Appel à la mobilisation

Vous avez le pouvoir de stopper le Grind.

Chaque année, des milliers de dauphins sont massacrés aux îles Féroé. Et chaque année, nous sommes sur place pour documenter ces massacres et alerter l’opinion publique. Depuis 30 ans, des centaines de pétitions ont été lancées sans succès.

Aujourd’hui, vous avez le pouvoir de faire fléchir les îles Féroé en touchant à la plus puissante de leurs industries : la pêche. Les produits issus de la pêche, incluant le saumon d’élevage, représentent plus de 95 % du total des exportations et environ 20 % du PIB de l’archipel.

Le saviez-vous ? Il est courant de trouver du poisson originaire des îles Féroé en France. Les plus grandes enseignes proposent du poisson féroïen à la vente, mais aussi de très nombreuses poissonneries et épiceries indépendantes ou sites spécialisés en ligne.Parfois, ce sont via des marques bien connues comme Findus, et parfois ce sont via les marques distributeurs comme Leclerc ou Carrefour.

Commercialiser du poisson féroïen revient à soutenir l’économie de l’archipel et par extension à cautionner (même involontairement) ces massacres.

Ensemble, exigeons la fin du Grind aux îles Féroé. Avec le #StopTheGrind, identifions les distributeurs concernés et demandons-leur de condamner ces pratiques en appelant au boycott de ces produits. Identifiez les marques et/ou les enseignes et appelons au boycott de ces produits. Aidez-nous à identifier les distributeurs et mettons-les face à leurs responsabilités.

Comment faire :

Vous trouvez du poisson originaire des îles Féroé en faisant vos courses en ligne ou en magasin ?

1- Partagez la photo du produit concerné

2- Identifiez l’enseigne/la marque en la taguant en Story ou dans une publication

3- Taguez Sea Shepherd France afin de pouvoir repartager et enregistrer votre signalement

4- Ajoutez le #StopTheGrind

À noter : vous ne souhaitez pas publier de photo sur vos réseaux, partagez votre signalement par mail à contact@seashepherd.fr avec les informations mentionnées ci-dessus.
Vous ne trouvez pas l’origine du produit ? Rendez-vous à l’accueil de votre magasin ou demandez à un responsable de rayon. Il est obligatoire de mentionner la zone de pêche ou le pays d’élevage pour les produits non transformés et certains produits transformés de la pêche et de l’aquaculture.
« En ce qui concerne les produits pêchés dans l’Atlantique nord-est […], le nom de la sous-zone ou de la division doit être indiqué, ainsi qu’un nom facile à comprendre pour les consommateurs, une carte ou un pictogramme ». (Extrait du guide de poche des nouvelles étiquettes de l’Union européenne apposée sur les produits de la pêche et de l’aquaculture à l’intention des consommateurs)
Les autorités féroïennes ont fait part de leurs craintes suite au Grind qui a ôté la vie à 1428 dauphins en septembre dernier. Le Premier ministre des Féroé avait déclaré à ce sujet « Nous pensions que la protestation retomberait au fil des jours, mais il semble que ce ne soit pas le cas. »
Maintenons la pression et montrons qu’elle ne retombera pas tant qu’ils ne renonceront pas au Grind.
#StopTheGrind

MAYOTTE : la lutte contre le braconnage des tortues est une affaire sérieuse

Suite à notre récente publication, de nombreux messages très agressifs refaisant complètement l’histoire ont été publiés sur nos pages. Nous avons fait le choix de les supprimer, car répondre point par point à ces messages à mille lieues des réalités aurait nécessité de mobiliser une équipe entière et nous n’avons ni le temps ni l’envie de le faire. Il n’était pas non plus question de laisser ces messages sans réponse ce qui pourrait laisser penser qu’ils contiennent un fond de vérité. Nous avons donc préféré faire une réponse globale en une fois, pour chacun·e. Voilà qui est chose faite.

On se doutait bien en publiant les images du charnier de tortues à Saziley que cela allait faire grincer des dents du côté des Naturalistes censés « protéger » cette plage ainsi que les plages de Magicavo 2/3/4.

Contrairement à ce que prétendent les Naturalistes dans « Le Journal de Mayotte » qui reprend leurs accusations sans aucune vérification, nous n’avons jamais insinué que les braconniers auraient eux-mêmes placé ces ossements à cet endroit, cette simple idée est ridicule. Il va de soi que c’est le fait des Naturalistes. On connait un peu trop le modus operandi des braconniers pour savoir qu’ils ne procèdent pas ainsi lorsqu’ils veulent camoufler les cadavres. Une simple lecture de notre publication aurait permis à la journaliste du Journal de Mayotte de se rendre compte qu’il y a eu un détournement éhonté de nos propos.  

Il est évident également que nous n’apprenons rien aux Naturalistes en dévoilant ce charnier puisqu’ils l’ont eux-mêmes constitué, et contrairement à ce qu’ils disent, pas uniquement avec des ossements de plusieurs années, il y avait au moins 3 carapaces de tortues fraîchement braconnées (dans le mois écoulé), une à proximité directe du tas d’ossements et deux autres à une centaine de mètres dans la forêt. Ces carapaces ne sont pas marquées, elles n’ont pas été répertoriées et les Naturalistes n’en font étrangement aucune mention dans leur réponse à notre publication. Pourquoi ?  Deux autres tortues ont été retrouvées fraîchement braconnées le 18 septembre par nos correspondants sur place (photo xx), elles avaient été tuées quelques jours auparavant sur la plage de Magicavo 3, censée être protégée par les Naturalistes. Là encore, les carapaces ont ensuite disparu.

Les Naturalistes ne peuvent pas ignorer l’existence de ces récents braconnages. Par ailleurs, nous avons conscience que les cadavres frais que nous retrouvons ne sont qu’une petite partie du nombre de tortues réellement braconnées. Combien sont-elles en réalité ?  

