DCP illégaux menacent à la fois la vie en Méditerranée et la pêche légale de la région. Le plan de gestion local des îles Éoliennes réglemente l’utilisation des « cannizzi » : « Des zones spécifiques seront identifiées dans la zone à gérer. Les « cannizzi » pourront y être ancrés, mais le nombre (d’un maximum de 20), la position, et la mise en œuvre (avec une mesure 1.4 du Fonds européen pour la pêche 2007-2013) seront planifiés. Les « cannizzi » seront attribués aux pêcheurs par tirage au sort, et ils seront marqués, de manière à pouvoir les identifier. De plus, pour faire face à l’anticipation récente mais progressive de capture du coryphène commun, la pose des « cannizzi » est fixée au 15 septembre, et le début des activités de capture au 30 septembre« . La non-détectabilité et l’absence totale de traçabilité des DCP font qu’ils sont classés en pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).

Les douze jours d’action directe ininterrompue ont abouti à la prise de 130 km de ligne en polypropylène et de 1 500 m de ligne de pêche de grosse épaisseur, sans hameçons, retirés de la mer. Au total, 68 DCP illégaux et plusieurs bouteilles en plastique ont été confisqués, certaines contenant encore des matières polluantes.

La stratégie de l’Opération s’est révélée fructueuse : lorsque deux bateaux de pêche, à la vue du Sam Simon, ont tenté de s’éloigner pour pêcher illégalement avec les DCP, notre voilier d’infiltration leur a coupé la route. Avec l’arme la plus puissante qui existe, la caméra, l’équipage les a filmés. Grâce aux détails d’identification des navires et de leur position, les garde-côtes et la Garde des finances ont pu intervenir. Les enquêtes sont toujours en cours.

Avec l’arrivée du voilier dans le port d’Anzio, l’Opération SISO 2018 s’est achevée avec le succès et l’efficacité qui caractérisent Sea Shepherd. Elle confirme la forte présence estimée de DCP illégaux : plus de 5 000 dans la partie sud de la mer Tyrrhénienne, pour un total estimé de 10 000 km d’engins illégaux mis à l’eau chaque année.

Grâce au soutien du Fonds de conservation pour les îles Éoliennes et de Smile Wave, l’interaction avec les communautés locales a été parfaite. Lors des escales à Lipari et Salina, de nombreux enfants et étudiants sont par ailleurs montés sur le bateau. Nous avons également reçu à bord les représentants des pêcheurs artisanaux éoliens. Ils vont coopérer avec Sea Shepherd pour augmenter l’efficacité des prochaines campagnes, et défendre avec nous cet archipel paradisiaque. L’objectif est de créer une zone marine protégée pouvant conduire à une protection totale, ouvrant aussi la voie vers une économie bleue durable, pour une coexistence écologique entre les espèces.

En mémoire de SISO et ragaillardis par la passion de nos bénévoles et le soutien de toutes les personnes qui nous aideront, nous reviendrons dans le sud de la mer Tyrrhénienne pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), et contre l’utilisation du plastique. Nos treize navires, positionnés dans presque toutes les mers de notre planète, la « proue vers la mer », représentent la plus grande flotte privée de défense de ceux que nous appelons « nos clients », les habitants des Océans.

L’arme la plus importante, et qui fait toute la différence, c’est la passion des gens. Elle encourage à ne pas tourner le dos à l’illégalité et à la cruauté, mais au contraire à les combattre par une action directe, sans laisser ni plastique ni injustice derrière soi, avec le sens du partage et du respect pour toutes les vies.

Photo Emanuela Giurano/Sea Shepherd.

L’Opération Mamacocha en action, premières images

Photo Sea Shepherd

Le M/V Brigitte Bardot, en partenariat avec Skytruth et Oceana Peru parcourt une zone immense dans le couloir du Pacifique tropical oriental qui englobe les côtes et les îles au large du Costa Rica, du Panama, de la Colombie, de l’Équateur et du Pérou, mais également les îles et la réserve marine des Galápagos, l’île Cocos, l’île Malpelo et le parc national de Coiba, tous classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le but de cette opération est simple : mettre un terme à la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (pêche INN) qui met en péril la biodiversité et l’ensemble des écosystèmes. Les navires de pêche illégaux opéraient jusqu’à maintenant dans une relative impunité mais, en complément des patrouilles, Sea Shepherd travaillera également pour que les navires arrêtés soient correctement poursuivis et sanctionnés par la loi.

Le M/V Steve Irwin, navire amiral de la flotte Sea Shepherd, est mis à la retraite après de longues années au service des océans

Le Steve Irwin, navire amiral de Sea Shepherd, a mené de nombreuses campagnes pour la défense des océans à travers le monde ; de la protection des globicéphales aux îles Féroé, du thon rouge en Méditerranée, des baleines à bosse au large de la côte du Kimberley, à la sauvegarde de l’un des derniers grands écosystèmes marins encore intacts sur la planète, dans la Grande Baie australienne (contrant les plans de BP et de Chevron), ou plus récemment en s’opposant à la mine de charbon d’Adani pour protéger la Grande Barrière de Corail, ou encore, à l’interception de six filets dérivants chinois illégaux dans le sud de l’océan Indien et de six braconniers de légines dans l’océan Austral.

