ÉOLIEN OFFSHORE : SEA SHEPHERD ET GARDEZ LES CAPS ATTAQUENT LES 59 DÉROGATIONS DE DESTRUCTION D’ESPÈCES PROTÉGÉES ACCORDÉES À IBERDROLA/AILES MARINES EN BAIE DE SAINT-BRIEUC

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Sea Shepherd sur l’opération Vents de la Colère dans la baie de St-Brieuc

Le Congrès Mondial pour la Nature de l’UICN qui se tenait pour la première fois en France à Marseille, touche à sa fin. De nombreux discours ont été tenus sur l’importance capitale de préserver la biodiversité, a fortiori la biodiversité marine. Et pour cause : elle permet à l’océan de produire plus de la moitié de l’oxygène que nous respirons et d’être le premier puits de carbone, ce qui en fait le premier organe de régulation du climat. La vie marine est notre meilleure alliée contre le changement climatique à tel point qu’une récente étude britannique a calculé qu’une seule baleine permet la séquestration de CO2 équivalente à 30 000 arbres par an.

Conscient de l’enjeu, du moins en apparence, le président Emmanuel Macron a déclaré lors de l’ouverture du Congrès de l’IUCN : «L’urgence, c’est de faire comprendre à tous que la bataille pour le climat est jumelle de celle pour préserver la biodiversité»

Une politique de développement des EMR1 indigne d’une grande puissance maritime

Il n’aura pas pu échapper au Président de la République que la France est en passe de sacrifier la biodiversité marine à la lutte (supposée) contre le changement climatique, à travers le développement massif d’usines éoliennes le long de son littoral. Contrairement aux autres pays européens qui ont pris la biodiversité en compte en amont des choix de localisation des usines éoliennes offshore, la France n’a considéré que des critères économiques, techniques et militaires. Le résultat est un véritable écocide programmé.

Les conséquences d’une telle politique sont d’autant plus graves que contrairement aux autres pays, la France compte trois façades maritimes et représente un enjeu sans équivalent en termes de couloirs migratoires, de zones de reproduction, de repos et de nourrissage pour de nombreuses espèces d’oiseaux et de mammifères marins. « Alors que le littoral français représente un enjeu bien plus grand pour la vie marine que d’autres pays, elle fait moins bien qu’eux. De par sa responsabilité colossale dans la survie de certaines espèces marines, la France devrait être exemplaire, or elle fait pire que tous les autres ! Nous sommes à l’aube d’un véritable écocide sur notre littoral. » s’indigne Lamya Essemlali, Présidente de Sea Shepherd France

« Tous les projets français d’éolien en mer sont en contradiction avec les politiques de protection de l’environnement marin. Ce n’est pas sur le développement de l’éolien offshore que la France est en retard, mais sur la planification de son espace maritime, sur ses obligations relatives à l’évaluation environnementale préalable, sur l’information et la participation des parties prenantes au processus décisionnel. La préservation de ce patrimoine commun nous concerne tous » poursuit Katherine Poujol, Présidente de Gardez les Caps.

Le cas de l’usine éolienne dans la baie de Saint-Brieuc défendu bec et ongles par le gouvernement est emblématique de la catastrophe annoncée : 62 éoliennes de plus de 200 mètres de haut doivent être érigées aux abords des deux plus grands sites de nidification d’oiseaux marins de métropole, dans une baie qui abrite la plus grande réserve naturelle de Bretagne et à proximité immédiate de deux zones Natura 2000. Le tout sur une des roches les plus dures d’Europe (l’entreprise a déjà cassé trois têtes foreuses et causé trois pollutions en forant) ce qui donnera aux bretons le privilège de bénéficier de l’électricité éolienne la plus chère du monde.

Des dérogations de destructions et d’habitats protégés inacceptables

Cormorans en baie de St-Brieuc – aout 2021

Du fait de la richesse écologique du site et de la présence de nombreuses espèces protégées, la société Iberdrola Ailes Marines SAS a dû demander de nombreuses dérogations de destruction d’espèces.

Le 23 octobre 2015, Ailes Marines demande au Préfet des Côtes-d’Armor, Pierre Lambert, la délivrance d’une autorisation unique lui permettant la construction, l’exploitation et le démantèlement du projet éolien de Saint-Brieuc mais également des dérogations pour la destruction et la perturbation intentionnelles d’espèces protégées pour 54 espèces d’oiseaux, 5 espèces de mammifères marins mais également pour la destruction de leurs habitats. C’est en avril 2017 que le successeur de Pierre Lambert, Yves Le Breton préfet des Côtes-d’Armor accorde les autorisations nécessaires à la filiale d’Iberdrola avec l’aval de la ministre de l’Écologie en poste sous la présidence de François Hollande, Madame Ségolène Royal.