UNE SOUS ESTIMATION CHRONIQUE DU BRACONNAGE

En plus de passer sous silence les récents cadavres, les Naturalistes s’en réfèrent au REMMAT pour estimer le nombre de tortues tuées or, il est avéré depuis longtemps que le REMMAT sous-estime très largement le nombre de tortues tuées du fait de sorties de comptage trop espacées dans le temps et en raison de la propension croissante chez les braconniers à camoufler les cadavres ou à les emmener en pirogue. Désormais et de plus en plus, les braconniers emmènent les tortues en kwassas (barques de migrants) vers Anjouan, où ils les maintiennent parfois en vie plusieurs jours avant de les tuer, ils les emmènent également dans les coffres de voiture ou les camouflent dans la forêt.

Les grandes marées effacent également les traces de braconnages et nettoient la plage des carapaces.  Le REMMAT affirme inspecter la plage de Papani deux fois par mois alors qu’il s’agit du plus gros spot de braconnage de Petite Terre. À l’heure où nous écrivons cet article, nos équipes rentrent d’une patrouille la nuit dernière où ils ont fait fuir 3 braconniers sur Papani. Deux autres tortues ont été tuées sur cette seule plage en l’espace d’une semaine dont une alors que nous étions contraints de couvrir l’absence des gardiens du Conseil départemental sur la plage de Moya. Tout ceci est inadmissible. 

On ne peut donc pas se fier aux chiffres du REMMAT pour avoir une estimation fiable du braconnage. Les milliers d’heures que nous passons sur les plages depuis 5 ans nous permettent d’arriver à une estimation du braconnage bien plus élevée. 

À titre d’exemple, en 2019, le REMMAT estimait que le nombre de tortues braconnées sur Moya était de 3 dans l’année. Lors de notre présence sur l’île, nous repoussons des dizaines de tentatives de braconnage sur cette seule plage en l’espace de 4 mois. La différence est abyssale. 

TOURISTES OU PROTECTEURS DES TORTUES : IL FAUT CHOISIR

Pour en revenir aux Naturalistes, le problème que nous rencontrons ici est que la lutte contre le braconnage n’est pas un travail qui se fait en parallèle d’excursions touristiques. Les Naturalistes font payer des touristes pour bivouaquer sur Saziley, ils affirment disposer de 168 bénévoles, mais il s’agit là de touristes qui ont payé pour une prestation de bivouac. Il ne s’agit pas de passer de longues heures dans le noir, sans faire de bruit, à attendre sans se faire voir de la tortue que cette dernière reparte en toute sécurité à la mer, ce qui peut parfois s’éterniser jusqu’au petit matin et qui nécessite une attention de chaque instant et une bonne connaissance du modus operandi des braconniers. Et recommencer, nuit après nuit. Être prêt à intervenir si des braconniers arrivent pour découper une tortue vivante… tout cela n’a rien d’une expédition touristique.

Ali Mohammed, Président de l’ASVM qui patrouille régulièrement avec nous a été agressé il y a deux ans alors qu’il accompagnait un bivouac des Naturalistes. Il a bien failli y laisser la vie. Et pour cause, le groupe était un groupe de touristes, amené par les Naturalistes non aguerris à la lutte contre le braconnage. Les naturalistes et ceux qui les accompagnent viennent se placer « au cul des tortues » pour observer la ponte. Une fois la ponte terminée, tout le monde va se coucher. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle des actes de braconnage ont déjà eu lieu alors même que Naturalistes et touristes étaient présents. 

Il n’y a aucun mal à faire uniquement du tourisme et nous n’avons aucun jugement à porter là-dessus dès lors que cela est fait dans le respect des tortues et de manière non invasive (ce qui est parfois discutable). En revanche, il est primordial de ne pas faire croire que les bivouacs les week-ends ont une quelconque influence sur le braconnage.  

Les partisans des naturalistes, offusqués par nos propos, se sont relayés sur nos pages nous demandant comment nous mesurons nos propres résultats sur l’île, « nous qui ne sommes là que quelques semaines ». Hors covid nous assurons 4 mois de présence dans l’année avec des patrouilles toutes les nuits. À ce jour, nous comptabilisons plus de 1500 patrouilles et environ 20 000 heures de présence éveillée et aux aguets, sur les plages. Nous sommes les seuls à faire cela, avec les bénévoles locaux de l’ASVM. Au cours de ces missions, nous faisons fuir des braconniers à de multiples reprises et on voit bien au cours du temps que leurs tentatives s’espacent. La gendarmerie locale stipule qu’il y a une baisse notable du braconnage en notre présence et que malheureusement, quelques semaines après notre départ, les chiffres repartent à la hausse. Nous sommes efficaces parce que notre seule et unique mission est de protéger les tortues. La lutte contre le braconnage, surtout avec des hommes armés de machettes, est une affaire bien trop sérieuse pour être menée en parallèle d’un objectif prioritaire : l’excursion touristique.  

Après avoir touché des dizaines de milliers d’euros de subventions publiques, les Naturalistes continuent à faire des appels aux dons pour prétendument défendre les tortues du braconnage alors qu’ils avouent eux-mêmes avoir peur des braconniers. Ça n’est pas sérieux.  

Depuis 5 ans, les patrouilles que nous menons chaque nuit de notre présence sur l’île du crépuscule à l’aube, avec une attention pleine et entière de tous les instants, en privilégiant les plages à risques et en faisant signer aux bénévoles qui nous rejoignent une attestation stipulant qu’ils ont conscience des risques potentiels. Quelle comparaison possible avec des naturalistes qui amènent des touristes bivouaquer sur la plage pour observer les pontes ? Aucune. La lutte contre le braconnage ne s’improvise pas, elle nécessite du courage, de la patience, de la discrétion et surtout elle exige que l’on y soit pleinement dédié. Pour résumer :  

Les Naturalistes et leurs bivouacs de touristes permettent-ils de dissuader les braconniers ?  