Enfin, le navire a mené neuf campagnes de défense des baleines en Antarctique dans le sanctuaire baleinier de l’océan Austral, contribuant à sauver plus de 6 000 baleines de la flotte baleinière illégale japonaise.

Avant que le Steve Irwin n’appartienne à Sea Shepherd, c’était un patrouilleur de pêche écossais, construit en 1975. On peut dire que l’Irwin aura défendu la faune marine toute sa vie. Sea Shepherd a toujours été très fier et reconnaissant d’avoir obtenu la permission de la famille Irwin de nommer notre navire le Steve Irwin en 2007, afin de perpétuer l’héritage et de rendre hommage au grand expert australien des milieux sauvages.

Malheureusement, notre Steve est en fin de vie et doit tirer sa révérence. Nous avons contacté de nombreuses organisations et gouvernements pour examiner les options envisageables, telles que transformer le Steve en site de plongée ou en faire don à un musée maritime. Cependant, aucune de ces solutions n’étant réalisable ou pratique, le Steve Irwin sera recyclé.

Le M/V Steve Irwin en pleine action dans l'océan Austral au cours de ses 11 ans d'histoire avec Sea Shepherd (Photo Simon Ager/Sea Shepherd)Le M/V Steve Irwin en pleine action dans l’océan Austral au cours de ses 11 ans d’histoire avec Sea Shepherd (Photo Simon Ager/Sea Shepherd)

Le capitaine Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd, a déclaré : « Le 7 décembre 2007, Teri Irwin et moi avons mis à l’eau le M/V Steve Irwin, qui serait notre navire amiral pour la décennie suivante. C’est pour moi un honneur d’avoir été capitaine de ce navire au cours de nombreuses campagnes réussies en haute mer. Les vies que nous avons sauvées et les changements que nous avons apportés avec ce navire, tout cela est impressionnant. Ce navire nous a accompagnés sans relâche à travers les pires conditions climatiques, entre tempêtes et glace et, après onze ans, nos ingénieurs sont arrivés à la conclusion que le Steve Irwin ne garantissait plus une navigation sûre.« 

« Il n’est tout simplement pas envisageable de risquer la vie de notre équipage en allant au-delà des limites d’une utilisation raisonnable. Malgré les nombreux risques que nous avons pris au fil des ans, nous savons quand prendre le large et à quel moment se séparer d’un navire et malheureusement, ce moment est arrivé pour le Steve Irwin. Endommagé et marqué par les combats, il doit partir à la retraite ; mais les souvenirs, les campagnes victorieuses et les vies sauvées constitueront l’héritage durable d’un navire aussi vaillant et courageux que son homonyme.« 

Le capitaine Alex Cornelissen, directeur général de Sea Shepherd Global a déclaré : « Je me souviendrai toujours du premier voyage du Steve Irwin (appelé le Robert Hunter à cette époque). Après avoir trouvé le navire à Rosyth, en Écosse, nous l’avons préparé pour son futur service en mer au sein de la Marine de Neptune. Nous avons descendu l’Atlantique et traversé le détroit de Magellan jusqu’à la première campagne antarctique contre la chasse à la baleine, au cours de laquelle nous avions un avantage de vitesse sur les baleiniers. Le Steve Irwin a changé la donne et a mené les campagnes antarctiques suivantes de Sea Shepherd, sauvant plus de 6 000 baleines.« 

Jeff Hansen, directeur général de Sea Shepherd Australia, a déclaré : « Ayant participé personnellement à six campagnes sur l’Irwin, j’ai vécu de nombreuses expériences inestimables et je garde des souvenirs précieux que j’emporterai dans ma tombe.

C’est donc le cœur lourd que nous disons adieu à notre navire amiral, le Steve Irwin, qui a permis à Sea Shepherd de remporter des victoires pérennes tout en consolidant un héritage durable pour nos océans. Un navire australien emblématique dans le monde entier qui a défendu les baleines au large du Kimberley, de la Grande Baie australienne, de la Grande Barrière de Corail et de l’Antarctique », a ajouté Jeff.

« Pour son dernier voyage, le Steve Irwin se rendra dans une installation de démantèlement approuvée par la Convention de Hong Kong, ce qui signifie qu’elle sera conforme à la réglementation internationale en matière de travail et d’environnement. En 2007, Sea Shepherd a pu prolonger la vie du Irwin à l’époque où c’était un patrouilleur écossais et ce, jusqu’à aujourd’hui.

Conformément à l’éthique et aux normes environnementales de Sea Shepherd, le Irwin sera recyclé.