Pour appuyer sa demande de dérogation, Iberdrola/Ailes Marines y joint un courrier de la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) qui annonce une collaboration avec le promoteur éolien en guise de compensation pour la destruction et la perturbation des espèces et de leurs habitats. Une caution étonnante qui ne convainc d’ailleurs pas les experts du Conseil National Pour la Protection de la Nature qui se sont autosaisis du sujet et ont publié en juillet dernier un rapport sans appel :

« On ne peut pas compenser la perte d’habitat causée par la disparition des zones d’alimentation pour les oiseaux locaux (nicheurs ou hivernants) et encore moins pour les migrateurs provenant de l’Europe entière ».

CNPN

Parmi les espèces ciblées par la dérogation obtenue par Ailes Marines, figurent de nombreuses espèces vulnérables ou en danger critique d’extinction comme le puffin des Baléares pour la survie duquel la France occupe une place capitale. Figurent également le pingouin torda (dernière espèce de pingouin encore existante) et le guillemot de Troïl pour lesquels l’étude d’impact conclut que la survie de la population ne peut pas être assurée si le projet aboutit. Ces seuls états de fait devraient suffire à invalider les dérogations obtenues

« Une augmentation de 5% de mortalité́ est jugée incompatible à terme avec la survie des espèces d’oiseaux marins (Dierschke et al. 2003), voire même 1% pour les espèces vulnérables ou en déclin (Everaert 2013). » 

Autosaisine du CNPN, page 35

Le cas de Saint-Brieuc n’est pas unique, d’autres projets déjà autorisés dans des zones capitales pour la biodiversité posent des problèmes similaires (Dunkerque, Le Tréport, Courseulles-sur-Mer, Belle-Ile-en-Mer, Ile de Groix, Banc de Guérande, Oléron…) et provoquent un cumul d’impacts incompatibles avec la survie des oiseaux marins. Nous attaquerons toutes les dérogations de destructions d’espèces protégées liées à ces projets dès lors qu’elles ne respectent pas les conditions légales d’obtention

L’engagement d’une transition pour lutter contre le réchauffement climatique est capital. Mais une telle ambition ne peut cautionner sans en mesurer le risque avéré et irréversible, l’extinction d’espèces et la destruction d’habitats indispensables au bon fonctionnement de tout un écosystème fragile et extrêmement complexe qu’aucune mesure ne pourra compenser.

Si l’industrie éolienne souhaite s’inscrire comme une figure de proue de la lutte contre le réchauffement climatique (ce qui reste encore à démontrer), elle ne peut mépriser à ce point la biodiversité sans laquelle elle se viderait de toute sa substance à vocation environnementale. Il est urgent d’instaurer un moratoire sur l’ensemble des projets afin d’inclure le grand public et de mettre à sa disposition une information transparente permettant à chacun de prendre conscience des enjeux. C’est jusqu’ici très loin d’être le cas.

1 – Energies marines renouvelables

1er Courrier LPO

2ème Courier LPO

Autosaisine du CNPN

Usine éolienne dans la baie de Saint-Brieuc : Sea Shepherd lance l’opération « Les Vents de la Colère »

  • À Saint-Brieuc, l’État français sacrifie la biodiversité marine au climat

La lutte contre le changement climatique s’est imposée comme un défi majeur des décennies à venir. Nous devrons le relever si nous voulons maintenir des conditions propices à la survie de l’humanité. Mais un défi autant, si ça n’est plus important est encore trop largement occulté : la préservation de la biodiversité, première garante du climat et de l’ensemble des services écosystémiques essentiels au maintien de la Vie sur la planète Terre.