– NON, d’une part ils ne sont présents que les week-ends et d’autre part, les braconniers se déplacent aisément sur les plages avoisinantes quand ils ne décident pas tout bonnement de passer à l’acte une fois les touristes endormis.  

Les Naturalistes permettent-ils de sensibiliser les gens au sort des tortues ?

– Peut-être, mais c’est difficilement quantifiable et surtout avec quelles répercussions réelles pour les tortues qui meurent par centaines sur les plages de Mayotte ? 

Est-il normal que les Naturalistes touchent des financements publics pour leur présence sur les plages ?

– NON, les Naturalistes sont des prestataires de services. Ils font payer les touristes pour bivouaquer. Ce ne sont pas des agents de lutte contre le braconnage et en se présentant comme tels, ils sont dans l’usurpation.   

Le fond du problème est que faire croire que l’on fait quand on ne fait pas est pire que de ne rien faire. Les premières victimes de cette illusion sont les tortues. 

Un mépris insupportable envers les locaux qui se battent dans l’ombre et sans un sou.

Il n’y a ni haine ni ressentiment personnel dans nos propos contrairement à ce dont nous sommes accusés. Juste un profond sentiment d’injustice pour ceux qui se démènent sur place et à qui on ne reconnaît rien, si les Naturalistes peuvent aujourd’hui bivouaquer et vendre leurs excursions aux touristes, c’est bien parce que les bénévoles de l’ASVM (pour la plupart des Comoriens qui vivent dans une grande précarité) ont permis de rétablir un minimum de quiétude sur cette zone de l’île qui était devenue un véritable coupe-gorge, théâtre de nombreuses agressions et de viols. Le mépris avec lequel les bénévoles de l’ASVM sont traités d’une manière globale est révoltant et empreint de relents néocolonialistes choquants. Comble de l’irrespect, Ali Mohammed, président de l’ASVM qui a toujours vécu à Saziley, qui a défendu cette réserve au péril de sa vie est désormais sommé de demander aux Naturalistes l’autorisation de bivouaquer avec les enfants locaux. Autorisation que les Naturalistes lui ont déjà refusée. Les Naturalistes se sont approprié une réserve qui ne leur appartient pas, pour laquelle ils n’ont pas de légitimité et en tant que prestataires touristiques, ils ont obtenu la primeur du bivouac pour leurs clients tout en se permettant de refuser l’accès à des enfants locaux. Cette situation est insupportable.  Précisons que nous ne prêchons aucunement pour notre paroisse, nous demandons pas des fonds publics pour notre compte. Nous n’avons également rien à prouver. Sea Shepherd n’a pas besoin d’exister à Mayotte pour exister tout court. Nous avons 40 ans de lutte contre le braconnage à notre actif à l’échelle internationale et si le braconnage à Mayotte pouvait être résolu sans notre contribution, nous en serions les plus heureux. Nous nous serions également bien passés de ces conflits chronophages et énergivores. Mais il est absolument insupportable de voir des locaux comme les bénévoles de l’ASVM se démener pour lutter contre le braconnage, avec une réelle connaissance du modus operandi des braconniers, être traités comme des citoyens de seconde zone, ce dont ils se plaignent régulièrement auprès de nous et ce dont nous avons malheureusement pu attester sur place. Contrairement à ce que disent certains, Sea Shepherd ne souhaite pas faire bande à part, nous travaillons en collaboration avec l’ASVM depuis notre arrivée. Étrangement, ces gens-là ne semblent pas compter. À nos yeux, ils sont les seuls qui ont jusqu’ici démontré du courage et de la volonté nécessaires à patrouiller efficacement sur les plages.  

Recours contre l’État pour carence dans la protection des tortues

Un recours contre le ministère de la Transition écologique et le conseil départemental de Mayotte a été déposé par Sea Shepherd, pour que leur carence dans la protection des tortues soit reconnue et que la question de l’utilisation des fonds publics sera discutée devant le juge.

De très importants fonds publics ont été investis à Mayotte pour prétendument lutter contre le braconnage que ce soit pour financer les gardiens du conseil départemental éternellement absents au poste ou des associations qui si elles font un travail de sensibilisation que personne ne nie, ne sauraient en aucun cas prétendre faire de l’anti-braconnage de terrain, ce qui est pourtant l’urgence absolue. L’absence d’amélioration est symptomatique du manque d’effectivité de normes de protection qui existent pourtant, il faut que cela cesse et qu’il n’y ait plus de place pour la pseudo-protection de surface qui tente vainement de sauver les apparences. L’anti-braconnage est une affaire sérieuse et l’État a une responsabilité envers les tortues et envers les concitoyens dont ils dilapident les fonds publics selon des critères qu’il serait pertinent de discuter. 

Un rapport global récapitulant les 5 dernières années de nos missions à Mayotte paraîtra au cours de l’hiver, avec les chiffres, les faits, les nettoyages. Ces rapports extrêmement chronophages ont pris beaucoup de retard, car nos différentes missions s’enchaînent sans répit, mais on sent bien qu’ils seront utiles à tout le monde, notamment à ceux qui se sentant offensés par nos propos en viennent à réduire notre engagement sur place à quelques semaines de présence, ce qui démontre bien la profonde méconnaissance de cette mission sur laquelle nous communiquons tout de même chaque année.

Sea Shepherd découvre un charnier de tortues marines à Mayotte

Pour la cinquième année consécutive, nous sommes de retour dans le département français de Mayotte pour protéger les tortues marines. Avec un retard conséquent sur le lancement de mission en raison des mesures sanitaires, nos équipes constatent avec effroi que malgré le plan annoncé en grande pompe par le préfet l’année dernière et un Plan National d’Action ainsi que des dizaines de milliers d’euros investis, la situation est toujours aussi dramatique pour les tortues.