Sea Shepherd aimerait remercier toutes les personnes extraordinaires à travers le monde qui, au fil des ans, se sont portées volontaires, ont soutenu et financé le Steve Irwin dans le cadre de missions mondiales vitales, et qui ont eu le cœur empli de l’espoir et du courage que le Steve représentait. À chaque campagne, Sea Shepherd a navigué pour la défense des océans, et nos militants ont toujours navigué avec nous.

« Avec le Steve Irwin, nous sommes entrés dans l’histoire en sauvant des centaines de milliers d’animaux marins et avons défendu nos océans, qui sont à la base même de la vie sur cette planète. »

Le M/V Steve Irwin lors de sa dernière mission Stop Adani, dans le cadre de l'Opération Reef Defence en 2018 (Byron Bay) (photo Sea Shepherd)Le M/V Steve Irwin lors de sa dernière mission Stop Adani, dans le cadre de l’Opération Reef Defence en 2018 (Byron Bay) (photo Sea Shepherd) »

Opération Icefish : Des navires braconniers toujours bloqués dans le port du Cap Vert depuis leur arrestation en 2015

En mai 2015, Sea Shepherd a informé la police du Cap Vert, république d’Afrique de l’ouest, quant à la présence, dans leur port, de deux navires de pêche illégale mis sur liste noire et recherchés par Interpol. La police judiciaire du Cap Vert a placé les bateaux en détention et les actions internationales se poursuivent pour les maintenir ainsi depuis.

Les deux bateaux, jadis connus sous les noms de Yongding et Songhua, sont liés de longue date au tristement célèbre syndicat de braconnage de légine, Vidal Armadores. Ils ont tenté à maintes reprises de changer leurs noms et leurs registres dans l’espoir, sans succès, d’échapper à la détention dans le port de Mindelo.

Des enquêtes récentes menées par l’équipage du Sam Simon ont montré que la dernière tentative des braconniers de légine pour compromettre l’action des autorités en renommant le Songhua en Pesca Cisne 2 et en essayant de le placer sous pavillon chilien, a échoué. Le navire, anciennement connu sous le nom de Songhua, reste détenu à Mindelo, rebaptisé Pesca Cisne 2, sous une nouvelle peinture terne et sans nouveau marquage. Sea Shepherd craint que l’ancien propriétaire, Vidal Armadores, ait vendu le bateau à un autre baron du braconnage de légine, Florindo Gonzales. C’est à cet homme qu’appartenait le Thunder, le navire braconnier de légine, qui a coulé après 110 jours de course-poursuite avec les bateaux de Sea Shepherd.

Le Yongding, désormais appelé Atlantic Wind, reste lui aussi retenu, n’ayant pas réussi à obtenir un nouveau drapeau de la Tanzanie. Depuis qu’ils sont détenus, des deux bateaux sont passés par des pavillons de Sierra Leone et Tanzanie, et ont tenté d’obtenir celui du Chili, à chaque fois sans succès.

« La détention ininterrompue des navires connus sous le nom de Yongding et Songhua est le résultat de la vigilance sans relâche de Sea Shepherd, Oceana, du Project Scale d’Interpol, de la police du Cap Vert et d’autres organisations et agences internationales. Cela permet de répliquer immédiatement lorsque les braconniers tentent de faire passer leurs bateaux entre de nouvelles mains en changeant simplement les noms, ou les drapeaux. Le succès de l’Opération Icefish, qui a débuté avec le naufrage du fameux Thunder, se poursuit avec le blocage de ces deux navires au port depuis trois ans et demi », a déclaré Peter Hammarstedt, directeur des campagnes de Sea Shepherd Global.

Opération Milagro V : 800 animaux pris au piège dans un filet maillant mortel

Il y a quelques jours, le navire de Sea Shepherd M/V Farley Mowat patrouillait dans la réserve des vaquitas en mer de Cortez lorsque son équipage a aperçu des braconniers avec un filet maillant illégal dans l’eau.

Les braconniers se sont alors approchés de notre navire en faisant des grands gestes pour nous dire de partir. Bien au contraire, l’équipage du Farley Mowat s’est aussitôt attelé à retirer le filet illégal de l’eau. Les pêcheurs ont essayé de le retenir à l’autre extrémité mais ont vite réalisé qu’ils n’y parviendraient pas. Ils ont alors coupé la ligne et se sont enfuis.

L’équipage s’est alors retrouvé avec 800 victimes de ce filet maillant sur le pont, espérant pouvoir en sauver le plus grand nombre. Malheureusement plus de 700 animaux, emmêlés dans les mailles du filet, n’ont pas survécu : des raies, des poissons guitare, des crabes, des crevettes, des limandes, des soles et des poissons-chat.

Les filets maillants emprisonnent et tuent de façon non sélective toutes les espèces, du petit poisson au grand mammifère, et la vaquita, le marsouin du Pacifique, ne fait malheureusement pas exception à la règle.

On estime qu’il reste entre 12 et 30 vaquitas, ce qui en fait le mammifère marin le plus menacé au monde ! C’est exactement pour cette raison que Sea Shepherd se bat avec autant d’énergie pour les sauver.

Découvrez un aperçu de cet événement en VO dans cette vidéo.