Ou plutôt la planète Océan. L’océan recouvre 70% du globe, il est le premier régulateur du climat, premier producteur d’oxygène et premier puits de carbone, avant les forêts. L’océan, ou plus précisément, la vie marine, est notre meilleure alliée dans la lutte contre le changement climatique1. Le non-sens est donc total quand des projets particulièrement invasifs de centrales éoliennes censés lutter contre le changement climatique sont autorisés à s’ériger sur des sites riches en biodiversité, hypothéquant la survie de nombreuses espèces marines et vouant à une destruction irréversible des écosystèmes marins tout entiers.

image: Sea Shepherd France
  • Une usine industrielle portée par une multinationale espagnole dans la baie qui abrite la plus grande réserve naturelle de Bretagne

La multinationale espagnole Iberdrola via sa branche française Ailes Marines s’est vue attribuer par le gouvernement français le site particulièrement riche en biodiversité de la baie de Saint-Brieuc, à proximité directe de sites Natura 2000 et en pleine zone habitat de nombreuses espèces protégées dont certaines sont en danger critique d’extinction, à l’instar du Puffin des Baléares pour la préservation duquel la France a été contrainte de mettre en place un Plan National d’Action (PNA). Si le promoteur espagnol profite du cadeau, c’est l’État français (sous le gouvernement Sarkozy) qui a, en dépit du bon sens, désigné la baie de Saint−Brieuc pour y faire ériger 62 éoliennes de plus de 200 mètres de haut (l’équivalent de la tour Montparnasse) à 16,3 kilomètres de la côte sur une surface totale de plus de 103 km carrés avec un câblage électrique sous-marin et sous terrain qui acheminera un courant de 250 000 volts…

Quelques questions élémentaires s’imposent d’emblée :

– Comment le gouvernement français peut-il justifier d’avoir autorisé un projet industriel à ce point invasif dans ce lieu stratégiquement si important pour la biodiversité marine ?

– Pourquoi n’avoir pas tenu compte du fait que le plancher marin dans la baie est un des sols des plus durs d’Europe ? Y forer provoque donc des vibrations et des bruits dont l’intensité est décuplée en termes de temps et d’effets. La multinationale annonçait pouvoir réaliser un ancrage (forage de 3 trous pour une éolienne sur fondation Jacket) en 4 jours. Trois mois plus tard et après avoir cassé ses trois têtes de forage, pas un seul ancrage n’a pu être fait. Sur d’autres types de sols, une seule demi-journée suffit…

– Pourquoi les résultats de l’analyse de la pollution générée en juin par l’Aeolus, (navire de forage d’Iberdrola) n’ont toujours pas été rendus publics ? Quid de la deuxième fuite plus récente ?

Le Clémentine près de l’Aeolus – Crédit Photo : Sea Shepherd
  • Une atteinte inacceptable à la biodiversité marine

La baie de Saint-Brieuc abrite la plus grande réserve naturelle de Bretagne, les deux premières zones de nidification d’oiseaux marins de métropole et la plus grande population de dauphins résidents d’Europe.

Les études d’impact réalisées, non pas avant d’avoir désigné le site comme la logique l’aurait voulu mais après, sont sans appel. Des impacts désignés « forts » à « très forts » sur de nombreuses espèces marines laissent présager le pire. En effet, de l’aveu même du bureau d’études mandaté par Iberdrola, pour certaines espèces, la survie de la population n’est pas assurée (Pingouin Torda et Guillemot de Troil entre autres).

  • Obligation légale de préservation des espèces : les dérogations de destruction d’espèces protégées accordées à Iberdrola sont illégales

Aussi bien l’État français que le promoteur industriel sont soumis à l’obligation légale de préserver les espèces dans un « état de conservation favorable ». Du fait de la présence de très nombreuses espèces protégées dans la baie de Saint−Brieuc, Iberdrola/Ailes Marines a été contraint de déposer une demande de dérogation de perturbation intentionnelle et de destruction de 59 espèces protégées (54 espèces d’oiseaux marins, 4 espèces de dauphins et une espèce de phoque) ainsi que la destruction de leur habitat.

  • La riposte juridique

Sea Shepherd France dénonce le fait que ces dérogations de destruction et de perturbations intentionnelles sont illégales et va donc déposer un recours devant le Conseil d’État dans les prochains jours.

D’autres recours sont en préparation au niveau européen, conjointement avec l’association Gardez Les Caps qui milite depuis de nombreuses années aux côtés de certains pêcheurs pour empêcher l’usine de s’installer dans la baie.

  • Des citoyens français désinformés sur les enjeux écologiques, économiques et énergétiques liés à l’industrie du Vent

« La Ministre de la Transition Ecologique, Barbara Pompili affirme que la majorité des français est en faveur des éoliennes. La vérité est que la majorité des français ne dispose pas des informations pour se faire un avis éclairé sur le sujet » déclare Lamya Essemlali, Présidente de Sea Shepherd France. « Sacrifier la biodiversité marine, notre meilleure alliée contre le changement climatique au prétexte de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre est un non-sens total ».