Un charnier de tortues découvert sur la plage « protégée » de Saziley

La semaine dernière, nos équipes en patrouille sur la plage de Saziley, site protégé et sous la responsabilité du Conservatoire du littoral, ont découvert, camouflés près du campement des Naturalistes de Mayotte qui bivouaquent chaque semaine sur cette plage, les ossements correspondant à des dizaines de tortues ainsi que trois carapaces appartenant à des tortues tuées il y a moins d’un mois (Photo 2 & 3). Les « naturalistes de Mayotte » ont pourtant perçu des dizaines de milliers d’euros de la préfecture pour « protéger » les tortues de Saziley et continuent à réclamer des dons dans ce sens.

Deux nuits auparavant, nos équipes découvraient une tortue braconnée une quinzaine de jours plus tôt sur la plage voisine d’Angaltsara. (Photo ci-dessous)

Les « gardiens » du Conseil Départemental, toujours absents au poste sur les plages

Ce matin, nos équipes ont découvert un énième cadavre de tortue, découpée vivante la nuit dernière sur la plage de Papani alors qu’elle était venue pondre. Nos équipes patrouillaient cette nuit-là, sur les plages de Moya 1 et 2, normalement sous la surveillance des « gardiens » du Conseil départemental de Mayotte. Depuis 5 ans, nous dénonçons l’absence des gardiens qui laissent les tortues livrées aux braconniers nous contraignant ainsi à couvrir leur absence. Trois tortues sont montées cette nuit sur Moya. Au petit matin, nos équipes ont fait une inspection sur la plage de Papani et ont découvert une tortue tuée quelques heures auparavant, les braconniers avaient pris le temps de camoufler le cadavre en l’enterrant dans le sable. (Photos ci-dessous) Cette tortue est morte parce que nous avons été obligés de protéger la plage de Moya en lieu et place des gardiens du Conseil départemental.

Nos équipes sur place affaiblies par un Préfet qui refuse de faire figurer la protection des tortues sur la liste des motifs impérieux.

Il est encore plus difficile pour nous cette année de patrouiller efficacement en raison des motifs impérieux instaurés à Mayotte. Si nous comprenons qu’il est essentiel de préserver la santé de chacun, nous ne comprenons pas les critères requis pour qualifier un motif d’impérieux ou non. En effet, il est possible pour les personnes vaccinées de se rendre à Mayotte sans motif impérieux, mais cela n’est pas possible pour les personnes non vaccinées. Or, si parmi les motifs impérieux figurent, l’enterrement d’un proche parent ou les relations commerciales et entrepreneuriales, la protection des tortues marines contre le braconnage n’y figure pas. Plusieurs personnes clés de nos équipes ne sont pas vaccinées pour des raisons personnelles et n’ont donc pas pu se joindre à la mission cette année. Nous avons fait la demande à Monsieur Thierry Suquet, nouveau préfet de Mayotte d’ajouter la protection des tortues à la liste des motifs impérieux, au même titre qu’un déplacement d’ordre professionnel ou commercial. Ce dernier a refusé. En conséquence, nous patrouillons sur beaucoup moins de plages et nous sommes contraints de faire des choix difficiles, comme celui de renoncer à patrouiller sur la plage de Papani la nuit dernière au profit de Moya. Une tortue a payé de sa vie ce choix et elle a connu une mort atroce. Ça ne sera pas la dernière.

Les solutions : moins d’argent public gaspillé, mais plus de gens passionnés et déterminés à sauver les tortues

Un Plan National d’Action de 1,9 million d’euros a été mis en place et l’année dernière, des dizaines de milliers d’euros ont été distribués par la préfecture à des associations locales dirigées par des métropolitains pour « lutter contre le braconnage », tout en excluant précisément l’association locale qui a la plus grande connaissance du braconnage, composée de comoriens et de mahorais, nos partenaires de ASVM Association de Sécurité Villageoise de M’tsamoudou Mayotte à qui toute subvention est systématiquement refusée. Nous les soutiendrons désormais financièrement et logistiquement afin qu’ils ne soient plus tributaires de pouvoirs publics locaux qui les méprisent pour qu’ils puissent, en notre absence, continuer les patrouilles.

La présence sur les plages de ponte du crépuscule à l’aube est certes très contraignante et nécessite une grande détermination, mais c’est la seule chose concrète qui ait fait ses preuves pour enrayer efficacement le braconnage. Ne peuvent faire ces patrouilles que des personnes passionnées, courageuses et déterminées à sauver les tortues. La qualité du recrutement est donc fondamentale.

C’est tout le problème du recrutement des gardiens du Conseil Départemental qui a montré toutes ses failles, voire sa perversité. On garde encore un mémoire le cas de ce « gardien », ancien braconnier recruté en connaissance de cause par le CD qui avait été pris en flagrant délit en train de braconner une tortue, sa casquette de « gardien », encore vissée sur la tête. Ou encore, ces associations qui vendent des excursions touristiques sur les plages de ponte et qui ont touché de l’argent public pour « lutter contre le braconnage », mais qui se révèlent incapables d’assumer cette mission.

Résultat, protégées « sur le papier » les tortues sont en réalité livrées à elles-mêmes.

Nous saluons en revanche les efforts de certains gendarmes, personnellement motivés à lutter contre le braconnage et qui, malgré le fait qu’il ne s’agisse pas de leur mission première, tentent tant bien que mal de démanteler des réseaux liés au marché noir de viande de tortue.

Nos équipes quant à elles continuent les patrouilles chaque nuit sur l’île avec des effectifs limités en raison du caractère « non impérieux » de la protection des tortues.

Retrouvez nous, les 23 et 24 Octobre à Paris !