  • Les experts et les scientifiques alertent mais jusqu’ici, ils prêchent dans le désert

Le Conseil National pour la Protection de la Nature (CNPN), rattaché au Ministère de la Transition Ecologique dont les recommandations n’ont jusqu’ici pas été respectées par Iberdrola s’est autosaisi de la problématique des EMR (Energies Marines Renouvelables) et vient de rendre son rapport le 6 juillet dernier. On peut y lire de nombreux points particulièrement inquiétants dont notamment celui-ci :

« Les impacts potentiels sur la biodiversité́ représentés par le développement de l’éolien offshore en France, tel que prévu par la PPE de 2020 (…) peuvent être très importants sur la biodiversité́ marine, en premier lieu sur l’avifaune reproductrice, migratrice et hivernante provenant de l’Europe entière ainsi que les chauves-souris migratrices ou locales par mortalité́ ou perte d’habitat sur les mammifères marins par perte partielle d’habitats, et sur les habitats marins et espèces les composant, notamment les poissons, crustacés et mollusques par modifications physiques, hydrologiques et chimiques »

Ou encore,

« L’objectif de la Commission européenne qui pourrait se traduire par l’équivalent de 34 000 éoliennes off-shore en 2050 dont 7100 pour la France semble incompatible avec la survie de nombreuses espèces d’oiseaux marins. »

L’Aethra – Crédit Photo : Sea Shepherd
  • Des effets cumulés par plusieurs usines éoliennes installées sur les parcours migratoires des oiseaux et des mammifères marins

Le projet de Saint−Brieuc est donc loin d’être le seul à poser problème, d’autres comme ceux de Courseules-sur-Mer, Fécamp, Saint Nazaire, Dunkerque, Ile d’Oléron, Belle Ile en mer et Ile de Groix… présentent des menaces similaires pour des espèces marines vulnérables et il n’existe à ce jour aucune prise en compte des effets cumulés des différents projets sur les espèces protégées et en particulier sur les espèces migratrices.

  • Il est encore temps d’éviter le pire mais l’opinion publique doit s’emparer du sujet de toute urgence

Un débat public honnête et transparent (contrairement aux débats publics qui se sont tenus jusqu’à présent) s’impose afin de déterminer dans quelles conditions les usines éoliennes peuvent être autorisées à détruire les milieux naturels et surtout, quels écosystèmes doivent absolument en être préservés.

Des équipes de Sea Shepherd seront présentes dans la baie de Saint−Brieuc ces prochaines semaines pour documenter, alerter, sensibiliser l’opinion publique et se faire l’échos des alertes scientifiques sur ces enjeux cruciaux. Un moratoire sur les projets de centrales éoliennes en mer doit être instauré de toute urgence tant qu’une feuille de route environnementale stricte ne sera pas mise en place. Si cette industrie a véritablement vocation à relever le défi environnemental du siècle, la préservation de la biodiversité doit être pour elle, une priorité. A défaut de quoi, le « remède éolien » risque de s’avérer pire que le mal.

https://time.com/5733954/climate-change-whale-trees/

Ours tué en Ariège : Où en sommes-nous un an après la récompense de 50 000 € initiée par Sea Shepherd ?

Trois ours auront été tués par l’Homme dans les Pyrénées en 2020. Le premier sur le versant catalan espagnol en avril, le deuxième sur le versant français en Ariège à peine quelques semaines plus tard début juin, et le troisième le 29 novembre dans la province espagnole de Huesca.

Rappel des faits côté espagnol : En avril 2020, les équipes du Conseil Général du Val D’Aran retrouvent le jeune ours Cachou né en 2015, mort au fond d’un ravin de 40 mètres. L’enquête surprend alors dès le début par la demande inédite du juge qui réclame le secret de l’instruction, une première dans une enquête sur la mort d’un animal. Quelques semaines plus tard, la presse espagnole confirme l’empoisonnement de Cachou à l’éthylène glycol. Les journaux annoncent en parallèle l’interpellation d’un agent de l’environnement du Conseil Général d’Aran. Le fonctionnaire faisait partie de l’équipe de surveillance chargée de la sécurité des ours dans la région. L’enquête prend rapidement une autre tournure. D’autres suspects étant impliqués dans l’empoisonnement de l’ours, ces derniers sont mis sur écoute par la police locale qui découvre l’existence d’un trafic de drogue colombien. Douze personnes seront arrêtées, parmi lesquelles un garde forestier et le maire d’un village de la région.

L’enquête sur l’empoisonnement de Cachou se poursuit. En mars dernier, la Dépêche indiquait dans un article : « Selon nos confrères des médias espagnols, les deux principaux suspects dans l’empoisonnement de l’animal sont un agent environnemental du Conseil Général d’Aran, ainsi qu’un homme qui fut conseiller de territoire au gouvernement aranais entre 2015 et 2019. Un comble : le premier participait au programme de suivi de l’ours, tandis que le second avait en charge la gestion des fonds européens pour la repopulation de l’ours des Pyrénées ». (article disponible ici : Mort de l’ours Cachou en Espagne : l’enquête révèle un trafic de cocaïne – ladepeche.fr)

Rappel des faits côté français : un jeune ours est découvert abattu à Ustou en Ariège en juin dernier. Transporté à l’école vétérinaire de Toulouse, l’autopsie confirmera ce que nous savions déjà : le caractère criminel de sa mort. Il y a un an, face à la gravité d’un tel crime et connaissant très bien la complexité de ce type d’affaire pour lutter contre le braconnage depuis plus de 40 ans, nous avions lancé une récompense de 10 000€ pour toute personne permettant aux autorités d’arrêter le ou les responsables de la mort du jeune ours. Quelques jours plus tard, des dons spontanés de particuliers français et étrangers s’y associaient. Du jamais vu. La cagnotte passait de 15 000€ à 20 000€, 35 000€ puis 45 000€ pour atteindre aujourd’hui la somme de 50 000€. Cette pratique peu courante en France avait permis une forte médiatisation et une mobilisation de l’opinion publique.

Un an plus tard, la pression est bien là mais l’enquête n’est pas au stade d’avancement de celle de nos voisins de l’autre côté des Pyrénées. La faute à qui ?… Un manque de moyens pour les enquêteurs ? La peur de témoigner ? Quand Christine Téqui, présidente du conseil départemental de l’Ariège, également maire d’un petit village proche d’Ustou au moment des faits, appelle la montagne à rester muette, on ne peut qu’imaginer la pression qui pèse sur les épaules (et celles des proches) de ceux qui auraient des informations pouvant faire avancer l’enquête…

Nous avions immédiatement porté plainte contre Christine Téqui pour subornation de témoin, puis pour diffamation, cette dernière ayant qualifié Sea Shepherd de « pompe à fric« . En parallèle, une autre plainte avait été déposée contre l’ASPAP (Association pour la Sauvegarde du Patrimoine d’Ariège Pyrénées) qui avait accusé Sea Shepherd de lancer une « chasse à l’homme avec prime à la délation » et d’avoir recours à « des procédés dignes de la guerre 39-45« .

Si les plaintes pour diffamation à l’encontre de C. TEQUI et de l’ASPAP sont encore en cours d’instruction, la plainte pour subornation de témoin a quant à elle été classée sans suite. Sea Shepherd conteste cette décision et a établi un recours auprès du Procureur Général.

L’enquête est aujourd’hui protégée par le secret de l’instruction. Les enquêteurs de la gendarmerie nationale sont toujours mobilisés sous la direction du Procureur de la République. « Une enquête préliminaire dure en moyenne entre 1 et 3 ans en France et nous avons bon espoir que les enquêteurs finissent par identifier les auteurs de ces délits, qu’il s’agisse de l’auteur des coups de feu ou des personnes qui l’aident à échapper à la justice. Les gendarmes en charge de l’enquête semblent très motivés » Jean Tamalet du cabinet King & Spalding, avocat de Sea Shepherd France.

En novembre dernier, c’est l’ourse Sarousse qui est tuée par un chasseur de sanglier dans la province de Huesca, à nouveau en Espagne. La légitime défense est invoquée par ce dernier. Selon la presse locale, si les enquêteurs voient cette hypothèse comme la plus probable, ils envisagent deux autres scénarios : « une erreur d’appréciation du chasseur qui pensait tuer un sanglier ou une intention délibérée de tuer l’ourse ». (Ours des Pyrénées : le chasseur qui a tué Sarousse aurait tiré pour se protéger (francetvinfo.fr))

Ce sont encore des chasseurs qui sont responsables de la mort d’un quatrième ours l’année dernière dans le massif des Asturies cette fois (le même jour que la mort de Sarousse) lors d’une battue aux sangliers. Ces derniers ont déploré un accident. Une enquête a également été ouverte.

Nous rappelons que la récompense de 50 000€ est bien entendu et plus que jamais toujours d’actualité pour tout témoignage permettant de faire condamner le ou les braconniers qui ont tué le jeune ours retrouvé mort en Ariège le 9 juin 2020.