Rencontre avec nos équipes, Stand de Merchandising, Ateliers Kids, Projections et Conférence de Lamya Essemlali en visio avec Paul Watson.
Attention, inscription pour la conférence en ligne : http://urlr.me/DPHnt


Programme :
•Stands et ateliers : 11h-19h Samedi et Dimanche

Horaires des projections et de la conférence :

Samedi 23
•11h30 – 13h30 : Sea of Shadows
•15h-16h30 : Seaspiracy
•17h-18h30 : Conférence Lamya Essemlali & Paul Watson

Dimanche 24
•11h30-12h : Making Waves
•13h30-15h00 : Seaspiracy
•15h00-15h30 : Making Waves
•16h30-18h15 : Chasing the Thunder

L’événement se tiendra au 35-37 rue des Francs-Bourgeois à Paris. 

Lien Facebook de l’événement :

https://www.facebook.com/events/415414433337895

ÉOLIEN OFFSHORE : SEA SHEPHERD ET GARDEZ LES CAPS ATTAQUENT LES 59 DÉROGATIONS DE DESTRUCTION D’ESPÈCES PROTÉGÉES ACCORDÉES À IBERDROLA/AILES MARINES EN BAIE DE SAINT-BRIEUC

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Sea Shepherd sur l’opération Vents de la Colère dans la baie de St-Brieuc

Le Congrès Mondial pour la Nature de l’UICN qui se tenait pour la première fois en France à Marseille, touche à sa fin. De nombreux discours ont été tenus sur l’importance capitale de préserver la biodiversité, a fortiori la biodiversité marine. Et pour cause : elle permet à l’océan de produire plus de la moitié de l’oxygène que nous respirons et d’être le premier puits de carbone, ce qui en fait le premier organe de régulation du climat. La vie marine est notre meilleure alliée contre le changement climatique à tel point qu’une récente étude britannique a calculé qu’une seule baleine permet la séquestration de CO2 équivalente à 30 000 arbres par an.

Conscient de l’enjeu, du moins en apparence, le président Emmanuel Macron a déclaré lors de l’ouverture du Congrès de l’IUCN : «L’urgence, c’est de faire comprendre à tous que la bataille pour le climat est jumelle de celle pour préserver la biodiversité»

Une politique de développement des EMR1 indigne d’une grande puissance maritime

Il n’aura pas pu échapper au Président de la République que la France est en passe de sacrifier la biodiversité marine à la lutte (supposée) contre le changement climatique, à travers le développement massif d’usines éoliennes le long de son littoral. Contrairement aux autres pays européens qui ont pris la biodiversité en compte en amont des choix de localisation des usines éoliennes offshore, la France n’a considéré que des critères économiques, techniques et militaires. Le résultat est un véritable écocide programmé.

Les conséquences d’une telle politique sont d’autant plus graves que contrairement aux autres pays, la France compte trois façades maritimes et représente un enjeu sans équivalent en termes de couloirs migratoires, de zones de reproduction, de repos et de nourrissage pour de nombreuses espèces d’oiseaux et de mammifères marins. « Alors que le littoral français représente un enjeu bien plus grand pour la vie marine que d’autres pays, elle fait moins bien qu’eux. De par sa responsabilité colossale dans la survie de certaines espèces marines, la France devrait être exemplaire, or elle fait pire que tous les autres ! Nous sommes à l’aube d’un véritable écocide sur notre littoral. » s’indigne Lamya Essemlali, Présidente de Sea Shepherd France

« Tous les projets français d’éolien en mer sont en contradiction avec les politiques de protection de l’environnement marin. Ce n’est pas sur le développement de l’éolien offshore que la France est en retard, mais sur la planification de son espace maritime, sur ses obligations relatives à l’évaluation environnementale préalable, sur l’information et la participation des parties prenantes au processus décisionnel. La préservation de ce patrimoine commun nous concerne tous » poursuit Katherine Poujol, Présidente de Gardez les Caps.

Le cas de l’usine éolienne dans la baie de Saint-Brieuc défendu bec et ongles par le gouvernement est emblématique de la catastrophe annoncée : 62 éoliennes de plus de 200 mètres de haut doivent être érigées aux abords des deux plus grands sites de nidification d’oiseaux marins de métropole, dans une baie qui abrite la plus grande réserve naturelle de Bretagne et à proximité immédiate de deux zones Natura 2000. Le tout sur une des roches les plus dures d’Europe (l’entreprise a déjà cassé trois têtes foreuses et causé trois pollutions en forant) ce qui donnera aux bretons le privilège de bénéficier de l’électricité éolienne la plus chère du monde.

Des dérogations de destructions et d’habitats protégés inacceptables

Cormorans en baie de St-Brieuc – aout 2021

Du fait de la richesse écologique du site et de la présence de nombreuses espèces protégées, la société Iberdrola Ailes Marines SAS a dû demander de nombreuses dérogations de destruction d’espèces.

Le 23 octobre 2015, Ailes Marines demande au Préfet des Côtes-d’Armor, Pierre Lambert, la délivrance d’une autorisation unique lui permettant la construction, l’exploitation et le démantèlement du projet éolien de Saint-Brieuc mais également des dérogations pour la destruction et la perturbation intentionnelles d’espèces protégées pour 54 espèces d’oiseaux, 5 espèces de mammifères marins mais également pour la destruction de leurs habitats. C’est en avril 2017 que le successeur de Pierre Lambert, Yves Le Breton préfet des Côtes-d’Armor accorde les autorisations nécessaires à la filiale d’Iberdrola avec l’aval de la ministre de l’Écologie en poste sous la présidence de François Hollande, Madame Ségolène Royal.

Pour appuyer sa demande de dérogation, Iberdrola/Ailes Marines y joint un courrier de la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) qui annonce une collaboration avec le promoteur éolien en guise de compensation pour la destruction et la perturbation des espèces et de leurs habitats. Une caution étonnante qui ne convainc d’ailleurs pas les experts du Conseil National Pour la Protection de la Nature qui se sont autosaisis du sujet et ont publié en juillet dernier un rapport sans appel :

« On ne peut pas compenser la perte d’habitat causée par la disparition des zones d’alimentation pour les oiseaux locaux (nicheurs ou hivernants) et encore moins pour les migrateurs provenant de l’Europe entière ».

CNPN

Parmi les espèces ciblées par la dérogation obtenue par Ailes Marines, figurent de nombreuses espèces vulnérables ou en danger critique d’extinction comme le puffin des Baléares pour la survie duquel la France occupe une place capitale. Figurent également le pingouin torda (dernière espèce de pingouin encore existante) et le guillemot de Troïl pour lesquels l’étude d’impact conclut que la survie de la population ne peut pas être assurée si le projet aboutit. Ces seuls états de fait devraient suffire à invalider les dérogations obtenues

« Une augmentation de 5% de mortalité́ est jugée incompatible à terme avec la survie des espèces d’oiseaux marins (Dierschke et al. 2003), voire même 1% pour les espèces vulnérables ou en déclin (Everaert 2013). » 

Autosaisine du CNPN, page 35

Le cas de Saint-Brieuc n’est pas unique, d’autres projets déjà autorisés dans des zones capitales pour la biodiversité posent des problèmes similaires (Dunkerque, Le Tréport, Courseulles-sur-Mer, Belle-Ile-en-Mer, Ile de Groix, Banc de Guérande, Oléron…) et provoquent un cumul d’impacts incompatibles avec la survie des oiseaux marins. Nous attaquerons toutes les dérogations de destructions d’espèces protégées liées à ces projets dès lors qu’elles ne respectent pas les conditions légales d’obtention

L’engagement d’une transition pour lutter contre le réchauffement climatique est capital. Mais une telle ambition ne peut cautionner sans en mesurer le risque avéré et irréversible, l’extinction d’espèces et la destruction d’habitats indispensables au bon fonctionnement de tout un écosystème fragile et extrêmement complexe qu’aucune mesure ne pourra compenser.

Si l’industrie éolienne souhaite s’inscrire comme une figure de proue de la lutte contre le réchauffement climatique (ce qui reste encore à démontrer), elle ne peut mépriser à ce point la biodiversité sans laquelle elle se viderait de toute sa substance à vocation environnementale. Il est urgent d’instaurer un moratoire sur l’ensemble des projets afin d’inclure le grand public et de mettre à sa disposition une information transparente permettant à chacun de prendre conscience des enjeux. C’est jusqu’ici très loin d’être le cas.

1 – Energies marines renouvelables

1er Courrier LPO

2ème Courier LPO

Autosaisine du CNPN

Usine éolienne dans la baie de Saint-Brieuc : Sea Shepherd lance l’opération « Les Vents de la Colère »

  • À Saint-Brieuc, l’État français sacrifie la biodiversité marine au climat

La lutte contre le changement climatique s’est imposée comme un défi majeur des décennies à venir. Nous devrons le relever si nous voulons maintenir des conditions propices à la survie de l’humanité. Mais un défi autant, si ça n’est plus important est encore trop largement occulté : la préservation de la biodiversité, première garante du climat et de l’ensemble des services écosystémiques essentiels au maintien de la Vie sur la planète Terre.

Ou plutôt la planète Océan. L’océan recouvre 70% du globe, il est le premier régulateur du climat, premier producteur d’oxygène et premier puits de carbone, avant les forêts. L’océan, ou plus précisément, la vie marine, est notre meilleure alliée dans la lutte contre le changement climatique1. Le non-sens est donc total quand des projets particulièrement invasifs de centrales éoliennes censés lutter contre le changement climatique sont autorisés à s’ériger sur des sites riches en biodiversité, hypothéquant la survie de nombreuses espèces marines et vouant à une destruction irréversible des écosystèmes marins tout entiers.

image: Sea Shepherd France
  • Une usine industrielle portée par une multinationale espagnole dans la baie qui abrite la plus grande réserve naturelle de Bretagne

La multinationale espagnole Iberdrola via sa branche française Ailes Marines s’est vue attribuer par le gouvernement français le site particulièrement riche en biodiversité de la baie de Saint-Brieuc, à proximité directe de sites Natura 2000 et en pleine zone habitat de nombreuses espèces protégées dont certaines sont en danger critique d’extinction, à l’instar du Puffin des Baléares pour la préservation duquel la France a été contrainte de mettre en place un Plan National d’Action (PNA). Si le promoteur espagnol profite du cadeau, c’est l’État français (sous le gouvernement Sarkozy) qui a, en dépit du bon sens, désigné la baie de Saint−Brieuc pour y faire ériger 62 éoliennes de plus de 200 mètres de haut (l’équivalent de la tour Montparnasse) à 16,3 kilomètres de la côte sur une surface totale de plus de 103 km carrés avec un câblage électrique sous-marin et sous terrain qui acheminera un courant de 250 000 volts…

Quelques questions élémentaires s’imposent d’emblée :

– Comment le gouvernement français peut-il justifier d’avoir autorisé un projet industriel à ce point invasif dans ce lieu stratégiquement si important pour la biodiversité marine ?

– Pourquoi n’avoir pas tenu compte du fait que le plancher marin dans la baie est un des sols des plus durs d’Europe ? Y forer provoque donc des vibrations et des bruits dont l’intensité est décuplée en termes de temps et d’effets. La multinationale annonçait pouvoir réaliser un ancrage (forage de 3 trous pour une éolienne sur fondation Jacket) en 4 jours. Trois mois plus tard et après avoir cassé ses trois têtes de forage, pas un seul ancrage n’a pu être fait. Sur d’autres types de sols, une seule demi-journée suffit…

– Pourquoi les résultats de l’analyse de la pollution générée en juin par l’Aeolus, (navire de forage d’Iberdrola) n’ont toujours pas été rendus publics ? Quid de la deuxième fuite plus récente ?

Le Clémentine près de l’Aeolus – Crédit Photo : Sea Shepherd
  • Une atteinte inacceptable à la biodiversité marine

La baie de Saint-Brieuc abrite la plus grande réserve naturelle de Bretagne, les deux premières zones de nidification d’oiseaux marins de métropole et la plus grande population de dauphins résidents d’Europe.

Les études d’impact réalisées, non pas avant d’avoir désigné le site comme la logique l’aurait voulu mais après, sont sans appel. Des impacts désignés « forts » à « très forts » sur de nombreuses espèces marines laissent présager le pire. En effet, de l’aveu même du bureau d’études mandaté par Iberdrola, pour certaines espèces, la survie de la population n’est pas assurée (Pingouin Torda et Guillemot de Troil entre autres).

  • Obligation légale de préservation des espèces : les dérogations de destruction d’espèces protégées accordées à Iberdrola sont illégales

Aussi bien l’État français que le promoteur industriel sont soumis à l’obligation légale de préserver les espèces dans un « état de conservation favorable ». Du fait de la présence de très nombreuses espèces protégées dans la baie de Saint−Brieuc, Iberdrola/Ailes Marines a été contraint de déposer une demande de dérogation de perturbation intentionnelle et de destruction de 59 espèces protégées (54 espèces d’oiseaux marins, 4 espèces de dauphins et une espèce de phoque) ainsi que la destruction de leur habitat.

  • La riposte juridique

Sea Shepherd France dénonce le fait que ces dérogations de destruction et de perturbations intentionnelles sont illégales et va donc déposer un recours devant le Conseil d’État dans les prochains jours.

D’autres recours sont en préparation au niveau européen, conjointement avec l’association Gardez Les Caps qui milite depuis de nombreuses années aux côtés de certains pêcheurs pour empêcher l’usine de s’installer dans la baie.

  • Des citoyens français désinformés sur les enjeux écologiques, économiques et énergétiques liés à l’industrie du Vent

« La Ministre de la Transition Ecologique, Barbara Pompili affirme que la majorité des français est en faveur des éoliennes. La vérité est que la majorité des français ne dispose pas des informations pour se faire un avis éclairé sur le sujet » déclare Lamya Essemlali, Présidente de Sea Shepherd France. « Sacrifier la biodiversité marine, notre meilleure alliée contre le changement climatique au prétexte de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre est un non-sens total ».

  • Les experts et les scientifiques alertent mais jusqu’ici, ils prêchent dans le désert

Le Conseil National pour la Protection de la Nature (CNPN), rattaché au Ministère de la Transition Ecologique dont les recommandations n’ont jusqu’ici pas été respectées par Iberdrola s’est autosaisi de la problématique des EMR (Energies Marines Renouvelables) et vient de rendre son rapport le 6 juillet dernier. On peut y lire de nombreux points particulièrement inquiétants dont notamment celui-ci :

« Les impacts potentiels sur la biodiversité́ représentés par le développement de l’éolien offshore en France, tel que prévu par la PPE de 2020 (…) peuvent être très importants sur la biodiversité́ marine, en premier lieu sur l’avifaune reproductrice, migratrice et hivernante provenant de l’Europe entière ainsi que les chauves-souris migratrices ou locales par mortalité́ ou perte d’habitat sur les mammifères marins par perte partielle d’habitats, et sur les habitats marins et espèces les composant, notamment les poissons, crustacés et mollusques par modifications physiques, hydrologiques et chimiques »

Ou encore,

« L’objectif de la Commission européenne qui pourrait se traduire par l’équivalent de 34 000 éoliennes off-shore en 2050 dont 7100 pour la France semble incompatible avec la survie de nombreuses espèces d’oiseaux marins. »

L’Aethra – Crédit Photo : Sea Shepherd
  • Des effets cumulés par plusieurs usines éoliennes installées sur les parcours migratoires des oiseaux et des mammifères marins

Le projet de Saint−Brieuc est donc loin d’être le seul à poser problème, d’autres comme ceux de Courseules-sur-Mer, Fécamp, Saint Nazaire, Dunkerque, Ile d’Oléron, Belle Ile en mer et Ile de Groix… présentent des menaces similaires pour des espèces marines vulnérables et il n’existe à ce jour aucune prise en compte des effets cumulés des différents projets sur les espèces protégées et en particulier sur les espèces migratrices.

  • Il est encore temps d’éviter le pire mais l’opinion publique doit s’emparer du sujet de toute urgence

Un débat public honnête et transparent (contrairement aux débats publics qui se sont tenus jusqu’à présent) s’impose afin de déterminer dans quelles conditions les usines éoliennes peuvent être autorisées à détruire les milieux naturels et surtout, quels écosystèmes doivent absolument en être préservés.

Des équipes de Sea Shepherd seront présentes dans la baie de Saint−Brieuc ces prochaines semaines pour documenter, alerter, sensibiliser l’opinion publique et se faire l’échos des alertes scientifiques sur ces enjeux cruciaux. Un moratoire sur les projets de centrales éoliennes en mer doit être instauré de toute urgence tant qu’une feuille de route environnementale stricte ne sera pas mise en place. Si cette industrie a véritablement vocation à relever le défi environnemental du siècle, la préservation de la biodiversité doit être pour elle, une priorité. A défaut de quoi, le « remède éolien » risque de s’avérer pire que le mal.

https://time.com/5733954/climate-change-whale-trees/

Ours tué en Ariège : Où en sommes-nous un an après la récompense de 50 000 € initiée par Sea Shepherd ?

Trois ours auront été tués par l’Homme dans les Pyrénées en 2020. Le premier sur le versant catalan espagnol en avril, le deuxième sur le versant français en Ariège à peine quelques semaines plus tard début juin, et le troisième le 29 novembre dans la province espagnole de Huesca.

Rappel des faits côté espagnol : En avril 2020, les équipes du Conseil Général du Val D’Aran retrouvent le jeune ours Cachou né en 2015, mort au fond d’un ravin de 40 mètres. L’enquête surprend alors dès le début par la demande inédite du juge qui réclame le secret de l’instruction, une première dans une enquête sur la mort d’un animal. Quelques semaines plus tard, la presse espagnole confirme l’empoisonnement de Cachou à l’éthylène glycol. Les journaux annoncent en parallèle l’interpellation d’un agent de l’environnement du Conseil Général d’Aran. Le fonctionnaire faisait partie de l’équipe de surveillance chargée de la sécurité des ours dans la région. L’enquête prend rapidement une autre tournure. D’autres suspects étant impliqués dans l’empoisonnement de l’ours, ces derniers sont mis sur écoute par la police locale qui découvre l’existence d’un trafic de drogue colombien. Douze personnes seront arrêtées, parmi lesquelles un garde forestier et le maire d’un village de la région.

L’enquête sur l’empoisonnement de Cachou se poursuit. En mars dernier, la Dépêche indiquait dans un article : « Selon nos confrères des médias espagnols, les deux principaux suspects dans l’empoisonnement de l’animal sont un agent environnemental du Conseil Général d’Aran, ainsi qu’un homme qui fut conseiller de territoire au gouvernement aranais entre 2015 et 2019. Un comble : le premier participait au programme de suivi de l’ours, tandis que le second avait en charge la gestion des fonds européens pour la repopulation de l’ours des Pyrénées ». (article disponible ici : Mort de l’ours Cachou en Espagne : l’enquête révèle un trafic de cocaïne – ladepeche.fr)

Rappel des faits côté français : un jeune ours est découvert abattu à Ustou en Ariège en juin dernier. Transporté à l’école vétérinaire de Toulouse, l’autopsie confirmera ce que nous savions déjà : le caractère criminel de sa mort. Il y a un an, face à la gravité d’un tel crime et connaissant très bien la complexité de ce type d’affaire pour lutter contre le braconnage depuis plus de 40 ans, nous avions lancé une récompense de 10 000€ pour toute personne permettant aux autorités d’arrêter le ou les responsables de la mort du jeune ours. Quelques jours plus tard, des dons spontanés de particuliers français et étrangers s’y associaient. Du jamais vu. La cagnotte passait de 15 000€ à 20 000€, 35 000€ puis 45 000€ pour atteindre aujourd’hui la somme de 50 000€. Cette pratique peu courante en France avait permis une forte médiatisation et une mobilisation de l’opinion publique.

Un an plus tard, la pression est bien là mais l’enquête n’est pas au stade d’avancement de celle de nos voisins de l’autre côté des Pyrénées. La faute à qui ?… Un manque de moyens pour les enquêteurs ? La peur de témoigner ? Quand Christine Téqui, présidente du conseil départemental de l’Ariège, également maire d’un petit village proche d’Ustou au moment des faits, appelle la montagne à rester muette, on ne peut qu’imaginer la pression qui pèse sur les épaules (et celles des proches) de ceux qui auraient des informations pouvant faire avancer l’enquête…

Nous avions immédiatement porté plainte contre Christine Téqui pour subornation de témoin, puis pour diffamation, cette dernière ayant qualifié Sea Shepherd de « pompe à fric« . En parallèle, une autre plainte avait été déposée contre l’ASPAP (Association pour la Sauvegarde du Patrimoine d’Ariège Pyrénées) qui avait accusé Sea Shepherd de lancer une « chasse à l’homme avec prime à la délation » et d’avoir recours à « des procédés dignes de la guerre 39-45« .

Si les plaintes pour diffamation à l’encontre de C. TEQUI et de l’ASPAP sont encore en cours d’instruction, la plainte pour subornation de témoin a quant à elle été classée sans suite. Sea Shepherd conteste cette décision et a établi un recours auprès du Procureur Général.

L’enquête est aujourd’hui protégée par le secret de l’instruction. Les enquêteurs de la gendarmerie nationale sont toujours mobilisés sous la direction du Procureur de la République. « Une enquête préliminaire dure en moyenne entre 1 et 3 ans en France et nous avons bon espoir que les enquêteurs finissent par identifier les auteurs de ces délits, qu’il s’agisse de l’auteur des coups de feu ou des personnes qui l’aident à échapper à la justice. Les gendarmes en charge de l’enquête semblent très motivés » Jean Tamalet du cabinet King & Spalding, avocat de Sea Shepherd France.

En novembre dernier, c’est l’ourse Sarousse qui est tuée par un chasseur de sanglier dans la province de Huesca, à nouveau en Espagne. La légitime défense est invoquée par ce dernier. Selon la presse locale, si les enquêteurs voient cette hypothèse comme la plus probable, ils envisagent deux autres scénarios : « une erreur d’appréciation du chasseur qui pensait tuer un sanglier ou une intention délibérée de tuer l’ourse ». (Ours des Pyrénées : le chasseur qui a tué Sarousse aurait tiré pour se protéger (francetvinfo.fr))

Ce sont encore des chasseurs qui sont responsables de la mort d’un quatrième ours l’année dernière dans le massif des Asturies cette fois (le même jour que la mort de Sarousse) lors d’une battue aux sangliers. Ces derniers ont déploré un accident. Une enquête a également été ouverte.

Nous rappelons que la récompense de 50 000€ est bien entendu et plus que jamais toujours d’actualité pour tout témoignage permettant de faire condamner le ou les braconniers qui ont tué le jeune ours retrouvé mort en Ariège le 9 juin 2020.